Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · COUNTRY HAMS · 1974–1982 · 45 TOURS · GUIDE COLLECTIONNEUR

Country Hams (1974) : pressages EMI France, UK, USA, Japon, Allemagne et variantes du 45 tours

Le 45 tours « Walking in the Park with Eloise / Bridge on the River Suite » occupe une place originale dans la discographie périphérique des Wings. La première face présente une mélodie écrite par Jim McCartney, le père de Paul ; l’autre est une œuvre instrumentale créditée à Paul et Linda. La mention The Country Hams sur les étiquettes masque la participation de membres des Wings et d’instrumentistes américains invités. Un catalogue réduit aux seuls disques portant explicitement le nom Wings le laisserait facilement disparaître.

Références attestées : EMI 2220 (Royaume-Uni, 1974), EMI 2C 004-96.067 (France, 1974), EMI 3977 (États-Unis, 1974) et EMI EMR 10706 (Japon, 1975). L’édition allemande de 1974 fait l’objet d’une identification matérielle à compléter.

L’objet : un 45 tours de 1974 sous le nom Country Hams

Le 45 tours « Walking in the Park with Eloise / Bridge on the River Suite » occupe une place originale dans la discographie périphérique des Wings. La première face présente une mélodie écrite par Jim McCartney, le père de Paul ; l’autre est une œuvre instrumentale créditée à Paul et Linda. La mention The Country Hams sur les étiquettes masque la participation de membres des Wings et d’instrumentistes américains invités. Un catalogue réduit aux seuls disques portant explicitement le nom Wings le laisserait facilement disparaître.

La première sortie britannique est datée d’octobre 1974. Des éditions nationales suivent avec leur propre numéro de catalogue et, parfois, une diffusion commerciale plus tardive. Ce guide s’intéresse à la matérialité de ces disques, sans confondre un nouvel habillage, un nouveau pays de commercialisation et un enregistrement différent.

Deux faces, deux chronologies de studio

« Walking in the Park with Eloise » est enregistrée au studio Soundshop de Nashville le 16 juillet 1974. Paul McCartney y joue notamment basse et washboard, Denny Laine la guitare acoustique, Geoff Britton la batterie. Chet Atkins, Floyd Cramer, Bobby Thompson et des instrumentistes à vent enrichissent le morceau. L’instrumental s’inscrit dans une esthétique de jazz populaire et constitue un hommage familial.

« Bridge on the River Suite », au contraire, remonte à une séance d’Abbey Road du 29 septembre 1972. Le titre reçoit des ajouts en 1973, puis à Nashville en juillet 1974. Sa liste de musiciens varie par rapport à la face principale : on y trouve notamment Linda McCartney, Denny Laine, Jimmy McCulloch, Davey Lutton et des cuivres. Pour la collection, il faut retenir que le couplage commercial réunit deux réalisations d’origines différentes.

Royaume-Uni : EMI 2220, édition de 1974

La référence britannique de base est EMI 2220, pour un 45 tours de 17 cm à 45 tours par minute, diffusé à partir du 18 octobre 1974. Les deux faces portent les titres « Walking in the Park with Eloise » et « Bridge on the River Suite ». La graphie peut varier légèrement d’un inventaire à l’autre ; elle doit être transcrite conformément à l’étiquette de l’exemplaire examiné.

Cette référence constitue un point d’ancrage fiable pour comparer les autres territoires. On doit toutefois contrôler l’origine du disque et sa présentation matérielle : une étiquette photographiée et une pochette présentée dans une annonce de vente ne prouvent pas qu’elles ont quitté l’usine ensemble.

France : EMI 2C 004-96.067, édition de 1974

L’édition française du single est identifiée sous la référence EMI 2C 004-96.067, avec l’année 1974. Cette référence mérite une attention particulière dans un inventaire franco-allemand-japonais des Wings : elle documente la commercialisation française d’un disque que l’on ne trouve pas toujours dans les listes de singles du groupe.

Le numéro doit être recopié avec ses préfixes et sa ponctuation de la façon la plus fidèle possible à l’étiquette ou à la pochette. La présence d’un code français ne dispense pas de vérifier le centre du 45 tours, le type de pochette, les droits mécaniques, les inscriptions imprimées et les données de fabrication. Aucune variante de matrice ne sera déclarée comme certaine à partir de la seule existence de la référence 2C 004-96.067.

États-Unis : EMI 3977 et le cas des promotions

Aux États-Unis, la référence commerciale de base est EMI 3977, avec une date de sortie répertoriée au 2 décembre 1974. L’existence d’exemplaires promotionnels portant le même thème des deux côtés, en mono et en stéréo, est également documentée. Une telle promotion doit être classée séparément du single commercial « Walking in the Park with Eloise / Bridge on the River Suite », car elle ne reproduit pas nécessairement le même couplage.

Pour vérifier l’identité d’une copie américaine, le collectionneur examinera l’étiquette de chacune des faces, l’éventuelle inscription promotionnelle, les références d’usinage et la présence ou non de la seconde composition. Il ne faut pas déduire de l’existence d’un pressage promotionnel mono/stéréo que toutes les copies US sont des promos.

Japon : EMI EMR 10706, sortie du 5 mars 1975

L’édition japonaise possède la référence EMI EMR 10706 et une date de publication cataloguée au 5 mars 1975. Cet écart par rapport à 1974 est important : un disque japonais de 1975 ne doit pas être déclaré pressage de 1974 simplement parce que la bande et les premières éditions sont antérieures.

Les copies japonaises doivent être décrites à partir de leur présentation réelle : disque, pochette, éventuel feuillet et élément périphérique conservé. L’obi n’est pas à inventer à partir du seul pays ; certains singles japonais utilisent des formats de couverture ou de feuillet différents de ceux des albums. La présence d’un support papier particulier doit être constatée sur l’objet ou sur des images identifiables de cet objet.

