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Filmographie de Ringo · Documentaire · 2011

George Harrison: Living in the Material World (2011) : Ringo témoigne

Dans le documentaire George Harrison: Living in the Material World, Martin Scorsese recueille le témoignage de Ringo Starr sur son ami et ancien partenaire des Beatles. Diffusé sur HBO les 5 et 6 octobre 2011, le film réunit des archives souvent rares, des témoignages de musiciens et des images de la vie privée de George. Cette étude distingue les nouvelles interviews de Ringo, les documents où il apparaît au temps des Beatles, les événements racontés et les différentes éditions DVD et Blu-ray.

Fiche technique de George Harrison: Living in the Material World

Titre : George Harrison: Living in the Material World. Genre : documentaire biographique musical. Réalisation : Martin Scorsese. Année de première diffusion : 2011. HBO : 5 et 6 octobre 2011, deux parties. Avant-première britannique : BFI Southbank, 2 octobre 2011. Sorties vidéo britanniques : DVD et Blu-ray à partir du 10 octobre 2011. Durée : environ 208 minutes selon les références cinématographiques et les montages. Sources filmées : témoignages, archives, films de famille, photographies et concerts. Témoins : Olivia Harrison et proches de George, dont Ringo Starr, Paul McCartney, Eric Clapton, Tom Petty, George Martin, Terry Gilliam, Eric Idle, Yoko Ono et d’autres. Crédit de Ringo : interview de témoin et présence dans des archives d’époque ; pas narrateur du film ni auteur de la musique originale.

Scorsese filme George Harrison, Ringo retrouve son ami

En 2011, près de dix ans après la disparition de George Harrison, Martin Scorsese présente George Harrison: Living in the Material World. Le film ne se contente pas de récapituler la carrière du guitariste des Beatles. Il cherche à comprendre comment un artiste mondialement célèbre a vécu entre plusieurs aspirations parfois contradictoires : la création musicale, le besoin de retrait, la quête spirituelle, les amitiés et la vie familiale. Les images d’archives, les témoignages et les documents personnels sont montés en un vaste portrait qui refuse de se limiter aux succès d’un groupe.

Ringo Starr apparaît parmi les témoins essentiels. Il connaît George depuis les années où la scène de Liverpool et les engagements à Hambourg rapprochaient les musiciens. Il a vécu avec lui l’explosion de la Beatlemania, les séances d’enregistrement, les transformations du groupe et les décennies suivantes, lorsque leurs chemins professionnels restent liés sans être confondus. Son témoignage donne au film une matière que ne peut pas fournir le seul souvenir d’un admirateur : une relation de travail, une amitié et l’expérience directe d’événements devenus historiques.

Cette participation relève de la filmographie documentaire de Ringo. Il ne joue pas un personnage écrit pour une fiction. Il intervient devant la caméra en son propre nom, tandis que des documents plus anciens le montrent à différentes étapes de sa vie. La distinction entre ces deux présences — interview réalisée pour le documentaire et archives où il est visible — doit être conservée tout au long de la fiche.

Pourquoi Olivia Harrison se tourne vers Martin Scorsese

Olivia Harrison joue un rôle majeur dans la préparation de l’œuvre. Veuve de George, elle conserve des photographies, des films privés, des documents et de nombreux souvenirs dont une partie n’avait jamais été rendue publique. L’entreprise consiste à ouvrir ces archives sans réduire son mari à une image pieuse ou parfaitement lisse. Elle cherche un cinéaste capable de comprendre simultanément la musique, les contradictions personnelles et la dimension spirituelle de son parcours.

Martin Scorsese possède une expérience importante du film musical. Il a réalisé The Last Waltz, consacré au concert d’adieu du Band, ainsi que plusieurs œuvres où la musique occupe un rôle décisif. Son approche peut embrasser le spectacle et l’intimité, les effets de scène et le silence, la célébrité et ce qui lui échappe. Les déclarations de 2011 rapportent son intérêt pour la vie intérieure de George, dont les chansons témoignent d’une recherche qui ne se limite pas à l’ambition professionnelle.

