Filmographie Ringo Starr · Concert filmé · 1989–1990
Ringo Starr & His All-Starr Band : le Greek Theatre de Los Angeles en 1989
Les 3 et 4 septembre 1989, Ringo Starr et son premier All-Starr Band jouent au Greek Theatre de Los Angeles. Ces soirées réunissent Billy Preston, Dr. John, Joe Walsh, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons et Nils Lofgren, dans un spectacle où chaque invité reprend son répertoire. La captation devient un programme télévisé et une vidéo commercialisée en 1990. Cette étude distingue les deux dates de concert, les montages vidéo, le disque live et les différentes éditions.
Fiche technique : Greek Theatre, 1989–1990
Œuvre : Ringo Starr and His All-Starr Band, également diffusée sous des titres voisins d’In Concert ou Live in Los Angeles. Lieu : Greek Theatre, Los Angeles, Californie. Concerts : 3 et 4 septembre 1989. Film commercial originel : captation généralement attribuée au 3 septembre 1989 ; diffusion télévisée au printemps 1990 et VHS/LaserDisc en juin 1990. Durée du montage de référence : environ 91 minutes, selon Beatles on Film. Enregistrements audio : éditions utilisant des prises issues des deux soirées, à identifier par support. Ringo : chant et batterie. Formation : Joe Walsh, Nils Lofgren, Billy Preston, Dr. John, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons et Jim Keltner. Nature : concert musical filmé, non documentaire d’entretiens.
1989 : la première formation All-Starr atteint le Greek Theatre
Les 3 et 4 septembre 1989, Ringo Starr et son premier All-Starr Band se produisent au Greek Theatre de Los Angeles, au terme de la partie nord-américaine d’une tournée qui marque son grand retour sur scène. Les concerts réunissent d’anciens membres de formations essentielles du rock et du rhythm and blues américain. Le dispositif, inhabituel à l’époque, consiste à donner à chaque invité la possibilité d’interpréter un morceau de son propre répertoire, entouré par les autres. Ringo demeure le maître de cérémonie, mais laisse volontairement la première place à ses amis durant plusieurs passages.
L’événement est documenté par des captations audio et vidéo qui ne correspondent pas toutes à la même soirée. Le programme audiovisuel commercialisé en 1990 est généralement associé au concert du 3 septembre, tandis que certaines publications discographiques utilisent des enregistrements attribués au 4 septembre ou aux deux dates. Pour une filmographie exhaustive, cette différence est capitale : le Greek Theatre accueille deux concerts, non un spectacle unique enregistré puis reproduit sans modification sur tous les supports.
Un retour attendu après de longues années loin des grandes tournées
Ringo avait cessé de tourner avec les Beatles en 1966. Sa carrière solo avait comporté des succès discographiques, des films et plusieurs participations à des concerts d’amis, mais il n’avait pas conduit durant les années 1970 et la première moitié des années 1980 une tournée internationale comparable à celle de l’All-Starr Band. En 1989, il propose de transformer ses liens avec d’autres musiciens en spectacle permanent, plutôt que de réunir seulement un groupe chargé d’accompagner ses chansons.
La tournée débute à l’été 1989 et attire rapidement l’attention par l’affiche. Elle offre une nouvelle identité scénique à l’ancien Beatle : Ringo devient l’hôte d’un concert collectif dont les changements de voix principales sont une force. Le film du Greek Theatre est important parce qu’il montre ce principe dès sa première incarnation, avant les nombreuses formations qui se succéderont ensuite.
Billy Preston, Dr. John, Joe Walsh et Nils Lofgren
Billy Preston apporte ses claviers, sa voix et des succès comme Will It Go Round in Circles. Dr. John représente la musique de La Nouvelle-Orléans avec Iko Iko et Right Place, Wrong Time. Joe Walsh retrouve les guitares spectaculaires de son répertoire avec Life in the Fast Lane et Rocky Mountain Way, tandis que Nils Lofgren dispose de ses propres passages, notamment Shine Silently et Being Angry.
Leurs interventions ne sont pas de simples interludes entre des chansons de Ringo. Elles constituent le cœur même du format All-Starr. Le public assiste à un dialogue de traditions musicales, de la soul au blues en passant par le rock de stade. La captation permet d’observer comment ces artistes s’intègrent à une formation commune sans perdre leur personnalité.
