ENCYCLOPÉDIE WINGS · 7 MAI 2001 · 2 CD · 40 PLAGES
Wingspan: Hits and History (2001) : les 40 titres, variantes, documentaire et discographie de collection
Wingspan: Hits and History rassemble quarante enregistrements de la carrière de Paul McCartney, de 1970 à 1984, sur deux disques : Hits et History. L’anthologie dessine une nouvelle histoire de Wings, mais ne correspond pas strictement à la discographie originelle du groupe. Voici l’étude détaillée de son programme, ses montages de singles, son documentaire et ses éditions nationales.
Pochette de l’anthologie Wingspan (2001), visuel issu de la médiathèque Yellow-Sub.net.
Une publication du 7 mai 2001, et non un album inédit de Wings
Wingspan: Hits and History paraît le 7 mai 2001, deux décennies après la fin de Wings. L’objet est un double CD rétrospectif publié sous le nom de Paul McCartney. Le catalogue officiel lui attribue quarante titres, répartis sur deux disques, et une durée d’environ deux heures et demie. Il accompagne un documentaire retraçant la vie du groupe et de la famille McCartney.
La date de 2001 est celle de la compilation et de son mastering. Elle ne transforme pas rétroactivement toutes les œuvres de 1970 à 1984 en enregistrements des Wings. Pour classer chaque titre, il faut relever l’interprète d’origine, le personnel exact du master, les premières dates de sortie et l’appartenance éventuelle à la période du groupe.
Hits et History : pourquoi séparer succès et trésors cachés ?
Le premier disque, Hits, réunit dix-huit chansons principalement connues pour leur succès commercial. Le second, History, présente vingt-deux titres choisis pour raconter une continuité artistique plus intime : fragments du premier album solo, pièces de Ram, chansons des Wings, faces B, instrumentaux et éditions particulières.
Cette structure n’est pas exactement la même qu’un classement par popularité. Des titres estimés des amateurs, comme Let Me Roll It, voisinent dans History avec des morceaux qui ont eu une vie de concert importante. La division raconte surtout la carrière comme mémoire personnelle, en offrant deux parcours d’écoute complémentaires.
La frontière entre Paul McCartney solo et Wings
Wings est fondé en 1971 et cesse d’être actif autour de 1980, avant que la fin du groupe ne se confirme en 1981. Wingspan remonte pourtant à The Lovely Linda, Every Night, Junk et Maybe I’m Amazed, issus de l’album solo McCartney de 1970 ; il accueille aussi les succès solo des années 1982–1984 comme Tug of War, Pipes of Peace et No More Lonely Nights.
Ce choix explique l’ambition du projet : présenter comment Paul a reconstruit une carrière après les Beatles, avec Linda à ses côtés, et pas seulement rassembler les masters initialement crédités à Wings. Une encyclopédie exige donc deux index liés mais non confondus : catalogue Wings et panorama de la carrière McCartney.
Un programme de quarante plages à contrôler avec précision
Le songbook officiel Wingspan du 26 juin 2001 donne une liste de dix-huit titres Hits et vingt-deux titres History. Sur certaines versions en ligne de la discographie officielle, l’affichage du tracklisting omet Band on the Run dans la numérotation bien que les notes annoncent quarante chansons. La présente notice retient le programme matériel cohérent de quarante titres en confrontant songbook, catalogues de disques et exemplaires commerciaux.
Cette discordance d’affichage vaut d’être signalée : recopier mécaniquement une liste numérique incomplète pourrait aboutir à une prétendue compilation de trente-neuf pistes. Une fiche discographique fiable compare les labels, le livret d’époque, le master audio et les notices officielles.
CD 1 — HITS, dix-huit titres : programme intégral et commentaires
01 — Listen to What the Man Said
Le single de Venus and Mars illustre une écriture pop souple, portée par un saxophone et un ensemble de cuivres. Son choix en ouverture annonce une anthologie qui part de la réussite radiophonique plutôt que de la chronologie.
02 — Band on the Run
L’œuvre-titre du disque de 1973 enchaîne plusieurs sections et change de climat sans renoncer à la mélodie. Elle symbolise la survie du projet Wings après les départs de 1973 et ses sessions africaines.
03 — Another Day
Publié avant la formation officielle des Wings, ce 45 tours de février 1971 appartient au répertoire solo de McCartney et non au catalogue discographique initial du groupe. Sa présence relève de la définition élargie de Wingspan.
04 — Live and Let Die
Thème de James Bond, composé par Paul et Linda et arrangé avec George Martin, la chanson réunit cinéma, orchestre et groupe de rock. Son succès a durablement dépassé le contexte de la bande originale de 1973.
