Filmographie de Ringo Starr · Court métrage · 1982
The Cooler (1982) : Ringo Starr et Paul McCartney dans un film de Godley & Creme
En 1982, Ringo Starr tient le rôle principal de The Cooler, court métrage musical imaginé par Paul McCartney et réalisé par Godley et Creme. Il y joue un prisonnier qui s’évade dans ses rêves, face à Barbara Bach, tandis que Paul et Linda McCartney apparaissent sous plusieurs costumes. Cette étude retrace le tournage londonien, les onze minutes de fiction, la présentation à Cannes et les trois chansons de Stop and Smell the Roses : Private Property, Sure to Fall et Attention.
Fiche technique de The Cooler (1982)
Genre : court métrage promotionnel musical de science-fiction et comédie. Durée : environ 11 minutes. Réalisation : Kevin Godley et Lol Creme. Conception : Paul McCartney. Production : MPL Communications. Tournage : 13–18 janvier 1982, Londres, d’après les archives consacrées à Paul McCartney. Présentation : Festival de Cannes, mai 1982. Ringo Starr : personnage central, un prisonnier coutumier des évasions. Barbara Bach : commandante du camp. Paul McCartney : prisonnier, père cow-boy et contrebassiste. Linda McCartney : gardienne. Chansons : Private Property, Sure to Fall, Attention, extraites de Stop and Smell the Roses (1981). À ne pas confondre : film promotionnel de 1982 et album studio de 1981.
The Cooler : un court métrage oublié au cœur de l’année 1982
L’une des lacunes les plus étonnantes dans les filmographies abrégées de Ringo Starr concerne The Cooler. Ce court métrage musical d’environ onze minutes réunit en effet deux anciens Beatles, Ringo et Paul McCartney, avec leurs épouses Barbara Bach et Linda McCartney. Réalisé par Kevin Godley et Lol Creme, le film ne se limite pas à illustrer une chanson : il construit une petite fiction qui relie trois morceaux de l’album Stop and Smell the Roses. Cette forme hybride, entre vidéo promotionnelle, comédie musicale et fantastique, explique peut-être pourquoi le titre reste moins présent dans les histoires générales du cinéma des Beatles.
Le film est tourné à Londres en janvier 1982 et présenté en mai de la même année au Festival de Cannes, dans le cadre des courts métrages. L’écart entre sa brièveté et le prestige de ses participants est saisissant. Ringo tient le rôle central d’un prisonnier rêveur, Paul apparaît sous plusieurs déguisements et Barbara incarne la responsable du camp. Cette participation possède une ampleur bien supérieure à un caméo fugitif : c’est un véritable petit film construit pour lui.
Une production MPL plutôt qu’un film Apple traditionnel
The Cooler est produit par MPL Communications, la société de Paul McCartney. Les documents promotionnels d’époque permettent de distinguer le financement et la fabrication du court métrage des activités habituelles d’Apple Films. Paul est à l’origine de l’idée, tandis que Kevin Godley et Lol Creme en assurent la réalisation. Les deux cinéastes, anciens membres du groupe 10cc, développeront une approche très inventive du film musical, attentive à la transformation des corps, aux effets visuels et aux ruptures de ton.
Cette organisation rappelle la proximité professionnelle conservée par Paul et Ringo après la séparation des Beatles. Il ne s’agit cependant ni d’une reformation du groupe ni d’un long métrage signé conjointement par les quatre anciens membres. Le projet vise un album solo de Ringo et réunit quelques proches autour d’une idée visuelle conçue avec Paul.
Janvier 1982 : un tournage londonien aux dates à retenir
Les archives de production recueillies par The Paul McCartney Project situent le tournage entre le 13 et le 18 janvier 1982, dans les studios Ewart de Wandsworth, au sud-ouest de Londres. Certaines notices rétrospectives citent 1981, mais cette date paraît confondre l’année de parution de l’album Stop and Smell the Roses avec celle de la fabrication de la vidéo. L’indication de janvier 1982 est cohérente avec les calendriers de travail de McCartney et avec les annonces publiées dans son bulletin Club Sandwich.
