WINGS · PREMIÈRE TOURNÉE UNIVERSITAIRE · CONCERT DATÉ
Wings à Hull le 11 février 1972 : West Refectory, bande du concert et setlist
Date : 11 février 1972. Ville : Hull. Lieu : Université de Hull, West Refectory. Pays : Royaume-Uni. Statut : représentation tenue, dans la première tournée de Wings.
Formation : Paul McCartney — chant, basse et autres instruments selon les morceaux ; Linda McCartney — claviers et voix ; Denny Laine — guitare et voix ; Henry McCullough — guitare soliste et interventions vocales ; Denny Seiwell — batterie. Cette identification du quintette n’attribue pas arbitrairement à chacun un instrument précis sur tous les titres.
Sommaire de la fiche
- Une salle et un public plus nombreux
- Une bande qui permet d’entendre le travail du groupe
- L’importance de Seaside Woman
- La nuit après le concert
Une salle et un public plus nombreux
La prestation du 11 février 1972 se déroule à la West Refectory de l’Université de Hull. Les reconstitutions historiques avancent un public de l’ordre de huit cents personnes ; le chiffre est documenté dans des concertographies mais ne doit pas être compris comme un décompte administratif directement vérifié. À la différence du midi de Nottingham, les récits décrivent une soirée dans un espace qui se prête davantage à l’idée d’un concert de rock.
Ce troisième spectacle du groupe révèle l’accélération de la tournée. Une fois la première date obtenue, l’information circule entre étudiants et établissements. Wings ne sont plus simplement une nouvelle formation inconnue : la présence de Paul McCartney donne à ces concerts improvisés une résonance qui dépasse leur organisation rudimentaire.
Une bande qui permet d’entendre le travail du groupe
Hull est capital parce qu’une bande d’auditeur, imparfaite mais exploitable, permet d’écouter une large partie du spectacle. On y retrouve les reprises d’ouverture, le titre politique Give Ireland Back to the Irish, la voix de Linda sur Seaside Woman et les incursions blues. Plusieurs chansons reviennent en fin de représentation, indice d’un programme encore court et d’une volonté de prolonger le temps scénique plutôt que de quitter la salle après une trentaine de minutes.
Les improvisations posent des difficultés de catalogage. Une intervention d’Henry McCullough a circulé sous l’appellation Your Wee Tobacco Box, mais elle est aussi identifiée comme une variation autour du traditionnel américain Turkey in the Straw. Cette incertitude est conservée pour éviter qu’un titre de bande officieux devienne, par répétition, une composition officiellement publiée de Wings.
L’importance de Seaside Woman
À Hull, Seaside Woman constitue bien plus qu’un numéro annexe : Linda McCartney y apparaît comme chanteuse et compositrice, et Paul introduit le morceau comme une de ses premières compositions. L’arrangement entendu à ce stade diffère de l’enregistrement rendu public plus tard sous le nom Suzy and the Red Stripes. Une même chanson peut donc appartenir simultanément à la genèse du groupe, à une pratique scénique éphémère et à une discographie publiée ultérieurement.
La version de Hull invite également à écouter la place des chœurs dans Wild Life et la manière dont My Love s’installe avant sa parution commerciale. Comparer les choix d’interprétation de 1972 aux disques de 1973 permet de suivre concrètement le passage du morceau d’essai à l’objet fini.
La nuit après le concert
La troupe passe la nuit à Hull, à l’hôtel Pearson Park. Les récits de la tournée évoquent ensuite des désagréments d’hébergement et le départ pour une journée sans représentation, le 12 février. Ces incidents de logistique sont importants : ils replacent la tournée dans une expérience de déplacement familial et collectif, très éloignée des procédures professionnelles qui encadreront Wings Over America.
Sur le plan de la documentation, Hull appartient avec Nottingham au petit groupe de concerts universitaires pour lesquels le son survivant autorise un véritable travail d’écoute. Cette chance documentaire ne permet pas de déduire que tous les autres concerts de la tournée ont présenté exactement le même programme.
Répertoire reconstruit et documentation musicale
Degré de certitude : Plusieurs parties du concert sont identifiables sur une prise d’auditeur ; certaines désignations des improvisations sont incertaines. Les titres sont liés à leurs notices internes quand celles-ci existent ; les reprises encore dépourvues de fiche individuelle renvoient à la rubrique des reprises.
