WINGS · LONDON TOWN · 1977–1978 · CHANSONS ET COLLECTION
I’m Carrying (1978) : prise solitaire, sessions Fair Carol et pressages Wings
Notice encyclopédique sur la création, la prise d’origine, les contributions musicales, les versions et la réception. Les limites des sources et les crédits incertains sont explicités.
Une chanson de Paul au sein d’un album des Wings
I’m Carrying paraît sur la première face de London Town, au milieu de chansons qui réunissent différents états de la formation Wings. La sessionographie indique un noyau instrumental réalisé presque entièrement par Paul McCartney, avec chant, guitares et synthétiseurs. Cette singularité oblige à distinguer le crédit commercial de l’album et les musiciens présents sur chaque bande.
Un morceau enregistré par un membre peut appartenir à un disque collectif : le programme et le nom de l’artiste ne prouvent pas la participation des autres membres au master. L’histoire des Wings compte plusieurs cas de cette nature, mais celui-ci est particulièrement clair en raison des personnels détaillés dans les relevés de sessions.
5 mai 1977 : un premier état sur le yacht Fair Carol
Les sources spécialisées datent l’enregistrement initial du 5 mai 1977, à bord du Fair Carol aux îles Vierges américaines, avec le studio mobile Record Plant. Geoff Emerick dirige la prise, assisté de Mark Vigars au cours de la période maritime. Le groupe se trouve alors dans une campagne de production où les prises collectives et les pièces plus intimes coexistent.
La guitare acoustique accompagne le chant principal ; la documentation répertorie aussi les synthétiseurs. Il faut éviter de présenter ces timbres comme des overdubs achevés tous le 5 mai : certaines parties complémentaires sont ajoutées à Londres plusieurs mois plus tard.
3 au 14 décembre 1977 : finition chez AIR à Londres
Le Paul McCartney Project donne une fenêtre d’overdubs du 3 au 14 décembre 1977 à AIR Studios, Londres. MusicBrainz situe en particulier une guitare électrique dans cette période. L’addition d’un instrument électrique à une base acoustique montre comment le morceau passe d’une esquisse essentiellement solitaire à un master soigneusement construit.
Les assistants Pete Henderson et Steve Churchyard sont également associés aux travaux d’ingénierie dans les discographies détaillées. Les crédits de réalisation doivent donc être associés à des opérations datées plutôt qu’à un générique non différencié couvrant toutes les prises.
Analyse musicale : économie et densité discrète
L’effet principal d’I’m Carrying tient à la proximité du chant et des guitares. Le tempo modéré et les variations d’attaque maintiennent une impression de confidence, mais des textures électroniques et électriques apportent une profondeur inattendue. Ce n’est pas une démonstration de virtuosité de studio ni une simple maquette livrée sans finition.
Les rapports entre guitare acoustique, guitare électrique et synthétiseurs constituent la principale matière analytique. Le morceau prend place après Cafe on the Left Bank et change radicalement l’échelle sonore de la face A. Une petite chanson devient un contrepoint nécessaire au rock plus dense qui l’entoure.
Le texte et l’intimité sans biographie inventée
Le propos est celui d’un attachement et d’une présence que le chanteur emporte avec lui. Les paroles utilisent des images familières qui se prêtent à une lecture amoureuse. On peut rapprocher ce registre du parcours de Paul et Linda, sans lui inventer une scène privée précise en l’absence de témoignage documentaire.
La chanson utilise peu d’effets de narration spectaculaire. C’est le timbre et la répétition de motifs courts qui produisent son émotion. Une encyclopédie doit analyser ce procédé sans reproduire intégralement des paroles protégées.
28 août 1978 : la face complémentaire de London Town
Le single London Town paraît aux États-Unis en août 1978, couplé à I’m Carrying selon plusieurs catalogues nationaux. La présence d’une chanson d’album sur la face complémentaire modifie son statut matériel : elle devient aussi une plage de 45 tours, sans forcément devenir une face A promue auprès des stations.
Le programme précis peut varier selon les marchés. Un disque portant la référence américaine ne permet pas de déduire les références française, allemande ou japonaise. La collection doit noter le couplage, le label, les numéros et les matrices avec des documents physiques pour chaque territoire.
Classements et réception
I’m Carrying n’a pas un pic de classement officiel de single autonome comparable à celui de With a Little Luck. Sa réception doit donc être distinguée de celle du LP London Town et du single qui l’utilise comme face complémentaire. L’existence d’un support en 45 tours ne transforme pas automatiquement le titre du revers en hit classé.
Les témoignages de lecteurs, chroniques contemporaines et appréciations ultérieures peuvent être conservés lorsqu’ils portent explicitement sur la chanson. Les affirmations de succès national devront toujours préciser le pays, la semaine, le type de classement et le support.
Collection : une même prise sur plusieurs supports
Le master original figure sur les LP de 1978, les rééditions CD de 1993 et des éditions internationales ultérieures. Les variantes physiques exigent l’examen du label, du numéro de catalogue, des matrices et de la pochette. Il convient aussi d’étudier si certains 45 tours utilisent le même montage ou un autre master sonore.
Aucune différence de mixage ne sera affirmée uniquement parce que deux gravures présentent des inscriptions distinctes. Les versions de la chanson sont cataloguées au niveau de l’enregistrement ; les supports relèvent d’une autre table, liée à cette notice par la référence précise des pistes.
Une prise intime au milieu d’un projet collectif
« I’m Carrying » est enregistrée le 5 mai 1977 pendant les séances de London Town à bord du Fair Carol, dans les îles Vierges. McCartney y privilégie une voix proche et un accompagnement initial à la guitare acoustique. L’environnement mobile du studio n’empêche pas un résultat très concentré : le morceau laisse une grande place aux silences, aux respirations et aux inflexions de la mélodie.
L’intérêt musicologique tient à cette économie. À l’intérieur d’un album enregistré par un groupe qui dispose aussi d’une batterie, de guitares électriques et de claviers, « I’m Carrying » présente d’abord une chanson pensée autour d’un seul interprète. Cette distinction entre la composition personnelle et son appartenance à un LP collectif rappelle une caractéristique permanente des Wings : McCartney n’abandonne pas les procédés de ses albums faits à domicile.
Les finitions orchestrales et le traitement sonore
Le master définitif n’est pourtant pas seulement une démonstration acoustique. Les travaux postérieurs incluent une coloration de cordes et des textures ajoutées en studio, qui élargissent légèrement l’espace sonore sans en altérer la simplicité. L’usage d’effets de guitare comme le Gizmo fait partie des particularités rapportées pour les arrangements de cette chanson.
Cette évolution montre pourquoi une date unique d’enregistrement peut être trompeuse. Il faut distinguer la prise fondatrice de mai 1977, les overdubs effectués ultérieurement et le mix définitif retenu pour le LP. L’analyse ne doit pas attribuer à la même séance tous les éléments entendus sur le disque commercial.
Un morceau d’album devenu face B
« I’m Carrying » est la troisième plage du programme original de London Town, paru en 1978. Elle apparaît également sur la face B du single de la chanson-titre dans certains marchés. Le lecteur doit garder à l’esprit que les dates de parution du 45 tours ne sont pas celles de l’enregistrement original, et que les couples face A / face B peuvent différer d’un pays à l’autre.
La chanson occupe une place à part dans le répertoire des Wings : elle illustre la capacité de McCartney à employer une structure concise et presque classique sans chercher à la transformer en morceau de grande scène. Les rééditions postérieures et les utilisations dans d’autres œuvres audiovisuelles confirment sa postérité, mais ne doivent pas modifier son classement initial dans le catalogue de 1978.












