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(Prochainement disponible)
Écrit par : Bruce Sugar, Richard Starkey
Enregistré : 2020
Producteurs : Ringo Starr, Bruce Sugar
Sortie : 19 mars 2021
Disponible sur :
Zoom In EP
Ringo Starr : chant, batterie
Tony Chen : guitare
Nathan East : basse
Ed Roth : orgue Hammond
Bruce Sugar : claviers
Zelma Davis : chœurs
« Waiting For The Tide To Turn », que l’on peut traduire naturellement par « En attendant que le vent tourne » ou, plus littéralement, « En attendant que la marée s’inverse », est la quatrième chanson de l’EP Zoom In de Ringo Starr, paru en 2021.
La chanson a été écrite par Ringo Starr, sous son véritable nom Richard Starkey, et Bruce Sugar, son collaborateur de longue date.
Avec « Waiting For The Tide To Turn », Ringo s’éloigne nettement de son univers habituel pour adopter des rythmes reggae. Il chante notamment :
« Il suffit de mettre un peu de reggae et la journée sera meilleure. Toots, Bob Marley, roots rock reggae. »
La référence à Toots et Bob Marley inscrit très clairement le morceau dans la tradition jamaïcaine revendiquée par Ringo.
Le titre possède une dimension métaphorique particulièrement forte.
Littéralement, « waiting for the tide to turn » signifie attendre que la marée change de sens.
Mais en anglais, l’expression peut aussi désigner le fait d’attendre que la situation s’améliore, que les circonstances deviennent enfin plus favorables.
En français, « En attendant que le vent tourne » est donc probablement la traduction idiomatique la plus naturelle, même si elle remplace l’image maritime de la marée par celle du vent.
« En attendant que la marée s’inverse » reste plus fidèle aux mots eux-mêmes, mais paraît plus rigide.
Dans le contexte de 2020, cette idée prenait évidemment un sens très particulier.
Zoom In a été enregistré pendant la pandémie de Covid-19.
Le monde entier vivait alors dans l’attente.
Attente de la fin des confinements.
Attente de la reprise des concerts.
Attente de retrouver les proches.
Attente d’un retour à une forme de normalité.
« Waiting For The Tide To Turn » correspond parfaitement à cet état d’esprit.
Le titre exprime la patience nécessaire lorsqu’on ne peut pas agir immédiatement sur les événements.
On attend simplement que la situation change.
Mais Ringo Starr ne transforme pas cette attente en plainte.
Il propose une solution très simple :
écouter du reggae.
La phrase :
« Il suffit de mettre un peu de reggae et la journée sera meilleure »
résume parfaitement l’esprit du morceau.
La musique devient une manière de traverser les difficultés.
Ce n’est évidemment pas une solution politique ou médicale à la crise sanitaire.
C’est une réponse émotionnelle.
Quand on ne peut rien changer immédiatement, on peut encore écouter de la musique.
« Waiting For The Tide To Turn » se distingue par son orientation reggae.
Ringo Starr a exploré de nombreux styles au cours de sa carrière solo, mais le reggae ne constitue pas l’un de ses territoires les plus habituels.
Cette incursion apporte donc une véritable fraîcheur à Zoom In.
Le morceau ne cherche pas nécessairement à proposer un reggae traditionnel parfaitement orthodoxe.
Il adopte plutôt les principaux codes rythmiques du genre et les adapte à l’univers de Ringo.
La citation de Toots et Bob Marley est particulièrement explicite.
Lorsque Ringo chante :
« Toots, Bob Marley, roots rock reggae »
il ne laisse aucun doute sur ses références.
Toots Hibbert, figure centrale de Toots and the Maytals, appartient aux grands pionniers du reggae jamaïcain.
Bob Marley est évidemment la figure internationale la plus célèbre du genre.
L’expression « roots rock reggae » renvoie quant à elle directement au reggae roots, style qui s’imposa particulièrement durant les années 1970.
Ces références montrent que Ringo ne cherche pas à s’approprier discrètement une couleur reggae.
Il annonce clairement ses influences.
Cette franchise donne au morceau un caractère d’hommage.
Ringo Starr dit en substance : voilà la musique qui peut améliorer une mauvaise journée.
Et il cite ceux qui incarnent cette musique.