- Lucille
- Give Ireland Back to the Irish
- Turkey in the Straw
- Blue Moon of Kentucky
- Seaside Woman
- Help Me Darling
- Some People Never Know
- The Mess
- Bip Bop
- Thank You Darling
- Smile Away
- My Love
- The Grand Old Duke of York
- Henry’s Blues
- Wild Life
- Give Ireland Back to the Irish
- The Mess
- Lucille
Ce que la documentation ne permet pas d’affirmer
La certitude de la date n’équivaut pas à la possession d’une feuille de scène officielle. Sauf mention explicite, nous ne supposons ni durée exacte, ni ordre de morceaux intégral, ni rappel obligatoire, ni horaire de passage, ni matériel de sonorisation particulier. Les souvenirs tardifs sont distingués des traces contemporaines. Cette réserve évite de recopier des programmes de tournée comme des preuves propres à chaque soirée.
Hull : ce que révèlent les mémoires des étudiants et la bande du West Refectory
Le vendredi 11 février 1972, les Wings arrivent à l’Université de Hull et se produisent au West Refectory. Cette étape a laissé une trace particulièrement intéressante dans la mémoire des anciens étudiants. Des témoignages recueillis des décennies plus tard évoquent des annonces circulant dans le syndicat étudiant, des tarifs proches de cinquante pence, des files d’attente et un public surpris de voir un ancien Beatle dans un lieu de vie universitaire. Ces récits ne sont pas des procès-verbaux : ils diffèrent parfois sur l’heure du spectacle ou l’ordre des chansons. Leur valeur se trouve autant dans ce qu’ils disent de la réception immédiate que dans leur capacité à être confrontés à des documents du temps.
Plusieurs spectateurs se souviennent de la surprise de découvrir le groupe en direct et du caractère encore limité de son répertoire, certains évoquant la répétition de titres dans la soirée. Cette dernière observation, si elle correspond à une mémoire authentique de la performance, serait cohérente avec l’apprentissage d’un ensemble encore récent ; elle ne doit toutefois pas être transformée en preuve d’un rappel précis sans confrontation avec une bande datée. Une mémoire de concert cinquante ans plus tard peut éclairer l’ambiance tout en laissant incertain le détail chronologique.
La présence d’une captation sonore associée à Hull offre une autre catégorie de matériau. Une bande peut fixer l’exécution, les interventions parlées et les arrangements, mais sa provenance et son éventuel montage doivent être établis. La notice peut ainsi croiser une pièce sonore, des souvenirs d’anciens élèves et les données du calendrier officiel, plutôt que recopier un programme identique pour York, Hull et Newcastle. La chanson Seaside Woman, portée par Linda, appartient à ces expériences vocales qui définissent les premiers Wings.
Comparer les premiers répertoires avec la notice consacrée à Give Ireland Back to the Irish, chanson dont la présence à Hull est également évoquée dans les souvenirs d’étudiants.
Hull : le programme d’une des rares bandes audibles de la tournée universitaire
La bande attribuée au 11 février 1972 permet de préciser une succession de chansons rarement aussi bien documentée pour les premières Wings. Elle comprend Lucille, Give Ireland Back to the Irish, Blue Moon of Kentucky, Seaside Woman, You’ve Got to Help Me Darlin’, Some People Never Know, The Mess, Bip Bop, Thank You Darling, Smile Away, My Love, un bref passage de The Grand Old Duke of York, un blues mettant Henry McCullough en avant et Wild Life. Les rappels comprennent de nouvelles interprétations de Give Ireland Back to the Irish, The Mess et Lucille. Certaines éditions de collection insèrent ou nomment différemment une courte intervention traditionnelle de McCullough, parfois étiquetée Your Wee Tobacco Box ; la nomenclature de cet extrait ne doit pas être confondue avec celle d’une chanson originale achevée des Wings.
Linda et Henry : deux voix que la liste générale des Wings efface parfois
Seaside Woman constitue un témoignage important des débuts de Linda McCartney comme auteure et interprète. Le morceau est entendu sur scène bien avant la publication ultérieure sous le nom Suzy and the Red Stripes, et cette version de février 1972 ne doit pas être confondue avec le master commercial. Les passages de blues associés à Henry McCullough montrent, de leur côté, que la première formation laisse des espaces d’expression à son guitariste. Enfin, la répétition de plusieurs numéros n’est pas le signe d’un concert doublé par erreur dans la discographie : McCartney a expliqué que le groupe disposait alors d’un répertoire très court et prolongeait ses représentations en rejouant certaines chansons. Hull donne un exemple sonore particulièrement parlant de ce fonctionnement.
