Bannière de la filmographie de Ringo Starr — cinéma et télévision

Filmographie Ringo Starr · Documentaire et musique · 1985–1987

Sun City : Ringo Starr et Zak Starkey contre l’apartheid (1985)

En 1985, Ringo Starr et son fils Zak Starkey enregistrent de la batterie pour Sun City, projet international d’Artists United Against Apartheid. Leurs séances sont documentées dans The Making of Sun City, tandis qu’une vidéo musicale et un album diffusent le message de refus du complexe sud-africain. Cette étude distingue la contribution des deux batteurs, le clip, le documentaire original et sa version augmentée.

Fiche technique et versions de Sun City

Projet : Artists United Against Apartheid. Chanson et album : Sun City (1985), initiative de Steven Van Zandt et Arthur Baker. Vidéo musicale : Sun City (1985), réalisation attribuée à Kevin Godley, Lol Creme et Jonathan Demme. Documentaire : The Making of Sun City, réalisation de Steve Lawrence, avec la contribution journalistique de Danny Schechter. Premières éditions : 1985–1986 ; version documentaire augmentée en 1987. Durées rapportées : environ 45–51 minutes pour les premières éditions ; 60 minutes pour la version pédagogique augmentée. Ringo Starr : batterie, séquence d’enregistrement filmée avec son fils Zak Starkey. Nature du crédit : contribution musicale et documentaire de studio, pas concert en public ni narration principale.

1985 : Ringo Starr rejoint Artists United Against Apartheid

Au milieu des années 1980, les campagnes internationales contre l’apartheid réunissent des artistes de générations et de courants musicaux différents. En 1985, Ringo Starr rejoint Artists United Against Apartheid, collectif organisé autour de Steven Van Zandt et du producteur Arthur Baker. L’objectif est de dénoncer le système ségrégationniste sud-africain et d’appeler les musiciens à ne pas se produire au complexe touristique de Sun City, installé dans le bantoustan du Bophuthatswana, territoire dont l’indépendance proclamée n’est pas reconnue internationalement.

La participation de Ringo possède une dimension discographique, puisqu’il joue de la batterie dans le projet, mais aussi audiovisuelle : les séances d’enregistrement sont filmées. L’un des passages du documentaire montre précisément Steven Van Zandt enregistrant la contribution de Ringo aux côtés de son fils Zak Starkey. La scène est remarquable pour une filmographie familiale du batteur : elle documente un travail instrumental partagé, et non une simple apparition sur une photographie de groupe.

L’apartheid et le symbole du complexe Sun City

L’apartheid organise légalement la ségrégation raciale en Afrique du Sud et impose à la majorité noire de sévères restrictions politiques, sociales et économiques. Le régime cherche aussi à présenter certains bantoustans comme des États indépendants afin de maintenir l’illusion d’une répartition séparée du pouvoir. Le complexe de loisirs Sun City devient un symbole commode des contradictions de cette politique.

Des vedettes étrangères acceptent de s’y produire, parfois en avançant que la musique ne devrait pas être politique. Le collectif de Steven Van Zandt soutient la position inverse : le lieu appartient à un système de séparation et le spectacle peut lui servir de vitrine. Le slogan de la chanson est donc le refus d’une prestation, et non une critique des spectateurs ou de la musique sud-africaine elle-même.

Steven Van Zandt et Arthur Baker : réunir les musiciens

Steven Van Zandt, guitariste connu pour son travail avec Bruce Springsteen et pour ses activités solo, porte le projet avec Arthur Baker. Leur intention dépasse l’enregistrement d’une chanson de charité : ils veulent construire un geste de boycott culturel explicitement opposé à l’apartheid. Le journaliste Danny Schechter joue un rôle important dans les contacts avec les organisations et dans la documentation audiovisuelle du projet.

La production combine musiciens de rock, de rhythm and blues, de soul, de jazz et de hip-hop. Cette diversité représente un choix artistique et politique délibéré. Ringo se trouve ainsi aux côtés de musiciens dont la carrière, l’âge et les publics n’ont rien de commun avec les Beatles. Son instrument devient l’un des éléments d’une composition collective complexe.

Ringo et Zak Starkey : deux batteries enregistrées pour la même cause

Le passage qui justifie particulièrement cette fiche se trouve dans The Making of Sun City. Le distributeur pédagogique Films Media Group décrit explicitement une séquence de deux minutes environ intitulée « Laying Tracks for Sun City » : Steven Van Zandt y enregistre Ringo Starr et son fils Zak à la batterie pour l’album de lutte contre l’apartheid. Ce repère identifie une prestation filmée réelle, au-delà d’une simple attribution de pochette.

