Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

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After the Ball / Million Miles (1979) : les deux œuvres du medley, Lympne et concertina

La dixième plage de Back to the Egg associe deux compositions distinctes. Un hymne sentimental enregistré avec les Wings se poursuit par une miniature presque solitaire, Million Miles, où Paul McCartney chante et joue du concertina.

Deux chansons, une seule place dans le programme

Le LP de 1979 présente After the Ball / Million Miles comme un medley. Il est essentiel de respecter simultanément deux réalités : la face B comprend un enchaînement audible présenté comme une plage, mais After the Ball et Million Miles possèdent des œuvres et des prises distinctes. Les catalogues modernes les distinguent parfois à l’intérieur d’un seul élément de tracklisting.

Cette convention explique les contradictions apparentes de certaines bases : l’album compte quatorze emplacements au programme, mais les sous-œuvres de ses deux medleys augmentent le nombre de compositions individualisables. L’encyclopédie doit permettre au lecteur de naviguer de la plage physique à chacune de ses composantes.

Lympne Castle, septembre 1978

Les deux œuvres sont travaillées pendant la campagne d’enregistrement du 11 au 29 septembre 1978, au château de Lympne dans le Kent. Les conditions acoustiques du grand hall influencent particulièrement After the Ball : l’espace permet de donner au piano un son ample et aux guitares électriques une réverbération plus large qu’au studio écossais.

Le groupe déplace la batterie de Steve Holley dans une pièce latérale pour obtenir une prise plus concentrée. Les détails sont conservés dans les souvenirs de Laurence Juber. Le château cesse alors d’être un décor pittoresque pour devenir une partie fonctionnelle de la production.

Un groupe de cinq dans After the Ball

Le personnel répertorié comprend Paul au piano, à la basse, aux guitares, au chant et à la production ; Linda à l’orgue, au tambourin et aux voix ; Denny à la guitare électrique ; Laurence aux guitares acoustique et électrique ; Steve Holley à la batterie et au tambourin. Chris Thomas coproduit le titre.

Ce générique doit être lu comme une liste d’interventions sur la prise publiée, non comme la photographie d’une unique exécution en direct. Le travail sur les timbres, les doublages et l’équilibre des instruments est particulièrement important dans une chanson qui passe d’une sonorité proche de l’hymne à un rock plus énergique.

Le rapprochement avec une écriture d’hymne

L’ouverture de After the Ball possède une solennité qui rappelle certains airs traditionnels ou religieux. Laurence Juber évoque lui-même les échos d’Amazing Grace, auxquels s’opposent les solos électriques de la fin. Cette comparaison est de nature stylistique : elle ne transforme pas la chanson en adaptation officiellement créditée de l’hymne.

L’effet vient de la progression harmonique, de la manière dont le piano soutient la voix et du contraste entre retenue et déploiement. L’accompagnement de guitare répond à des phrases vocales relativement simples, puis intensifie la matière jusqu’à préparer la transition.

Les guitares : Ovation, Gibson et Epiphone

Juber explique avoir joué sa partie slide acoustique sur une Ovation Adamas et utilisé une Gibson ES-335 pour les passages électriques. Dans les souvenirs de Club Sandwich, il attribue une Les Paul à Denny et une Epiphone à Paul sur le titre. Ces informations de matériel sont utiles parce qu’elles documentent le grain sonore recherché.

Une fiche de collection peut enregistrer les instruments, les modèles et les témoignages, tout en maintenant une réserve sur le numéro de série, l’année de fabrication ou l’amplificateur si ces données ne sont pas corroborées. Une couleur de guitare identifiable ne permet pas à elle seule de désigner l’instrument précis utilisé.

Un moment révélateur entre Juber et McCartney

Lors du mixage, Laurence Juber voulait mettre davantage en avant sa partie slide acoustique. Selon son témoignage, Paul perçoit son impatience et l’invite à manipuler lui-même le fader. Cet épisode illustre la latitude donnée à un nouveau membre et le fait que la production n’est pas seulement le monopole d’un technicien isolé.

Le détail est intéressant pour une histoire du fonctionnement humain des Wings. Il n’autorise pas à prétendre que Juber produisait officiellement la chanson : la responsabilité de production reste attribuée à McCartney et Chris Thomas. Il témoigne plutôt d’une discussion concrète sur les équilibres du mix.

Million Miles : un autre objet sonore

Après la section collective, Million Miles réduit fortement l’effectif audible. Le catalogue spécialisé attribue à Paul McCartney le chant et le concertina. L’instrument à soufflet est une sorte de petit cousin de l’accordéon, dont le timbre donne à la chanson une allure de ballade ancienne et de miniature populaire.

Un titre de travail associé au morceau, How Many Million Miles, apparaît dans la documentation photographique de septembre 1978. Une photographie de Paul avec l’instrument ne suffit pas à établir la date exacte de chaque prise, mais elle confirme la nature du dispositif musical et la présence du concertina pendant la campagne du château.

Une transition volontairement surprenante

L’enchaînement d’une grande chanson de groupe et d’un bref épisode chanté au concertina transforme la perception du temps musical. Après les guitares, la voix paraît plus proche, presque privée. Le disque s’autorise ainsi une rupture de registre que la plupart des singles de 1979 n’auraient pas permise.

Il faut analyser la jonction et le fondu sur le support d’origine : la notion de medley ne signifie pas que les deux éléments ont été enregistrés en une seule prise ou que leurs auteurs ont conçu d’emblée une composition indivisible.

L’amour et l’après-fête comme ressort de récit

After the Ball décrit l’après-coup d’une réunion et la présence rassurante de quelqu’un resté là lorsque l’agitation s’est dissipée. Million Miles prolonge un sentiment de distance et de mouvement. La relation entre les deux titres peut être perçue comme une variation sur l’attachement, sans obliger à y chercher un scénario biographique unique.

La manière dont McCartney passe d’une forme presque chorale à une confidence ne se réduit pas à une recherche de contraste gratuit : elle donne à l’ensemble une cohérence émotionnelle malgré la différence de personnel et d’instrumentation.

Collection : deux œuvres, plusieurs découpages

La durée d’ensemble est donnée autour de quatre minutes pour l’enchaînement original. Les discographies attribuent parfois l’intégralité de la durée à After the Ball, tandis que Million Miles reçoit un temps non renseigné. C’est une convention de base de données et non la preuve que la seconde chanson ne dure réellement aucune seconde.

Il faudra noter la durée mesurée du couple, les points de jonction et les durées des deux segments, en distinguant un pressage 1979, le CD de 1993 et les éditions ultérieures. Une différence d’indexation ne crée pas un nouveau master.