Hull : un laboratoire sonore où les autres voix deviennent visibles
La bande du West Refectory est importante parce qu’elle permet d’entendre les Wings à une époque où leur identité n’est pas encore stabilisée par de nombreuses tournées. On y rencontre le répertoire du premier album, mais aussi des morceaux et des interventions qui reflètent les goûts des autres membres. Linda peut y défendre Seaside Woman, tandis que Henry McCullough dispose d’espaces pour le blues et des passages humoristiques. Ces numéros ne doivent pas être assimilés à des compositions de McCartney sous prétexte que le concert est présenté sous son nom. Ils constituent au contraire une preuve de l’effort de répartir les fonctions vocales et la personnalité du répertoire.
Les comptines, reprises et improvisations : un inventaire sans faux titres
Les fragments comme The Grand Old Duke of York ou certaines interventions de McCullough imposent un classement précis. Une comptine brièvement entonnée par le groupe ne représente pas nécessairement une chanson complète arrangée pour le concert. Un blues improvisé peut varier d’une représentation à l’autre et recevoir ultérieurement des intitulés divergents dans les catalogues de collection. La bonne pratique consiste à transcrire ce qui est audible, à distinguer les intitulés attestés des appellations attribuées plus tard et à éviter de transformer tout échange parlé en titre du répertoire. Hull offre un terrain d’analyse particulièrement riche pour cette méthode.
Le public et les bandes : ce qu’une captation ne raconte pas
Un enregistrement sonore permet de documenter les chants, le jeu instrumental et certaines réactions, mais ne montre pas la disposition de la salle ni le comportement des personnes qui entrent et sortent. Les témoignages d’étudiants et les articles locaux sont donc complémentaires, sans pouvoir remplacer la bande. Si la cassette s’arrête avant une chanson, son absence du support ne prouve pas l’absence du morceau pendant le spectacle. Cette distinction donne à Hull une valeur supérieure à celle d’une setlist isolée : la date dispose de plusieurs catégories de preuves que l’on peut confronter.
Hull, 11 février 1972 : pourquoi cette bande est essentielle
Le West Refectory de l’université de Hull accueille les Wings le vendredi 11 février, deux jours après Nottingham. Un enregistrement de spectateur, conservé dans les circuits de collection, donne une vision assez rare du répertoire universitaire. La captation perd le tout début de Lucille, mais présente davantage de continuité que le document généralement attribué à Nottingham. La reconstitution du programme comporte Give Ireland Back to the Irish, Blue Moon of Kentucky, Seaside Woman, Some People Never Know, The Mess, Bip Bop, Thank You Darling, Smile Away, My Love et Wild Life. Des chansons sont répétées en fin de spectacle, ce qui ne constitue pas une erreur de saisie : le groupe possède alors un répertoire limité et prolonge ses prestations par des reprises et des retours sur les morceaux déjà joués.
Turkey in the Straw, Your Wee Tobacco Box et Help Me Darling : des titres à ne pas fusionner
Un passage a cappella de Henry McCullough est parfois légendé Your Wee Tobacco Box, alors qu’une analyse de la bande l’identifie comme une variation de l’air traditionnel américain Turkey in the Straw. Une autre section blues est désignée selon les éditions Help Me, Help Me Darling ou rapprochée de You’ve Got to Help Me Darlin’. Les différences de titres peuvent refléter des choix de catalogage, mais ne prouvent pas que les auteurs, les paroles et la musique soient identiques. Le travail critique doit conserver les intitulés des supports et confronter la mélodie, les annonces parlées et le chant réellement entendu avant de créer des équivalences. À l’inverse, la comptine The Grand Old Duke of York, interprétée par Paul et Linda, correspond à un autre fragment bref qui mérite d’être répertorié sans être présenté comme une création originale des Wings.
Seaside Woman et le souvenir de Paul : une composition de Linda à un stade précoce
Sur la bande attribuée à Hull, McCartney présente Seaside Woman comme une première chanson écrite par Linda. L’arrangement entendu au début de 1972 n’est pas identique en tous points à l’enregistrement commercialisé plusieurs années plus tard sous le nom Suzy and the Red Stripes : notamment, l’introduction instrumentale du single est absente de cette exécution de scène. Cette différence témoigne de la formation progressive de l’œuvre. Après le concert, les documents du voyage mentionnent une nuit à Hull et une journée de repos avant Newcastle. Il faut garder séparément ce journal familial, la bande d’audience et la liste de titres qui circule sur les pochettes de collection : ensemble, ils permettent une histoire plus précise que n’importe quel document isolé.
Dans la chronologie et la concertographie
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