La collaboration avec Olivia donne accès à une variété exceptionnelle de sources. Mais l’existence d’archives privées ne signifie pas que le réalisateur adopte nécessairement un point de vue exclusivement familial. Le film intègre des voix différentes, notamment celles de musiciens, d’amis et de collaborateurs dont l’expérience de George ne coïncide pas toujours. Ringo appartient à cette pluralité de regards.

2011 ou 2012 : pourquoi les catalogues ne donnent pas tous la même année

L’identification chronologique demande une précision importante. George Harrison: Living in the Material World est présenté et diffusé en 2011. Le film connaît notamment une avant-première au Royaume-Uni le 2 octobre, une exploitation en salles le 4 octobre et une diffusion sur HBO aux États-Unis en deux parties les 5 et 6 octobre. Les éditions britanniques DVD et Blu-ray sont annoncées pour le 10 octobre 2011.

Le site officiel consacré à George Harrison classe néanmoins certaines éditions du film sous l’année 2012. Cela ne signifie pas que Martin Scorsese ait réalisé pour la première fois son documentaire l’année suivante. Il faut différencier l’année de la première exploitation audiovisuelle, celle d’une publication nationale ou internationale particulière et l’année employée par une discographie de produits. La notice principale de la filmographie de Ringo retient donc 2011 pour l’œuvre, tout en laissant aux différentes éditions physiques leurs dates propres.

Cette méthode évite d’ouvrir artificiellement deux fiches pour un seul film. Si une version contient des suppléments ou un packaging différents, elle relève d’une notice d’édition, pas nécessairement d’une nouvelle œuvre cinématographique.

Un documentaire en deux parties, d’environ trois heures et demie

Le film est conçu comme une vaste traversée de l’existence de George Harrison. Sa durée totale est généralement indiquée autour de 208 minutes, même si certaines fiches territoriales retiennent un métrage voisin. Il peut être présenté comme un film unique très long ou divisé en deux parties, notamment pour la diffusion et les supports domestiques. Cette structure permet de suivre à la fois la période des Beatles et les années qui suivent la séparation.

La première partie revient sur l’enfance à Liverpool, la rencontre avec les autres Beatles, la vie des débuts et les premières expériences spirituelles. La deuxième laisse davantage de place à l’activité de George après 1970, à ses liens avec d’autres artistes, à ses entreprises cinématographiques et aux événements personnels des dernières décennies. Il s’agit d’une présentation générale : les thèmes se répondent et ne sont pas entièrement enfermés dans un découpage mécanique.

Pour le collectionneur, la durée ne peut être dissociée du support. Un programme HBO divisé sur deux soirées, un DVD international et une édition de collection peuvent annoncer des minutages légèrement différents. Une fiche de vidéographie devra identifier la version et les éventuels suppléments avant de comparer les chiffres.

Ringo et George à Liverpool : les liens avant la célébrité mondiale

Ringo et George appartiennent à la même génération musicale de Liverpool, mais leurs premiers parcours ne sont pas identiques. Ringo se forge une réputation de batteur dans des groupes locaux, notamment Rory Storm and the Hurricanes, tandis que George rejoint John Lennon et Paul McCartney avant la constitution définitive des Beatles. Les rencontres dans les clubs et à Hambourg permettent une connaissance réciproque avant que le monde entier ne les associe au même groupe.

Le témoignage de Ringo permet de rendre cette proximité tangible. Il se souvient d’un camarade de métier avant d’évoquer une légende mondiale. Cette perspective est précieuse dans un film consacré à George, car elle empêche la relation de se réduire à deux noms célèbres. Les Beatles étaient d’abord des jeunes musiciens qui devaient apprendre à jouer, voyager et vivre dans des conditions parfois peu confortables.