Rick Danko, Levon Helm et le lien avec The Band
Rick Danko et Levon Helm viennent de The Band, groupe dont l’histoire est étroitement liée à Bob Dylan. Danko apporte sa voix et sa basse ; Helm chante, joue de la batterie et contribue à la texture rythmique. Le concert inclut des chansons comme The Weight, The Shape I’m In et Up on Cripple Creek, qui conservent le caractère narratif et chaleureux du répertoire du groupe.
Leur présence constitue un lien direct avec The Last Waltz (1978), film de Martin Scorsese dans lequel Ringo avait rejoint les musiciens de The Band pour le final collectif. Onze années plus tard, les rôles changent : ce sont Danko et Helm qui rejoignent la formation organisée autour de Ringo. Cette réciprocité éclaire la solidité des relations personnelles dans le monde du rock.
Clarence Clemons et la couleur des cuivres
Le saxophoniste Clarence Clemons, célèbre pour sa longue collaboration avec Bruce Springsteen dans le E Street Band, donne au spectacle un souffle différent de celui d’un concert uniquement construit sur guitares et claviers. Son jeu apporte puissance et chaleur, particulièrement dans les passages inspirés du rhythm and blues. Il interprète notamment Quarter to Three, morceau devenu emblématique de Gary U.S. Bonds.
La présence de Clemons permet à Ringo de réunir sur une même scène des artistes qui appartiennent à des univers distincts. Le saxophone dialogue avec la batterie et les claviers, donnant à certains titres une couleur presque revue de soul. Le film conserve cette richesse instrumentale, parfois difficile à saisir dans les listes de pistes imprimées au dos des éditions vidéo.
Les trois batteries : Ringo, Levon Helm et Jim Keltner
L’un des aspects les plus intéressants pour une étude du batteur reste la coexistence de Ringo Starr, Levon Helm et Jim Keltner. Selon les morceaux, leurs rôles se répartissent entre pulsation principale, accents et accompagnement. La scène peut présenter plusieurs batteries simultanément, un choix spectaculaire qui demande pourtant une écoute particulièrement disciplinée. La puissance de l’ensemble ne repose pas uniquement sur la quantité de coups joués, mais sur la capacité des instrumentistes à ne pas se gêner.
Il faut cependant éviter d’attribuer mécaniquement chaque partie rythmique à Ringo. Celui-ci passe parfois au chant ou participe autrement à l’interprétation, pendant que les autres maintiennent la structure. Le film fournit des indications visuelles utiles, mais les montages de caméra ne permettent pas toujours de voir distinctement toutes les parties jouées à un instant donné.
It Don’t Come Easy, Photograph et la mémoire des succès solo
Le répertoire de Ringo demeure bien présent. It Don’t Come Easy ouvre la soirée dans de nombreuses listes, tandis que Photograph occupe une place marquante vers la fin. Ces chansons rappellent les grandes années de sa carrière solo, lorsque les compositions liées à George Harrison avaient donné au batteur une identité discographique indépendante des Beatles.
Le spectacle lui permet de chanter devant une formation capable d’apporter davantage d’ampleur aux arrangements d’origine. Les enregistrements de studio et les captations de Los Angeles constituent pourtant des versions différentes. Il serait trompeur d’utiliser la date de sortie du disque solo pour cataloguer la piste live, ou inversement d’attribuer le son du concert à des séances de studio des années 1970.
Yellow Submarine, Boys et With a Little Help from My Friends
Plusieurs titres enregistrés par les Beatles ponctuent le spectacle. Yellow Submarine rappelle le rapport privilégié de Ringo avec le public, Boys renvoie aux premières reprises du groupe, et With a Little Help from My Friends sert de conclusion fédératrice. Ce dernier morceau prend un sens particulier lorsqu’il est chanté devant les amis musiciens que Ringo vient précisément de réunir.
Les reprises ne doivent pas effacer le principe collectif. Le final réunit des instrumentistes issus de plusieurs carrières, et ce sont les chansons des invités qui donnent au programme sa singularité. La vidéo présente ainsi un ancien Beatle revendiquant ses racines musicales tout en ouvrant la scène aux autres.