05 — Jet
Pièce centrale de Band on the Run, Jet développe un rock direct, des cuivres et une construction resserrée. Son statut de classique de concert illustre l’importance de la scène dans la postérité des Wings.
06 — My Love
Ballade majeure de Red Rose Speedway, elle valorise la guitare de Henry McCullough et le rôle de Linda dans l’imaginaire sentimental de l’album. La prise commerciale ne doit pas être confondue avec les versions de scène.
07 — Silly Love Songs
L’album Wings at the Speed of Sound donne à cette chanson un dispositif vocal collectif et une ligne de basse devenue fameuse. La satire douce des critiques adressées à McCartney se transforme en succès américain.
08 — Pipes of Peace
Enregistrement solo publié en 1983, après la dissolution de Wings. Il est incontournable pour comprendre les contours de la compilation, mais ne doit pas être réintroduit abusivement dans une liste de chansons enregistrées par le groupe.
09 — C Moon
Le titre de 1972 mêle humour, tournures reggae et arrangement atypique. Il partage sa diffusion initiale avec Hi, Hi, Hi, mais son histoire de prise en studio et son registre sont indépendants.
10 — Hi Hi Hi
Rock de scène enregistré à plusieurs reprises en 1972, interdit d’antenne par la BBC à sa sortie. Les prises successives et les explications ultérieures de McCartney dépassent largement la simple légende d’un single censuré.
11 — Let ‘Em In
Les voix invitées par l’imaginaire de la chanson ouvrent un univers familier ; la production de 1976 juxtapose cloches, percussions et harmonies. La pièce reçoit une diffusion majeure pendant la période des grandes tournées.
12 — Goodnight Tonight
Succès hors album de 1979, caractérisé par ses basses, un groove disco et plusieurs présentations commerciales. Le format du single court doit être distingué du mix long de douze pouces.
13 — Junior’s Farm
Rock créé pendant le séjour à Nashville en 1974. L’anthologie précise une version abrégée DJ Edit ; le collectionneur doit donc vérifier la durée et les coupures avant de la comparer au 45 tours d’origine.
14 — Mull of Kintyre
Ballade inspirée du paysage écossais, associée au Campbeltown Pipe Band. La face est couplée à Girls’ School en 1977 ; son immense succès britannique ne se résume pas aux résultats américains.
15 — Uncle Albert / Admiral Halsey
Enregistrement tiré de Ram en 1971, avant l’existence publique du groupe. L’introduire parmi les grands hits revient à raconter la continuité de McCartney après les Beatles, pas à modifier le crédit de l’original.
16 — With a Little Luck
Réussite de 1978 fondée sur des claviers synthétiques et une pulsation douce. L’édition Wingspan retient le montage DJ, plus court que le master long du LP London Town.
17 — Coming Up
Chanson composée et enregistrée pour McCartney II en 1980. La version américaine de la compilation privilégie la prestation de Glasgow 1979 par Wings ; certaines éditions britanniques retiennent au contraire la version studio solo.
18 — No More Lonely Nights
Thème de 1984 lié au film Give My Regards to Broad Street et à la période solo de McCartney. La chanson marque la borne tardive du corpus plutôt qu’une continuation des Wings après 1981.
CD 2 — HISTORY, vingt-deux titres : programme intégral et commentaires
01 — Let Me Roll It
Face forte de Band on the Run, le morceau s’appuie sur une guitare au timbre tranchant. Sa présence sur le disque History montre le déplacement d’un favori de scène vers un album supposé réunir des titres moins évidents.
02 — The Lovely Linda
Brève miniature du premier album solo McCartney de 1970. Son inclusion expose volontairement les années précédant Wings et souligne le rôle affectif et artistique de Linda dans le récit.
03 — Daytime Nightime Suffering
Face B de Goodnight Tonight en 1979, souvent tenue pour une réussite d’écriture. La compilation lui donne une visibilité que sa condition initiale de revers de single limitait.
04 — Maybe I’m Amazed
Composition solo publiée sur McCartney en 1970 ; Wings en livre une interprétation live devenue un succès de 1977. L’identité de la version retenue doit être vérifiée sur la matrice et les crédits d’édition.
05 — Helen Wheels
Chanson issue du trio des sessions de Band on the Run et sortie initialement en single distinct au Royaume-Uni. La présence du titre sur l’album américain de 1973 est une différence de programme.
06 — Bluebird
Ballade enregistrée dans le contexte de Band on the Run, rehaussée par le saxophone de Howie Casey. Le morceau permet de comparer la sonorité du trio de studio à celle des concerts ultérieurs.
07 — Heart of the Country
Une autre archive de Ram et non une composition créée par Wings. Le ruralisme musical et la basse souple anticipent pourtant plusieurs pistes de la période 1971–1972.
