YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 48
Ringo Starr et le All-Starr Band : affiches, programmes et identité visuelle des tournées (1989–2026)
1989 Japon et Pepsi, programmes de 1992, British Invasion 1997, flyers russes de 1998, archives danoises et campagnes récentes : enquête sur les images du spectacle.
← Sommaire : Ringo Starr, l’artiste au-delà des Beatles
Depuis 1989, les concerts de Ringo Starr et de son All-Starr Band ont produit une iconographie autonome : affiches, programmes imprimés, annonces destinées aux professionnels, prospectus de salles, billets, photographies de groupe, passes, supports publicitaires locaux et visuels numériques. Cette production ne se confond ni avec les pochettes des albums live, ni avec les portraits publiés dans les livres de photographie de Ringo. Elle raconte une autre histoire : celle d’un ancien Beatle devenu maître de cérémonie d’un collectif changeant de musiciens renommés.
L’idée même d’un All-Starr Band impose un problème graphique passionnant. Sur une affiche, qui mettre au centre ? Ringo, dont le nom vend le spectacle, ou les anciens membres des Eagles, de The Band, du E Street Band, de Cream, de Procol Harum, de Toto et de nombreux autres groupes qui en constituent l’attraction ? Les réponses varient selon les générations du groupe, les pays et les organisateurs. La première tournée fait de l’étoile un emblème permanent ; d’autres campagnes privilégient les noms prestigieux, l’argument de la « British Invasion » ou simplement le portrait souriant de Ringo.
Cette étude est construite à partir d’objets repérables, non d’une compilation d’affiches supposées. Pour 1989 et 1992, des programmes et affiches sont identifiés dans les catalogues de vente ; pour 1997, un document publicitaire professionnel conservé dans Pollstar donne le texte original d’une campagne ; pour 1998, les archives Heritage et un fonds de fans danois permettent de comparer prospectus russes, programme de festival et documents locaux ; pour 2018–2026, les communiqués officiels et leurs matériels numériques montrent le déplacement du support imprimé vers la diffusion directe en ligne. Lorsqu’un auteur graphique, une date d’impression ou un tirage reste inconnu, la notice l’indique franchement.
I. Une identité visuelle conçue pour un groupe qui change de visage
Un collectif musical avant d’être une marque graphique
En 1989, Ringo Starr, avec le producteur David Fishof, lance la formule d’un ensemble itinérant constitué de personnalités déjà connues par d’autres carrières. Les musiciens ne sont pas recrutés comme simples accompagnateurs anonymes. Les chansons de Ringo alternent avec leurs succès, ce qui transforme la soirée en panorama de plusieurs histoires du rock. Le principe s’inscrit sur les imprimés : les noms des participants font partie de la promesse commerciale, bien davantage que pour un groupe de tournée à personnel fixe.
Le graphiste doit réconcilier deux niveaux : la signature centrale « Ringo Starr » et la constellation des invités. La solution initiale passe notamment par la grande étoile à cinq branches et par les bandeaux portant les noms des musiciens. La figure de l’étoile est efficace dans trois sens : elle rappelle le patronyme de l’artiste, signale les vedettes invitées et forme un signe rapidement reconnaissable à l’entrée d’une salle. Il ne faut pas pour autant attribuer sa création à Ringo en l’absence d’un crédit d’atelier ou d’un document de commande.
Les noms changent : l’image imprimée peut devenir fausse si on la date mal
Une affiche indiquant Joe Walsh, Dr. John ou Billy Preston ne désigne pas automatiquement le même concert qu’une autre comportant Peter Frampton, Jack Bruce et Gary Brooker. Les formations de l’All-Starr Band ont évolué, de même que les tournées, les territoires et les partenaires locaux. Pour dater un visuel dont l’année n’est pas lisible, les noms annoncés constituent une première donnée, à confronter au calendrier effectif des représentations. Une affiche de 1997 ne saurait illustrer un concert de 2015 sans explication, même si le nom « Ringo Starr » domine les deux documents.
La méthode exige encore davantage de précision : une maquette peut précéder un changement de formation, et un document peut conserver le nom d’un artiste qui ne participe pas finalement à une représentation particulière. L’affiche atteste ce qui était annoncé ; elle ne remplace pas la feuille de route, la setlist ou le rapport du concert pour établir ce qui s’est réellement déroulé sur scène.
Tourbook, affiche, flyer, annonce professionnelle : quatre supports, quatre usages
Le programme de tournée est un livret destiné au public, généralement distribué ou vendu autour des concerts ; il peut contenir portraits, biographies, messages des artistes et parfois les dates. Le poster est une image destinée à être accrochée, souvent produite par un promoteur. Le handbill est un feuillet, distribué à petite échelle ou remis à la presse. L’annonce commerciale professionnelle, insérée dans une revue spécialisée, vise les programmateurs, exploitants ou agents et peut comporter les contacts de réservation absents du poster de salle. Les réunir sous une étiquette « affiches Ringo » ferait perdre des informations cruciales.
Il faut aussi éviter d’assimiler un objet vendu aujourd’hui comme souvenir de tournée à une pièce ayant effectivement été vendue au concert. Un tirage postérieur ou une reproduction de collection peut reprendre la même photographie. L’identité matérielle dépend du papier, de ses dimensions, de l’imprimeur, des dates et, lorsque l’original existe, des inscriptions au verso.
II. 1989 : l’étoile au centre du premier All-Starr Band
Le programme nord-américain : étoile orange, portrait en noir et blanc
Un programme de 1989 est répertorié dans le catalogue du disquaire Joe’s Albums sous l’intitulé Ringo Star & His All Star Band — 1989 Tour Program, avec la référence de stock 058396. La photographie du recto montre sur fond clair une étoile orange et jaune, un portrait noir et blanc de Ringo et un lettrage courbe très visible « RINGO STARR AND HIS ALL-STARR BAND ». Sous le titre figure la mention « A David Fishof Production ».
Cette composition est un objet d’étude visuelle à part entière. La photographie de Ringo, placée au centre, sert d’axe vertical ; l’étoile l’encadre comme un insigne de spectacle ; des petites étoiles et des rubans de couleur développent le motif. L’efficacité tient à la simplicité des signes, très lisibles sur un programme tenu en main. En revanche, le catalogue commercial ne donne ni le nom du photographe, ni celui du dessinateur du logo, ni celui de l’imprimeur. Ces trois attributions restent ouvertes.
La fiche du marchand nomme notamment Nils Lofgren, Clarence Clemons, Dr. John, Joe Walsh et Levon Helm. Elle ne prétend pas fournir la liste exhaustive de la distribution : d’autres participants de la première formation, tels Billy Preston, Rick Danko et Jim Keltner, sont attestés par d’autres documents. Le numéro 058396 est un identifiant du stock commercial moderne, pas un numéro officiel d’impression de 1989. Cette nuance importe pour toute tentative de catalogue raisonné.
1989 : ce que le nom « All-Starr » annonce graphiquement
Le titre semble simple, mais sa construction est ingénieuse. Il joue sur Starr, le nom de scène de Richard Starkey, et sur all-star, une équipe constituée de vedettes. Ce double sens produit un symbole graphique presque inévitable : l’étoile. Le spectateur peut reconnaître la signature de l’ancien Beatle et comprendre immédiatement le principe collectif du spectacle. Il ne faut pas en déduire qu’une seule matrice graphique fut utilisée identiquement dans tous les pays : l’existence de versions japonaises démontre déjà l’adaptation territoriale.
Le programme de base pourra être décrit selon cinq éléments : l’image centrale de Ringo, la forme de l’étoile, le bandeau inférieur du titre, les étoiles périphériques et le crédit de production. Les mentions figurant à l’intérieur restent à transcrire sur un exemplaire consultable. Sans les pages internes, il serait trompeur d’affirmer que toutes les photographies de la formation y sont présentes ou que toutes les dates de tournée y figurent.
III. Japon, 1989 : Pepsi, les neuf portraits et la campagne « All Generations »
Un programme japonais distinct de l’édition nord-américaine
Les catalogues de memorabilia japonais répertorient un programme de tournée japonaise de 1989 consacré à Ringo Starr et son All-Starr Band. Une photographie d’exemplaire montre une couverture violette, surmontée du logo Pepsi et d’un slogan anglais « A Concert for All Generations ». Le graphisme de l’étoile est conservé mais replacé dans une composition plus dense : aux côtés de Ringo apparaissent de petits portraits des autres membres du groupe, avec des noms portés sur des rubans jaunes et rouges.
Cette édition constitue un indice important sur la manière dont un programme de tournée peut changer en fonction d’un commanditaire et d’un territoire. La marque Pepsi n’est pas seulement une publicité ajoutée dans une page intérieure : elle est visible au-dessus du titre. Le patronage de la tournée japonaise est confirmé indépendamment par des affiches de concerts conservées dans les archives de ventes. La transcription exacte des pages japonaises, de l’éditeur et du prix de vente d’époque reste à établir.
L’affiche japonaise de 20 × 28 pouces documentée par Heritage Auctions
La maison Heritage Auctions a catalogué, dans sa vente du 23 août 2014, le lot 89436 : une affiche de concert japonaise de 1989 mesurant 20 × 28 pouces, soit environ 50,8 × 71,1 cm. Le document annonce trois soirées sponsorisées par Pepsi : 6 et 7 novembre à Tokyo, puis 8 novembre à Yokohama. Cette datation portée par le descriptif d’un objet déterminé est beaucoup plus précise qu’une mention vague « tournée japonaise de 1989 ».
La pièce est également décrite comme signée par Ringo Starr, Billy Preston, Levon Helm, Clarence Clemons, Nils Lofgren, Joe Walsh, Jim Keltner, Dr. John et Rick Danko. Heritage indique qu’elle provenait de la collection personnelle de David Fishof. La provenance est précieuse pour l’histoire de la production du spectacle, mais elle ne fait pas du propriétaire l’auteur du dessin : posséder une affiche, l’avoir produite commercialement ou avoir demandé sa réalisation sont trois statuts à ne pas confondre.
Une affiche signée n’est pas nécessairement une édition spéciale conçue avec autographes. On distinguera l’affiche imprimée d’origine des signatures apposées sur cet exemplaire précis, dont la date et le contexte doivent être documentés séparément. Les autographes n’indiquent pas non plus qu’une édition commerciale signée fut vendue au public japonais.
Le programme et l’affiche ne sont pas interchangeables
Le motif de l’étoile, le portrait central et la publicité Pepsi peuvent se retrouver sur des supports de plusieurs tailles. Le chercheur doit pourtant distinguer le livret du flyer, la couverture du programme, l’affiche de salle et les éventuelles annonces de presse. Le même dessin peut être redimensionné et traduit sans constituer une nouvelle illustration originale. À l’inverse, l’ajout des portraits de tous les membres peut signaler une véritable refonte de mise en page. Une comparaison recto contre recto ne permettra pas de tout résoudre ; il faudra examiner les pages internes et les mentions de bas d’affiche.
Le Japon, laboratoire d’une collection photographique internationale
Le programme japonais illustre un phénomène plus vaste : certains pays mettent en circulation des objets imprimés propres à la tournée locale. Les textes en japonais, les pages dédiées aux musiciens, les logos de sponsors et les dates de salles y sont susceptibles d’être distincts des versions nord-américaines. Cette possibilité doit être examinée sur des exemplaires et non déduite du seul nom de « Japan Tour Book ». Le répertoire de vente Red Ring Records signale également l’existence de ce livret japonais de 1989, sans fournir à lui seul une collation page par page.
IV. 1992 : du portrait de Ringo à l’iconographie géométrique de la seconde formation
Un programme noir, rouge et bleu photographié dans un catalogue de vente
La maison Adam Partridge Auctioneers a enregistré le 4 octobre 2023, lot 228, un programme de la tournée de 1992 de Ringo Starr and His All-Starr Band. Le visuel photographié montre un fond sombre, un grand titre « RINGO STARR » rouge, des formes géométriques bleues et une étoile autour d’un portrait central de Ringo portant des lunettes de soleil. Les noms des musiciens forment une bordure textuelle ; la mention « A David Fishof Production » apparaît au bas de la couverture.
Par rapport à 1989, la composition devient plus graphique et plus architecturée. Le nom de Ringo s’impose dans un bloc compact ; l’étoile passe au cœur d’un cercle, et les patronymes des partenaires encadrent le portrait. Il ne s’agit pas de prouver une « modernisation » dirigée par Ringo, faute de crédit d’auteur, mais de constater une réorganisation du langage visuel. La scène reste collective, mais l’identité du chef d’orchestre est plus fortement séparée des mentions de ses invités.