La fidélité d’une amitié de jeunesse ne supprime pas les conflits ou les transformations du groupe. Le documentaire peut ainsi montrer George à travers les yeux de personnes qui ont connu plusieurs versions de lui-même : le guitariste débutant, le jeune homme submergé par la popularité, l’artiste attiré par d’autres formes de musique et l’ami plus âgé que les épreuves rendent parfois plus réservé.

Un Beatle discret face à la Beatlemania

George Harrison a longtemps été présenté comme le Beatle tranquille. Ce surnom possède une efficacité journalistique, mais il simplifie un caractère qui pouvait se montrer mordant, curieux, drôle et très déterminé. Le film de Scorsese cherche précisément à échapper à la répétition d’un cliché. Les interventions de Ringo contribuent à cette démarche : il a partagé avec George des situations de travail et de vie qui ne se résument pas aux photographies officielles ou aux conférences de presse.

Les années 1963 et 1964 sont racontées à travers l’explosion de la popularité du groupe. La télévision, les voyages, les rencontres avec le public américain et les concerts forment une suite d’expériences parfois grisantes mais aussi de plus en plus contraignantes. Les quatre musiciens ont dû apprendre à vivre avec une notoriété sans précédent pour des artistes de leur âge.

Le regard rétrospectif de Ringo peut replacer ces événements dans la continuité humaine de leur relation. Le documentaire ne se contente pas d’énumérer les triomphes du groupe : il s’intéresse aux effets que cette transformation produit sur les personnes. George apparaît comme un homme dont la recherche intérieure s’accentue au moment même où le monde extérieur devient plus bruyant.

Le travail de George au studio : la place des autres Beatles

L’une des lignes de force du film concerne la transformation de George en compositeur. Dans les premiers albums des Beatles, John Lennon et Paul McCartney occupent la plus grande part de l’espace d’écriture, tandis que George développe progressivement une voix artistique distincte. Les titres Taxman, Within You Without You, While My Guitar Gently Weeps, Something et Here Comes the Sun jalonnent ce parcours.

Une perspective strictement individuelle risque pourtant d’effacer le fonctionnement du groupe. Les chansons prennent forme dans le travail collectif des quatre musiciens et de leur producteur George Martin. Ringo participe à ces enregistrements comme batteur, avec les choix de jeu, les silences et les accents qui donnent une structure rythmique à des compositions parfois très différentes.

La présence de Ringo dans les interviews de Scorsese rappelle que l’histoire de George compositeur se déroule aussi à l’intérieur de cette collaboration. Le film s’attache à l’affirmation personnelle d’un artiste, mais le témoignage d’un musicien qui l’a accompagné durant les séances aide à comprendre la différence entre écrire une chanson et la réaliser collectivement.

Ravi Shankar, l’Inde et la recherche spirituelle

Le film accorde une place essentielle à l’intérêt de George pour la musique indienne et à sa rencontre avec Ravi Shankar. Cette relation ne se limite pas à l’utilisation d’un instrument exotique au sein d’un disque pop. Elle conduit le guitariste à découvrir d’autres traditions musicales, des méthodes de travail exigeantes et une réflexion spirituelle qui transforme progressivement sa vie.

La période de la visite des Beatles en Inde en 1968 et leur rapport à la méditation appartiennent également à cette histoire. Ringo peut témoigner des expériences partagées, mais les motivations de chacun n’étaient pas nécessairement identiques. Le documentaire doit pouvoir présenter une aventure collective sans supposer que les quatre hommes ont entretenu la même relation à la spiritualité, à la discipline ou au voyage.

Le titre Living in the Material World évoque cette tension entre l’existence concrète et la quête d’un sens plus profond. Il renvoie également à l’album publié par George en 1973. Le film de 2011 ne doit toutefois pas être confondu avec le disque : il reprend son titre pour une œuvre biographique beaucoup plus vaste.