08 — Every Night
Titre de McCartney, album solo de 1970. Sa brièveté et son intimité nourrissent le récit d’un McCartney qui revient à l’échelle domestique après les Beatles.
09 — Take It Away
Single solo de 1982 issu de Tug of War ; son identité de production appartient à l’après-Wings. Cette présence confirme que l’anthologie n’est ni une discographie du groupe ni une compilation strictement 1971–1981.
10 — Junk
Enregistrement solo de 1970 dont les origines remontent aux dernières années des Beatles. La chanson documente le passage d’un répertoire composé avant la séparation à une carrière indépendante.
11 — Man We Was Lonely
Pièce de l’album McCartney, fondée sur une conversation vocale entre Paul et Linda. Elle éclaire l’association musicale du couple avant l’existence de Wings.
12 — Venus and Mars / Rock Show
La compilation sélectionne le montage de single de cette suite du LP de 1975. La version assemblée et réduite ne doit pas être confondue avec l’enchaînement original de l’album.
13 — The Back Seat of My Car
Grande composition de Ram, marquée par une orchestration changeante. Son inclusion rappelle que les ambitions de forme et de son de Wings naissent en partie dans les séances solo de 1970–1971.
14 — Rockestra Theme
Enregistré pour Back to the Egg en 1978, ce morceau réunit des invités prestigieux, notamment Pete Townshend et John Bonham, autour du noyau Wings. Les listes complètes d’instrumentistes varient selon la documentation.
15 — Girlfriend
Composition de McCartney présente sur London Town, puis enregistrée par Michael Jackson. Cette double carrière éclaire l’écriture de Paul au-delà de la discographie du groupe.
16 — Waterfalls
Titre solo de McCartney II, publié en 1980. Wingspan présente une version DJ Edit ; la différence de durée relève d’un montage à inventorier.
17 — Tomorrow
Chanson du premier album Wild Life (1971) interprétée par les Wings. Elle lie simplicité mélodique, travail de chœurs et aventures ultérieures de la chanson dans d’autres enregistrements.
18 — Too Many People
Titre de Ram, souvent commenté pour ses allusions à John Lennon. L’étude des interprétations ne doit pas remplacer la description de la composition et de la prise originale.
19 — Call Me Back Again
Chanson de Venus and Mars à forte couleur R&B et section de cuivres. Sa place dans History réhabilite une facette puissante du chanteur de rock que les compilations de hits rendent moins visible.
20 — Tug of War
Chanson solo de 1982, produite dans le nouveau contexte artistique de McCartney après Wings, avec George Martin. La distinction de personnel et de studio reste nécessaire.
21 — Bip Bop / Hey Diddle
Enchaînement particulier qui rapproche une chanson de Wild Life d’un fragment inédit des premières années solo. Une telle piste composite demande une analyse de montage plutôt que l’hypothèse d’une chanson unique.
22 — No More Lonely Nights (Playout Version)
Autre version de la chanson de 1984, distincte de la ballade figurant dans Hits. Le montage et l’arrangement propres à cette reprise constituent un cas exemplaire des variantes retenues par Wingspan.
Les éditions britannique et américaine : Coming Up
L’un des écarts les plus importants concerne Coming Up. La version de studio, enregistrée par McCartney pour son album solo McCartney II, n’est pas la même œuvre sonore que le concert interprété par Wings au Glasgow Apollo en décembre 1979. Les éditions britanniques et américaines de Wingspan ne présentent pas partout le même choix, la version live étant historiquement déterminante pour le succès américain.
Pour un catalogue de collection, cette divergence doit faire l’objet de notices de configuration. Elle change le personnel audible, la provenance de la bande et le statut d’enregistrement live. Une durée approximative, sans audition et sans vérification du code d’édition, n’est pas suffisante.
Versions abrégées, DJ Edit et morceaux composites
Junior’s Farm et With a Little Luck sont indiqués en DJ Edit. Le morceau Venus and Mars / Rock Show est également monté pour le single, et Waterfalls figure en version courte. L’enchaînement Bip Bop / Hey Diddle relève d’un autre cas, car il assemble des éléments provenant de compositions distinctes.
Il est crucial de ne pas rebaptiser tous ces états « remix ». Un edit retire ou juxtapose des passages ; un remix refait les équilibres de pistes ; un remaster intervient sur un mix existant. Les comparaisons doivent indiquer la nature exacte du travail et, lorsque c’est établi, la source des bandes.
Le travail de remastérisation de Geoff Emerick et Peter Mew
La documentation officielle crédite Geoff Emerick et Peter Mew pour la remastérisation, et Paul McCartney comme producteur exécutif. Ces mentions se rapportent à la préparation de l’anthologie de 2001, non à la production initiale de quarante enregistrements réalisés sur quinze années.
