Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · HISTOIRE CHRONOLOGIQUE · SOURCES ET ARCHIVES

Wings en 1972 : les universités britanniques et la première tournée européenne

Dossier encyclopédique Wings · Concerts et histoire · Chapitre en préparation.

Pour saisir l’audace du lancement de Wings, il faut imaginer Paul McCartney, ancien membre des Beatles, se présentant à des universités britanniques avec une formation encore peu éprouvée sur scène. La démarche rompt délibérément avec la logique des tournées spectaculaires. Les premières prestations doivent permettre au groupe de trouver son équilibre, mais aussi à McCartney de retrouver un plaisir élémentaire : jouer dans une salle, devant un public réel, sans dispositif écrasant.

Une tournée construite en chemin

Le 9 février 1972, Wings se produit à l’université de Nottingham. Le site officiel de Paul McCartney identifie cette date comme le premier concert du groupe et précise qu’il s’agit d’une prestation de midi. L’itinéraire initial n’est pas celui d’une tournée longuement arrêtée par un promoteur national : les musiciens, accompagnés de proches, de matériel et d’une petite équipe, cherchent des occasions de jouer dans le circuit des établissements d’enseignement supérieur.

Ce contexte explique à la fois le charme historique de l’opération et ses limites. Les équipements sont modestes, les lieux ne correspondent pas nécessairement à des salles de concert traditionnelles et la présence d’une célébrité mondiale ne garantit pas une organisation parfaitement maîtrisée. Le site officiel évoque des déplacements sans hôtels réservés et des conditions pratiques parfois peu confortables. Il rappelle aussi que le billet du premier concert coûtait 40 pence.

Le calendrier britannique de février 1972

La chronologie recensée par l’archive officielle est particulièrement précieuse parce qu’elle donne une séquence géographique cohérente. Après Nottingham le 9 février viennent York le 10, Hull le 11, Newcastle le 13, Lancaster le 14, Leeds le 16, Sheffield le 17, Manchester le 18, Birmingham le 21 et Swansea le 22 février. Ce relevé doit servir de socle au futur catalogue concert par concert. Chaque date devra ensuite faire l’objet d’une fiche distincte si des sources documentent son lieu exact, son programme, ses photographies ou ses enregistrements.

Une liste de dates ne représente toutefois qu’un premier niveau de connaissance. Pour chacune, il faudra distinguer les titres attestés par un document contemporain, les souvenirs des participants et les reconstructions ultérieures de setlists. Une fiche dont le programme exact n’est pas retrouvé devra l’indiquer explicitement plutôt que reproduire par défaut celui d’une représentation voisine.

Un répertoire qui cherche sa voix

Le jeune groupe se trouve dans une situation particulière. Paul McCartney possède un immense répertoire antérieur, mais Wings doit construire une identité qui ne consiste pas uniquement à rejouer les Beatles. Les morceaux de Wild Life, les chansons récentes et les nouvelles compositions servent à éprouver les voix, les arrangements et la relation entre les musiciens. « My Love », appelée à devenir un immense succès en 1973, est déjà jouée au concert de Nottingham, selon la chronologie officielle de l’artiste.

Cette particularité éclaire l’intérêt des archives live : les concerts précèdent parfois les versions de studio devenues célèbres. Étudier un titre uniquement depuis son disque définitif fait ainsi perdre une partie de son histoire. À l’inverse, les toutes premières exécutions montrent comment une chanson prend forme, quelle place elle occupe dans le spectacle et comment le groupe apprend à la porter collectivement.

1972 : les prises de position et les singles

La première année scénique de Wings est également marquée par une succession de singles très différents. « Give Ireland Back to the Irish » intervient après les événements du Bloody Sunday et fait l’objet d’une interdiction de diffusion au Royaume-Uni. « Mary Had a Little Lamb » offre un contraste saisissant en puisant dans une comptine traditionnelle. « Hi, Hi, Hi », également écartée de la BBC selon les archives officielles, témoigne d’un autre versant de l’écriture et de l’image du groupe.

Il serait imprudent de transformer cette succession en récit simpliste d’un groupe oscillant uniquement entre provocation et innocence. La diversité des morceaux correspond davantage à une période d’expérimentation et à des contextes de création distincts. Pour chaque single, notre discographie précisera les dates par territoire, les faces B, les crédits et, lorsque cela est justifié, le détail des mesures prises par les stations de radio.

Wings Over Europe : l’élargissement de l’horizon

L’étape suivante débute à l’été 1972. La tournée européenne s’ouvre, selon l’archive officielle, le 9 juillet à Ollioules, en France ; elle comprend notamment des étapes à Juan-les-Pins, Arles, Paris, Munich, Francfort, Zurich, Montreux, Copenhague, Helsinki, Amsterdam, La Haye, Anvers et Berlin. Certaines dates apparaissent dans les sources avec un statut particulier : la prestation lyonnaise du 14 juillet, par exemple, est donnée comme annulée. La future chronologie évitera donc de confondre les concerts prévus et les concerts effectivement joués.

Le voyage est resté célèbre pour son autocar à impériale, transformé et peint de couleurs vives, dans lequel prennent place le groupe, des membres de l’équipe et les enfants McCartney. L’image est devenue l’un des emblèmes de la première période Wings. Elle exprime une aspiration à mêler vie familiale, création et itinérance, mais constitue également un choix logistique singulier pour un groupe professionnel. Le témoignage de Paul insiste sur la volonté de voyager autrement que de ville en ville à l’intérieur d’un car traditionnel.