La fin des Beatles : les souvenirs ne sont pas des verdicts

Les dernières années du groupe sont souvent racontées comme une succession de conflits menant inévitablement à la séparation. Le film de Scorsese replace George dans cette histoire et laisse voir la difficulté d’être un compositeur qui cherche davantage d’espace au sein d’un ensemble déjà dominé par deux auteurs célèbres. Cette situation est réelle, mais ne résume pas à elle seule les causes de la rupture.

Les souvenirs de Ringo et de Paul permettent de multiplier les points de vue. Un événement qui a marqué George peut avoir été vécu autrement par ses partenaires. Le montage du documentaire propose une interprétation de ces témoignages, mais il ne remplace ni les enregistrements de séances ni les documents contemporains.

Pour l’encyclopédie, cette précaution est importante. Un entretien réalisé en 2011 renseigne sur la mémoire d’un participant plusieurs décennies après les faits. Il possède une valeur personnelle et historique immense, mais ne permet pas toujours de fixer la date ou la cause exacte d’une décision. Les films Let It Be et Get Back doivent être étudiés en parallèle, car ils donnent accès à des images de travail originales dont l’interprétation a elle-même évolué.

All Things Must Pass : George construit son propre espace

La publication d’All Things Must Pass en 1970 confirme l’ampleur du répertoire personnel que George a développé pendant les dernières années des Beatles. L’album marque le début d’une carrière solo dans laquelle les compositions, les arrangements et la spiritualité occupent un espace qu’il peut désormais organiser lui-même. Scorsese utilise cette période pour montrer une libération artistique, mais aussi de nouvelles responsabilités et de nouveaux défis.

Ringo est l’un des musiciens qui participent au travail de George après la séparation. La présence de collaborations entre anciens Beatles démontre que la fin du groupe n’entraîne pas immédiatement la disparition de toutes leurs relations professionnelles. Ces travaux doivent cependant être décrits avec des crédits précis : jouer de la batterie sur une séance ne signifie pas avoir composé une chanson ni produit l’ensemble d’un album.

Le film permet de comprendre comment les liens personnels et musicaux ont survécu dans des formes plus souples. George construit son univers solo tout en continuant de faire appel à des amis et collaborateurs qu’il connaît depuis longtemps. Pour la discographie de Ringo, chaque séance requiert une vérification documentaire distincte de sa participation au film de Scorsese.

Concert for Bangladesh : la musique comme action solidaire

Pour retrouver Ringo sur scène le 1er août 1971, consultez la fiche complète The Concert for Bangladesh (1972), le film de Saul Swimmer.

En août 1971, George Harrison organise au Madison Square Garden de New York le Concert for Bangladesh, événement majeur qui associe musique populaire et aide humanitaire. Le projet réunit plusieurs artistes importants, dont Ravi Shankar, Bob Dylan, Eric Clapton, Billy Preston, Leon Russell et Ringo Starr. Ce dernier participe effectivement à la performance, ce qui donne à son témoignage rétrospectif une profondeur particulière.

La réalisation d’un tel concert exige des démarches nouvelles pour l’époque : réunir les musiciens, organiser un spectacle de grande ampleur et transformer l’intérêt médiatique en soutien à une cause humanitaire. Les difficultés administratives qui suivent n’enlèvent rien au caractère précurseur de l’initiative. Scorsese replace cet épisode dans le parcours de George, dont la quête spirituelle est progressivement liée à une conception plus concrète de la solidarité.

La filmographie de Ringo doit distinguer le concert filmé de 1971, les éditions audio ou vidéo qui en découlent et le témoignage livré pour Living in the Material World quarante ans plus tard. Ce sont trois objets documentaires liés, mais non une seule prestation réitérée à des dates différentes.

L’humour de George et la naissance de HandMade Films

George Harrison ne se contente pas d’enregistrer des disques après les Beatles. Son intérêt pour le cinéma conduit au développement de HandMade Films, société associée à des productions originales de la fin des années 1970 et des années 1980. L’aventure est notamment liée à Life of Brian des Monty Python, dont le financement trouve en George un soutien inattendu. Ce choix révèle un goût pour l’humour et la liberté artistique qui ne correspond guère au cliché d’un homme uniquement absorbé par la spiritualité.