Le décor d’une prison imaginaire et les divers costumes exigent plusieurs scènes distinctes, bien que le résultat final dure à peine onze minutes. L’équipe doit filmer une fiction cohérente et trois séquences musicales aux univers visuels différents. L’importance de la préparation apparaît lorsqu’on compare ce programme avec une vidéo promotionnelle traditionnelle réalisée en une seule journée autour d’un chanteur et de son groupe.
Ringo prisonnier : le scénario d’un enfermement fantaisiste
Ringo joue un détenu connu pour tenter régulièrement de s’évader. Lorsqu’il est rattrapé, les gardiennes l’enferment dans un espace de punition nommé « the cooler ». La cellule devient le point de départ de ses hallucinations, de ses rêves et de ses tentatives imaginaires de sortie. Le spectateur est invité à passer sans transition réaliste d’un univers carcéral inquiétant à des scènes comiques ou romantiques.
Cette trame permet aux réalisateurs de réunir des chansons très différentes sans multiplier les explications. Chaque morceau est l’occasion d’un nouveau rêve, et l’humour naît de l’instabilité de la situation. Ringo n’est pas présenté comme le narrateur d’un documentaire sur la prison : il interprète un personnage fictif, dont les réactions physiques font progresser le film.
Barbara Bach : la commandante du camp
Barbara Bach, que Ringo a épousée en avril 1981, joue une responsable autoritaire du camp. Son personnage domine l’univers pénitentiaire où le détenu est enfermé, tout en occupant une place centrale dans ses fantasmes. Cette distribution permet au couple de retrouver une expérience de tournage partagée après Caveman, film sur lequel leur relation avait commencé.
Le court métrage utilise la notoriété des deux interprètes sans raconter leur vie conjugale. Il serait inexact de présenter la commandante comme Barbara Bach elle-même ou comme un personnage de fiction autobiographique. Le contraste entre l’autorité affichée de la gardienne et la personnalité comique de Ringo appartient au registre de la fantaisie scénarisée.
Paul McCartney : trois apparitions, trois identités
Paul McCartney ne se contente pas d’une brève silhouette. Les documents de production lui attribuent trois personnages : un prisonnier, le père cow-boy de Ringo et le contrebassiste d’un ensemble de musique country. Le plaisir du déguisement appartient pleinement à la logique des réalisateurs, qui jouent avec l’identité publique d’un artiste habituellement associé à la chanson et à la basse électrique.
Cette pluralité de rôles est un élément important pour le classement du film dans la carrière de Paul aussi bien que dans celle de Ringo. Il ne s’agit pas d’un duo musical filmé sur scène, mais d’une fiction courte où les deux anciens Beatles deviennent des comédiens. La participation de Linda McCartney, elle aussi présente à l’écran, renforce le caractère familial de l’entreprise sans en faire un simple film de vacances privé.
Private Property : le premier volet musical
Private Property est l’une des chansons écrites par Paul McCartney pour Ringo et enregistrées dans le cadre de Stop and Smell the Roses. Le film l’utilise comme première étape de l’imaginaire du prisonnier. Sa présence dans l’œuvre audiovisuelle ne crée pas un nouveau titre de discographie : la chanson existe déjà sur disque, et le court métrage en propose une mise en images.
Il importe de distinguer le master de studio, le single commercialisé au début de 1982 et le montage sonore adapté à la vidéo. La version filmée peut comporter des raccords et des séquences de fiction qui modifient le minutage du morceau. La fiche Private Property et la notice du single de Ringo permettent au lecteur de poursuivre l’enquête sans confondre ces objets.
