WINGS · CONCERTOGRAPHIE · SUISSE · JUILLET 1972
Les Wings en Suisse : Zurich et Montreux, deux concerts en juillet 1972
Les 21 et 22 juillet 1972, la première formation des Wings se produit en Suisse, d’abord à Zurich puis à Montreux. Ces deux soirées constituent un bref mais passionnant chapitre de la tournée européenne menée par Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell. Cette monographie géographique distingue les bâtiments réellement annoncés, les chansons dont l’exécution peut être corroborée et les interprétations qui appartiennent seulement au répertoire général de la tournée.
À la différence des fiches individuelles, cet atlas confronte les deux dates et les replace entre les étapes allemandes des 18 et 19 juillet et la reprise nordique du 1er août. Il n’ajoute aucun concert imaginaire ni ne confond la représentation de Montreux avec une participation automatiquement acquise au festival de jazz de la ville.
Sommaire
- Une tournée européenne encore expérimentale
- Zurich : le 21 juillet 1972
- Montreux : le 22 juillet 1972
- Kongresshalle, Tonhalle et Pavillon : identifier les lieux
- Musiciens et instruments
- Le programme musical et ses limites
- Billets, photographies et bandes
- La Suisse dans la route européenne
- Explorer les notices individuelles
Deux dates à l’intérieur de Wings Over Europe, pas une tournée suisse indépendante
À l’été 1972, les Wings cherchent leur véritable identité scénique. Après la tournée improvisée dans les universités britanniques du mois de février, le quintette s’aventure sur le continent. La formule est volontairement éloignée de l’apparat associé à la Beatlemania : Paul McCartney préfère présenter une formation collective plutôt qu’un spectacle fondé sur le catalogue des Beatles. La présence de son épouse Linda, de Denny Laine, du guitariste Henry McCullough et du batteur Denny Seiwell témoigne d’une volonté de partager les arrangements et les interventions vocales. Le répertoire puise dans les premières compositions post-Beatles de Paul, dans Wild Life, dans des morceaux nouveaux et dans les racines rock ou country des musiciens.
Les concerts suisses appartiennent à la même série de dates que les prestations françaises, allemandes, scandinaves, néerlandaises et belges. Les traiter comme une tournée séparée reviendrait à gommer la continuité des déplacements, du personnel et du travail musical. La démarche historienne doit préserver cette continuité tout en détaillant chaque engagement individuel, ses archives et ses éventuelles incertitudes.
21 juillet 1972 : la Kongresshalle de Zurich
Le vendredi 21 juillet 1972, Wings est annoncé à la Kongresshalle, dans le complexe du Kongresshaus de Zurich. Cette identification du lieu est préférable aux intitulés vagues « salle de concert de Zurich » ou à une désignation non vérifiée de la Tonhalle. Les noms Tonhalle et Kongresshaus sont parfois rapprochés parce qu’ils concernent des espaces voisins ou liés au même environnement architectural. Une notice de collection ne saurait en déduire deux prestations le même jour : elle doit confronter affiche, billet, coupure de presse et calendrier avant de distinguer des événements.
Sur le plan musical, la soirée est celle de la première formation de Wings. Le spectacle s’inscrit quelques jours après le début français de la tournée et immédiatement après les concerts de Munich et Offenbach. Paul McCartney alterne les rôles requis par son répertoire ; Linda apporte claviers et chant ; Denny Laine occupe une place de guitariste et chanteur ; Henry McCullough affirme un jeu plus direct, hérité notamment du blues et du rock ; Denny Seiwell contribue à la souplesse rythmique du groupe. Aucun de ces éléments généraux n’autorise à inventer un solo propre à Zurich ou l’ordre exact des chansons sans bande ou document contemporain.
La monographie datée examine l’identité de la salle, l’effectif et le répertoire associé à cette étape. Accéder à la fiche du 21 juillet 1972 à Zurich →
22 juillet 1972 : le Pavillon de Montreux
Le lendemain, samedi 22 juillet, le groupe rejoint Montreux et joue au Pavillon de Montreux. Le cadre lacustre et la réputation musicale de la ville donnent à cette date une place singulière dans les souvenirs du circuit européen. Une précaution s’impose : jouer à Montreux ne signifie pas nécessairement participer au Montreux Jazz Festival. Seules des affiches, des programmes ou des archives de l’organisateur pourraient établir une telle affiliation ; la présence de la ville dans un calendrier de tournée ne suffit pas.