Les noms sur la couverture : les musiciens comme argument éditorial
Le programme de 1992, décrit par les catalogues d’enchères, réunit notamment Joe Walsh, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit et Nils Lofgren. Ces noms ne servent pas seulement à documenter la formation : ils structurent la typographie et augmentent la valeur perçue du document pour un spectateur amateur de rock. L’identification doit cependant rester prudente : une couverture peut omettre un musicien présent dans le groupe ou afficher une configuration propre à la campagne de l’année.
Deux lots de vente de 2023, deux objets à ne pas fusionner
Adam Partridge a proposé deux programmes signés de 1992 dans la même vente : les lots 227 et 228. Le premier est décrit avec des billets originaux, le second avec une liste détaillée d’autographes comprenant Ringo et plusieurs membres du groupe. L’étude ne peut pas conclure, à partir de ces textes, que les deux exemplaires sont graphiquement identiques ou qu’ils proviennent du même concert. Les signatures d’un exemplaire, surtout lorsque leur authenticité n’a pas été certifiée par le commissaire-priseur, ne prouvent pas la nature de l’édition imprimée.
La notice d’enchères contient elle-même une réserve explicite sur l’authentification des signatures. Le catalogue visuel devra donc enregistrer l’objet indépendamment de la qualité et de l’attribution des autographes. Cette séparation permet à l’historien d’utiliser la photographie du programme sans se transformer en expert improvisé de graphologie.
Une affiche de 1992 issue de la collection David Fishof
Le lot 89437 de la vente Heritage du 23 août 2014 constitue un troisième témoin : une affiche de 1992 décrite comme mesurant 14,5 × 26 pouces, dont la partie centrale comporte une étoile violette sur laquelle figurent les signatures de plusieurs artistes, parmi lesquels Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Tim Cappello et Zak Starkey. Heritage la rattache à la collection personnelle du producteur David Fishof.
Cette affiche ne doit pas être présentée comme le même objet que le programme vendu chez Adam Partridge. Elle peut appartenir à la même campagne visuelle tout en utilisant des proportions, un papier et une destination commerciale différents. La présence de Zak Starkey dans les signatures n’autorise pas à attribuer ses traits à un portrait non identifié sur la couverture du programme : chaque image doit être examinée séparément.
1992, l’Europe : un contexte historique distinct
La deuxième formation marque le retour de Ringo sur les scènes européennes en tournée. La page de référence officielle de Ringo Starr souligne la portée particulière de cette étape dans son parcours après les Beatles. Une affiche française, allemande, suisse ou britannique de 1992 peut donc témoigner de l’adaptation de la campagne par des promoteurs locaux. Mais une liste de dates ne suffit pas à attester l’existence d’un programme imprimé différent dans chacun de ces pays. Les notices devront reprendre les pièces qui sont conservées, non les pays dont on suppose qu’ils ont dû imprimer des objets.
Le programme britannique de 1992 : vingt-deux pages et une publicité pour Time Takes Time
Une notice de collection distincte, conservée dans le catalogue d’EIL/RareVinyl sous le numéro de notice 127938, permet d’aller au-delà de l’analyse de la seule couverture. Elle décrit un programme officiel de la tournée britannique de 1992, grand format 9½ × 13 pouces, comptant 22 pages. Les éléments mentionnés sont précis : notices biographiques des musiciens, photographies anciennes de Ringo en noir et blanc, publicité relative à la sortie de l’album Time Takes Time et annonce publicitaire réunissant les membres de l’All-Starr Band avec les produits capillaires de son partenaire commercial. La notice a la valeur d’une description commerciale d’un exemplaire physique, non celle d’un fac-similé intégral. Son inventaire doit donc être contrôlé, à terme, en consultant page par page le document.
Ce détail révèle la double vocation éditoriale d’un programme de tournée. Vendu à l’occasion d’un concert, le livret accompagne certes la prestation scénique, mais il raconte aussi une histoire de carrière. Les photographies des années Beatles remettent en scène la légitimité historique du musicien ; les portraits et biographies de ses partenaires présentent le All-Starr Band comme une réunion d’artistes possédant chacun leur propre passé ; la publicité pour Time Takes Time rappelle que le retour sur scène de 1992 se déroule parallèlement à une reprise de l’activité discographique solo. Le programme est à la fois souvenir, album photographique miniature et outil de promotion croisée. C’est précisément cette articulation qui justifie son étude dans une histoire des arts visuels de Ringo, plutôt que dans un simple inventaire de concerts.
Alberto VO5 : un partenariat de tournée attesté par une source contemporaine
Le commanditaire évoqué dans la description du programme britannique est désigné « V05 » dans la fiche commerciale ; cette typographie doit être rapportée telle quelle à la source. La marque est connue sous la graphie Alberto VO5, confirmée dans un compte rendu contemporain du Los Angeles Times. Dans son article du 11 août 1992, consacré au concert de Costa Mesa, le journaliste Jim Washburn décrit explicitement une représentation soutenue par le fabricant de produits capillaires. Cette confirmation indépendante est importante : elle montre que le nom de la marque n’est pas un détail reconstruit rétrospectivement à partir d’un objet de collection. Elle ne démontre pas, en revanche, que tous les programmes imprimés pour tous les pays aient conservé une publicité identique.
L’analyse iconographique doit distinguer au moins trois fonctions de la marque. Elle peut financer une tournée, apparaître sur un programme vendu au public, ou être intégrée à une annonce locale pour une salle déterminée. Ces trois situations ne créent pas nécessairement le même document imprimé et ne prouvent ni un contrat de graphisme uniforme ni l’intervention personnelle de Ringo dans le dessin. La recherche d’un crédit d’agence, d’un directeur artistique ou d’un imprimeur reste donc ouverte. En l’absence de colophon vérifié, il serait historiquement imprudent d’attribuer à Ringo lui-même l’identité visuelle de l’opération.
La conférence de presse de 1992 : Alberto VO5, de l’annonce au récit médiatique
Une dépêche de l’Associated Press, reprise le 8 avril 1992 dans le Big Spring Herald du Texas, éclaire l’origine publique de ce partenariat. Elle rapporte la conférence de presse organisée au Radio City Music Hall de New York pour annoncer la tournée, avant son lancement prévu le 2 juin à Fort Lauderdale. L’article indique qu’un représentant d’Alberto VO5 prit la parole pour évoquer le public de Ringo et rapporte la plaisanterie de l’ancien Beatle sur l’âge de ses admirateurs, dont certains avaient perdu leurs cheveux. Il associe donc, dès l’annonce de la tournée, l’entreprise de soins capillaires, l’humour public de Ringo et le retour sur scène d’un groupe de musiciens reconnus.
Une autre source de 1992, The Washington Post du 17 juin, revient sur la conférence de presse et sur l’intervention du commanditaire, ce qui fournit un recoupement indépendant du contexte promotionnel. Le slogan, les publicités intégrées aux programmes et l’aspect de la campagne doivent certes encore être recherchés à partir des documents matériels ; toutefois, l’existence du partenariat ne dépend plus des seules descriptions de vendeurs. Le dossier dispose d’une chaîne documentaire en trois étapes : l’annonce publique du printemps 1992, le programme de tournée conservé sur le marché des collectionneurs et la chronique d’un concert effectivement tenu, publiée à Costa Mesa en août.
Ce rapprochement illustre une méthode qui peut être appliquée aux autres saisons du All-Starr Band. Une publicité pour une tournée est un document de promotion, le programme est un objet remis au public et la critique de concert une trace indépendante du spectacle. Chacun constitue un témoin de nature différente. Lorsque les trois concordent, l’historien peut décrire plus sûrement la fabrication de l’image publique de Ringo sans supposer qu’un même graphisme ait été utilisé dans toutes les villes ou dans tous les pays. Ce dossier met également en évidence la différence entre le rôle d’un commanditaire et l’identité de l’éditeur ou du concepteur graphique, encore inconnue en l’absence de crédits imprimés vérifiés.
Danemark, 18 juillet 1992 : le support local peut raconter une histoire absente du programme officiel
Le dossier documentaire danois FabFour fournit un intéressant contrepoint à l’édition britannique. Il situe le concert de Ringo Starr and His All-Starr Band du 18 juillet 1992 sur le site de 10-øren, à Amager Strandpark, Copenhague. D’après ce répertoire, la suppression d’une série de manifestations initialement prévues conduisit l’association locale Musikforeningen 5-øren à reprendre l’événement, qui fut transformé en concert gratuit, financé par les consommations. Le dossier reproduit des annonces de presse et signale une affiche de concert d’environ 60 × 42 cm. La valeur de cette source est de relier les images imprimées à une modification de l’organisation et non de traiter l’affiche comme un objet décoratif isolé.
La conséquence méthodologique est capitale : une date imprimée sur une affiche n’établit pas, à elle seule, la configuration définitive du spectacle. Les annonces précoces, les publicités corrigées et les archives de l’organisateur peuvent témoigner de décisions successives. Le grand programme de 1992 appartient à l’histoire internationale de la tournée, tandis que l’affiche de Copenhague appartient à celle d’un événement local, marqué par des changements de format et de financement. Les réunir sous une unique désignation « affiche All-Starr Band 1992 » ferait disparaître ces différences de fonction, de tirage et de contexte.
Notice de classement : trois objets à distinguer dans le corpus 1992
Pour une future consultation du fonds, il convient désormais de séparer A) les programmes de tournée nord-américains décrits dans les ventes Adam Partridge et éventuellement signés après coup ; B) le fascicule britannique de 22 pages décrit par EIL/RareVinyl, avec ses éléments promotionnels liés à Time Takes Time et Alberto VO5 ; C) les annonces locales danoises, dont l’affiche signalée pour Copenhague. Les renseignements disponibles ne permettent pas d’affirmer que ces trois groupes présentent une maquette commune, ni que leurs photographies, crédits et textes sont identiques. Toute notice définitive devra relever le format réel, la pagination incluant ou non les couvertures, le pays d’impression, les mentions d’éditeur, les photographies créditées, les publicités et les ajouts de collectionneur. Cette réserve n’appauvrit pas le catalogue : elle évite de transformer des ressemblances de saison en fausses identités bibliographiques.
Affiche et programme de 1992 : mêmes codes graphiques, objets différents
La confrontation des notices de vente offre un repère matériel supplémentaire. Heritage Auctions a proposé le 23 août 2014 (lot 89437) une affiche signée de 1992, de 14½ × 26 pouces selon le catalogue, provenant de la collection du producteur David Fishof. Les neuf signatures décrites par le commissaire-priseur sont disposées sur une étoile violette centrale. L’authenticité de l’objet comme témoignage de la campagne visuelle de la deuxième formation ne doit pas être confondue avec celle de chaque autographe, appréciation qui relève d’une expertise distincte. Dans cette édition, l’étoile ne se contente pas d’évoquer le patronyme « Starr » : elle sert de surface matérielle sur laquelle les participants inscrivent leur présence.
Un autre exemplaire de programme de 1992, conservé avec un talon de billet du 22 août à l’Iowa State Fair et décrit par Heritage sous le lot 89669 (vente du 6 décembre 2014), mesure pour sa part 9½ × 13 pouces. Son association à un billet daté fournit un ancrage de collection, mais ne prouve pas à elle seule que le livret ait été imprimé spécialement pour ce concert, ni même que ses pages aient été identiques aux vingt-deux pages de l’édition britannique. Pour un catalogue raisonné, la bonne démarche consiste à noter séparément le livret, le billet, l’éventuelle signature et leur histoire de conservation.
La publicité graphique d’Alberto VO5 apparaît enfin dans une autre affiche de 1992 dont la photographie a été reprise dans une notice de marché d’art (MutualArt). Le logotype du partenaire surplombe les mots « RINGO STARR » en capitales rouges, sur fond sombre et violet. Cette version ne doit pas être assimilée automatiquement au poster violet provenant de David Fishof : la présence visible de la marque permet d’identifier un état publicitaire ou une déclinaison de campagne, mais ne suffit pas à fixer son lieu de distribution ni son imprimeur. La comparaison des photographies de couverture, des marges et des mentions de production pourra ultérieurement établir une typologie de variantes.
Ces documents montrent pourquoi une archive de tournée est un ensemble composite. Une page peut présenter la publicité d’un album, une autre les biographies de musiciens, tandis qu’une affiche décline un sponsor et qu’un programme conservé avec son billet porte la trace d’une soirée précise. Rassembler tous ces objets sous un visuel unique ferait perdre le principal intérêt historique de la comparaison : la façon dont une tournée rock de 1992 a été racontée différemment aux amateurs de disques, aux spectateurs de concert et aux collectionneurs.