Sure to Fall : le rêve western et le contrebassiste
La deuxième chanson est Sure to Fall (In Love with You), associée à Carl Perkins et à la tradition rockabilly des années 1950. Ringo l’aborde dans une esthétique familière à ses goûts musicaux, tournée vers le rock américain qui a nourri les débuts des Beatles. Dans The Cooler, elle accompagne une fantaisie western où Paul McCartney apparaît notamment comme contrebassiste.
Ce passage modifie radicalement la texture du film. La cellule et l’autorité des gardiennes cèdent la place à un imaginaire de cinéma et de chanson. Le recours au western rappelle que les Beatles et leurs proches ont souvent emprunté aux codes populaires des films américains pour construire des gags, des costumes ou des situations musicales. Cette séquence ne transforme pas Paul en musicien attitré d’une tournée de Ringo : c’est un rôle joué dans une fiction.
Attention : la troisième chanson et l’espoir d’évasion
Le troisième titre est Attention, autre composition offerte par Paul à Ringo. La séquence accompagne de nouvelles tentatives et fantaisies du personnage enfermé. L’enchaînement des trois morceaux donne au film une structure proche d’une suite de clips autonomes, mais la situation carcérale et le même protagoniste assurent l’unité de l’ensemble.
La présence de deux chansons écrites par Paul explique l’implication active de ce dernier. Il ne se contente pas de prêter son nom à une production promotionnelle : il contribue au répertoire musical et apparaît devant la caméra. Pourtant, le disque et le film possèdent des fonctions différentes. Le premier donne à entendre les morceaux ; le second les transforme en séquences d’une comédie fantastique.
Stop and Smell the Roses : l’album de 1981 au centre du dispositif
Le huitième album studio de Ringo, Stop and Smell the Roses, paraît en 1981. Il rassemble des contributions de plusieurs amis célèbres, notamment Paul McCartney, George Harrison, Harry Nilsson, Ronnie Wood et Stephen Stills. Son histoire s’inscrit dans une période difficile pour la carrière commerciale du batteur, dont les disques ne rencontrent plus systématiquement l’accueil de ses premiers succès solo.
Le film de 1982 constitue une tentative ambitieuse pour attirer l’attention sur ce répertoire. Il ne présente cependant que trois chansons et ne peut être décrit comme une adaptation de l’intégralité de l’album. Le lecteur trouvera les références de pressages, les crédits et la chronologie discographique dans la fiche de Stop and Smell the Roses. La fonction de la présente notice est de documenter la production audiovisuelle liée à sa promotion.
Godley et Creme : du pop art au clip narratif
Kevin Godley et Lol Creme possèdent une connaissance approfondie du studio musical et de ses possibilités visuelles. Leur formation au sein de 10cc les prépare à travailler avec les techniques de l’enregistrement et du montage. Pour The Cooler, ils utilisent la logique du rêve afin de rendre crédibles des changements brusques d’espace, de costume et d’époque.
L’intérêt du film tient au fait qu’il annonce une manière de concevoir le clip comme une œuvre autonome. Les chansons ne sont plus seulement mimées sur un plateau : elles ouvrent des fragments d’histoire. Cette approche préfigure plusieurs expériences visuelles pour lesquelles le duo sera reconnu au cours des années 1980, même s’il faut éviter de réduire leur parcours à une seule réalisation pour Ringo.
Cannes 1982 : une présentation remarquée pour onze minutes de cinéma
Le film est présenté dans le cadre du Festival de Cannes en mai 1982, avec une date du 24 mai régulièrement mentionnée dans les rétrospectives. Des documents contemporains le décrivent comme une participation britannique à la compétition des courts métrages. Il convient de distinguer cette sélection d’un prix : rien ne permet de transformer la présence à Cannes en Palme d’or remportée par le film.
La couverture publiée dans le magazine Time au début de juin 1982 confirme l’existence du court métrage, ses principaux interprètes, sa durée d’environ onze minutes et sa mise en scène d’une prison futuriste. L’article indique également combien Paul a pris plaisir à se déguiser. Cette source contemporaine constitue un repère précieux pour échapper aux chronologies reconstruites plusieurs décennies plus tard.