La captation du 3 septembre et les documents du 4 septembre
Les catalogues de filmographie de Beatles on Film décrivent une version de 91 minutes et 22 secondes, enregistrée le 3 septembre 1989 au Greek Theatre. Elle est liée à une diffusion télévisée au printemps 1990 et à des publications sur VHS et LaserDisc. Une autre notice distingue le concert du 4 septembre, dernière date de la partie nord-américaine de la tournée, pour lequel existent notamment des documents audiovisuels beaucoup plus courts.
L’existence d’une captation commerciale de l’une des soirées n’empêche pas que des enregistrements audio du lendemain aient été exploités. MusicBrainz recense des pistes provenant de la période des 3 et 4 septembre, tandis que certaines éditions du disque live sont précisément associées à la seconde soirée. L’objectif de la fiche n’est donc pas de choisir arbitrairement une date unique pour l’ensemble des objets, mais d’identifier séparément leur source.
Une cassette et un LaserDisc diffusés en 1990
Le film est présenté à la télévision sous un titre voisin d’In Concert: Ringo Starr & His All-Starr Band au printemps 1990, puis commercialisé en vidéo. Les catalogues indiquent une publication américaine du 30 juin 1990 sur VHS et LaserDisc. La sélection de chansons n’équivaut pas nécessairement à l’intégralité du concert du 3 septembre, dont les archives de collectionneurs donnent une durée plus longue.
Cette distinction entre captation et édition constitue une règle fondamentale de vidéographie. Une cassette de quelque quatre-vingt-dix minutes peut provenir d’un spectacle ayant dépassé deux heures. Les titres absents du montage commercial ne doivent pas être considérés comme des chansons jamais jouées ; leur présence dans les listes de concert reste à établir indépendamment.
Les éditions sous d’autres titres et les dangers du catalogue
Plusieurs rééditions portent des noms tels que Ringo Starr and His All Starr Band, Live in Los Angeles ou des variantes évoquant le Greek Theatre. Certaines contiennent des chansons absentes des premières listes de vidéo ; d’autres proposent une image agrandie, une bande sonore retravaillée ou un montage plus court. Les sociétés éditrices et les droits de distribution peuvent également varier selon les territoires.
Le spécialiste doit donc relever la référence exacte du support avant d’annoncer sa durée. Une vidéo diffusée sur internet avec un son prétendument « remastérisé » n’est pas automatiquement une édition officielle. Le même concert peut circuler dans des publications légitimes et des assemblages de fans ; ces derniers peuvent servir de pistes de recherche, mais non de base unique pour cataloguer une sortie commerciale.
Un disque live distinct du film
Les enregistrements du Greek Theatre nourrissent également le premier album live de Ringo et de son All-Starr Band. Les titres retenus pour le disque ne correspondent pas nécessairement à ceux du programme vidéo. Certains morceaux ont été exclus pour des raisons de durée, tandis que les concerts des deux soirs offrent plusieurs prises possibles d’une même chanson.
C’est pourquoi une étude discographique doit comporter sa propre notice, avec les musiciens, le label, le numéro de catalogue et la liste des pistes de chaque édition. La filmographie se concentre sur les caméras, le montage et la présentation audiovisuelle. Les deux approches se complètent, mais leur mélange aboutirait à une liste de titres impossible à vérifier.
Une première pierre pour la longue histoire des All-Starr Bands
Le Greek Theatre de septembre 1989 marque la conclusion d’une première tournée nord-américaine, avant des concerts au Japon à l’automne. Les formations changeront ensuite, mais le principe imaginé par Ringo restera remarquablement stable : plusieurs musiciens reconnus jouent le répertoire des autres et donnent une place à des chansons que les spectateurs n’auraient pas entendu réunies dans un seul concert ordinaire.
Cette captation est donc plus qu’un souvenir de tournée. Elle documente la naissance d’une formule qui deviendra l’un des axes majeurs de la carrière de Ringo. Elle doit être reliée aux concerts du 3 septembre et du 4 septembre 1989, ainsi qu’aux documents filmés des tournées suivantes.