V. 1995 : la troisième formation et les limites du corpus imprimé accessible
Une nouvelle distribution ne garantit pas une nouvelle charte graphique complète
La tournée de 1995 réunit une troisième génération d’All-Starr Band, avec notamment Billy Preston, John Entwistle, Felix Cavaliere, Mark Farner, Randy Bachman, Mark Rivera et Zak Starkey selon la biographie officielle de Ringo. Ce changement de personnel modifie nécessairement les noms que doivent annoncer les billets et les supports publicitaires. Il ne prouve cependant pas, à lui seul, que tous les anciens logos aient été abandonnés ou que toutes les salles aient utilisé une nouvelle affiche.
Nous distinguons donc ici une phase chronologique établie et une iconographie physique à documenter. Il faudra rechercher les programmes japonais et nord-américains de 1995, les visuels de salles, les passes de tournée et les photographies de groupe dont le crédit est lisible. L’absence d’une affiche authentifiée dans le corpus actuel ne signifie pas que ces documents n’aient jamais existé.
La photographie de tournée comme outil de classement
Quand l’objet ne porte aucune année lisible, le portrait de groupe et les participants constituent une forme d’index. Une photographie comprenant simultanément John Entwistle et Mark Farner appartient a priori à une autre période qu’une image où figurent Jack Bruce et Peter Frampton. Il faudra néanmoins tenir compte des invités occasionnels, des archives réutilisées dans un programme ultérieur et des montages publicitaires mêlant des photographies réalisées à des dates différentes.
VI. 1997 : « The Second British Invasion » dans une publicité d’époque
Le document imprimé par Pollstar : une source contemporaine majeure
Un encart reproduit dans le numéro du 26 mai 1997 de Pollstar permet de sortir des descriptions modernes de marchands. La publicité présente la tournée sous la formule « The Second British Invasion », avec le titre « Ringo Starr and His All Starr Band » et la mention de David Fishof Production. Elle cite Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker et Simon Kirke en rattachant les trois derniers à leurs groupes historiques Cream, Procol Harum et Bad Company.
Cette publicité présente des contacts professionnels de production et de réservation, ainsi que des extraits d’avis de presse. C’est une différence fondamentale avec la couverture d’un programme de collection : Pollstar s’adresse à un réseau de professionnels du spectacle. Une annonce reproduite dans ce périodique atteste non seulement un motif graphique mais aussi une stratégie de vente de concerts à l’échelle de l’industrie.
Un slogan exploite l’imaginaire transatlantique des Beatles
Le titre « The Second British Invasion » fait volontairement référence à l’arrivée des groupes britanniques dans la culture populaire américaine des années 1960. Il ne décrit pourtant pas le début d’une seconde Beatlemania identique à la première. Il fonctionne comme une accroche publicitaire reliant Ringo à Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker et Simon Kirke : autant de figures associées à des formations britanniques de différentes générations.
La formule peut être reçue avec humour, mais elle mérite une interprétation historique. Elle transforme un groupe de musiciens issus d’histoires distinctes en une « invasion » collective, image facile à mémoriser et immédiatement compréhensible pour le public américain. Le visuel participe ainsi à la narration d’une continuité du rock britannique, du Liverpool des Beatles au blues-rock et au rock progressif.
Les titres imprimés sur les bordures jouent le rôle d’une promesse de répertoire
L’annonce professionnelle ne se contente pas d’énumérer les artistes. Ses bordures textuelles évoquent des chansons célèbres de leur carrière : It Don’t Come Easy, Photograph, All Right Now, Sunshine of Your Love ou encore With a Little Help from My Friends. Ce choix démontre le fonctionnement du concept All-Starr : le spectacle est présenté comme une succession de succès déjà familiers. Il ne s’agit pas d’une setlist certaine pour chaque concert annoncé, mais d’un inventaire promotionnel des titres capables d’attirer les spectateurs.
Roccabella : une affiche signée de 18 × 24 pouces
Une affiche du quatrième All-Starr Band, cataloguée par Heritage Auctions sous le lot 22170 lors d’une vente en octobre 2006, porte la mention Roccabella, 1997. Elle mesure 18 × 24 pouces, soit environ 45,7 × 61 cm, et présente notamment Ringo Starr avec Jack Bruce, Peter Frampton, Simon Kirke, Gary Brooker et Mark Rivera. L’exemplaire vendu est signé par Ringo et Mark Rivera.
Il faut distinguer cet objet du document Pollstar. Ils appartiennent au même contexte musical, mais leurs formats et leurs usages ne sont pas interchangeables. Le nom « Roccabella » est donné dans le catalogue de l’affiche ; il ne suffit pas à identifier sans autre preuve le dessinateur, le photographe ou l’imprimeur. Une collation complète de l’original imprimé, et non uniquement de son image en vente, reste nécessaire.
VII. 1998 : les feuillets de Moscou et Saint-Pétersbourg, archives d’une nouvelle géographie
Moscou : un flyer couleur de la collection David Fishof
Heritage Auctions a identifié un tract de concert de Moscou, 1998, associé à Ringo et à sa quatrième formation, sous le lot 89438 de la vente du 23 août 2014. Le descriptif précise un feuillet couleur imprimé au laser de 8,25 × 11,75 pouces, portant les signatures de Ringo, Gary Brooker, Jack Bruce, Peter Frampton, Simon Kirke et Mark Rivera. Sa provenance est attribuée à la collection personnelle du producteur David Fishof.
Cette provenance donne un intérêt supplémentaire au document : l’affiche a circulé dans un environnement proche de la production de la tournée, avant d’apparaître dans un catalogue de ventes. Il ne faut toutefois pas confondre ce statut avec une preuve que le flyer aurait été distribué à chacun des spectateurs, ni que l’édition signée ait été imprimée comme telle pour le marché. L’objet imprimé et les annotations manuscrites constituent deux couches documentaires.
Saint-Pétersbourg, 26 août 1998 : le nom de Ringo en cyrillique
Un autre document conservé chez Heritage, lot 89439 de la vente du 6 décembre 2014, est attribué à un concert de Saint-Pétersbourg, le 26 août 1998. Le feuillet de couleur mesure 11,5 × 8,25 pouces et présente la translittération cyrillique du nom de Ringo, « РИНГО СТАРР », ainsi qu’une présentation des musiciens. La fiche signale des signatures à l’encre noire et rouge et des traces d’adhésif au verso.
Ce détail matériel est remarquable : une image conçue pour la tournée circule ici dans un autre système d’écriture. Le nom de la vedette doit demeurer immédiatement reconnaissable tout en s’insérant dans la typographie russe. La transcription cyrillique, la présence éventuelle de la mention « Ex-Beatles » et les crédits locaux sont des données essentielles pour comparer les supports de la tournée russe aux affiches européennes contemporaines.
Deux villes, deux lots, deux notices d’archives
Les documents russes ne doivent pas être fusionnés sous l’intitulé « affiche Russie 1998 ». Les catalogues identifient deux villes et deux dimensions distinctes. Ils attestent donc, au minimum, deux pièces commerciales décrites séparément. Pour établir si elles reprennent une même image originale, il faudra comparer photographies, lettrages, couleurs et bas de page, puis inspecter la provenance de chaque tirage.
Cette distinction est particulièrement importante dans les recherches sur les tournées internationales : les marchés de collection réunissent souvent sous un même millésime des tracts, cartes, tickets et posters de plusieurs villes. L’année 1998 ne saurait se substituer à une identité de document.
VIII. Skanderborg, 9 août 1998 : un programme de festival et deux pages consacrées à Ringo
La source danoise FabFour : un ensemble d’archives contextualisé
Le site documentaire danois FabFour a consacré une notice à la prestation de Ringo Starr and His All-Starr Band au Skanderborg Festival du 9 août 1998. Elle réunit des informations de calendrier, des publicités de presse, un bracelet de festival, des photographies du concert et un programme de festival de 120 pages dont deux pages sont consacrées à Ringo. Ce relevé constitue une documentation de terrain bien plus précise qu’une annonce commerciale sans date.
Le nombre 120 désigne ici le programme du festival, non un programme de tournée de Ringo ni un livre de 120 pages entièrement consacré à lui. Il serait donc incorrect d’inscrire dans notre catalogue « All-Starr Band Tour Book 1998, 120 pages ». Notre notice identifiera le support comme programme de Skanderborg Festival, 1998, 120 pages, deux pages relatives au concert de Ringo.
La publicité locale porte une mémoire du concert distincte du document officiel
FabFour présente également des annonces imprimées de presse pour le festival. Ces publicités peuvent retenir le portrait de Ringo sans reprendre l’ensemble de la composition internationale. Leur intérêt réside dans le contexte local : les lieux, les heures, les sponsors et la liste des artistes d’un festival. Le propriétaire de l’annonce peut avoir voulu vendre la manifestation complète plutôt que la tournée de Ringo en elle-même. La même photographie peut ainsi figurer dans deux campagnes aux finalités différentes.
Les photographies de concert racontent autre chose que le programme
La notice danoise présente en outre des souvenirs de spectateurs et des photographies documentant la prestation. Elle indique que la durée du concert fut contrainte par les horaires de fermeture, entraînant des modifications de répertoire. Ces informations ne doivent pas être confondues avec les chansons « promises » sur un prospectus publié avant l’événement. Une publicité témoigne de l’attente ; une photographie datée témoigne d’une présence ; une setlist reconstituée documente le déroulement musical. La réunion de ces trois familles de pièces permet seule de produire une histoire fine du concert.
IX. 1999–2003 : du poster de tournée à la mémoire graphique d’une formule installée
Une continuité de marque, malgré de nouvelles formations
Les tournées de la fin des années 1990 et du début des années 2000 perpétuent le principe d’une formation changeante sous le nom stable de Ringo Starr and His All-Starr Band. Cette stabilité de la marque permet aux organisateurs de réemployer certaines conventions graphiques : la hiérarchie du titre, le portrait du chef de groupe, l’énumération des partenaires et les symboles d’étoiles. Il serait néanmoins inexact de considérer qu’une affiche unique aurait circulé de 1989 à 2003 sans adaptation.
Une affiche promotionnelle de la tournée 2000 identifiée chez Heritage
Heritage Auctions a catalogué le 6 novembre 2009 une affiche promotionnelle en couleurs mesurant 18 × 24 pouces, donnée pour la tournée de 2000, lot 49466. Le descriptif relève des signatures de Ringo Starr, Jack Bruce, Eric Carmen, Dave Edmunds, Simon Kirke et Mark Rivera. Le support permet donc d’associer une année, une formation et un format d’affiche.
Il ne renseigne toutefois pas l’auteur du graphisme, le photographe ou le fabricant. Ces cases doivent rester ouvertes. Les signatures sont une caractéristique de l’exemplaire vendu et ne démontrent pas qu’une série d’affiches dédicacées ait été commercialisée pendant la tournée. La différence avec les albums live est importante : l’affiche promeut une tournée, non nécessairement l’enregistrement sonore d’un concert précis.
Photographies de presse, affiches et jaquettes live : le risque de répétition
Une photographie collective prise pour une tournée peut être reproduite sur un poster, une page de presse et une jaquette de CD ou de DVD. L’historien ne comptera pas ces trois occurrences comme trois photographies originales. Il créera une référence d’image source, puis les notices des supports qui l’utilisent. Cette procédure évite les doublons qui donnent parfois aux archives musicales une fausse impression d’exhaustivité.
X. Les programmes de tournée comme documents biographiques de groupe
Le programme ne se réduit pas à sa couverture
Un tourbook peut inclure des biographies individuelles, des portraits, les instruments des musiciens, des remerciements, des annonces de sponsors et parfois une liste de concerts. Dans la perspective de notre dossier, les informations les plus utiles sont les crédits photographiques, l’éditeur, la numérotation des pages et les mentions d’impression. Ce sont ces éléments, souvent invisibles sur une photographie de vente limitée au recto, qui permettent de distinguer un exemplaire complet d’une maquette, d’un tirage local ou d’un livret souvenir postérieur.
Les photographies de musiciens sont parfois des portraits recyclés
Les membres du All-Starr Band possèdent leurs propres services de presse et leur histoire iconographique. Le portrait de Joe Walsh ou de Peter Frampton utilisé pour promouvoir un concert de Ringo peut provenir d’une séance antérieure, réalisée pour un album solo, une maison de disques ou une tournée sans rapport. L’année imprimée sur la couverture du programme désigne la publication du livret, non la date de chaque photographie intérieure.