Pour le musicologue, l’intérêt de ces deux soirées consécutives est la stabilité du personnel au milieu d’un itinéraire exigeant. Une comparaison précise des tempos, transitions et interventions pourrait éclairer l’évolution quotidienne des arrangements, mais elle supposerait deux captations identifiées avec certitude. En leur absence, l’encyclopédie évite de transposer mécaniquement à Montreux le programme ou les anecdotes d’une autre ville. Les œuvres connues du spectacle de 1972 et les versions officiellement publiées des années plus tard renseignent sur une période ; elles ne remplacent pas la preuve de l’interprétation du 22 juillet.
La fiche individuelle du Pavillon traite les informations propres à cette date. Lire le concert du 22 juillet 1972 à Montreux →
Nom de salle, nom du bâtiment : une difficulté documentaire réelle
Les documents des années 1970 circulent dans plusieurs langues et leurs légendes ont pu être simplifiées lors de reproductions ultérieures. Une affiche mentionnant « Zürich Kongresshalle » et une notice parlant de « Zurich Congress Hall » peuvent désigner le même événement. À l’inverse, la ressemblance des termes Tonhalle, Kongresshaus et Kongresshalle ne dispense pas d’une vérification matérielle. La géographie urbaine et l’évolution des établissements demandent de rechercher l’appellation d’époque, plutôt que de substituer automatiquement le nom actuel d’une salle.
Montreux demande une prudence d’un autre ordre. Le nom de la ville peut attirer vers des archives du festival de jazz, vers des programmes estivaux municipaux ou vers des inventaires de spectacles locaux. La bonne référence reste le Pavillon de Montreux pour cette prestation, tandis que le rattachement éventuel à une manifestation distincte doit être démontré. Cette méthode prévient une cannibalisation documentaire : la même représentation ne doit pas se retrouver publiée sous deux lieux supposés.
Les cinq membres présents et la question des instruments
Paul McCartney chante et joue principalement de la basse, mais peut assurer d’autres instruments selon le numéro ; Linda McCartney intervient aux claviers, aux harmonies et au chant ; Denny Laine tient des parties de guitare, participe aux voix et occupe une place de compositeur au sein du groupe ; Henry McCullough est le guitariste soliste du quintette ; Denny Seiwell est le batteur. Les crédits précis par morceau doivent s’appuyer sur les bandes ou sur des documents suffisamment détaillés, et non sur la fiche instrumentale générale du groupe.
Cette équipe ne doit pas être confondue avec celle des grandes tournées de 1975 et 1976, où Jimmy McCulloch et Joe English occupent respectivement les postes de guitare et de batterie. Toute photographie légendée « Suisse 1972 » dans laquelle apparaîtraient ces deux derniers musiciens demanderait donc une réévaluation de la date ou de sa provenance. L’identification des personnes est ici un outil de contrôle chronologique.
Ce que l’on peut dire des chansons sans fabriquer deux setlists
Le répertoire européen de 1972 associe notamment les créations récentes des Wings, des chansons de la carrière solo de McCartney et des reprises qui rendent hommage à la musique des années 1950. Il s’agit d’un répertoire en évolution : certains morceaux n’ont pas encore été publiés et plusieurs bénéficieront de vies discographiques très différentes. Une liste générale des titres entendus pendant Wings Over Europe permet de comprendre le caractère musical de l’entreprise ; elle ne prouve pas que tous aient été joués à Zurich ou à Montreux, ni dans quel ordre.
La chanson The Mess, par exemple, sera associée à une prise de La Haye du mois d’août 1972 et publiée plus tard comme face B de My Love. Il serait faux d’utiliser cette édition pour attribuer d’office la même prise à Montreux ou à Zurich. Le disque constitue une preuve de la représentation dont il provient, non une photographie sonore de toute la tournée. La même distinction s’applique aux versions de Wings Over Europe publiées dans les archives en 2018.
Guide de collection : retrouver les méthodes pour authentifier les billets, affiches et programmes des concerts Wings →.
