Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · HISTORIOGRAPHIE · MÉMOIRES · 2025

Denny Seiwell : The Best and Worst of Times, les mémoires du premier batteur des Wings

La publication en 2025 des mémoires de Denny Seiwell apporte un éclairage personnel sur la naissance des Wings. Coécrit avec Robyn Flans et édité par Hudson Music, Denny Seiwell: The Best and Worst of Times revient sur la vie professionnelle d’un batteur de studio devenu membre fondateur du groupe de Paul et Linda McCartney. De l’enregistrement de Ram aux concerts de 1972 et à la rupture précédant Band on the Run, ce témoignage offre une perspective différente de celle des biographies centrées sur McCartney.

La présente étude distingue les informations bibliographiques vérifiables, les thèmes attestés par la présentation de l’éditeur et les rapprochements historiques possibles avec des archives d’époque. Elle ne prétend pas avoir consulté intégralement chaque page du livre, et n’invente aucune citation du texte non disponible. Le lecteur trouvera ici une analyse documentaire et une orientation vers les fiches de concerts, les albums et les biographies déjà présents dans l’encyclopédie.

Une autobiographie publiée en 2025 : identité et bibliographie

Titre complet : Denny Seiwell: The Best and Worst of Times – Iconic Session Man of the ’70s and Founding Member of Paul McCartney & Wings. Auteurs : Denny Seiwell et Robyn Flans. Maison d’édition : Hudson Music. Année de publication : 2025. Langue : anglais. ISBN : 979-8350163353. Formats annoncés : édition imprimée et numérique, ouvrage illustré. Les notices consultées font apparaître plusieurs décomptes, 179, 180 ou 184 pages, selon les présentations et éditions. Une description bibliographique doit préciser le format de l’exemplaire étudié plutôt que généraliser arbitrairement un seul chiffre.

En octobre 2025, des entretiens et annonces spécialisés présentent l’ouvrage comme l’autobiographie du batteur qui a travaillé pour McCartney au début des années 1970. La notice éditoriale mentionne des photographies rares, dont certaines proviennent de la collection de Paul McCartney. Dans sa communication du 13 octobre 2025, Rock Cellar signale un entretien vidéo avec Seiwell et identifie Robyn Flans comme coauteure. Cet ancrage dans la production éditoriale de 2025 permet de dater la publication sans confondre sa mise en vente avec chaque annonce qui l’a suivie.

La place de Robyn Flans

Robyn Flans a travaillé sur d’autres biographies de batteurs, notamment autour de Jeff Porcaro. Sa contribution permet d’identifier une démarche de coécriture plutôt qu’une transcription anonyme de conversations. Mentionner les deux auteurs est important : l’autobiographie adopte le point de vue de Seiwell, mais elle résulte également d’un travail de sélection, d’organisation et de rédaction. La couverture, les pages de crédits et la référence à l’éditeur sont autant d’informations nécessaires à un catalogage précis.

Un musicien de studio avant d’être un Wing

La célébrité des Wings peut conduire à raconter l’histoire de Denny Seiwell à rebours. Or son expérience commence bien avant les auditions organisées pour Ram. Formé au jazz, il s’est imposé dans la vie professionnelle new-yorkaise, où la lecture, l’adaptation aux styles des chanteurs et la rapidité de séance font partie des savoir-faire essentiels. Cette identité professionnelle a constitué un motif de son recrutement par Paul McCartney ; elle explique également pourquoi un départ des Wings, bien que spectaculaire pour le public, ne signifiait pas nécessairement pour lui la fin de sa carrière.

L’autobiographie raconte cette trajectoire plus longue, de la formation américaine aux séances et aux projets ultérieurs. Son intérêt pour l’historien réside dans la confrontation de deux statuts : celui du musicien engagé pour un enregistrement et celui du membre d’un groupe qui travaille, voyage et participe à une organisation quotidienne. Les engagements contractuels et les attentes de rémunération ne se déduisent pas du prestige du chef d’orchestre ; ils constituent une dimension autonome de l’histoire sociale du rock.