Le crédit du producteur n’est pas le crédit du graphiste
La formule « A David Fishof Production », très visible sur les premiers documents, identifie un rôle de production du spectacle. Elle ne prouve pas que David Fishof ait dessiné lui-même l’étoile, choisi les typos ou photographié Ringo. Les catalogues d’enchères provenant de sa collection constituent des sources de provenance particulièrement intéressantes, mais il faut maintenir la différence entre commanditaire, détenteur d’une archive, créateur visuel et imprimeur. L’enquête se doit de conserver les noms réellement attestés et de signaler ceux qui restent inconnus.
Le problème des livrets dédicacés
Les programmes signés attirent naturellement les collectionneurs, mais leur valeur historique n’est pas d’abord financière. Ils peuvent documenter le passage d’un objet dans une salle, un moment de rencontre ou l’environnement d’un producteur. Un programme avec un billet joint n’atteste pas automatiquement que les signatures ont été obtenues ce soir-là, ni que les musiciens ont tous signé au même endroit. Les fiches d’enchères qui déclinent la responsabilité de l’authentification doivent être citées avec leur réserve, sans faire disparaître cette dernière du catalogue scientifique.
XI. 2010–2017 : la multiplication des supports et l’identité longue d’une formation
La douzième formation et ses évolutions
La période 2012–2017 voit travailler ensemble, selon les étapes, Steve Lukather, Todd Rundgren, Richard Page, Gregg Rolie, Gregg Bissonette, Mark Rivera puis Warren Ham autour de Ringo. Les répertoires de concerts confirment l’importance de cette configuration. Mais une photographie de presse de 2012 montrant Mark Rivera ne peut pas être automatiquement attribuée à une tournée de 2017 où Warren Ham occupe un poste différent. Une recherche par années doit donc toujours être recoupée avec la formation du moment.
Des objets locaux aux images circulant sur les réseaux
Au cours de cette décennie, les supports matériels continuent d’exister : billets imprimés, publicités de lieux, posters et cartes de tournée. En parallèle, l’image promotionnelle quitte progressivement le seul papier pour être diffusée sur les sites des salles, les calendriers d’événements et les réseaux sociaux. La modification du support influe sur les proportions, la taille des caractères et le découpage des portraits. Une bannière horizontale de site et une affiche verticale destinées à être imprimées peuvent utiliser la même photographie sans relever du même format éditorial.
Une publicité numérique ne possède pas nécessairement de tirage papier
Il faut garder une distinction stricte : la diffusion d’une image au format JPEG ou PNG pour annoncer une date ne prouve pas qu’un poster correspondant ait été vendu au public. L’historien demandera des photographies du papier, un numéro de catalogue de marchand établi sur un exemplaire réel ou une archive d’imprimerie avant d’ajouter une « affiche originale » au répertoire physique. Une image numérique reste parfaitement documentable, mais sous une catégorie bibliographique propre.
XII. 2018 : la tournée européenne et le rôle des annonces officielles
Une annonce de novembre 2017 qui annonce une tournée de 2018
Le site officiel de Ringo publie le 29 novembre 2017 un communiqué annonçant la nouvelle formation du All-Starr Band et des dates européennes en 2018. Il met en avant le retour de Colin Hay et l’arrivée de Graham Gouldman, aux côtés de Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette. Ce document est essentiel pour l’histoire des visuels : il fixe la composition officiellement annoncée au lancement de la campagne et permet de contrôler les noms présents sur les images promotionnelles de l’époque.
Paris : L’Olympia, le 6 juin 2018
Un autre communiqué officiel fournit le calendrier révisé de la tournée et situe notamment un concert à L’Olympia de Paris, le 6 juin 2018. Ce repère sera précieux pour classer les annonces, les éventuelles affiches de salle françaises et les photographies du groupe. Une affiche française de 2018 comportant Colin Hay et Graham Gouldman doit être confrontée à cette formation ; une affiche reprenant les membres de la tournée de 1997 devra être écartée de cette notice, sauf s’il s’agit explicitement d’une rétrospective.
Les dates et le lieu sont confirmés au niveau de l’annonce ; ils n’établissent pas l’existence d’une sérigraphie originale propre à L’Olympia. Pour passer du fait du concert à l’objet graphique, il faudra identifier une impression authentique, son verso éventuel et les crédits d’agence.
Le langage visuel du communiqué
À cette époque, la communication officielle combine portraits, photographies de groupe et texte destiné aux médias en ligne. Le document devient une source précise sur ce qui a été annoncé, parfois plus fiable qu’une image de réseau social détachée de sa légende. Il ne remplace pas l’affiche de concert elle-même : la campagne numérique peut être relayée ou modifiée par des partenaires locaux, qui ajoutent leur logo et leur propre mise en page.
XIII. 2025–2026 : une continuité photographique au service d’une formation stable
Le communiqué du 9 décembre 2024, première borne de la saison 2025
Ringo Starr et son équipe annoncent officiellement le 9 décembre 2024 les concerts de juin 2025, avec une formation composée de Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Les villes annoncées comprennent notamment Bridgeport, New York, Philadelphie et Vienna en Virginie. Ces informations donnent une base de contrôle pour les images promotionnelles circulant au cours des mois suivants.
Une photographie d’annonce pourra donc être cataloguée comme faisant partie de la campagne 2025, mais la date d’annonce ne suffit pas à dater le cliché. Certains portraits officiels peuvent être réemployés d’une tournée précédente. Une édition d’affiche vendue à un concert exige encore l’identification du support, de ses dimensions et de son fabricant.
Le communiqué du 6 juillet 2026 et les nouvelles dates d’automne
Le 6 juillet 2026, le site officiel annonce dix concerts supplémentaires pour septembre et octobre de la même année, sans changement de la formation citée. La campagne mentionne notamment le retour de Ringo au Forest Hills Stadium de Queens, en rappelant la présence historique des Beatles dans ce lieu en août 1964. Ce rapprochement participe d’une stratégie mémorielle : l’image contemporaine de Ringo s’appuie sur un site chargé de souvenirs de la Beatlemania, tout en mettant en avant son groupe actuel.
La documentation officielle fournit l’annonce, les musiciens et une chronologie de diffusion ; il faudra les compléter par des visuels précis : photographie originale utilisée par la presse, déclinaisons pour les différentes salles, affiche éventuelle de Forest Hills et documents distribués le soir du spectacle. En l’absence de ces pièces contrôlées, le chapitre ne présente aucune affiche imaginaire comme « édition 2026 ».
La question de l’avenir des programmes physiques
En 2026, un concert peut être promu par des fichiers téléchargeables, des annonces sur les réseaux, des sites de vente de billets et des publications des salles. Cela n’implique pas la disparition de tout programme papier ; cela rend simplement son existence moins déductible à partir de l’annonce. Une étude encyclopédique ne doit pas affirmer que tous les concerts récents possèdent un tourbook, ni que plus aucun n’en possède. Le catalogue de référence doit rester attaché aux objets observables.
XIV. Les affiches locales : de l’archive du promoteur à la publicité des salles
Des informations que l’affiche générale ne donne pas
Une affiche propre à une ville peut porter l’adresse de la salle, son partenaire commercial, les horaires d’ouverture, le prix des billets, le nom du promoteur et des renseignements juridiques ou techniques. Ces éléments sont parfois plus précieux pour une histoire des concerts qu’une grande photographie artistique. Ils permettent d’établir qu’une représentation était annoncée à une date précise, mais n’en certifient pas automatiquement la tenue. Les annulations et reports doivent être vérifiés indépendamment.
Le sponsor transforme parfois toute la mise en page
L’exemple de Pepsi dans le Japon de 1989 est instructif : une marque peut occuper la partie supérieure de la couverture et modifier le rythme visuel du document. D’autres partenaires interviennent au niveau des salles, des festivals ou des tournées nationales. La présence d’un logo ne permet pas à elle seule de déterminer qui a financé tout le spectacle ; elle indique un crédit ou une présence commerciale à documenter.
Le document imprimé peut avoir deux éditions pour une même date
Une salle peut émettre une première annonce avant la mise en vente et une seconde avec la mention « complet ». Un festival peut remplacer son programme général après modification de l’ordre des artistes. Une édition signée par les musiciens est encore un état distinct de l’exemplaire commercial. Notre méthode dissocie ces niveaux afin d’éviter que les variantes de publicité soient présentées comme plusieurs concerts.
Des exemplaires incomplets créent de faux mystères
Un flyer rogné peut faire disparaître la date, un programme auquel manque une feuille peut donner une distribution incomplète, et une photographie du recto peut cacher les mentions d’imprimeur du verso. Avant de rechercher une « édition inconnue », il faut donc s’assurer que le document est complet. L’archéologie musicale n’a rien à gagner à transformer chaque pliure en énigme.
XV. Catalogue raisonné provisoire : douze dossiers d’objets identifiés
Du visuel de 1989 aux flyers russes
RS-TOUR-01 — Programme de tournée 1989. Édition nord-américaine identifiée dans le catalogue Joe’s Albums : couverture claire, étoile orange, portrait en noir et blanc, mention David Fishof. Numéro 058396 = stock du vendeur ; photographe et graphiste non attribués.
RS-TOUR-02 — Programme japonais 1989. Exemplaire identifié dans les répertoires de collection : couverture violette, slogan A Concert for All Generations, logo Pepsi, portraits de la formation. Pages, imprimerie et tirage à vérifier sur original.
RS-TOUR-03 — Affiche japonaise 1989. Heritage Auctions, lot 89436, 20 × 28 pouces, trois concerts des 6–8 novembre, commanditaire Pepsi, provenance collection David Fishof. Les signatures décrites concernent l’exemplaire présenté aux enchères.
RS-TOUR-04 — Programme 1992. Adam Partridge, lot 228 de la vente du 4 octobre 2023, couverture géométrique noir/rouge/bleu ; noms des partenaires disposés en bordure ; signatures documentées mais non authentifiées par l’opérateur.
RS-TOUR-05 — Programme 1992 avec billets. Adam Partridge, lot 227, même vente, programme et billets originaux associés ; rapport entre les objets à vérifier et signatures à traiter séparément.
RS-TOUR-06 — Affiche 1992. Heritage Auctions, lot 89437, environ 14,5 × 26 pouces, étoile centrale violette, signatures ; provenance David Fishof. Ne pas confondre avec la couverture du programme.
RS-TOUR-07 — Publicité professionnelle 1997. Pollstar, 26 mai 1997, slogan The Second British Invasion, noms de Frampton, Bruce, Brooker, Kirke, contacts de production. Source contemporaine directement datée.
RS-TOUR-08 — Affiche Roccabella 1997. Heritage Auctions, lot 22170, 18 × 24 pouces, quatrième formation, signatures de Ringo et de Mark Rivera. Identité de l’auteur graphique à rechercher.
RS-TOUR-09 — Flyer Moscou 1998. Heritage Auctions, lot 89438, feuillet couleur imprimé au laser, 8,25 × 11,75 pouces, provenance David Fishof, signatures décrites du groupe.
RS-TOUR-10 — Flyer Saint-Pétersbourg 1998. Heritage Auctions, lot 89439, 11,5 × 8,25 pouces, 26 août 1998, nom de Ringo en cyrillique, traces d’adhésif au verso.
RS-TOUR-11 — Programme Skanderborg 1998. Programme général du festival, 120 pages dont deux consacrées à Ringo selon FabFour ; ne pas cataloguer comme un tourbook intégralement consacré à Ringo.
RS-TOUR-12 — Affiche tournée 2000. Heritage Auctions, lot 49466, 18 × 24 pouces, Ringo et cinquième/sixième environnement du All-Starr Band ; musiciens signataires cités : Jack Bruce, Eric Carmen, Dave Edmunds, Simon Kirke et Mark Rivera.
Un catalogue de douze notices ne signifie pas douze « affiches originales »
La série rassemble un programme, une édition japonaise de livret, une affiche, deux programmes ou variantes de 1992, d’autres affiches, une publicité professionnelle, des flyers russes et un programme de festival. Ces supports ne partagent ni dimensions ni usage. Leur point commun est d’être identifiables par une source et un contexte précis. La liste est volontairement incomplète : chaque nouvelle pièce ne sera intégrée qu’après vérification de ses indications matérielles.
Comment faire progresser ce catalogue
Les demandes prioritaires concernent les scans complets des programmes de 1989 et 1992, les pages intérieures de l’édition japonaise, la lecture des crédits d’imprimeurs, la comparaison de la publicité Pollstar de 1997 avec le poster Roccabella et les inscriptions des flyers russes. Pour chacune des pièces, une photographie du recto et du verso doit être préférée à une vignette isolée, car les crédits et la provenance se logent souvent hors du champ décoratif.