Le choix du reggae n’est pas anodin.
Dans l’imaginaire populaire, le genre est souvent associé à une certaine chaleur, à la détente, mais aussi à des messages de paix, de résistance et de fraternité.
Ces valeurs correspondent assez naturellement à la philosophie publique de Ringo Starr.
« Peace and love » n’est finalement pas très éloigné de certains grands thèmes du reggae roots.
Le rapprochement possède donc une vraie cohérence.
Ringo participe directement à l’écriture avec Bruce Sugar.
Cela donne à « Waiting For The Tide To Turn » une dimension plus personnelle que si la chanson lui avait simplement été proposée par un auteur extérieur.
Le choix du reggae, le message positif et les références citées semblent donc appartenir pleinement à son univers.
Cette participation à l’écriture explique aussi pourquoi la chanson paraît si naturellement correspondre à son attitude publique.
Bruce Sugar partage l’écriture et la production avec Ringo Starr.
Sa présence est importante dans toute la carrière récente de Ringo.
Il participe à de nombreux albums, sessions et compositions.
Leur collaboration repose sur une grande familiarité de travail.
Cette confiance permet probablement d’explorer des styles un peu plus inhabituels, comme le reggae ici.
Dans le reggae, la basse et la batterie occupent une place fondamentale.
Nathan East joue de la basse.
Ringo Starr tient la batterie.
Leur interaction constitue donc naturellement l’un des éléments essentiels du morceau.
Le reggae repose souvent davantage sur le groove que sur la virtuosité individuelle.
Cette philosophie correspond particulièrement bien au jeu de Ringo.
Ringo est rarement présenté comme un batteur démonstratif.
Sa grande force a toujours été ailleurs.
Le placement.
Le feeling.
La capacité à construire un groove immédiatement identifiable.
Ces qualités sont particulièrement importantes dans le reggae.
Le style exige de la précision, de l’espace et une excellente compréhension du rythme.
« Waiting For The Tide To Turn » permet donc à Ringo d’explorer un autre langage rythmique tout en utilisant ses qualités naturelles de batteur.
Nathan East apporte une solide assise au morceau.
Son expérience immense comme bassiste de studio lui permet de s’adapter facilement à différents genres.
Dans une chanson reggae, la basse doit souvent occuper davantage d’espace que dans le rock traditionnel.
Elle devient presque mélodique.
La combinaison East-Starr fournit donc une base particulièrement intéressante.
Tony Chen assure la guitare.
Dans le reggae, la guitare possède généralement une fonction très spécifique : elle accentue les contretemps et contribue à la pulsation.
Cette approche diffère profondément de la guitare rock fondée sur les riffs lourds ou les solos.
Sa présence aide donc à installer immédiatement la couleur jamaïcaine du morceau.
Ed Roth joue de l’orgue Hammond.
Cet instrument apporte une profondeur chaleureuse particulièrement adaptée au reggae.
Les claviers ont toujours joué un rôle important dans l’évolution du ska, du rocksteady et du reggae.
L’orgue permet ici d’épaissir l’harmonie sans rendre l’arrangement trop dense.
Bruce Sugar complète la texture avec ses propres claviers.
La superposition de l’orgue Hammond et des autres sonorités permet de construire un environnement plus riche.
Mais l’élément central reste le rythme.
Comme souvent dans le reggae, tout doit servir le groove.
Zelma Davis intervient aux chœurs.
Sa voix apporte une dimension plus collective au morceau.
Cette présence convient particulièrement bien à un titre dont le message se veut positif et rassembleur.
Le reggae s’appuie souvent sur les réponses vocales, les harmonies et les refrains communautaires.
Au-delà du style musical, « Waiting For The Tide To Turn » parle essentiellement de patience.
Il existe des moments où l’on ne peut pas forcer les événements.
Il faut attendre.
Cette idée était évidemment centrale en 2020.
Personne ne pouvait décider individuellement de mettre fin à la pandémie.
Il fallait traverser la période.
Attendre que les circonstances changent.
L’image de la marée est particulièrement bien choisie.
La marée change forcément.
Elle monte.
Elle descend.
Aucune marée ne reste éternellement dans le même état.
Cette image contient donc déjà une forme d’espoir.
Si la situation est mauvaise aujourd’hui, elle finira par évoluer.