La VHS de 1990 et le disque live : deux montages, deux objets
L’inventaire des éditions tenu par le collectionneur Victor Baissait distingue nettement les programmes des supports publiés après les concerts du Greek Theatre. Selon ce relevé, la vidéo commercialisée en VHS et LaserDisc reprend le concert du 3 septembre 1989, alors que l’album live, publié en 1990, assemble des titres provenant des spectacles des 3 et 4 septembre. Cette séparation interdit de faire correspondre automatiquement un morceau du CD avec une performance filmée la même soirée. Les deux supports fixent des sélections différentes d’un même événement de tournée.
La vidéo comprend notamment Yellow Submarine, Act Naturally, I Wanna Be Your Man et Boys, qui ne se retrouvent pas tous dans le programme du CD original. Celui-ci conserve, en revanche, certaines prestations invitées dont le statut dans la vidéo diffère, comme Shine Silently de Nils Lofgren. Le cas de With a Little Help from My Friends illustre une difficulté supplémentaire : des performances de la même chanson peuvent se retrouver sur des disques différents, dont l’album caritatif Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal en 1990.
Les chansons des invités, indispensables à la lecture du film
Le programme du Greek Theatre ne se limite pas aux morceaux chantés par Ringo. Dans la liste vidéo identifiée figurent notamment Iko Iko associé à Dr. John, The Weight avec Levon Helm, Will It Go Round in Circles de Billy Preston, You’re a Friend of Mine avec Clarence Clemons, The Shape I’m In avec Rick Danko et Life in the Fast Lane de Joe Walsh. Cette alternance est l’idée fondatrice du All-Starr Band : Ringo reste l’hôte de la soirée, mais les autres musiciens deviennent tour à tour les interprètes de leur propre patrimoine.
Pour le spectateur, cette construction explique les mouvements entre chant principal, accompagnement et changements d’instrument. Elle permet aussi de comprendre le rôle de Ringo sans le réduire à une statistique de chansons personnelles. Lorsqu’il reste à la batterie pendant le titre d’un partenaire, il demeure pleinement acteur de la performance, même s’il n’en tient pas le micro.
Le concert précis et la tournée : deux niveaux d’archive
Les documents de tournée disponibles recensent également les spectacles des jours précédents, les balances et des bandes d’audience de qualité variable. Leur existence ne prouve pas que des images professionnelles ont été filmées chaque soir. Le long métrage commercialisé autour du Greek Theatre doit donc être rattaché à la captation identifiée, et non utilisé indistinctement pour illustrer tous les concerts de 1989. Une fiche de concert sur Yellow-Sub.net peut renvoyer vers le film lorsque la date correspond, mais il faut signaler clairement les enregistrements composites.
Correspondances dans le dossier : Montreux 1992, Budokan 1995, histoire et tournées du All-Starr Band.
Bibliographie complémentaire
Victor Baissait, inventaire des parutions et supports de Ringo Starr & His All-Starr Band, rubrique « Releases » (1989), distinguant le contenu de la VHS/LaserDisc et les prises retenues pour les disques. Les détails des tirages physiques et des mixages sont à confirmer pour chaque exemplaire de collection.
Chansons de Ringo : les fiches associées
Les titres chantés par Ringo dans le répertoire de la première formation All-Starr possèdent leurs propres fiches historiques ; elles permettent de retrouver leur origine, distincte des versions interprétées sur scène.
It Don’t Come Easy · Photograph · Yellow Submarine · With a Little Help from My Friends · Act Naturally · Boys · I Wanna Be Your Man.
Sources et méthode de catalogage
Beatles on Film, fiches distinctes des concerts des 3 et 4 septembre 1989, première diffusion et LaserDisc ; MusicBrainz, crédits des enregistrements de la série The Anthology… So Far ; archives de The Band, notice de la vidéo Live in LA ; JamBase, rétrospective des concerts du Greek Theatre publiée en 2016 ; inventaires des éditions audio et vidéo de Ringo Starr and His All-Starr Band. Les deux concerts et leurs montages sont distingués afin d’éviter les fausses attributions.
Pour poursuivre : le concert du 3 septembre, celui du 4 septembre et la filmographie générale.