XVI. Les attributions graphiques : ne pas prêter à Ringo ce qu’ont créé les publicitaires
La photographie de Ringo et le portrait retouché
Une affiche peut présenter le visage de Ringo avec un détourage, un contraste renforcé, des lunettes ajoutées dans une composition ou un traitement photomécanique. Sans négatif, épreuve d’agence ou crédit de photographe, il serait aventureux d’identifier l’origine d’un portrait. Les ressemblances avec une photographie de pochette d’album peuvent orienter une enquête mais ne constituent pas une preuve de réemploi.
Des logos multiformes sans auteur unique démontré
L’étoile, les rubans et les lettres « Ringo Starr » se retrouvent sur différents supports. Leur continuité visuelle témoigne de la construction d’une marque de spectacle. Mais l’existence d’un style reconnaissable ne garantit pas que toutes les déclinaisons aient été réalisées par le même atelier. Une adaptation japonaise sponsorisée et un flyer russe en cyrillique peuvent avoir été composés localement à partir de documents fournis par le producteur.
Le rôle de David Fishof et des promoteurs locaux
Les notices Heritage faisant état d’objets provenant de la collection personnelle de David Fishof sont utiles pour reconstruire la circulation des documents du côté de la production. Il faut néanmoins distinguer les effets personnels du producteur, les originaux imprimés par un prestataire, les maquettes reçues d’une agence et les signatures recueillies sur des exemplaires. Le producteur peut être une source capitale pour l’enquête sans être l’auteur des œuvres graphiques.
XVII. Les droits de reproduction et les reproductions modernes
Être propriétaire d’une affiche ne signifie pas posséder ses droits
Les catalogues d’enchères rendent les objets visibles, mais la mise en ligne de leurs photographies ne permet pas automatiquement leur réutilisation dans un article illustré. Une affiche de 1989 peut relever du droit du photographe, du graphiste, de l’agence de production et des ayants droit des personnes représentées. Une photographie de vendeur est elle-même un objet éditorial, distinct de l’illustration imprimée sur le papier. La recherche des licences doit précéder toute galerie de reproductions originales.
La restauration numérique peut effacer les indices d’époque
Un fichier dont le fond a été nettoyé, les plis éliminés et les couleurs fortement corrigées devient plus agréable à l’écran, mais moins utile pour étudier les matériaux d’origine. Le travail documentaire gagnera à conserver une version de référence montrant les bordures, les déchirures, les tampons et les mentions en bas de page, à côté d’une éventuelle version restaurée clairement annoncée comme telle.
Les autographes sont une couche ultérieure
Les nombreux programmes et posters signés des archives Heritage et Adam Partridge rappellent que les collectionneurs recherchent surtout des souvenirs personnels. Pour l’historien, la signature peut documenter une circulation de l’objet et une rencontre. Elle n’est pas constitutive de l’œuvre graphique imprimée, sauf preuve d’une édition spéciale dédicacée dès la fabrication. Chaque catalogue devra distinguer la date de l’affiche, la date présumée de sa dédicace et la date de sa vente aux enchères.
XVIII. Les douze champs d’une fiche de référence et les recherches prioritaires
Identité de l’objet et provenance
Une notice complète enregistrera le titre tel qu’imprimé, l’année et le territoire, la catégorie matérielle, les dimensions réelles, le support et la technique d’impression, les informations de production ou de sponsoring, l’identité du photographe et du graphiste si elle est créditée, l’exemplaire consulté, les inscriptions au verso, les signatures ou annotations, et la source documentaire de la reproduction. La longueur de ce formulaire répond à une exigence : ne pas confondre une affiche de salle, une publicité de magazine et une couverture de programme.
Vérifier les dates : l’annonce ne garantit pas le concert
Pour les dates, la documentation officielle du site Ringo Starr doit être confrontée aux programmes et aux inventaires de concerts, ainsi qu’à la presse locale lorsque nécessaire. Une date inscrite sur un poster peut correspondre à un spectacle annoncé mais reporté ou annulé. Les comptes rendus de spectateurs et les setlists ne sont pas des substituts parfaits aux archives des salles ; ils peuvent toutefois confirmer qu’une représentation a eu lieu et aider à identifier un objet publicitaire.
Les priorités géographiques : Japon, Europe, États-Unis et Russie
Le Japon de 1989 offre un point d’entrée exceptionnel parce que plusieurs objets illustrent une campagne sponsorisée. Les États-Unis conservent de nombreux programmes et annonces professionnelles ; l’Europe fournit la publicité régionale et les archives de festivals ; les deux handbills russes de 1998 documentent une adaptation linguistique caractéristique. Les prochains lots de travail devraient comparer ces quatre ensembles, puis élargir l’étude aux tournées postérieures à 2000.
Pourquoi l’encyclopédie ne sera pas un catalogue de prix
La valeur d’adjudication d’un objet varie avec les signatures, l’état, la rareté supposée et le contexte de vente. Un prix enregistré chez Heritage en 2014 ne constitue pas une estimation actuelle. Le rôle de notre dossier n’est pas de recommander des achats, mais d’identifier et de comprendre les pièces. Une affiche sans autographes, mais pourvue d’un crédit d’imprimeur et d’une date de distribution, peut avoir une valeur documentaire plus élevée qu’un exemplaire signé dont le support n’est pas authentifié.
Les campagnes 2026 de l’All-Starr Band : programme annoncé, calendrier joué, affiche distribuée
La communication officielle de Ringo Starr permet de distinguer les différentes étapes qui transforment une tournée en objets de collection. Le 13 novembre 2025, le musicien annonce pour le printemps 2026 douze concerts, avec Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Ce texte constitue un programme prévisionnel daté, précieux pour identifier un visuel publicitaire contemporain de l’annonce, mais il ne prouve pas que chaque spectacle ait été joué exactement comme prévu.
Le 28 mai 2026, un deuxième communiqué indique le début de la tournée au Pechanga Resort Casino de Temecula et confirme le groupe. La campagne se conclut officiellement le 14 juin au Greek Theatre de Los Angeles. Pour un historien des affiches, ces nouvelles annonces doivent être rapprochées des billets numérotés et des programmes de salle : une date annoncée avant la tournée peut avoir été déplacée, un horaire modifié ou une affiche annulée après impression.
Une image, plusieurs auteurs et statuts
Le 6 juillet 2026, Ringo publie une nouvelle série de dix concerts pour l’automne, de la Pennsylvanie à l’État de New York, avec notamment Forest Hills Stadium dans le Queens. Le communiqué souligne le souvenir du passage des Beatles dans cette enceinte en 1964. Cet argument mémoriel figure dans la promotion de la tournée et peut inspirer une variante d’affiche locale ; son existence ne prouve pas automatiquement que chaque programme de l’automne a adopté un graphisme différent.
La différence entre « douze concerts de printemps » et « dix concerts d’automne » permet d’organiser les variantes par campagne. Une affiche de tournée générique, une affiche locale comportant lieu et date, un ticket de billetterie, une affiche numérotée vendue au stand et une reproduction numérique sont autant d’objets distincts. Le logo All-Starr Band, les portraits des musiciens et les éléments de sponsors peuvent être réutilisés d’une affiche à l’autre sans nouvelle création intégrale.
Pour chaque pièce, la fiche doit relever le créateur graphique, l’imprimeur, le commanditaire, le lieu, la date prévue, le nom de la salle, les mentions de l’équipe musicale, les dimensions et le statut d’exemplaire. Une date sur un billet ne constitue pas une preuve suffisante du concert effectivement tenu ; la validation nécessite une chronique ou une source de salle après l’événement. Les annonces officielles de Ringo forment donc la première couche, que devront compléter programmes, photos de stands, billetteries et archives de promoteurs.
Le catalogue doit enfin distinguer les affiches réalisées pour les groupes antérieurs de l’All-Starr Band. Le visuel de 1989 n’est pas un témoin de la composition du groupe de 2026. L’ancienneté d’un logo ou d’une photographie ne suffit pas à dater tout le produit imprimé qui les réemploie.
Ringo Rocks : trente ans d’All-Starr Band racontés par Henry Diltz et Jill Jarrett
L’éditeur Julien’s Auctions a conçu Ringo Rocks: 30 Years of the All Starrs comme une rétrospective photographique du supergroupe fondé par Ringo en 1989. La notice commerciale identifie clairement deux personnes chargées de la sélection et de la mémoire photographique : Henry Diltz et Jill Jarrett, qui ont suivi la carrière scénique du All-Starr Band depuis sa première année d’existence. Le volume reçoit aussi des images d’autres photographes et de membres de l’équipe de tournée. Il serait donc inexact de décrire l’ensemble de ses photographies comme un travail réalisé par Ringo lui-même.
Le livre comporte une préface de Joe Walsh, tandis que Ringo livre des souvenirs sur la formation initiale, les musiciens rencontrés et les conditions de production de tournées réunissant des artistes aux carrières individuelles très établies. La première incarnation de 1989, avec Joe Walsh, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons, Nils Lofgren et Jim Keltner, fournit un repère pour dater les photographies inaugurales. Le volume examine aussi les formations ultérieures jusqu’en 2019, mais ne constitue pas nécessairement un catalogue complet de chaque date de concert.
Julien’s présentait une édition reliée rétrospective avec marque-page, annoncée à 75 dollars, et indiquait que les recettes de la version signée bénéficieraient à la Lotus Foundation. La page affiche actuellement « Sold Out ». Cet état marchand ne permet ni d’inférer le nombre de livres réellement imprimés ni de déduire que chaque volume vendu était signé à la main. Il faut conserver la description exacte de l’exemplaire et son statut d’édition.
La distinction essentielle pour les collectionneurs
La valeur historique du livre repose notamment sur ses photographies en coulisses et ses archives de tournée. Une photographie de Dr. John ou de Levon Helm avec Ringo ne constitue pas la preuve d’une séance de studio commune, tout comme un portrait de répétition ne doit pas être daté du concert public correspondant. Le catalogue doit enregistrer le lieu indiqué, la tournée, la formation de musiciens et le photographe lorsque l’éditeur le crédite.
La notice de Julien’s cite parmi les grandes salles le Greek Theatre de Los Angeles, Radio City Music Hall, le Mandalay Bay, la Santa Barbara Bowl et plusieurs autres étapes. Ces noms permettent de préparer une concordance entre livres, affiches, billets, enregistrements live et photographies. Il faut néanmoins distinguer une étape racontée dans l’ouvrage et une photographie prise précisément ce soir-là : la juxtaposition des pages peut avoir une fonction narrative plutôt que chronologique.
L’intérêt de Ringo Rocks est donc celui d’une histoire photographique de groupe sur trente ans, à classer entre les livres d’archives, la bibliographie de Ringo et les collections d’objets All-Starr Band. Henry Diltz et Jill Jarrett ont des crédits éditoriaux explicites ; les autres photographes et leurs images doivent être documentés individuellement avant toute republication.
Références de ce complément
- Julien’s Auctions, Ringo Rocks: 30 Years of the All Starrs, photographies Henry Diltz et Jill Jarrett, préface Joe Walsh, prix de lancement — https://www.juliensauctions.com/en/products/ringo-rocks-30-years-of-the-all-starrs
Une campagne de concert ou une résidence d’art : les archives de Las Vegas en septembre 2025
Le communiqué Starr Art du 26 août 2025 montre comment la présentation de créations graphiques de Ringo s’articule à son activité de concertiste. L’exposition-vente se déroule du 5 septembre au 15 octobre 2025 dans les Grand Canal Shoppes du Venetian Resort Las Vegas et coïncide avec sa résidence musicale de l’All-Starr Band au même ensemble hôtelier. Les deux manifestations partagent un contexte promotionnel, mais possèdent des programmes, des objets et des organisateurs distincts.
L’affiche d’une représentation de l’All-Starr Band n’est pas automatiquement une œuvre vendue dans l’exposition. Les billets, flyers, annonces de la résidence et invitations à la réception privée de Starr Art doivent être répartis entre trois ensembles : promotion de concerts, publicité d’une galerie et souvenirs d’événement. La présence du portrait de Ringo ou du logo du Venetian sur plusieurs supports ne suffit pas à établir une même campagne graphique.