La présence de Zak est importante pour comprendre le parcours musical de la famille Starkey. Bien avant les collaborations ultérieures du batteur avec les Who et d’autres groupes, père et fils se retrouvent dans un projet à vocation internationale. Les images peuvent montrer leur travail, mais il ne faut pas déduire de la seule fiche de distribution quel instrument est entendu à chaque seconde du mixage final : l’album fait appel à plusieurs autres batteurs et à des éléments programmés.

Cette collaboration offre aussi un contraste avec les projets où Ringo se présente seul comme vedette. Ici, le célèbre musicien et son fils acceptent d’être deux contributeurs parmi des dizaines d’artistes. La finalité humanitaire et politique prévaut sur une mise en avant personnelle.

La chanson Sun City et son refus de la neutralité

La chanson adopte un refrain immédiatement mémorisable, bâti autour de la promesse de ne pas jouer à Sun City. Le texte, écrit dans le contexte des campagnes internationales, associe le boycott culturel à une dénonciation du régime et de ses soutiens. La production musicale alterne différentes voix et rassemble des styles qui cohabitent rarement aussi ouvertement dans les hit-parades.

Ringo apporte une contribution de batterie au projet. Cette participation ne signifie pas qu’il chante chaque couplet ni qu’il figure constamment au premier plan dans le clip. Un enregistrement collectif peut comporter des dizaines de prises réalisées séparément, puis réunies dans le mixage. Le documentaire permet de retrouver une partie de cette fabrication.

Un collectif exceptionnel : jazz, hip-hop, rock et soul

La liste des participants comprend notamment Miles Davis, Herbie Hancock, Bob Dylan, Bono, Lou Reed, Peter Gabriel, Run-D.M.C., Afrika Bambaataa, Grandmaster Melle Mel, Bonnie Raitt, Keith Richards, Ronnie Wood, George Clinton, Pat Benatar et Bruce Springsteen. Ringo et Zak Starkey participent à ce réseau, qui rassemble plusieurs générations de la culture populaire.

Le projet met en relation des traditions musicales parfois séparées par les industries du disque. Le rythme hip-hop, les claviers, les guitares rock, les cuivres jazz et les chœurs de soul prennent place dans une composition construite pour être diffusée largement. Le résultat doit être jugé comme un enregistrement collectif plutôt que comme une œuvre solo de l’un des noms célèbres du générique.

Le clip de 1985 : une œuvre audiovisuelle différente du documentaire

Le morceau bénéficie d’un clip promotionnel réalisé avec des images de musiciens, de séances et de manifestations. Les notices filmographiques attribuent sa réalisation à Kevin Godley, Lol Creme et Jonathan Demme. Ringo est crédité parmi les artistes associés au clip, aux côtés de Zak et d’autres participants. Ces crédits concernent la vidéo musicale elle-même.

Le clip possède un rythme et une fonction particuliers : il doit faire connaître la chanson et son message dans la programmation musicale des télévisions. Les plans de musiciens y alternent avec des images évoquant la violence et l’injustice du régime. Il ne faut pas le confondre avec le film plus long consacré à l’enregistrement et à l’organisation de la campagne.

Pour une filmographie exhaustive, le clip peut faire l’objet d’une notice distincte de celle du documentaire, car leurs réalisateurs, leurs durées et leurs structures de montage diffèrent.

The Making of Sun City : suivre la naissance d’un engagement

Un film documentaire consacré aux coulisses du projet est réalisé par Steve Lawrence, avec la participation de Danny Schechter et de collaborateurs ayant suivi les séances. Les notices de 1985 décrivent un programme d’environ 45 à 51 minutes selon la présentation. Il contient les entretiens et les prises de vues qui expliquent pourquoi les artistes ont rejoint la campagne.

La presse américaine annonce au début de janvier 1986 la commercialisation d’une cassette vidéo intitulée The Making of Sun City, dont les recettes doivent contribuer à des organisations engagées contre l’apartheid. Le documentaire ne cherche pas seulement à montrer des vedettes en studio. Il présente le contexte politique et les motivations exprimées par des musiciens et des militants.

La présence de Ringo et Zak dans les séquences d’enregistrement appartient à cet ensemble. Le film vaut donc également comme archive d’une période où le documentaire musical devient un outil de communication politique.