Il suffit parfois d’attendre.
En français, l’expression « attendre que le vent tourne » transmet très bien cette idée.
Elle signifie attendre qu’une situation devienne plus favorable.
C’est probablement la meilleure traduction idiomatique du titre.
Cependant, l’image originale de la marée reste intéressante parce qu’elle implique un mouvement naturel et inévitable.
La marée changera.
La question est seulement de savoir quand.
Cette patience optimiste correspond parfaitement à Ringo Starr.
Il ne prétend pas contrôler le monde.
Il rappelle simplement que les périodes difficiles passent.
En attendant, on peut écouter de la musique.
Cette manière d’aborder les problèmes est typiquement ringuienne.
Simple.
Pragmatique.
Positive.
Les chansons de Zoom In commencent à former un ensemble cohérent.
« Here’s To The Nights » imagine les retrouvailles.
« Zoom In Zoom Out » invite à changer de perspective.
« Teach Me To Tango » rêve de danse et d’évasion.
« Waiting For The Tide To Turn » accepte l’attente tout en cherchant à garder le moral.
L’EP devient ainsi une sorte de réponse musicale au confinement.
Le message de la chanson peut presque se résumer ainsi :
si vous ne pouvez pas changer la situation, changez au moins la bande-son.
Mettez du reggae.
Écoutez Toots.
Écoutez Bob Marley.
Respirez.
Attendez que la marée tourne.
Cette approche peut paraître très simple.
Mais en pleine pandémie, cette simplicité possédait une vraie valeur.
À première vue, les Beatles et Bob Marley appartiennent à deux histoires différentes.
Mais plusieurs points de contact existent.
Tous ont utilisé la musique populaire pour toucher un public mondial.
Tous ont défendu, à leur manière, des messages de paix et de fraternité.
Tous ont aussi profondément influencé les générations suivantes.
Lorsque Ringo cite Marley, il ne fait donc pas seulement référence à un style rythmique.
Il évoque aussi une certaine manière de penser la musique.
La mention de Toots est tout aussi importante.
Toots Hibbert représente une forme particulièrement énergique et chaleureuse du reggae.
Son chant puissant, proche de la soul, a contribué à donner au genre une dimension universelle.
Ringo le cite comme un remède musical.
C’est un hommage simple mais très clair.
« Waiting For The Tide To Turn » ne prétend pas être une grande chanson politique sur la pandémie.
Ce n’est pas son objectif.
Elle préfère une approche plus modeste.
Comment garder le moral ?
Comment traverser une mauvaise période ?
Comment attendre sans sombrer dans la morosité ?
La réponse de Ringo tient en quelques mots :
mettez du reggae.
Le morceau possède aussi un intérêt discographique.
Il montre que Ringo Starr, à 80 ans, continue à expérimenter avec des styles différents.
Il aurait pu se contenter de reproduire indéfiniment le même son rock.
Il choisit au contraire ici le reggae.
Cette curiosité contribue à rendre sa carrière tardive plus intéressante qu’une simple exploitation du passé.
Par son groove, ses références et son langage, « Waiting For The Tide To Turn » constitue clairement l’incursion reggae de l’EP.
Cette singularité lui donne une place particulière dans l’ensemble.
Elle apporte une nouvelle couleur tout en conservant le message général de Zoom In.
Rester positif.
Rester connecté.
Continuer à avancer.
Ringo Starr n’a jamais été un artiste particulièrement attiré par les grands discours conceptuels.
Même lorsqu’il parle de paix, il préfère deux mots.
« Peace and love ».
Ici, il utilise une image tout aussi simple.
La marée finira par tourner.
C’est tout.
Et cela suffit.
La force de la chanson réside finalement dans son attitude.
Elle ne nie pas la difficulté du moment.
Elle ne promet pas que tout changera immédiatement.
Elle dit simplement qu’il faut parfois attendre.
Et pendant cette attente, il reste la musique.
Pour Ringo Starr, la solution est évidente :
un peu de reggae.
Toots.
Bob Marley.
Un bon groove.
Et la conviction que, tôt ou tard, la marée finira par tourner.
(I’ve been waiting, and I’ve been waiting) La boutique Yellow-Sub Prolongez la découverte de Ringo Starr avec les articles de la boutique Yellow-Sub.
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