L’exposition annonce Neal Glaser, d’ArtCelebs, comme commissaire, tandis que les concerts mettent en avant les musiciens de l’All-Starr Band. Les crédits doivent tenir compte de ces responsabilités. Une image de Ringo publiée pour annoncer un concert peut être l’œuvre d’un photographe, alors qu’une reproduction de Starr Art renvoie à un dessin ou tableau de Ringo dont la galerie assure la commercialisation.
Objet de collection et dossier de provenance
La date de réception privée et les dates individuelles de concerts doivent être établies sur les invitations et les billetteries, pas déduites de la période entière d’ouverture de l’exposition. Une affiche portant « septembre–octobre 2025 » peut concerner la galerie sans annoncer une tournée quotidienne durant la totalité de ces semaines.
Pour les collectionneurs, il faut aussi séparer un programme de salle imprimé, un badge VIP, un carton d’invitation, une sérigraphie numérotée et un visuel diffusé uniquement sur les réseaux. Le premier peut porter un répertoire ou la liste des musiciens ; le second peut donner accès à une soirée ; la sérigraphie peut être signée et tirée à un nombre limité. Ces distinctions déterminent leurs critères d’authenticité.
Ce croisement révèle un épisode important de l’activité publique du musicien : le calendrier d’une résidence de concert a servi d’occasion à une présentation de peintures originales. Il ne faut pas transformer cette concomitance en relation d’auteur entre tous les objets affichés. Le classement archivistique doit garder le lien événementiel tout en séparant les supports.
Sources documentaires
- Ringo Starr, Starr Art Exhibition And Sale, annonce du 26 août 2025 — https://www.ringostarr.com/ringo-starr-to-showcase-his-original-paintings-for-the-first-time-at-animazing-gallery-in-las-vegas/
- Animazing Gallery, Starr Art, catalogue de galerie — https://www.animazing.com/starr-art
Récolement complémentaire — Programmes All-Starr Band : une affiche annoncée n’est pas une preuve de concert joué
La chronologie des campagnes All-Starr Band doit conserver les annonces de tournée comme un état prévisionnel daté. Une affiche imprimée en amont peut conserver une salle ou une date même lorsque l’événement a été modifié. Il faut donc distinguer l’impression du support publicitaire, la vente des billets et la représentation effectivement tenue.
Un programme de salle possède une valeur particulière lorsqu’il identifie la formation des musiciens, les sponsors, le promoteur et les crédits photographiques. Une tournée de 1989, une programmation de 2001 et une formation de 2026 ne peuvent être illustrées par un portrait collectif interchangeable sans risque de tromper le lecteur.
La preuve matérielle et sa portée
Le livre Ringo Rocks met en circulation des photographies de tournées prises notamment par Henry Diltz et Jill Jarrett. Leur publication sous le nom de Ringo ne les transforme pas en œuvres photographiques réalisées par lui. La légende doit conserver le photographe, l’année, la salle et les personnes représentées.
Les affiches numérotées vendues aux concerts et les reproductions ultérieures doivent être cataloguées séparément. Un même graphisme peut exister en tirage d’affiche de salle, flyer, publicité numérique ou sérigraphie de collection, avec des tailles et des états de signature différents.
Récolement du livre Ringo Rocks : photographie et objet éditorial
Le catalogue de Julien’s Auctions intitulé Ringo Rocks: 30 Years of the All Starrs constitue une source essentielle pour relier les programmes de scène et leurs images à une documentation rétrospective. La maison présente l’ouvrage comme un album commémoratif relié vendu en exclusivité à 75 dollars dans son état courant. Les photographies ont notamment été réunies par Henry Diltz et Jill Jarrett, qui suivent la carrière du All-Starr Band depuis ses débuts en 1989, avec des compléments provenant d’autres photographes et des équipes de tournée. Joe Walsh signe l’avant-propos. Pour cette histoire visuelle, la distinction des crédits est fondamentale : Ringo est la figure centrale, le narrateur des souvenirs et parfois sujet des clichés, tandis que Diltz, Jarrett et les autres opérateurs sont les auteurs des prises de vue correspondantes.
Un livre portant sur trente années de concerts n’est pas un catalogue de trente affiches
Julien’s présente des images de scène, de tournée et de coulisses, ainsi que des récits sur la formation des différentes incarnations de l’orchestre. Cet ensemble ne signifie pas qu’une affiche originale de chacune des années a nécessairement été reproduite ni qu’un programme imprimé se trouve pour chaque spectacle. L’ouvrage est une histoire photographique et autobiographique des tournées, pas l’inventaire exhaustif des affiches de concert. Les détails de fond — lieux, musiciens, instruments et scénographie — doivent donc être confrontés aux programmes physiques et aux calendriers effectivement joués lorsque l’on veut identifier une soirée particulière.
Le premier All-Starr Band, 1989 : le casting comme élément graphique de l’affiche
Le prospectus Julien’s rappelle les débuts en 1989 avec Joe Walsh, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons, Nils Lofgren et le batteur Jim Keltner, autour de Ringo. Cette distribution est une aide essentielle pour dater une affiche anonyme ou incomplètement reproduite : la présence des noms doit correspondre à l’incarnation concernée du groupe. Cependant, un prospectus publicitaire peut comporter une composition de tournée annoncée avant des modifications éventuelles ; le programme réellement vendu dans une salle et la photographie de scène restent plus probants pour confirmer les musiciens présents à un concert donné.
Entre tournée et résidence : la nécessité d’une adresse et d’une date
Le livre met notamment en avant Mandalay Bay à Las Vegas, le Radio City Music Hall à New York, le Santa Barbara Bowl, le Civic Arts Plaza et le retour au Greek Theatre de Los Angeles. Ces lieux identifient des chapitres dans la vie du groupe, mais une simple photographie de stade ou de scène ne suffit pas à situer le concert exact. Il faut rechercher l’adresse de salle, la date sur le billet, l’année de la tournée, le graphisme du programme et la composition de l’orchestre figurant sur l’objet. Une affiche générique nationale peut être diffusée à plusieurs villes sans devenir une édition locale distincte pour chacune.
Un exemplaire signé de Ringo Rocks retrouvé en vente : 266/500
La maison de ventes Heritage Auctions conserve la notice d’un exemplaire signé et numéroté 266/500 du livre Ringo Rocks. La vente est datée du 19 juillet 2024, et son résultat affiché est de 625 dollars. L’objet est décrit comme encore sous son emballage scellé. Cette référence fournit une preuve individualisée d’un état signé limité à 500 qui ne doit pas être confondu avec le cartonné ordinaire proposé à 75 dollars par Julien’s. Elle ne permet cependant pas de supposer que tous les 500 exemplaires existent toujours ni que chaque volume numéroté a été vendu initialement au même prix.
Les éléments essentiels de la notice sont donc : titre, variant d’édition, numéro manuscrit, présence d’une signature, format physique s’il peut être confirmé, statut d’emballage scellé et chaîne de propriété. Les images d’un exemplaire signé ne sont pas la preuve qu’une affiche ancienne placée dans le livre fut elle-même signée à l’époque. Cette séparation des objets protège l’intérêt des collectionneurs comme celui des historiens de la photographie.
Les erreurs d’attribution à éviter dans les programmes All-Starr
Un programme portant un portrait de Ringo n’est pas nécessairement illustré par Ringo. Une photographie fournie par l’équipe de tournée ne devient pas son autoportrait, et une affiche portant un nom de chanteur invité n’atteste pas nécessairement que ce chanteur joua tous les soirs. De même, la vente d’un livre commémoratif au profit de la Lotus Foundation ne transforme pas tous les documents qu’il reproduit en œuvres caritatives créées par la fondation. Pour la base encyclopédique, chaque programme doit séparer date et lieu annoncés, date et lieu joués, graphiste, photographe, imprimeur et provenance de l’exemplaire.
Ringo Rocks : deux exemplaires signés retrouvés (211/500 et 266/500), une date de publication à préciser
Le livre commémoratif Ringo Rocks: 30 Years of the All Starrs 1989–2019 constitue une source essentielle pour l’iconographie des tournées de Ringo Starr. Son titre indique les trente années célébrées, mais ce millésime final ne date pas la sortie du livre en 2019. La presse spécialisée annonce sa commercialisation par Julien’s Auctions le 16 décembre 2020 et un communiqué diffusé le 19 mars 2021 indique que la première impression était déjà épuisée, les exemplaires signés demeurant alors proposés. Les notices de vente permettent désormais de comparer deux exemplaires numérotés, séparés dans l’espace et dans le temps.
Une bibliographie commerciale changeante : 39,99, 75 et 495 dollars
L’annonce de décembre 2020 donne un prix de lancement de 39,99 dollars pour le volume cartonné courant et de 495 dollars pour une série de 500 exemplaires signés. La page commerciale actuelle de Julien’s affiche, quant à elle, une édition appelée Platinum Limited-Edition à 75 dollars, avec la mention Sold Out. Elle ne permet pas, seule, de savoir si le changement tarifaire reflète une réimpression, une mise à jour de présentation ou une évolution de gamme. Le registre doit donc conserver les deux montants et leur source datée, plutôt que de choisir un « prix officiel initial » sans distinguer les périodes.
Exemplaire 211/500 : une notice de vente matériellement précise
RR Auction publie la description d’un exemplaire de la série signée portant le numéro 211/500. Il s’agit d’une première édition limitée, datée 2020, publiée par Julien’s Auctions et PlusArt Ltd, en volume cartonné avec jaquette et étui. Le catalogue donne 374 pages et des dimensions de 9,25 × 11 pouces. La signature « Ringo » est décrite comme apposée au feutre noir sur le colophon, ce qui ne constitue pas un dessin inédit inséré dans l’ouvrage. Ce lot, n° 8106 de la vente Marvels of Modern Music clôturée le 17 novembre 2022, est annoncé vendu 446 dollars, frais acheteur compris. Ce résultat de marché porte sur un exemplaire de seconde main et ne doit pas être assimilé au prix d’édition de 495 dollars communiqué deux ans plus tôt.
Exemplaire 266/500 : le second témoin d’une même numérotation éditoriale
Une vente de Heritage Auctions du 19 juillet 2024 documente un autre exemplaire, numéroté 266/500, décrit comme signé et conservé sous un emballage scellé. Le résultat affiché est de 625 dollars. La coexistence des numéros 211 et 266 confirme que deux exemplaires individualisés de cette série sont représentés dans des archives marchandes indépendantes. Elle ne prouve pas que les cinq cents exemplaires aient tous été commercialisés ni qu’ils aient été tirés le même jour ; une série imprimée peut être achevée, signée, conditionnée et distribuée en plusieurs étapes.
| Champ du récolement | 211/500 | 266/500 |
|---|---|---|
| Source | RR Auction, lot 8106 | Heritage Auctions, vente de juillet 2024 |
| Édition | Volume signé limité à 500, 2020 | Volume signé limité à 500 |
| État matériel publié | Relié, jaquette et étui ; 374 pages ; 9,25 × 11 pouces | Emballage scellé indiqué par la maison de vente |
| Signature | Au feutre noir sur le colophon | Signature de Ringo annoncée |
| Résultat public | 446 dollars, frais compris, 17 novembre 2022 | 625 dollars annoncés, 19 juillet 2024 |
| Limites | Exemplaire individuel, pas une cote de toute l’édition | Le scellé limite la vérification intérieure si les images sont insuffisantes |
Un livre collectif : les crédits visuels appartiennent aux photographes
Julien’s présente les photographies comme réunies notamment par Henry Diltz et Jill Jarrett, avec des contributions de photographes supplémentaires et de membres de l’équipe des tournées. Joe Walsh signe l’avant-propos et Ringo fournit des souvenirs personnels. Il faut conserver les quatre fonctions : auteur des propos autobiographiques, photographe de chaque image, compilateur de l’iconographie et auteur du texte liminaire. Un portrait de Ringo publié dans le volume n’est pas automatiquement pris par lui. La mention de Ringo sur le colophon authentifie un exemplaire de l’édition signée, non chacun des négatifs reproduits.
La pandémie situe la fabrication du livre après l’anniversaire célébré
Le programme couvre les tournées 1989–2019, mais la communication commerciale de Julien’s parle d’un retour sur ces expériences dans la perspective d’un monde « après la pandémie ». Le premier tirage est annoncé en décembre 2020, tandis que Ringo évoque encore cette publication dans le communiqué relatif à Zoom In de mars 2021. Pour une chronologie encyclopédique, trois dates doivent rester séparées : l’anniversaire scénique en 2019, l’édition de 2020 et les ventes individuelles de 2022 et 2024. Le titre ne saurait suppléer les documents bibliographiques.
