WINGS · 1974–1980 · ENCYCLOPÉDIE DES CHANSONS
Send Me the Heart (1974) : McCartney, Denny Laine, Nashville et Japanese Tears
« Send Me the Heart » appartient à une catégorie indispensable à une encyclopédie des Wings : les chansons enregistrées au cours de la vie du groupe, mais dont la première édition commerciale arrive sur l’album personnel d’un de ses membres. La composition est cosignée Paul McCartney et Denny Laine, contrairement à certaines autres pièces où Laine ne fait qu’assurer le chant principal sur une œuvre écrite par Paul.
Une véritable collaboration de composition restée hors des albums des Wings
« Send Me the Heart » appartient à une catégorie indispensable à une encyclopédie des Wings : les chansons enregistrées au cours de la vie du groupe, mais dont la première édition commerciale arrive sur l’album personnel d’un de ses membres. La composition est cosignée Paul McCartney et Denny Laine, contrairement à certaines autres pièces où Laine ne fait qu’assurer le chant principal sur une œuvre écrite par Paul.
Le public découvre officiellement cette chanson sur Japanese Tears, publié par Denny Laine en décembre 1980. Le disque rassemble plusieurs périodes de travail et ne saurait être assimilé à un album studio supplémentaire de Wings. Pour reconstituer l’histoire de « Send Me the Heart », il faut partir de Nashville en juillet 1974.
La résidence de Nashville et la découverte des musiciens country
En juillet 1974, Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Jimmy McCulloch et Geoff Britton poursuivent leurs activités dans la capitale américaine de la country. Les séances de Soundshop permettent d’enregistrer des œuvres destinées aux Wings, dont « Sally G » et « Junior’s Farm », mais aussi des projets instrumentaux plus personnels comme le 45 tours des Country Hams.
L’entourage de Nashville fournit à McCartney un vocabulaire d’arrangement différent de celui des studios londoniens : guitare steel, violon, piano, guitare acoustique et façon plus narrative de construire une ballade. Laine, chanteur et compositeur aguerri, peut naturellement s’insérer dans ce contexte et exploiter sa voix grave et chaleureuse.
Le 11 juillet 1974 : l’enregistrement de Send Me the Heart
La séance de référence est datée du 11 juillet 1974 à Soundshop, Nashville. Le titre est travaillé peu après « Sally G » : l’idée de produire une chanson de country avec Denny Laine devient un nouveau volet de la résidence américaine du groupe. Paul participe à l’enregistrement, notamment à la basse, tandis que Laine prend le rôle de chanteur-auteur.
Il faut veiller à distinguer le personnel présent à Nashville de la distribution propre à la bande. Le fait que Chet Atkins ou Floyd Cramer aient participé à d’autres morceaux de cette même résidence ne prouve pas leur présence sur « Send Me the Heart ». Dans la fiche discographique, seuls les crédits effectivement documentés peuvent être attribués à cette prise.
Une chanson qui dépasse l’étiquette country
La composition explore les codes de la ballade country : expression directe du sentiment, mouvement mélodique lisible et intérêt porté au timbre vocal. Son titre associe la distance physique à l’idée d’un attachement que l’on pourrait envoyer comme un objet. Ce type d’image convient à la tradition sentimentale américaine sans devoir être interprété comme le récit littéral d’un épisode privé.
Pour Paul McCartney, l’intérêt réside également dans l’écriture avec un partenaire. « No Words », « Mull of Kintyre » ou « Don’t Let It Bring You Down » révèlent d’autres formes de sa collaboration avec Laine. « Send Me the Heart » prouve que leur travail commun dépasse les deux grands succès les plus souvent cités.
Les nouvelles voix et la destination du master
Denny Laine reprend ensuite certaines parties de son chant en vue de la sortie sur son propre album. La version disponible sur Japanese Tears ne doit donc pas être présentée comme une simple photographie sonore inchangée de juillet 1974. Son identité éditoriale dépend des bandes initiales et du traitement appliqué pour la publication.
