Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · FILM ROCKSHOW · CONCERTS 1976 · ÉDITIONS 1981 / 2013

Rockshow (1980–1981 / 2013) : film de concert des Wings, 30 titres, Seattle et restauration

Filmé pendant la tournée nord-américaine de 1976, Rockshow demeure le grand témoignage cinématographique des Wings à leur sommet. Son histoire est celle de deux montages publics, d’une exploitation retardée et d’une restauration qui rétablit trente numéros du spectacle.

Les tournages de 1976, et non un concert sorti en 1976

Rockshow documente les Wings durant la tournée Wings Over the World de 1975–1976, particulièrement la campagne nord-américaine. Les images sont filmées au sommet de la réussite scénique du groupe, après Band on the Run, Venus and Mars et Wings at the Speed of Sound.

Les dates de filmage précèdent de plusieurs années la première présentation publique du film. Le disque Wings Over America paraît dès décembre 1976, mais Rockshow ne devient pas un film distribué commercialement à ce moment. Il faut séparer les bandes enregistrées, le triple album live et le montage destiné au cinéma.

Seattle, Kingdome, 10 juin 1976 : une référence centrale

Le concert du Kingdome à Seattle, le 10 juin 1976, accueille une affluence évaluée à environ 67 000 personnes selon les données officielles de McCartney. L’ampleur technique des scènes, de la sonorisation et de l’éclairage contraste fortement avec la tournée universitaire de 1972.

Les présentations officielles de Rockshow mettent en avant Seattle comme représentation centrale. Des filmographies spécialisées attribuent cependant des plans ou numéros à d’autres concerts de New York et Los Angeles. Une encyclopédie de référence ne doit donc pas assimiler toutes les images du montage à une seule soirée tant que les plans n’ont pas été identifiés.

Le groupe réellement filmé

Paul McCartney chante et alterne basse, guitare acoustique, piano et autres instruments ; Linda McCartney tient des claviers et participe aux chœurs ; Denny Laine passe de la guitare à d’autres rôles et chante plusieurs titres ; Jimmy McCulloch joue de la guitare principale et interprète Medicine Jar ; Joe English assure la batterie.

La section de cuivres réunie sur cette tournée comprend Howie Casey, Steve Howard, Thaddeus Richard et Tony Dorsey. Elle apporte l’ampleur orchestrale nécessaire aux pièces comme Live and Let Die et certains arrangements des albums 1975–1976. Il serait faux d’attribuer ces plans à Henry McCullough ou Denny Seiwell, qui appartiennent à la première formation.

Jack Priestley et le film d’origine

Rockshow est réalisé par Jack Priestley. La fiche officielle donne pour la première publication la date du 12 octobre 1981, avec distribution Thorn EMI et une durée de 102 minutes. D’autres sources témoignent de présentations et avant-premières à New York à la fin de 1980.

Cette diversité de dates doit être déchiffrée en distinguant première projection, distribution nationale et édition vidéo. Il est donc rigoureux de présenter Rockshow comme une œuvre montée et présentée à partir de 1980, commercialisée en diverses formes en 1981, et tirée de la tournée de 1976.

1981 : un programme amputé

La première configuration diffusée sur film et en vidéo est raccourcie. La durée officielle de 102 minutes ne permet pas de couvrir intégralement la performance dans sa forme la plus développée. La sélection privilégie certains grands numéros et réorganise la succession des chansons.

Il ne faut donc pas prendre la pochette d’une VHS ou d’un laserdisc pour une setlist intégrale du Kingdome. Les titres présents sur le concert source, ceux filmés et ceux conservés dans l’édition vidéo sont trois listes distinctes.

2013 : restauration du 35 mm et du son

En 2013, MPL et Eagle Rock proposent Rockshow restauré à partir des éléments filmés originaux en 35 mm, avec un son remastérisé et une présentation 5.1. La filmographie officielle fixe cette édition au 27 juin 2013 et à 129 minutes.

La restauration accompagne une nouvelle exploitation au cinéma, notamment une avant-première à Londres en mai 2013, puis les éditions DVD et Blu-ray. Le travail de restauration ne transforme pas les prises originales en nouveaux concerts : il permet de voir et d’entendre des images historiquement anciennes dans un état éditorial réévalué.

Les trente numéros de la version longue

Le programme détaillé de l’édition 2013 rassemble trente numéros. Pour la suite Venus and Mars / Rock Show / Jet, l’édition regroupe au début trois morceaux liés musicalement mais qui doivent conserver leur identification d’œuvres. Les reprises des Beatles et des auteurs tiers se mêlent aux titres propres aux Wings.