Le projet d’album live qui n’aboutit pas

La tournée européenne est initialement envisagée comme une occasion d’enregistrer des versions destinées à un futur disque. Ce projet ne se concrétise pas sous la forme d’un album live contemporain. Une trace discographique importante subsiste néanmoins : l’interprétation de « The Mess » enregistrée le 21 août 1972 à La Haye paraît comme face B de « My Love » en 1973. Cet exemple montre pourquoi l’étude des concerts doit être menée conjointement à celle des singles et de leurs variantes.

Il faut aussi prendre en compte les publications d’archives ultérieures. Elles peuvent faire apparaître des bandes ou des montages absents des éditions originales, mais elles ne doivent jamais être présentées comme des albums sortis au moment de la tournée. La séparation entre document d’époque, publication différée et reconstruction éditoriale est une règle fondamentale du futur catalogue Wings.

La scène comme laboratoire

À la fin de 1972, Wings n’est plus seulement le nom d’un album enregistré rapidement. Le groupe a appris à fonctionner sur scène, a élargi son aire géographique, renforcé son répertoire et confronté ses chansons à des publics variés. La période révèle également l’importance des arrangements collectifs et prépare les productions plus ambitieuses de 1973. Elle ne doit pas être considérée comme un prologue anecdotique à Band on the Run : elle constitue l’une des étapes décisives de la formation de l’identité du groupe.

Un calendrier universitaire vérifiable : dix premières étapes majeures

La liste officielle de la Wings University Tour commence à Nottingham, le 9 février 1972, avant York le 10, Hull le 11, Newcastle le 13, Lancaster le 14, Leeds le 16, Sheffield le 17, Manchester le 18, Birmingham le 21 et Swansea le 22. Cette succession constitue une charpente documentaire. Elle ne dit pas, à elle seule, quelles chansons ont été interprétées avec certitude à chaque prestation : pour établir une setlist, une source d’époque, une bande identifiée ou plusieurs témoignages concordants restent nécessaires. Les souvenirs de spectateurs sont précieux, mais doivent être reliés au lieu et à la date corrects.

Selon l’histoire publiée sur le site officiel de McCartney, la première prestation de Nottingham correspond à un concert de midi dont les places sont proposées à quarante pence. Le groupe ne voyage pas dans les conditions d’une grande tournée prévue des mois à l’avance. Les enfants de Paul et Linda accompagnent leurs parents ; les animaux, la caravane et la logistique improvisée composent une réalité matérielle inhabituelle dans l’économie du spectacle rock. Derrière l’image pittoresque, l’enjeu est concret : Wings veut réapprendre à faire monter un spectacle en jouant régulièrement devant un auditoire qui peut le découvrir sans les privilèges d’une promotion gigantesque.

La formation à cinq et le rôle d’Henry McCullough

L’arrivée du guitariste nord-irlandais Henry McCullough donne aux concerts de 1972 un équilibre instrumental différent de celui de l’album Wild Life. Il renforce la possibilité d’un jeu à deux guitares avec Denny Laine et offre une personnalité sonore particulièrement utile dans les passages plus blues ou rock. Les Wings de la tournée européenne comprennent Paul McCartney, Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell : c’est cette formation, et non le quartet du premier album, qu’il faut associer au voyage en autobus de l’été.

Le trajet européen officiellement répertorié commence le 9 juillet 1972 à Ollioules, en France, et comprend des dates à Juan-les-Pins, Arles, Paris, Munich, Francfort, Zurich, Montreux, Copenhague, Helsinki, Amsterdam, La Haye, Anvers et Berlin. Certaines dates annoncées ont été annulées, notamment une étape à Lyon : la liste du site officiel distingue explicitement le concert joué de l’événement annulé. Toute concertographie encyclopédique doit préserver cet état, au lieu d’additionner indistinctement annonces, rumeurs et prestations attestées.

Le répertoire : un groupe nouveau sans amnésie musicale

La matière scénique comprend des titres du premier album, des chansons encore inédites sur disque ainsi que des reprises qui témoignent des goûts du groupe. « Soily » et « Hi, Hi, Hi » participent à la construction d’une image plus incisive sur scène ; « The Mess » devient particulièrement important car une interprétation captée à La Haye, le 21 août 1972, sera publiée en face B du single « My Love » en 1973. Pour les chercheurs, une face B comme celle-ci représente un document daté de l’histoire scénique plutôt qu’un enregistrement de studio à ranger automatiquement parmi les chutes.

La réédition Wings 1971–73 de 2018 comprend un album Wings Over Europe élaboré à partir de plusieurs représentations de 1972. Cette publication ne doit pas être confondue avec le disque live original de 1976, Wings Over America, ni avec le projet de sortir dès 1972 un album tiré des concerts. L’histoire des intentions, celle des enregistrements et celle des publications commerciales constituent trois chronologies distinctes.

Les singles et la situation politique de 1972

Le single « Give Ireland Back to the Irish », publié le 25 février 1972, est une réaction directe aux morts du Bloody Sunday en Irlande du Nord. Il fut écarté de la programmation radiophonique britannique ; l’épisode fait apparaître une facette politiquement engagée de McCartney qui contraste avec l’image souvent réductrice d’un compositeur cantonné à la chanson romantique. « Mary Had a Little Lamb » et « Hi, Hi, Hi » illustrent ensuite deux pôles différents de l’imaginaire musical des Wings, entre comptine enfantine et énergie rock. Leur classement et leurs éditions nationales demandent une étude séparée.

Wings et Paul McCartney : illustration 7 du dossier encyclopédique Yellow-Sub