The Cooler et Give My Regards to Broad Street : deux retrouvailles à distinguer
Deux ans après The Cooler, Paul et Ringo se retrouvent au cinéma dans Give My Regards to Broad Street. Le rapprochement est tentant : on y voit une nouvelle collaboration entre les anciens Beatles, où les chansons et la fiction se mêlent. Mais les projets ne sont ni de même durée ni de même nature.
The Cooler est un court métrage de promotion articulé autour de trois chansons de Ringo ; Give My Regards to Broad Street est un long métrage de 1984 centré sur Paul McCartney. Les réalisateurs, les scénarios et les objectifs commerciaux sont distincts. La création de deux fiches séparées évite de confondre les costumes de Paul en 1982 avec son rôle dans le film plus tardif.
La rencontre avec Barbara Bach : un autre visage de Ringo acteur
La participation de Barbara et de Ringo dans The Cooler rappelle la place de la fiction dans leur collaboration professionnelle. Le couple partage l’écran dans des univers très différents, de la comédie préhistorique à la fantaisie musicale. Cette variété ne doit pas être réduite à un simple argument promotionnel : chaque film possède ses propres équipes et ses choix artistiques.
Pour une chronologie de Ringo, le court métrage se situe immédiatement après Caveman (1981), et avant la mini-série Princess Daisy (1983). Cette position explique pourquoi sa carrière audiovisuelle reste active au début des années 1980, même lorsque la critique évoque surtout les résultats commerciaux de ses albums.
Les éditions et les conditions de conservation
Le film a été conçu pour la promotion et la projection dans un contexte où la vidéocassette et les émissions musicales deviennent des moyens importants de diffusion. Mais son existence dans un catalogue ne suffit pas à prouver qu’il a bénéficié d’une édition domestique commerciale identique dans tous les pays. Les copies, les compilations de clips et les présentations d’archives doivent être vérifiées à partir des supports.
La bonne méthode consiste à relever le titre original, l’année, la durée, le réalisateur, la société de production, les trois chansons, le générique des acteurs et la nature de chaque publication. Cette démarche permettra un jour d’identifier les références de VHS ou de disques précis sans transformer des montages de collectionneurs en éditions officielles.
Pourquoi The Cooler doit devenir une fiche centrale de la filmographie
On retrouve cette aptitude à la comédie dans Willie and the Poor Boys (1985), où Ringo apparaît sous les traits d’un homme de ménage dans un film musical produit autour de Bill Wyman.
L’oubli de The Cooler est révélateur. Les histoires rapides de Ringo passent souvent de Caveman à Give My Regards to Broad Street sans citer cette production de onze minutes. Pourtant, on y trouve un véritable rôle principal, une réalisation de Godley et Creme, trois chansons, des retrouvailles avec Paul et Linda McCartney et une prestation de Barbara Bach.
Ce court métrage permet de comprendre que la carrière de Ringo au cinéma ne se mesure pas uniquement en longs métrages distribués dans les salles. La vidéo musicale et les films promotionnels possèdent eux aussi une histoire. En documentant leur fabrication, les noms de leurs auteurs et les liens avec les enregistrements, Yellow-Sub.net peut développer une filmographie plus précise que les simples listes de rôles.
Documentation et vérification des crédits
Club Sandwich, n° 26 (1982), notice de la production MPL présentée à Cannes ; Time, rubrique « People », 7 juin 1982 ; The Washington Post, 21 octobre 1982 ; The Paul McCartney Project, fiche historique du film et des séances de janvier 1982 ; American Songwriter, étude rétrospective du 24 mai 2024 ; filmographie de Barbara Bach, crédits et galerie du tournage. Ces références documentaires sont citées sans liens externes.
À lire également : Caveman (1981), Give My Regards to Broad Street (1984) et la filmographie complète de Ringo Starr.