Sources originales : Julien’s Auctions, fiche du livre Ringo Rocks: 30 Years of the All Starrs ; annonce publiée le 16 décembre 2020 par BroadwayWorld et Goldmine ; Universal Music Canada, communiqué du 19 mars 2021 ; RR Auction, lot 8106, Marvels of Modern Music, 17 novembre 2022 ; Heritage Auctions, exemplaire 266/500, résultat du 19 juillet 2024. Les valeurs ci-dessus sont des prix annoncés ou des résultats datés, et non des évaluations actuelles.
XIX. Sources primaires, archives de vente et bibliographie
Adresses des archives et références complémentaires
Sources et adresses : Joe’s Albums, programme 1989 ; Heritage, affiche Japon 1989, lot 89436 ; Adam Partridge, programme 1992, lot 228 ; Adam Partridge, programme 1992, lot 227 ; Heritage, affiche 1992, lot 89437 ; Pollstar, mai 1997 ; Heritage, Roccabella 1997 ; Heritage, Moscou 1998 ; Heritage, Saint-Pétersbourg 1998 ; FabFour, Skanderborg 1998 ; Heritage, affiche tournée 2000 ; Site officiel, tournée 2018 ; Site officiel, tournée 2025 ; Site officiel, tournée 2026.
Documents ajoutés à la bibliographie de tournée : Julien’s Auctions, Ringo Rocks: 30 Years of the All Starrs, prix public, équipe photographique Henry Diltz/Jill Jarrett, avant-propos Joe Walsh, distribution initiale et sites de concerts — https://www.juliensauctions.com/en/products/ringo-rocks-30-years-of-the-all-starrs ; Heritage Auctions, lot 26102, exemplaire signé 266/500, vente du 19 juillet 2024, résultat 625 dollars — https://entertainment.ha.com/itm/music-memorabilia/autographs-and-signed-items/ringo-starr-30-years-of-the-all-starrs-hand-signed-book-very-limited-266-500-still-sealed/a/7377-26102.s .
- Ringo Starr, annonce officielle des douze dates du printemps 2026, 13 novembre 2025 — https://www.ringostarr.com/ringo-starr-announces-new-tour-dates-with-his-all-starr-band-for-2026/
- Ringo Starr, communiqué de lancement de tournée, 28 mai 2026 — https://www.ringostarr.com/ringo-starr-and-his-all-starr-band-launch-their-spring-tour-today/
- Ringo Starr, communiqué officiel de dix dates d’automne, 6 juillet 2026 — https://www.ringostarr.com/ringo-starr-and-his-all-starr-band-announce-fall-tour-dates-3/
Sources proches de la production et de la promotion contemporaine. Ringo Starr, biographie officielle et communiqués des 29 novembre 2017, 9 décembre 2024 et 6 juillet 2026 ; Pollstar, numéro du 26 mai 1997, annonce « The Second British Invasion » ; FabFour, notice documentaire sur la représentation de Skanderborg, 9 août 1998, avec programme de festival et publicités de presse.
Archives de ventes décrivant des objets déterminés. Heritage Auctions, vente 7092 du 23 août 2014, lots 89436 (affiche japonaise 1989), 89437 (affiche 1992), 89438 (tract Moscou 1998) ; vente 7096 du 6 décembre 2014, lot 89439 (Saint-Pétersbourg 1998) ; vente 634 du 6 octobre 2006, lot 22170 (Roccabella, 1997) ; vente 7011 du 6 novembre 2009, lot 49466 (affiche tournée 2000). Adam Partridge, vente du 4 octobre 2023, lots 227 et 228 (programmes de 1992).
Répertoires de programmes et discographie des tournées. Joe’s Albums, fiche 058396 du tourbook de 1989 ; Red Ring Records, répertoire du programme japonais de 1989 ; Beatles Bible, présentation des tournées du douzième All-Starr Band. Les listes de dates et de musiciens constituent des outils de recoupement, non des preuves matérielles de l’existence d’une affiche pour chaque concert.
Limites documentaires et droits. Les crédits de photographes, de graphistes et d’imprimeurs sont encore incomplets. Certains descriptifs proviennent de vendeurs ; leurs réserves et attributions ne remplacent pas la consultation physique. Le contenu des programmes n’est pas reconstitué lorsqu’une simple couverture est disponible. La présence d’une image en ligne ne dispense pas de vérifier les droits avant publication d’une reproduction.
Complément documentaire pour 1992. Associated Press, dépêche relative à la conférence de presse new-yorkaise du All-Starr Band, reprise par le Big Spring Herald le 8 avril 1992 ; The Washington Post, « Ringo, Back on His Beat », 17 juin 1992 ; EIL/RareVinyl, « Ringo Starr, 1992 Tour Programme », notice n° 127938, description d’un programme britannique de 22 pages au format 9½ × 13 pouces et de ses publicités ; Los Angeles Times, Jim Washburn, « O.C. Pop Music Review: Retro Ringo », 11 août 1992, chronique contemporaine confirmant la présence du parrain Alberto VO-5 au spectacle du Pacific Amphitheatre ; FabFour.dk, « Ringo Starr and His All Starr Band — Valby Idrætspark/Lisbjerg Fællespark » et « 10-øren, July 18th 1992 », dossier de presse locale, affiche et rectification des lieux du concert de Copenhague. Le catalogue RareVinyl imprime « Times Takes Time » dans sa description commerciale ; le titre discographique est bien Time Takes Time. Les renseignements matériels rapportés ici sont ceux des notices consultées, et non une collation effectuée de visu.
Adresses de vérification : https://jp.rarevinyl.com/en/products/ringo-starr-1992-tour-programme-uk-tour-programme-tour-programme-127938 ; https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1992-08-11-ca-5343-story.html ; https://www.fabfour.dk/c_rs_1992-1.php ; https://www.fabfour.dk/c_rs_1992-2.php.
XX. Les programmes de tournée dans le parcours artistique de Ringo
Le chapitre sur les affiches des films montrait une célébrité musicale réinterprétée par les codes du cinéma. Les programmes des All-Starr Bands racontent un autre processus : Ringo y reprend le contrôle du cadre narratif, non pas forcément en dessinant les images, mais en créant une formule scénique qui oblige les publicitaires à le représenter comme un hôte, un musicien et un organisateur de rencontres. L’iconographie de l’étoile est une expression visible de cette position nouvelle.
Le livret violet sponsorisé par Pepsi en 1989, le programme géométrique de 1992, la publicité professionnelle « British Invasion » de 1997, les documents russes de 1998 et les annonces digitales récentes sont autant d’étapes d’un parcours international. Leur histoire n’est pas celle d’une seule image reconduite pendant trente-sept ans. Elle est celle d’un langage qui s’adapte aux formations, aux marchés et aux supports tout en conservant l’identité publique de Ringo Starr.
À poursuivre dans l’encyclopédie : l’histoire et les tournées du All-Starr Band, les films et clips promotionnels, les grands portraits de Ringo et les pochettes de disques et leurs créateurs.
1989 : le nom de Ringo sert de repère dans une distribution changeante
Le principe du All-Starr Band exige un traitement graphique particulier. Le groupe rassemble des musiciens dont les carrières indépendantes sont susceptibles d’attirer des publics différents, tandis que Ringo reste la figure permanente autour de laquelle la tournée est organisée. Le programme nord-américain de 1989 répond à ce problème par un portrait central, une grande étoile et un lettrage qui donne immédiatement le nom de l’ensemble. La photographie du batteur et les noms des partenaires peuvent ainsi jouer des rôles complémentaires, au lieu de concurrencer une image de groupe impossible à lire de loin.
Le nom de David Fishof dans la présentation commerciale concerne la production du spectacle, non automatiquement la conception du dessin. La différence doit être préservée pour le catalogue. Un même producteur peut travailler avec plusieurs imprimeurs et graphistes au fil des tournées. Les affiches dont l’auteur reste inconnu doivent conserver cette incertitude, même lorsqu’un logo a été largement utilisé. La célébrité de Ringo et la continuité de l’ensemble ne remplacent pas la recherche sur les professionnels de l’image.
Le Japon de 1989 : une tournée présentée avec un partenaire commercial identifiable
Les objets japonais de la première tournée proposent un exemple de modification territoriale. Des programmes et affiches affichent le nom de Pepsi à côté du groupe, tandis que leur mise en page diffère de la présentation nord-américaine. Les dates et les lieux des concerts japonais deviennent des éléments importants du graphisme, parce que l’objet doit informer un public local autant que célébrer les musiciens. La présence d’un sponsor ne constitue pas un simple logo décoratif : elle renseigne sur la façon dont le spectacle est organisé et commercialisé.
Une affiche associée aux concerts des 6, 7 et 8 novembre 1989 peut conserver des signatures apposées ultérieurement par des membres du groupe. L’autographe devient alors une couche historique de l’exemplaire, sans changer nécessairement l’auteur du visuel imprimé. Un poster signé et un poster non signé peuvent appartenir à la même édition. Le catalogue doit donc séparer la référence de l’affiche, l’état de son impression et les interventions manuscrites qui lui donnent une provenance particulière.
Le programme comme objet de souvenir : une photographie de groupe peut vieillir avant la tournée
Les programmes de concert réunissent parfois des portraits réalisés avant les répétitions ou même avant la confirmation définitive de tous les engagements. Cette antériorité explique qu’un document imprimé puisse ne pas représenter exactement une formation présente à une date particulière. Un musicien peut avoir été annoncé mais remplacé, ou une photographie collective peut avoir été prise au lancement d’une tournée puis réutilisée pour plusieurs étapes. Le programme possède donc un calendrier de production distinct de celui des concerts qu’il accompagne.
Pour le All-Starr Band, dont les membres changent régulièrement au fil des décennies, cette question est centrale. La légende d’une photographie doit être vérifiée par rapport à l’état connu de la formation au moment de la prise de vue, puis à celui des concerts concernés. Un programme vendu lors d’une représentation n’atteste pas à lui seul que toutes les personnes photographiées ont joué ce soir-là. La conservation de ces différences aide à reconstruire l’histoire des tournées sans transformer un objet souvenir en preuve absolue de participation musicale.
L’affiche locale et le visuel général : deux métiers commerciaux complémentaires
Une campagne nationale peut proposer une image générique de Ringo et de son groupe, suffisamment souple pour être utilisée sur de nombreuses dates. Les salles de concert et promoteurs locaux ajoutent ensuite une adresse, un horaire, des informations de billetterie et parfois des logos de partenaires propres à leur région. Le résultat peut présenter des dispositions typographiques différentes sans que le portrait source ait été changé. L’affiche locale appartient à cette seconde étape, qui consiste à adapter la communication aux exigences d’un événement précis.
Cette distinction explique pourquoi une image trouvée sur le site d’une salle n’est pas nécessairement une affiche physique mise en vente le soir du concert. Elle peut avoir existé exclusivement comme publication numérique ou comme bannière destinée aux réseaux sociaux. Le catalogue doit donc conserver le type de support attesté et ne pas lui attribuer automatiquement des dimensions de papier. Une annonce de concert annulé peut aussi subsister, alors qu’aucune représentation n’a eu lieu à la date indiquée. Le visuel prouve une campagne, non l’exécution du spectacle.
2018 : L’Olympia comme repère géographique dans une campagne internationale
Le concert annoncé à L’Olympia de Paris pour le 6 juin 2018 appartient à une tournée européenne qui impose d’adapter l’identité du All-Starr Band à des publics et à des salles très différents. Le lieu parisien possède lui-même une valeur culturelle : le nom de L’Olympia suffit à évoquer une tradition de music-hall et de grandes tournées internationales. Sur un visuel local, cette identité peut fonctionner en parallèle de celle de Ringo. L’affiche devient ainsi une rencontre entre une marque de groupe et une marque de salle.
Il faut toutefois éviter de déduire les caractéristiques matérielles d’un poster du seul fait que la date figure dans un communiqué officiel. Une mise en page destinée à la billetterie peut n’avoir jamais été imprimée en grand format. Les programmes, billets et annonces numériques doivent être recensés comme objets distincts. La comparaison entre exemplaires permet de reconstituer la présentation publique du concert, sans créer artificiellement une série de posters originaux à partir de toutes les variantes de bannières disponibles en ligne.
2025–2026 : la stabilité d’une formation ne supprime pas l’évolution de ses portraits
Les campagnes récentes du All-Starr Band s’appuient sur une formation dont plusieurs musiciens demeurent présents pendant plusieurs saisons. Cette stabilité facilite le réemploi de photographies de groupe, mais augmente aussi le risque de diffuser une image qui ne correspond plus à la date exacte d’un concert. Les portraits officiels peuvent conserver leur utilité pour annoncer le groupe, tandis que les photographies de représentation documentent une soirée précise. Les deux familles d’images se complètent sans avoir le même statut.