Allemagne : édition EMI de 1974 et identification prudente

Une édition allemande du 45 tours est répertoriée pour 1974. Son existence enrichit la cartographie européenne du single, mais il convient de ne pas recopier automatiquement le préfixe du pressage français comme s’il s’agissait d’un numéro allemand prouvé. Une référence qui paraît similaire dans une base de données peut être mal attribuée ou décrite suivant des conventions nationales différentes.

Le dossier allemand restera donc attaché à l’identification « EMI, Allemagne, 1974 » tant qu’un relevé d’étiquette et de matrice n’aura pas permis de normaliser sans ambiguïté toutes ses caractéristiques. Cette prudence n’est pas une faiblesse encyclopédique : elle empêche de transformer une piste de collection en référence supposément vérifiée.

Les rééditions de 1982 et les apparitions sur CD

Le couplage des deux instrumentaux réapparaît dans différentes éditions au début des années 1980, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Australie. Il faut créer une entrée indépendante pour chacun de ces nouveaux objets : une édition australienne de 1982 ne représente pas une variante de première presse britannique, même si elle reprend la même musique.

Les deux compositions deviennent également accessibles dans plusieurs programmes de réédition, notamment les bonus de Venus and Mars Archive Collection en 2014. Pour un inventaire exhaustif, un CD de coffret doit être identifié par son numéro, son pays, ses dates et le programme exact. Il ne peut pas remplacer la description physique du 45 tours initial.

La différence entre variante visuelle et variante sonore

Une pochette illustrée, une étiquette au graphisme différent, un centre plein ou un centre évidé constituent des caractéristiques visuelles. Une coupe de montage, un mixage différent ou une durée réellement distincte concernent le contenu sonore. Ces deux types de variation doivent être présentés dans des champs séparés. Une édition promotionnelle mono/stéréo relève même d’une troisième logique, liée à l’exploitation radiophonique du disque.

Avant de qualifier une variante de « rare », un inventaire doit établir son existence puis son degré de diffusion. Une photo isolée peut être utile, mais ne suffit pas à évaluer son tirage ni sa cote. La valeur marchande n’est pas déterminable à partir de la seule référence de catalogue.

La vérification des matrices et des informations d’usine

Un relevé complet consignera la face A et la face B séparément. Les inscriptions de runout peuvent inclure des nombres, des lettres, des symboles ou des marques d’ingénieur ; elles doivent être reproduites telles qu’elles apparaissent, y compris leurs espaces et ponctuations, avant toute interprétation. Il serait trompeur d’inventer les suffixes -1 ou -2 à partir d’un modèle général de pressage EMI.

La comparaison de plusieurs exemplaires permettra ensuite de déterminer si deux objets ont été pressés à partir des mêmes pièces métalliques, et si une nouvelle gravure a été utilisée. Les matrices constituent des éléments probants, pas des décorations destinées à donner artificiellement de la profondeur à une fiche.

Le risque des erreurs de titre et des promos

« Walking in the Park with Eloise » peut être présenté avec des espacements ou des variantes typographiques mineures. Une erreur de frappe sur une étiquette promotionnelle japonaise a même été signalée dans des catalogues de collectionneurs. Ce type d’anomalie doit être photographié et identifié comme une coquille sur un tirage précis, non comme le titre authentique de l’œuvre.

De même, la face B est parfois citée dans des inventaires comme « Bridge Over the River Suite », alors que l’intitulé de référence documenté pour l’œuvre est « Bridge on the River Suite ». Les graphies attestées sur les supports doivent être reproduites sans correction silencieuse, tout en reliant correctement l’enregistrement à la notice de chanson normalisée.

Comment indexer une collection de cinq territoires

Le classement recommandé commence par la paire artiste/titres, puis distingue Royaume-Uni, France, Allemagne, États-Unis et Japon. À l’intérieur de chaque pays, les éditions commerciales, les promotions et les rééditions seront décrites séparément. La présence d’un single dans un pays ne suffit pas à supposer sa distribution dans les quatre autres.

La fiche photographique idéale comprendrait une image lisible de chaque étiquette, le recto et le verso de la pochette, le centre, les inscriptions de gravure, les informations de fabrication et les dimensions. Les éléments non vérifiés doivent demeurer identifiés comme tels. Le collectionneur gagnera davantage à consulter une fiche incomplète mais honnête qu’une page affichant des caractéristiques inventées.

La place du single Country Hams dans les années Wings

Ce 45 tours montre que les Wings étaient une communauté de travail bien plus large que les albums de studio. En 1974, McCartney enregistre un morceau familial avec des maîtres de la scène de Nashville, reprend une bande commencée deux ans plus tôt, puis rassemble les deux faces sous une identité discographique différente. Le disque relie la tradition musicale des McCartney aux pratiques des studios américains.

La coexistence de plusieurs éditions nationales en fait un excellent point de départ pour une discographie matérielle approfondie. Il permet également de comprendre pourquoi le guide des pressages ne peut pas se limiter aux disques devenus des hits mondiaux. Certaines références modestes sont plus révélatrices de l’activité réelle des Wings que bien des compilations tardives.

Accéder aux deux monographies de chansons

L’étude musicale de la face principale est disponible dans Walking in the Park with Eloise. La genèse à Abbey Road et les interventions de Nashville sont analysées dans Bridge on the River Suite. Ces deux pages complètent le présent guide matériel sans lui substituer un discours général sur les chansons.

La documentation discographique doit continuer avec le guide général des pressages des Wings, les archives de studio et les autres singles en dehors des sept albums studio.