Des témoins comme Terry Gilliam et Eric Idle éclairent cette dimension. Le film de Scorsese permet ainsi de rapprocher la recherche de George de son plaisir à soutenir des projets comiques, parfois irrévérencieux. Cette coexistence de traits apparemment contradictoires contribue à rendre son portrait plus humain.

Ringo appartient aussi à l’histoire de ces croisements entre Beatles et cinéma. Sa propre filmographie contient des œuvres liées aux réalisations ou productions de l’entourage de George. Le documentaire de 2011 sert donc de passerelle vers des films comme Water, tout en rappelant que la présence des deux anciens Beatles dans un même projet peut prendre des formes très différentes.

Tom Petty, Eric Clapton, Jeff Lynne : d’autres amitiés essentielles

Ringo n’est pas le seul ami musicien interrogé. Le film accueille également des témoignages d’Eric Clapton, Tom Petty, Jeff Lynne et d’autres artistes ayant travaillé avec George dans des contextes variés. Leurs voix contribuent à montrer une carrière qui ne se laisse pas enfermer dans l’histoire des Beatles.

La formation des Traveling Wilburys, l’activité de studio et les collaborations occasionnelles révèlent l’importance du plaisir de faire de la musique entre amis. George peut se montrer exigeant, réservé ou drôle selon les circonstances. Aucun témoin ne possède à lui seul la totalité de la vérité sur cette personnalité. Le film gagne précisément en nuance en juxtaposant plusieurs relations.

La contribution de Ringo doit être lue dans ce réseau. Son histoire avec George commence très tôt et couvre l’expérience unique des Beatles, mais elle n’annule pas les liens que George a développés avec d’autres artistes. Une encyclopédie doit décrire ces cercles successifs sans prétendre qu’une seule amitié explique toutes les décisions de George.

Olivia et Dhani Harrison : les documents d’une vie privée

Olivia Harrison et leur fils Dhani participent à la mémoire familiale de George. Les images privées et les témoignages replacent les albums et les événements publics dans une existence faite de gestes ordinaires, d’intimité et de périodes difficiles. Le documentaire cherche à montrer un artiste dont la célébrité n’épuise pas la personnalité.

Il faut toutefois éviter de considérer les images domestiques comme de simples illustrations neutres. Elles sont filmées dans des circonstances particulières, choisies au moment du montage et présentées à un public qui ignore souvent leur contexte originel. Leur force émotionnelle est considérable, mais leur interprétation gagne à être accompagnée d’informations sur les personnes et les dates.

La présence de Ringo parmi les témoins de cette vie rappelle une amitié durable, tout en conservant une frontière entre les souvenirs qu’il partage et les aspects familiaux appartenant d’abord à Olivia et Dhani. Cette différence des points de vue contribue à la délicatesse du portrait.

La maladie, les épreuves et la disparition de George

Le film aborde les dernières années de George, marquées par des problèmes de santé et par l’agression subie à son domicile de Friar Park en 1999. Il serait trompeur de présenter ces événements comme une simple conclusion tragique d’une carrière musicale. Ils prennent place dans une existence dont la spiritualité, les relations personnelles et la création ont déjà été longuement développées.

Ringo intervient avec l’émotion de quelqu’un qui a connu George pendant plusieurs décennies. Certains passages consacrés aux derniers échanges entre les deux hommes sont parmi les moments les plus touchants du documentaire. Leur intérêt ne réside pas dans une anecdote sensationnelle, mais dans la façon dont une amitié se révèle au moment où la fragilité physique devient impossible à ignorer.

Il serait inapproprié de reconstituer ou d’amplifier des conversations privées au-delà de ce que les témoins ont effectivement choisi de raconter. Une notice rigoureuse doit signaler la force de ces souvenirs sans inventer des dialogues ou des circonstances médicales. George Harrison meurt le 29 novembre 2001 ; dix ans plus tard, le film de Scorsese entreprend de rendre compte de sa vie entière plutôt que de la résumer à cette disparition.