Ram, Wild Life et Red Rose Speedway : les crédits avant la mémoire

Denny Seiwell joue sur Ram, paru en 1971 sous le crédit de Paul et Linda McCartney. Ce n’est pas à proprement parler un album des Wings : le groupe n’est constitué que dans un deuxième temps, avec Paul, Linda, Denny Laine et Seiwell. Wild Life, publié fin 1971, est au contraire le premier album signé Wings. Cette distinction doit être maintenue dans les bases de données et les discographies, même lorsque l’histoire des séances relie étroitement les deux productions.

Avec la sortie de Red Rose Speedway en 1973, le groupe a déjà acquis une expérience scénique considérable et évolue dans une formation à cinq, après l’arrivée du guitariste Henry McCullough. La batterie de Seiwell participe à cet élargissement sonore ; son travail ne saurait néanmoins être attribué uniformément à tous les enregistrements de la période sans lecture des crédits piste par piste. Les rééditions ont ajouté de nouveaux enregistrements et prises alternatives aux collections, mais leur date de publication ne doit pas se substituer à leur date d’enregistrement.

Live and Let Die : du groupe de rock à la musique de film

La chanson Live and Let Die ouvre une autre dimension de l’activité de Seiwell. Elle mêle les changements de dynamique du groupe et une orchestration de grande ampleur. L’éditeur de ses mémoires reproduit une appréciation élogieuse de Jim Keltner, centrée sur l’expressivité de son jeu dans ce titre. Un jugement d’un autre batteur est un témoignage musical digne d’attention ; il ne suffit toutefois pas à établir des horaires de séance ou des crédits instrumentaux absents des documents de production. L’analyse discographique doit confronter témoignages, bandes, feuilles de séance et indications portées sur les éditions publiées.

Les tournées de 1972–1973 : être un groupe avant d’être une institution

La première tournée universitaire des Wings commence à Nottingham, le 9 février 1972. Le groupe cherche volontairement le contact avec le public étudiant, sans construire immédiatement une tournée de grands concerts sur la seule notoriété des Beatles. Denny Seiwell doit accompagner un répertoire neuf, soutenir l’équilibre entre les guitares de Paul, Denny Laine et Henry McCullough, et s’adapter à des salles très différentes. Cette période constitue un observatoire privilégié de la transformation d’une équipe de studio en formation de scène.

L’été 1972 marque une autre expérience : la tournée européenne en bus, documentée par programmes, affiches, enregistrements et témoignages. Une mémoire personnelle de ces déplacements peut éclairer les relations au sein du quintette, les difficultés logistiques et les conditions de répétition. Elle ne permet pas, à elle seule, de reconstruire la setlist d’une soirée dépourvue d’enregistrement fiable. Les notices individuelles du dossier distinguent donc les chansons attestées, celles mentionnées dans des documents secondaires et celles dont l’identification reste incertaine.

La tournée britannique de mai à juillet 1973 précède de peu les départs de Henry McCullough et de Seiwell. Son étude montre une autre formation, qui joue désormais des morceaux de Red Rose Speedway et des titres nouveaux. Pour dater précisément les performances, il faut distinguer une représentation, une seconde séance dans la même salle et les concerts reportés. Un seul nom de ville ne suffit pas à identifier un événement musical unique.

Août 1973 : la rupture précédant Band on the Run

Le 29 août 1973 constitue un repère pour le départ du batteur, à la veille du voyage de McCartney vers Lagos. Henry McCullough s’est également séparé des Wings et Band on the Run sera réalisé principalement par Paul, Linda et Denny Laine. Les témoignages ultérieurs rapportent des désaccords relatifs aux conditions de travail, à la rémunération et à l’évolution du groupe. Il convient de leur conserver leur statut : une scène de séparation racontée en 2019 ou en 2025 ne devient pas un procès-verbal contemporain par le seul fait qu’un ancien participant la rapporte.

La portée discographique de cette rupture est majeure. Parce que Seiwell est présent dans le groupe pendant la première partie de 1973, on pourrait lui attribuer à tort l’enregistrement de Band on the Run. Or il ne fait plus partie de la formation à Lagos. Inversement, l’absence de son nom sur cet album ne doit pas effacer ses contributions à Ram, à Wild Life, à Red Rose Speedway, à Live and Let Die et aux concerts de 1972–1973. Une notice biographique n’a de valeur que si elle respecte ces limites chronologiques.