Cette distinction explique pourquoi des variantes de mixage peuvent circuler parmi les archives ou les compilations officieuses sans que chacune corresponde à une session complète nouvelle. L’encyclopédie doit distinguer la prise instrumentale de Nashville, les remaniements vocaux, le master de 1980 et les transferts ultérieurs.
1980 : Japanese Tears, une discographie parallèle aux Wings
Après l’annulation de la tournée japonaise de Wings en janvier 1980, Laine développe plus visiblement ses projets solo. Japanese Tears rassemble des pièces nouvelles et des enregistrements plus anciens, certains déjà travaillés avec ses partenaires des Wings. « Send Me the Heart » y côtoie « I Would Only Smile » et « Weep for Love », trois jalons de la collaboration avec les différentes formations du groupe.
Leur présence sur un même LP de Laine ne constitue pas la preuve qu’ils ont été enregistrés lors d’une session commune. Au contraire, ces morceaux viennent respectivement de plusieurs années. La notion de provenance des bandes est donc plus précise que celle d’appartenance à une pochette d’album.
Comment identifier les éditions pour les collectionneurs
Japanese Tears paraît au Royaume-Uni sur Scratch Records et aux États-Unis sur Takoma. Des rééditions présentent ensuite le même ensemble de chansons sous d’autres titres et d’autres noms d’artistes ; le disque peut ainsi sembler multiplié dans les catalogues de ventes. Le programme, la séquence, le label et le numéro de catalogue doivent être vérifiés avant d’affirmer qu’un nouveau master existe.
Un exemplaire de l’album portant le nom Denny Laine reste un album de Denny Laine, même lorsque Paul McCartney joue sur certaines plages. Une réédition qui met le nom de Paul en évidence dans sa publicité ne modifie pas rétroactivement les crédits de publication d’origine.
Situer la chanson dans l’encyclopédie
La fiche de « Send Me the Heart » relève à la fois des compositions cosignées McCartney–Laine, des sessions de Nashville et des raretés publiées hors des albums Wings. Elle doit être reliée à la biographie du guitariste plutôt qu’enfouie dans les seuls bonus de Venus and Mars.
À lire également : la biographie encyclopédique de Denny Laine, Sally G et le guide des pressages de collection.
Une chanson de Nashville qui ne devient pas un titre d’album des Wings
Send Me the Heart révèle la difficulté de classer les chansons écrites et enregistrées pendant l’existence d’un groupe, mais publiées au nom d’un seul de ses membres. La composition est attribuée à Paul McCartney et Denny Laine ; elle appartient à l’environnement des séances de Nashville de juillet 1974. Sa publication ultérieure dans le programme de Japanese Tears ne fait cependant pas de cet album un disque officiel des Wings. Il faut maintenir les crédits d’œuvre, les conditions de captation et le nom de l’artiste figurant sur le support commercial comme trois informations distinctes.
Une sensibilité américaine et une voix autre que celle de Paul
Le morceau s’inscrit dans la période où McCartney et Laine expérimentent les couleurs musicales proposées par les instrumentistes locaux. Le résultat doit être étudié comme une chanson destinée à donner une place à Laine dans l’activité créative du groupe, sans supposer que celui-ci était l’auteur exclusif de toutes les idées mélodiques. Le crédit partagé établit une responsabilité commune sur la composition ; la répartition précise de chaque couplet, harmonie ou phrase demande un témoignage de création. La présence d’un chant principal différent de celui de McCartney contribue à expliquer pourquoi certaines bandes des Wings rejoignent ensuite des projets individuels.
L’écart entre session et publication : une leçon de chronologie
Lorsqu’une chanson de 1974 paraît sur un album de 1980, une chronologie discographique doit enregistrer les deux dates, mais leur attribuer des fonctions différentes. La première documente une séance de studio, la seconde une mise en circulation. Les variantes de Japanese Tears, ses programmes selon les territoires et ses éventuelles rééditions exigent ensuite un inventaire de supports qui ne doit pas modifier rétroactivement le personnel du master original.