La valeur des objets : annonce, billet, photographie et enregistrement
Pour un collectionneur, une annonce de presse confirme d’abord qu’un concert a été promu, un billet matérialise une offre d’accès, une photographie peut montrer le personnel et une bande sonore permet d’étudier l’interprétation. La combinaison de plusieurs catégories est bien plus convaincante que chacune prise séparément. Une billetterie imprimée n’est pas une preuve de l’assistance réelle, et la contenance maximale d’une salle n’est pas un chiffre de spectateurs.
Les archives doivent préserver leur échelle de certitude. Une coupure locale datée du 21 juillet aura davantage de valeur pour Zurich qu’une rétrospective imprécise parlant simplement de « tournée suisse ». Un enregistrement privé sans annonce vocale ou pochette authentifiée peut être rangé parmi les documents d’attribution encore incertaine. À l’inverse, une provenance explicitement établie par des crédits officiels constitue un jalon solide de discographie live.
Entre Offenbach et Copenhague : retrouver l’itinéraire réel
La séquence précédant la Suisse comprend Munich le 18 juillet et Offenbach le 19. Les deux soirées helvétiques ont lieu les 21 et 22. La branche suivante de la tournée reprend le 1er août à Copenhague, avant les étapes finlandaises, suédoises, norvégienne et danoises. Entre le 22 juillet et le 1er août, les journées non répertoriées comme concerts ne doivent pas recevoir artificiellement des spectacles. Un déplacement, une halte familiale ou une répétition ne constitue pas par définition une représentation devant le public.
Cette lecture du calendrier rend visible la cohérence de la campagne européenne. La Suisse n’est ni une parenthèse isolée ni un objet de promotion séparé : elle appartient à l’apprentissage collectif des Wings au contact de salles et de publics très différents.
Deux dates suisses consécutives, sans seconde tournée indépendante
Les Wings se produisent le vendredi 21 juillet 1972 à Zurich, puis le samedi 22 au Pavillon de Montreux. Le calendrier appartient à la première partie de Wings Over Europe, non à un circuit helvétique organisé comme une tournée autonome. Le quintette est composé de Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell ; il reste identique pendant les deux représentations. La présence de deux villes sur deux journées successives ne permet pas d’affirmer une setlist exactement semblable. Pour Zurich, les notices de collection évoquent la Kongresshalle, tandis que les documents d’archives emploient plusieurs variantes de nom pour le complexe accueillant la représentation. À Montreux, le nom du Pavillon doit être conservé sans transférer automatiquement au spectacle les caractéristiques des autres bâtiments liés au festival.
Montreux : presse suisse et fragment répété de Seaside Woman
Les annonces publiées le 22 juillet dans le Nouvelliste et Feuille d’Avis du Valais, puis le compte rendu du 24 dans Tribune de Lausanne – Le Matin, forment des pièces de contextualisation plus spécifiques qu’une liste internationale de dates. Les programmes reconstitués attribuent à Montreux Bip Bop, Smile Away, Mumbo, Give Ireland Back to the Irish, 1882, I Would Only Smile, Blue Moon of Kentucky et The Mess dans la première partie, puis plusieurs compositions nouvelles ou encore inédites. Une indication de deux tentatives sur Seaside Woman doit être analysée comme un faux départ suivi d’une reprise, et non comme deux chansons complètes numérotées automatiquement. La précision de la setlist reste tributaire de la qualité des bandes et de leurs légendes.
Une archive de 1972 ne prouve pas une provenance sur le coffret de 2018
Les enregistrements officiellement publiés dans Wings Over Europe proviennent d’un choix de performances de la tournée. Le projet de captation avec le studio mobile des Rolling Stones se concentre notamment sur cinq concerts de la fin août, plusieurs semaines après les représentations de Zurich et Montreux. Il serait donc abusif d’attribuer à la Suisse un master de 2018 simplement parce que le titre apparaît dans la setlist de juillet. Les dossiers géographiques ont ici une fonction d’orientation : ils fixent le nombre de dates, les lieux et l’effectif, puis renvoient aux monographies de concerts pour les chansons et aux journaux d’enregistrement pour la provenance exacte des prises. Cette séparation évite de produire des pages régionales et des pages de concerts presque identiques.
Explorer les deux concerts suisses et les autres régions
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