Le contraste entre souvenirs tardifs et témoignages d’époque

Des entretiens avec Seiwell réalisés des décennies après sa période Wings peuvent contenir des analyses plus explicites des relations humaines que la presse des années 1970. Pourtant, les articles publiés alors que le musicien appartient encore au groupe possèdent une autre valeur. Un entretien de Record Mirror daté du 28 avril 1973, antérieur à la rupture, appartient à cette seconde catégorie. Le comparer à une autobiographie publiée en 2025 peut révéler ce qui a changé dans la compréhension de l’événement, sans accuser le témoin de mauvaise foi ou trancher des conversations privées sur la base d’une seule version.

Deux livres sur les Wings en 2025, deux dispositifs narratifs

Au cours de la même année paraît Wings: The Story of a Band on the Run, histoire orale portée par Paul McCartney et éditée par Ted Widmer. Le projet rassemble les souvenirs de nombreux participants, dont les anciens membres du groupe. L’ouvrage de Seiwell et celui de McCartney sont complémentaires, mais leurs objets sont différents : le premier suit une vie entière de musicien, depuis les clubs et les studios américains jusqu’aux conséquences de l’expérience Wings ; le second embrasse l’histoire générale du groupe de 1971 à 1981.

Cette différence structure le travail critique. Une autobiographie livre l’expérience subjective d’un participant ; une histoire orale collective juxtapose des témoignages choisis et organisés par un éditeur. Aucune des deux formes ne garantit que toutes les contradictions aient été résolues. Pour une encyclopédie, la meilleure méthode consiste à rechercher les éléments communs, à identifier les désaccords et à retourner, chaque fois que possible, aux crédits originaux, aux programmes, aux enregistrements, aux journaux et aux documents de production.

Une fiche spécifique de Wings: The Story of a Band on the Run (2025) étudie les éditions et l’histoire du livre de McCartney. La présente notice est volontairement réservée à la publication de Seiwell afin de prévenir toute concurrence éditoriale entre deux pages consacrées à des ouvrages différents.

Lire les mémoires comme une source historique, pas comme un calendrier absolu

La valeur irremplaçable du vécu individuel

Les souvenirs de répétitions, la sensation d’un concert difficile, les relations entre les musiciens et les décisions professionnelles sont autant d’informations que les pochettes de disques ne révèlent pas. Les mémoires de Seiwell ont donc un intérêt évident pour l’histoire vécue des premiers Wings. Toutefois, le lecteur ne doit pas en déduire automatiquement la date exacte d’une prise ou l’ordre de toutes les chansons d’un concert. Une émotion rapportée et une date certifiée répondent à des exigences documentaires différentes.

La limite de son périmètre de témoin direct

Seiwell peut témoigner directement de l’époque qui précède son départ. Sa parole est d’une nature différente lorsqu’il évoque les enregistrements de Venus and Mars, la grande tournée de 1976 ou la dernière formation de 1979, auxquelles il ne participe pas comme membre des Wings. Pour ces périodes, les déclarations des musiciens concernés, les crédits et les archives spécifiques restent primordiaux. Une biographie ne doit pas transformer la célébrité d’un témoin en ubiquité.

Des photographies à identifier avec méthode

Les photographies d’archive mentionnées par l’éditeur sont des documents potentiellement utiles. Leur date, leur auteur, la provenance du tirage et l’identité des personnes représentées doivent être établis avant de les employer comme preuve d’une session. Une photographie promotionnelle prise en 1972 ne permet pas à elle seule d’attribuer à tous les musiciens visibles l’enregistrement d’une chanson publiée en 1973. Cette prudence vaut également pour les films montés après les faits et pour les légendes rédactionnelles ajoutées au moment des rééditions.

La biographie de Denny Seiwell présente l’instrumentiste et ses contributions musicales. La rubrique des dix membres permet de comparer ses années dans Wings avec celles de Henry McCullough, Geoff Britton et Joe English. La chronologie de 1973 situe les événements précédant Lagos ; les pages de l’University Tour et de Wings Over Europe permettent de consulter les représentations. L’étude comparée des carrières après les Wings fournit enfin une vue d’ensemble, distincte de la présente notice bibliographique.

Précaution éditoriale : les éléments concernant le contenu du livre sont attribués à sa présentation officielle et aux entretiens publics disponibles ; les rapprochements avec les archives de 1971–1973 sont analysés séparément. Aucun chapitre non consulté ni dialogue privé n’a été reconstitué comme s’il s’agissait d’une citation directe.