Ringo témoin et Ringo dans les archives : deux crédits distincts

Dans Living in the Material World, le spectateur rencontre plusieurs versions filmées de Ringo. Les concerts et les tournées des Beatles montrent le jeune batteur à l’époque des événements. D’autres documents peuvent le présenter en studio, sur une scène ou aux côtés de George après la séparation. Ces images sont anciennes et leur valeur documentaire vient de leur contexte d’origine.

Le Ringo interrogé pour le documentaire accomplit une autre tâche. Il parle rétrospectivement de George et formule des souvenirs dont le contenu est inséparable de son expérience personnelle. Il s’agit d’une contribution nouvelle, réalisée dans le cadre du film de Scorsese. Les deux types de présence justifient l’inscription du titre dans sa filmographie, mais pas de la même manière.

Cette méthode de classement permet d’éviter les doublons. Si l’on créait une fiche séparée chaque fois qu’un extrait de 1964 réapparaît dans un nouveau documentaire, le catalogue donnerait une image artificiellement gonflée de la carrière de Ringo. La bonne solution consiste à lister les œuvres documentaires où son témoignage est identifiable et à associer les archives importantes à leurs tournages originaux.

Les éditions DVD et Blu-ray de 2011

L’exploitation domestique commence très rapidement après la diffusion. Au Royaume-Uni, Lionsgate annonce pour le 10 octobre 2011 des versions DVD et Blu-ray, ainsi que plusieurs coffrets plus élaborés. Une édition de luxe associe le film à un CD de morceaux rares de George Harrison et à un livre de photographies. Le documentaire devient donc le centre d’un ensemble éditorial où les images, les textes et la musique sont présentés comme des éléments complémentaires.

La fiche de vidéographie doit distinguer chacune de ces éditions. La présence d’un CD supplémentaire ne transforme pas le film en album musical, et la publication d’un livre de photos ne constitue pas une nouvelle version cinématographique. Les langues, le codage régional, le distributeur, le nombre de disques et les bonus doivent être relevés à partir des exemplaires physiques.

Le site officiel de George liste notamment des suppléments consacrés à Paul McCartney, à Here Comes the Sun, à Damon Hill, à Jeff Lynne et aux épisodes de conflits ou de violence. Les références précises et le minutage de ces documents peuvent dépendre du coffret. Il est préférable de conserver leurs titres et de vérifier le support avant de leur attribuer une durée uniforme.

Pourquoi la sortie américaine et la sortie française diffèrent

Un documentaire conçu pour HBO aux États-Unis peut connaître une chronologie différente en Europe. La présentation en festival, la projection britannique et la publication de supports dans d’autres pays suivent chacune les accords de distribution. C’est pourquoi les notices commerciales emploient parfois des années différentes, même lorsqu’elles désignent le même montage de Scorsese.

L’historien doit enregistrer séparément la première mondiale, les premières diffusions télévisuelles, les exploitations en salles et les éditions vidéo. Une sortie française tardive n’efface pas la première américaine d’octobre 2011. Inversement, l’existence d’un DVD daté de 2012 dans un catalogue ne constitue pas la preuve d’un film entièrement nouveau.

Cette précision aidera les lecteurs de Yellow-Sub.net à identifier les versions qu’ils possèdent et à comprendre pourquoi une recherche sur un marchand ou une médiathèque peut fournir plusieurs dates pour le même documentaire.

La valeur du film pour l’encyclopédie de George Harrison

Un autre documentaire revient sur l’idée de George de rapprocher la musique des Beatles du Cirque du Soleil : All Together Now (2008), avec un témoignage de Ringo Starr.

Living in the Material World appartient naturellement à une biographie de George Harrison. Sa valeur dépasse cependant la simple chronologie des faits. Scorsese cherche à représenter une personnalité en tension entre la gloire et le désir de retrait, entre la musique populaire et les exigences d’une vie spirituelle. Cette ambition explique l’importance des archives personnelles, des scènes de travail et des témoignages de proches.