1986 et 1987 : versions, rediffusions et changements de durée

Les registres audiovisuels présentent des durées différentes : les notices de la vidéo initiale indiquent environ 45 ou 51 minutes, tandis que Films Media Group commercialise une version de 60 minutes explicitement décrite comme une extension du film original de 1986, avec un copyright de 1987. Ces chiffres doivent être associés aux versions concernées et ne justifient pas la création d’un nouveau tournage de Ringo en 1987.

La prolongation du documentaire permet d’approfondir le contexte politique, les témoignages de militants et la réception du projet. Des diffusions télévisuelles américaines seront également organisées avec des mises à jour. Une copie longue peut donc contenir des séquences absentes d’une première cassette, ce qui impose de préciser l’édition étudiée.

Le repère le plus sûr pour Ringo reste la séquence où lui et Zak enregistrent la batterie. Il n’est pas nécessaire d’attribuer arbitrairement un minutage à toutes les éditions pour établir ce crédit.

Une participation sur disque n’est pas un rôle de cinéma

La même année, Ringo se retrouve dans deux autres productions à distinguer : il chante et joue de la batterie dans Carl Perkins & Friends, mais ne tient qu’un caméo humoristique dans Willie and the Poor Boys.

L’album Sun City paraît en 1985 et contient la chanson collective ainsi que d’autres contributions. Les crédits détaillés font apparaître plusieurs batteurs, dont Ringo, Zak Starkey, Keith LeBlanc, Tony Williams, Steve Jordan et des programmateurs rythmiques. La production ne correspond donc pas à un morceau joué exclusivement par Ringo et son fils.

Il faut également distinguer trois objets : le disque de musique, la vidéo promotionnelle et le film documentaire. Le même titre circule entre ces supports, mais ils ne possèdent ni la même durée ni nécessairement les mêmes séquences. La discographie doit conserver les références de pressage, tandis que la filmographie décrit les prises de vues et les éditions audiovisuelles.

Le rapprochement entre les deux catalogues demeure indispensable : une scène de studio peut aider à comprendre un crédit musical, et la fiche du disque peut préciser une prise utilisée dans une vidéo. Mais les deux types de preuve ne sont pas interchangeables.

Une campagne confrontée à des obstacles de diffusion

La volonté de critiquer directement l’apartheid et la politique américaine de l’époque rend la diffusion plus compliquée que celle d’un morceau caritatif consensuel. Les documents historiques décrivent des réserves de chaînes et de stations qui hésitent à présenter une production jugée politiquement engagée. Le collectif doit défendre la nécessité de montrer les conditions en Afrique du Sud.

Le refus de certains diffuseurs est l’un des sujets mêmes de l’histoire du film. Le documentaire accompagne ainsi la campagne et en prolonge le message, au lieu de se limiter à la promotion d’un objet commercial. Sa valeur dépasse la somme des apparitions de vedettes : il fournit des témoignages sur un moment du boycott culturel international.

La place du projet dans la carrière de Ringo Starr

La participation à Sun City démontre que Ringo reste associé à des initiatives collectives en dehors de son propre répertoire. Après le concert pour le Bangladesh en 1971, il contribue à un autre projet où la musique cherche à attirer l’attention sur une crise politique majeure. Les contextes sont différents : le Bangladesh relève d’une opération d’aide humanitaire, tandis que Sun City constitue une prise de position explicite contre le système de l’apartheid.

Le documentaire permet de voir cette implication sous un angle concret : le batteur enregistre une partie instrumentale avec Zak et rejoint d’autres artistes en studio. Une notice juste ne lui attribue ni l’écriture de la chanson ni la conception de la campagne, mais reconnaît son rôle réel dans une œuvre collective historiquement importante.

Sources et vérification des participations

Films Media Group, catalogue The Making of Sun City, description de la séquence « Laying Tracks for Sun City » avec Ringo et Zak et édition de 60 minutes (1987) ; Los Angeles Times, compte rendu du 4 janvier 1986 consacré à la cassette documentaire ; South African History Online, étude du boycott culturel de l’apartheid ; crédits de Sun City, Artists United Against Apartheid (1985) ; génériques de la vidéo promotionnelle et du documentaire. Sources mentionnées sans liens externes dans le texte.

À explorer : The Concert for Bangladesh, The Last Waltz et la filmographie complète de Ringo Starr.