Dans une chronologie encyclopédique, il faut distinguer annonce de tournée, photographie promotionnelle, concert effectivement joué et publication rétrospective. La date d’une annonce de 2024 peut concerner des représentations de 2025 ; un visuel publié en juillet 2026 peut promouvoir une série d’automne encore à venir au moment de sa diffusion. Une photographie de plateau réalisée pendant la tournée précédente ne devient pas un document du spectacle annoncé. L’attribution et les dates de prise de vue doivent suivre les images plutôt que le calendrier commercial.
Du programme à Ringo Rocks : un livre transforme les souvenirs de scène en récit photographique
Le livre Ringo Rocks consacré aux trente premières années du All-Starr Band rassemble des images associées à Henry Diltz et Jill Jarrett. Cette publication ne se contente pas de reproduire les pochettes des programmes de tournée. Elle construit une mémoire longue d’un ensemble musical, à partir de photographies et de commentaires qui traversent plusieurs formations. Un portrait de 1989 peut se retrouver à côté d’une image beaucoup plus récente, donnant au lecteur une impression de continuité que les objets de promotion de chaque saison ne pouvaient produire seuls.
Cette démarche doit cependant être distinguée du catalogue des affiches. Le livre possède ses éditions et ses exemplaires signés ; les photographies y sont sélectionnées et mises en page dans un récit rétrospectif. Une image imprimée dans Ringo Rocks n’est pas automatiquement une photographie provenant d’un programme vendu à l’époque du concert représenté. Pour prolonger l’étude, la page renvoie à l’histoire des objets du GRAMMY Museum et à celle des photographes de Ringo, afin de distinguer image promotionnelle, souvenir édité et photographie documentaire.
L’affiche du All-Starr Band : raconter une formation qui change sans perdre son nom
Les affiches du All-Starr Band présentent une difficulté propre à la carrière de Ringo Starr après 1989 : le nom principal demeure stable alors que la liste des musiciens et les chansons associées au spectacle évoluent. Le visuel d’une tournée doit convaincre le public qu’il retrouvera Ringo, tout en valorisant des artistes possédant chacun leur histoire, leurs succès et parfois leur propre public. Il s’agit donc moins de représenter un groupe au sens classique que d’organiser graphiquement une réunion d’individualités. La typographie, la taille des portraits et l’ordre des noms deviennent des choix éditoriaux qui peuvent influencer la lecture de la distribution.
L’absence d’un musicien sur une affiche ne démontre pas nécessairement son absence lors de tous les concerts de la tournée. Un support peut avoir été imprimé avant un remplacement, être destiné à un marché local ou n’utiliser qu’une présentation simplifiée. À l’inverse, une photographie d’ensemble peut avoir été réemployée longtemps après la période où elle fut prise. Un catalogue sérieux doit donc dater les affiches lorsqu’une date de production est connue et les confronter aux distributions effectivement documentées de chaque concert, plutôt qu’aux seules listes génériques de la tournée.
La différence entre programme officiel et affiche d’organisateur
Le programme vendu en salle et l’affiche annonçant un spectacle répondent à des contraintes différentes. Le programme peut contenir des notices biographiques, des photographies individuelles, des crédits, de la publicité et des textes de présentation ; il est destiné à être conservé après le spectacle. L’affiche locale doit surtout communiquer une date, une salle et des noms susceptibles d’attirer le public. Elle peut reprendre une charte de tournée tout en ajoutant les coordonnées et obligations du promoteur. Confondre ces deux familles d’objets ferait disparaître une partie de la chaîne professionnelle qui produit l’image publique du groupe.
Les variantes nationales ajoutent encore des difficultés de classement. Les alphabets, logos des promoteurs, mentions de billetterie, partenaires et obligations légales peuvent changer d’un pays à l’autre. Une affiche britannique et une affiche japonaise reposant sur le même portrait de Ringo ne sont pas nécessairement le même imprimé. Elles peuvent en revanche partager un modèle graphique commun. L’encyclopédie gagnerait à distinguer la création de la maquette d’origine et chacune de ses adaptations territoriales, avec un champ de provenance et de datation propre.
Du souvenir de tournée au document pour les historiens
Une photographie vendue dans un programme n’est pas toujours une photographie prise pendant la tournée dont le programme porte le titre. Les séances promotionnelles peuvent précéder les répétitions ou réunir les musiciens dans une configuration destinée exclusivement aux médias. Il faut donc garder séparés le lieu et la date de la prise de vue, ceux de la tournée annoncée et l’année de publication de l’imprimé. Un programme de 2018 peut parfaitement contenir un portrait réalisé lors d’une séance antérieure. Cette précision est indispensable lorsqu’on veut utiliser les brochures pour reconstruire l’histoire des formations successives.
La valeur patrimoniale de ces supports dépasse la nostalgie du concert. Ils révèlent l’importance attribuée aux différents invités, le langage graphique du rock de tournée, la présence de sponsors et la circulation internationale d’une identité artistique. Les listes de membres, affiches, brochures et photographies peuvent également servir de contrôles croisés pour les notices de concerts. Le dossier All-Starr Band fournit le contexte musical, tandis que cette étude demeure centrée sur les objets et leur fabrication visuelle.
La tournée européenne de 2018 : une affiche générale, des lieux précis et sept identités scéniques
La tournée européenne annoncée le 29 novembre 2017 pour l’été 2018 permet d’observer comment le nom « Ringo Starr & His All-Starr Band » rassemble des musiciens dont les carrières et les publics ne sont pas identiques. La formation présentée autour de Starr réunit Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham, Gregg Bissonette, Colin Hay et Graham Gouldman. Une affiche peut utiliser ces sept noms comme argument musical, mais elle doit aussi respecter une hiérarchie de lecture : Ringo sert de point d’identification principal, tandis que les six autres artistes assurent la variété des répertoires et des parcours.
Cette distribution est importante parce qu’elle ne correspond pas à toutes les époques du All-Starr Band. Un visuel de 2018 utilisant Graham Gouldman ne peut pas être placé sans réserve sur une tournée antérieure où il n’était pas membre. De même, l’absence de Colin Hay sur une photographie plus ancienne ne prouve pas une erreur du catalogue : la formation a changé. Il faut donc identifier la date et la destination de l’image avant d’attribuer les personnes représentées à une période. Un portrait de groupe destiné à la promotion peut avoir été pris avant la première date du spectacle, puis réutilisé pendant plusieurs mois.
6 juin à l’Olympia, 4 juillet à la Rockhal : une même tournée, deux objets publicitaires
Le parcours annoncé comprend l’Olympia de Paris le 6 juin 2018 et la Rockhal d’Esch-sur-Alzette le 4 juillet, entre de nombreuses autres étapes européennes. Une affiche conçue pour Paris et un support local destiné à la Rockhal peuvent partager une photographie de presse ou une identité typographique, tout en comportant des promoteurs, logos, lieux et informations de billetterie différents. Ces variantes doivent être inventoriées comme documents propres à chaque concert, plutôt que comme deux copies indifférenciées d’une affiche mondiale.
Le calendrier lui-même peut être modifié entre l’annonce initiale et la réalisation des concerts. Un document daté de novembre 2017 n’établit donc pas, à lui seul, que tous les spectacles annoncés se sont déroulés exactement comme prévu. Le catalogue des tournées devra confronter la publicité à la billetterie, aux programmes et aux attestations de chaque représentation. Cette prudence permet aussi d’éviter de dater une photographie de scène à partir d’un visuel qui ne servait qu’à annoncer l’événement.
Portraits des invités et paroles des chansons : deux choix éditoriaux
Le programme vendu en salle peut présenter les succès individuels de Graham Gouldman, Steve Lukather, Colin Hay ou Gregg Rolie, alors qu’une affiche abrégée n’en donne que les noms. Cette différence fait du programme un objet de transmission musicale et du poster un outil d’annonce. Le même musicien peut y apparaître avec une photographie produite à des moments différents de sa carrière. Il faut donc conserver l’auteur et la date de ces images lorsque cela est possible, sans prétendre qu’elles proviennent toutes de la répétition du All-Starr Band.
L’étude de cette tournée montre la nécessité d’une documentation à trois niveaux : charte graphique de l’ensemble, déclinaisons locales et archives effectivement produites pendant les concerts. Ces trois corpus se répondent, mais leur fusion ferait perdre de précieuses informations sur les professionnels de l’image et la géographie de la tournée.
Ce sujet est également relié à la chronologie des arts visuels et de leurs éditions, pour poursuivre les vérifications d’attribution et de publication.
Le nom All-Starr Band face aux changements de musiciens : une identité de tournée à renouveler
Depuis sa naissance en 1989, le All-Starr Band fonctionne autour d’un principe particulier : Ringo Starr demeure la figure stable d’un ensemble dont les musiciens invités possèdent chacun une histoire artistique autonome. Cette organisation rend l’identité visuelle des tournées plus complexe que celle d’un groupe à formation permanente. Une affiche générale doit annoncer la présence de Ringo tout en permettant d’identifier les artistes invités ; un programme vendu au concert peut comporter des biographies et photographies dont la validité dépend de la composition effective de la formation. Le chercheur ne peut donc pas dater un document uniquement à partir du nom All-Starr Band, qui traverse plusieurs décennies. Il doit confronter les noms imprimés aux périodes de participation, vérifier les variantes de tournée et, lorsque c’est possible, relever les éditions locales dont la présentation a pu diverger de la campagne générale. Le visuel officiel est alors une archive de programmation autant qu’un objet de graphisme.
Une photographie de groupe n’est pas la preuve de chaque concert
La présence d’un musicien sur une photographie promotionnelle ne démontre pas qu’il a participé à toutes les représentations de la tournée. Une séance de presse peut précéder un remplacement, une indisponibilité ou une réorganisation de dernière minute. Cette différence doit être particulièrement surveillée dans les dossiers de concerts, où la liste de la formation réelle et la set-list documentée reposent sur des preuves datées propres à chaque soirée. Une affiche demeure néanmoins un témoignage important sur la promesse faite au public et sur la façon dont l’ensemble se présentait lors de la mise en vente des billets. Plutôt que de corriger silencieusement un ancien visuel pour refléter l’effectif finalement présent, l’encyclopédie doit conserver l’état imprimé et expliquer, s’il est établi, la différence entre annonce et réalité. Les deux documents décrivent des moments différents de l’histoire d’une tournée.
Paris et Esch-sur-Alzette en 2018 : deux versions locales d’une même campagne
La tournée européenne de 2018 offre un cas d’étude commode : la date du 6 juin à l’Olympia de Paris et celle du 4 juillet à la Rockhal, à Esch-sur-Alzette, appartiennent à une même saison internationale, mais les affiches locales peuvent employer des textes, des noms d’organisateurs, des formats et des informations de billetterie distincts. Une image reprenant le portrait de Ringo ou la liste de la formation ne doit donc pas être cataloguée deux fois comme création intégralement nouvelle sans comparaison matérielle. À l’inverse, les différences de typographie, d’adresse, de langue ou de partenaire commercial méritent d’être conservées comme variantes de circulation. Un collectionneur pourrait réunir deux affiches portant la même photographie centrale ; l’historien y verrait deux événements publicitaires localisés. Le catalogue doit prévoir un niveau pour la campagne générale et un autre pour l’exemplaire spécifique à un lieu et à une date.
Le programme de tournée : un document éditorial dont les photographies ont leur propre passé
Le programme vendu lors d’un concert ne reproduit pas forcément des clichés pris pendant la tournée en cours. Un portrait peut provenir d’une séance antérieure ; une photographie de musicien peut être réutilisée dans plusieurs brochures successives. Il faut donc distinguer l’année de l’édition et celle de l’image source lorsqu’elle est connue. La reproduction imprimée possède une fonction propre : présenter les interprètes, raconter leurs carrières et prolonger l’expérience du spectateur par un souvenir matériel. En l’absence de crédits photographiques détaillés, mieux vaut signaler l’attribution ouverte que donner à Starr la paternité de tous les portraits de son groupe. Ce chapitre relève ainsi de l’histoire des arts visuels, sans absorber le travail de la concertographie et des biographies du All-Starr Band. Le maillage entre les deux espaces est utile précisément parce qu’une affiche répond à la question « comment la tournée a-t-elle été annoncée ? » et une fiche de concert à la question « que s’est-il réellement passé ce soir-là ? ».