La contribution de Ringo est particulièrement précieuse car elle inscrit George dans une relation collective. Les Beatles ne sont pas seulement le décor des premières années d’un futur soliste. Ils représentent une expérience de collaboration intense dont George ne s’est jamais complètement séparé dans sa mémoire ni dans plusieurs aspects de sa carrière.

Le film doit donc être relié aux pages consacrées aux Beatles, à la discographie de George et à la filmographie de Ringo. Il constitue une passerelle documentaire où plusieurs parcours biographiques se rejoignent sans se réduire l’un à l’autre.

Ce que le film ne prouve pas automatiquement

Le même travail critique s’impose pour The Beatles: Get Back (2021) : distinguer la date des archives et celle de leur publication, et pour Beatles ’64 (2024) : reconnaître les entretiens nouveaux de Ringo au milieu des archives restaurées.

Un entretien de Ringo ne suffit pas à garantir la date précise de chaque événement évoqué. Un montage qui rapproche deux images ne démontre pas nécessairement qu’elles furent enregistrées le même jour. Une chanson présente dans la bande sonore ne permet pas de conclure que Ringo a joué sur sa version originale. Ce sont des limites ordinaires du film documentaire, dont la force réside d’abord dans la mise en perspective d’archives et de paroles.

Le caractère autorisé ou soutenu par les proches de George ne supprime pas non plus la nécessité d’une lecture critique. La famille, les collaborateurs et les anciens partenaires ont leurs sensibilités et leurs souvenirs. Scorsese construit une interprétation cinématographique à partir de ces matériaux ; il ne produit pas un registre d’état civil illustré.

Une encyclopédie de référence doit ainsi nommer les œuvres originales, conserver les dates d’exploitation vérifiées et distinguer les différentes présences de Ringo. Cette discipline augmente la valeur du film comme source au lieu d’en diminuer l’importance.

Une mémoire partagée, du Concert for George au film de Scorsese

À découvrir : Concert for George (2003) : le concert hommage au Royal Albert Hall, avec les performances de Ringo Starr.

Pour découvrir Ringo comme témoin de toute l’histoire du groupe, consulter également The Beatles Anthology (1995–2025) et Eight Days a Week (2016).

Le Concert for George organisé en 2002 au Royal Albert Hall représente un hommage musical rendu à George par ses amis et collaborateurs. Ringo y participe comme interprète, tandis que le documentaire de Scorsese, presque une décennie plus tard, lui demande de raconter une relation personnelle. Les deux œuvres occupent donc des places différentes dans sa carrière audiovisuelle.

La distinction est également valable pour les albums liés à ces productions. Une chanson interprétée au concert de 2002 possède ses propres crédits et ses propres supports. Un entretien filmé pour l’œuvre de 2011 appartient à un autre tournage. Les deux événements témoignent d’une fidélité, mais ils ne constituent pas la même performance.

En reliant correctement ces titres, Yellow-Sub.net peut construire un réseau d’archives intelligible : le visiteur comprend les dates, les métiers, les lieux et les liens artistiques au lieu de parcourir un catalogue indifférencié de participations de Ringo.

Sources documentaires et contrôle des dates

Site officiel de George Harrison, « George Harrison Documentary and Book Announced », 14 juillet 2011 ; annonce de l’avant-première londonienne, 28 septembre 2011 ; notice du film et des éditions vidéo ; GRAMMY Museum, communiqué du 12 septembre 2011, rappelant la diffusion HBO des 5 et 6 octobre ; Roger Ebert, recension du 3 octobre 2011 ; communication Lionsgate sur les coffrets vidéo et leurs suppléments. Les références sont indiquées en fin d’article sans aucun lien extérieur.

Lire également : The Beatles Anthology (1995–2025), Born to Boogie, Water et la filmographie complète.