Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe
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Blackpool (1974–2024) : la chanson inédite de McCartney et The Backyard

« Blackpool » figure parmi les compositions de Paul et Linda McCartney restées de très nombreuses années dans les archives. Des maquettes domestiques et la séquence filmée de One Hand Clapping témoignent de son existence, mais le public ne dispose d’une première sortie autorisée que dans le cadre de la réédition de 2024.

Une chanson longtemps connue sans véritable disque

« Blackpool » figure parmi les compositions de Paul et Linda McCartney restées de très nombreuses années dans les archives. Des maquettes domestiques et la séquence filmée de One Hand Clapping témoignent de son existence, mais le public ne dispose d’une première sortie autorisée que dans le cadre de la réédition de 2024.

Cette histoire appelle une distinction capitale : l’enregistrement a lieu pendant les années Wings, mais l’interprétation de référence captée en août 1974 est jouée par Paul seul à la guitare acoustique. Elle ne correspond ni à une prestation du quintette devant un public ni à un morceau des sept LP studio originaux.

Rude Studio : les premières idées écossaises

La chanson est conçue au cours des premières années 1970, dans le contexte des expérimentations effectuées à Rude Studio, l’installation domestique de McCartney en Écosse. Une maquette combine plusieurs instruments ; certaines descriptions signalent même un chien aboyant en arrière-plan, indice d’une séance loin du cadre très contrôlé d’un grand studio londonien.

Ce détail ne donne pas licence à reconstituer une date exacte par imagination. Les documents disponibles n’établissent pas toujours le jour de chaque prise domestique ; le récit sérieux sépare ce que révèle l’écoute de ce qui peut être prouvé par une feuille de séance.

30 août 1974 : les derniers instants de One Hand Clapping

Le 30 août 1974, après plusieurs journées à Abbey Road consacrées au tournage de One Hand Clapping, McCartney s’installe dans la cour des studios pour enregistrer un petit programme acoustique. Cette séquence, connue sous le nom de « The Backyard », complète le portrait du groupe en révélant le musicien hors de son dispositif électrique.

Pour « Blackpool », Paul joue de la guitare acoustique et chante sans section rythmique. Les crédits de la version ne doivent pas être artificiellement complétés par Denny Laine, Jimmy McCulloch ou Geoff Britton, même si ces musiciens participent aux autres sessions de 1974.

L’esprit des reprises de rock’n’roll

Au cours de la même séance, McCartney interprète « Twenty Flight Rock », « Peggy Sue », « I’m Gonna Love You Too », « Blackbird » et « Country Dreamer ». Ce voisinage éclaire le choix d’« Blackpool » : une composition personnelle peut se retrouver parmi les chansons qu’un musicien joue spontanément à la guitare sans chercher à élaborer un spectacle complet.

L’interprétation révèle le phrasé, l’humour et le sens du rythme que McCartney conserve dans les situations les plus modestes. On est loin des arrangements orchestraux des grands disques de Wings, mais non de leur esprit d’expérimentation.

1981–1984 : une deuxième chance qui n’aboutit pas

Une nouvelle prise de « Blackpool » est travaillée pendant les sessions de Tug of War en 1981. La chanson est ensuite envisagée comme face B du single « The Man », dont une publication est préparée pour février 1984, mais qui ne paraît pas commercialement comme prévu.

Une date de publication annoncée dans un calendrier ou une maquette d’étiquette ne doit pas être traitée comme un 45 tours effectivement distribué. Il faut distinguer le master préparé, les informations préalables et les exemplaires vérifiables.

McCartney continue de la jouer après les Wings

La chanson n’est pas entièrement oubliée après la dissolution du groupe. McCartney y revient lors d’une balance à Dublin au printemps 2003, puis dans le spectacle filmé Chaos and Creation at Abbey Road de juillet 2005. Ces interventions attestent la persistance du morceau dans son répertoire de travail.

Elles ne représentent pas des éditions différentes de la prise d’août 1974. Une discographie de concerts doit identifier chaque événement séparément, tout comme une discographie de studio distingue les versions de 1974 et de 1981.