Une liste de concert doit reconstituer l’ordre du spectacle, tandis qu’une liste des plages de DVD doit refléter le découpage de chapitres réellement proposé par le support. Le catalogue ci-dessous transcrit les numéros musicaux plutôt que de présumer qu’il existe trente index techniques identiques sur toutes les versions du disque.

01 — Venus and Mars

02 — Rock Show

03 — Jet

04 — Let Me Roll It

05 — Spirits of Ancient Egypt

06 — Medicine Jar

07 — Maybe I’m Amazed

08 — Call Me Back Again

09 — Lady Madonna

10 — The Long and Winding Road

11 — Live and Let Die

12 — Picasso’s Last Words (Drink to Me)

13 — Richard Cory

14 — Bluebird

15 — I’ve Just Seen a Face

16 — Blackbird

17 — Yesterday

18 — You Gave Me the Answer

19 — Magneto and Titanium Man

20 — Go Now

21 — My Love

22 — Listen to What the Man Said

23 — Let ‘Em In

24 — Time to Hide

25 — Silly Love Songs

26 — Beware My Love

27 — Letting Go

28 — Band on the Run

29 — Hi, Hi, Hi

30 — Soily

Trois générations du répertoire sur une scène

Les morceaux des Beatles Lady Madonna, The Long and Winding Road, I’ve Just Seen a Face, Blackbird et Yesterday apparaissent dans le programme, alors que le jeune groupe Wings avait, lors de ses premières années, cherché à limiter les reprises de ce répertoire.

Les chansons des Wings dominent toutefois la soirée : Jet, Band on the Run, Venus and Mars, Let Me Roll It, Silly Love Songs, Let ‘Em In ou Listen to What the Man Said. Le répertoire contient aussi la chanson solo Maybe I’m Amazed et des compositions de Denny Laine ou Jimmy McCulloch, ainsi que des reprises.

La voix des autres Wings

Denny Laine interprète notamment Go Now et Richard Cory et porte avec Paul la dimension plus folk-rock du répertoire. Jimmy McCulloch chante Medicine Jar, chanson associée à son expérience et à sa contribution à Venus and Mars.

Le film apporte ainsi la preuve visuelle que le groupe est un collectif musical et pas seulement McCartney accompagné de musiciens anonymes. L’analyse doit préciser l’auteur et le chanteur de chaque morceau, sans confondre la voix que l’on entend et le crédit commercial de l’album.

Scène, lumière et technique sonore

Wings Over the World est une des tournées les plus ambitieuses techniquement de la période. Les équipes disposent de grandes structures d’éclairage et d’une sonorisation adaptée aux stades, permettant des nuances acoustiques et des passages orchestraux dans un même spectacle.

La réalisation cherche à rendre la lumière, les réactions de l’assistance et la puissance de jeu sur scène. Une analyse sonore devrait comparer, pour le même titre, la bande du concert, la version publiée sur Wings Over America et le mixage de Rockshow 2013 afin d’identifier les ajustements de production.

Le lien avec Wings Over America

Le triple LP Wings Over America paraît le 10 décembre 1976 et rassemble des enregistrements de la tournée. Il ne constitue pas une bande sonore identique au film Rockshow : les sources de concerts, les mixages et les choix éditoriaux peuvent différer.

Lorsque des versions proches existent sur les deux supports, il faut les comparer sans présumer une identité de master. Les archives matérielles doivent enregistrer le disque, le film en 102 minutes et la restauration 129 minutes comme trois publications liées mais autonomes.

Betamax, LaserDisc, DVD et Blu-ray : cataloguer les supports

Le film circule sur Betamax, puis LaserDisc, et connaît diverses éditions et exploitations. L’édition 2013 marque sa disponibilité restaurée en DVD et Blu-ray, avec un programme plus long que celui longtemps disponible.

Une édition vidéo se décrit par pays, distributeur, numéro de catalogue, norme PAL/NTSC ou région, format de l’image, sous-titres, nombre de pistes audio, mixage et durée réelle. Les supports ne correspondent pas nécessairement aux mêmes montages.

Une œuvre essentielle de la filmographie Wings

Rockshow permet d’observer le niveau de cohésion atteint en 1976 après les départs et remplacements de personnel des années précédentes. C’est une source primaire sur les gestes scéniques, la répartition instrumentale, les réactions du public et la scénographie.

Son interprétation historique doit tenir ensemble l’année du concert (1976), l’histoire du film (1980–1981) et la restauration (2013). L’effacement de l’une de ces dates conduirait à une chronologie trompeuse.