Send Me the Heart : une composition commune dont le chanteur est Denny Laine
Send Me the Heart est cosignée par Paul McCartney et Denny Laine, mais son histoire discographique ne commence pas avec une sortie sous le nom Wings. Enregistrée pendant les séances de Nashville de juillet 1974, la chanson est destinée à la voix de Laine et sera rendue disponible dans son album personnel Japanese Tears en 1980. La contribution de McCartney à l’écriture ne doit donc pas effacer l’identité de l’interprète principal, pas plus que le contexte de session collective ne suffit à qualifier le disque de 1980 de publication originale des Wings. La chanson appartient aux deux histoires, celle du travail commun et celle de la carrière autonome de Denny.
Une date de prise discutée : comment traiter juillet 1974
Les journaux de Nashville attribuent au titre plusieurs étapes pendant le séjour. Une reconstitution des sessions situe la prise de base aux environs du 10 juillet et les ajouts vocaux de Laine au 18, tandis que des inventaires plus synthétiques regroupent l’ensemble sous la mention générale « juillet 1974 ». Cette granularité ne doit pas conduire à inventer un jour d’enregistrement unique lorsqu’il n’est pas établi pour chaque piste. La fiche peut conserver le mois comme référence sûre et préciser les opérations datées en signalant leur niveau de preuve. Elle doit également séparer le moment où le groupe travaille la chanson de celui où un master est choisi pour l’album personnel de Laine.
Japanese Tears : une publication de 1980 qui conserve un son des Wings antérieurs
Une chanson qui paraît en 1980 peut avoir été enregistrée avec Jimmy McCulloch et Geoff Britton plusieurs années auparavant. Ce décalage est essentiel pour les crédits : Laurence Juber et Steve Holley font partie de la dernière formation des Wings, mais leur présence sur la scène de 1979 ne permet pas de leur attribuer les bandes de Nashville. La même prudence s’applique aux éditions internationales de Japanese Tears, dont les programmes et références peuvent varier. Le catalogue doit indexer la chanson selon sa composition, sa prise initiale, son interprète et son support commercial, afin que la discographie de Denny Laine complète celle des Wings sans la dédoubler.
Send Me the Heart : une signature commune au service de la voix de Denny Laine
Cette chanson illustre la différence entre le crédit de composition et celui de chanteur principal. McCartney et Denny Laine participent à son écriture, mais la voix de Laine permet au morceau d’appartenir aussi à l’histoire de sa carrière personnelle. L’arrangement adopte certaines couleurs country, cohérentes avec le contexte des séances de Nashville. Il serait néanmoins trompeur de présenter l’œuvre comme un single officiel des Wings simplement parce qu’elle a été enregistrée pendant les années du groupe. La place exacte de chaque instrumentiste doit être déterminée par la prise retenue, et non par la composition générale de l’équipe de juillet 1974.
Une bande des années Wings qui rejoint Japanese Tears en 1980
La publication sur Japanese Tears donne une seconde identité discographique à un enregistrement plus ancien. La date de sortie de l’album solo ne doit pas remplacer celle de la session, pas plus que le nom de Denny Laine sur la pochette ne doit faire disparaître la contribution de McCartney. Le disque de 1980 permet de retrouver des morceaux de plusieurs périodes ; chacun conserve néanmoins sa genèse particulière. L’encyclopédie doit relier la composition au journal de Nashville, puis à la discographie parallèle de Laine, sans créer un album des Wings fictivement publié en 1974.
Les versions et les crédits exigent un inventaire distinct des pochettes
Les pressages nationaux de Japanese Tears peuvent changer de présentation, de référence et parfois de programme. Un changement d’étiquette ne suffit pas à déclarer un mixage inédit, tandis qu’un changement de durée exige un examen de la bande. Pour Send Me the Heart, le catalogue doit distinguer la session initiale, les éventuels états alternatifs et la première sortie commerciale. Cette méthode permet de suivre une chanson à travers les frontières de catalogues sans confondre la publication tardive avec une nouvelle séance des Wings.
Japanese Tears : le disque et ses variantes physiques
Cette chanson est replacée dans les quatorze titres et les éditions de Japanese Tears de Denny Laine (1980), avec les premiers pressages britanniques Scratch, les éditions américaines Takoma et les rééditions internationales. Le catalogue doit distinguer la bande enregistrée avec les Wings de la date de publication du LP solo.