Le coffret One Hand Clapping du 14 juin 2024

La première édition officielle de « Blackpool » est publiée sur un 45 tours complémentaire associé à l’édition spéciale 2LP + 7 pouces de One Hand Clapping, parue le 14 juin 2024. Six morceaux de The Backyard y sont rassemblés, avec « Blackpool » en ouverture. L’enregistrement dure approximativement une minute quarante-trois.

Ce supplément n’est pas inclus dans tous les exemplaires du double album, qu’il s’agisse du CD, du vinyle standard ou d’une édition numérique ordinaire. Une fiche de collection doit donc décrire précisément la configuration commerciale et éviter la formule vague « sur toutes les éditions de One Hand Clapping ».

Juillet et septembre 2024 : deux nouvelles présentations

Un programme numérique indépendant, One Hand Clapping – The Backyard, paraît en juillet 2024. En septembre, la restauration du film de David Litchfield est présentée au cinéma dans une version accompagnée d’images et de séquences supplémentaires, dont cette séance acoustique.

Le même enregistrement peut ainsi être accessible sur un 45 tours de juin, un programme numérique de juillet et un film projeté en septembre, sans que les musiciens se soient réunis pour refaire la performance. Le rôle de la réédition est de rendre enfin disponible une archive.

La place de Blackpool dans l’histoire des chansons Wings

L’histoire de « Blackpool » met en lumière la porosité entre la vie domestique, la composition, le tournage de One Hand Clapping et les essais de publication tardifs. Sa première sortie survient près de cinquante ans après la prise filmée, bien qu’une diffusion partielle ait précédé le disque.

Voir One Hand Clapping, All of You et I’ll Give You a Ring.

Le 30 août 1974 dans The Backyard : une performance sans le quintette

Le 30 août 1974, Paul McCartney enregistre Blackpool à la guitare acoustique et au chant dans le contexte de The Backyard, la séquence en plein air associée à One Hand Clapping. L’arrangement est volontairement minimal : il n’y a pas lieu d’attribuer au titre les parties de basse de Denny Laine, de guitare électrique de Jimmy McCulloch ou de batterie de Geoff Britton que l’on entend sur d’autres bandes du film. La formation de Wings constitue le cadre de production, mais cette pièce est une interprétation de Paul seul.

Le morceau existait déjà sous d’autres formes au début des années 1970. Des inventaires de bandes mentionnent des essais pendant la période du Rude Studio et des répétitions des premiers Wings. Il faut donc séparer la date de composition, difficile à arrêter précisément, des archives filmées en août 1974. Le titre ne doit pas être présenté comme nouvellement écrit spécialement pour la dernière journée du documentaire.

Une veine populaire proche des chansons de vacances britanniques

Le nom de Blackpool évoque la ville balnéaire du nord-ouest de l’Angleterre. L’écriture joue avec une tradition de chanson britannique légère et narrative, plus proche d’un numéro de divertissement que du rock de grande salle. L’absence d’arrangements denses laisse la place aux inflexions de la voix et aux gestes de guitare qui donnent une dimension presque improvisée au récit.

Cette esthétique ne doit pas être confondue avec un manque d’intérêt musical : le catalogue de McCartney comprend depuis ses débuts plusieurs familles d’écriture qui coexistent, entre ballades, rock’n’roll, pastiches, comédie musicale et pièces folkloriques. Blackpool éclaire l’une de ces familles hors des cadres de production de Band on the Run et de Venus and Mars.

2024 : une publication patrimoniale attendue

Les extraits de Blackpool ont longtemps été accessibles principalement par des copies de collection ou des documents filmiques. L’édition One Hand Clapping, publiée le 14 juin 2024, donne au morceau une place officielle dans le catalogue des archives de 1974, notamment dans la sélection acoustique accompagnant certaines éditions physiques.

Ce retour ne transforme pas la chanson en un enregistrement créé en 2024. Il faut distinguer maquettes anciennes, prestation acoustique filmée en 1974, restaurations et première publication commerciale. Des mentions de travaux ou de propositions au début des années 1980 doivent être classées comme projets distincts tant qu’aucune nouvelle prise audio n’est identifiée.