Une chanson de 1973 produite par Paul et un single de 1982 conçu avec George Martin conservent leurs crédits historiques d’origine. La compilation crée une nouvelle chaîne de fabrication et de diffusion qui ne doit pas effacer les précédentes.
2001 : le documentaire parallèle Wingspan: An Intimate Portrait
Le film officiel de deux heures paraît le 20 mai 2001. Il est réalisé par Alistair Donald et produit par Alistair et Mary Donald. Les deux productions suivent un mouvement complémentaire : l’album organise une carrière à travers les chansons, tandis que le documentaire associe archives de scène, photographies de famille, récits de Paul et Linda et épisodes de l’histoire des Wings.
La présentation commerciale du film mentionne vingt-deux minutes de scènes non utilisées, des clips de Jet, Rockestra et Let ‘Em In, une galerie d’une centaine de photographies et une discographie. L’interview personnelle entre Paul et sa fille Mary nourrit le récit, mais la réalisation est officiellement attribuée à Alistair Donald, distinction à préserver dans les crédits.
Une anthologie sélective plutôt qu’une intégrale
Aucune compilation de deux disques ne peut contenir la totalité des œuvres, prises alternatives, sessions, concerts et réalisations cinématographiques des Wings. Wingspan privilégie un récit de carrière, alors que des chansons majeures pour le collectionneur restent absentes : plusieurs pistes d’album, faces B, titres joués seulement en concert, essais non publiés et variations nationales.
Une base de référence doit donc présenter Wingspan comme un objet éditorial parmi d’autres, sans le prendre pour une liste exhaustive. Elle doit le relier à des index distincts des œuvres, des masters, des enregistrements et des pressages.
Le livret et le songbook : compléments matériels
La sortie s’accompagne d’un livre de partitions publié par MPL en juin 2001, comptant 176 pages selon le catalogue officiel. Ce document ne remplace pas le livret du double album mais aide à retrouver le programme annoncé et les choix d’écriture des titres.
D’autres supports matériels et éditions sont à distinguer : disque compact commercial, éventuels exemplaires promotionnels, livre de partitions, film documentaire et édition DVD. Ils appartiennent au même projet Wingspan mais ne sont pas interchangeables dans une discographie de collection.
Accueil critique et succès au Royaume-Uni
L’Official Charts Company classe Wingspan à la cinquième place du classement britannique des albums pour la semaine du 19 mai 2001. La compilation reste sept semaines dans le Top 100. Ce classement mesure le succès du double album de 2001 et ne donne aucune indication directe sur les ventes originales des singles de Wings.
La réception de l’anthologie se situe dans une période de réévaluation de l’œuvre post-Beatles de McCartney. Les auditeurs disposent alors d’un récit liant les succès et des pistes longtemps connues surtout des amateurs, ce qui contribue à élargir la compréhension d’une discographie complexe.
France, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, États-Unis : ce qu’il faut vérifier
Les répertoires de collection indiquent notamment une édition européenne Parlophone / MPL avec référence 5328502 et code EAN 0724353285029. L’Official Charts Company consigne la référence britannique 5328501 dans ses données, qui doit être rapprochée des numéros de composants et du conditionnement réel du double disque.
Les pressages français, allemands et japonais doivent être identifiés sur photographie de la tranche, du dos, du disque et de l’insert. Un même code-barres distribué dans plusieurs pays ne prouve pas l’existence de plusieurs pressages industriels. Les inscriptions IFPI, matrices et mentions de fabrication restent indispensables.
Au Japon, il faut rechercher les éventuelles éditions avec obi et livret localisé, sans présumer qu’une référence « import Japon » désigne une fabrication japonaise. Aux États-Unis, vérifier la configuration de Coming Up sur l’exemplaire et les crédits nationaux ; au Royaume-Uni, conserver les informations de l’édition Parlophone. Les données incertaines sont des pistes d’enquête, pas des références de catalogue attestées.
La discographie à plusieurs niveaux : œuvre, enregistrement, édition
Pour chaque plage, Yellow-Sub.net peut relier une notice d’œuvre aux sessions, à l’interprète original, aux états de mixage, à la première parution et à la présence sur Wingspan. Cette représentation empêche de confondre une chanson comme With a Little Luck avec son montage DJ Edit ou une chanson solo comme Coming Up avec sa version live de Wings.
Le modèle de données est essentiel pour répondre correctement à des recherches comme « toutes les faces B des Wings », « quels titres de Wingspan sont des enregistrements solo ? » et « quelles versions figurent sur la compilation de 2001 ? ». Le récit historique et l’identification matérielle doivent fonctionner ensemble.
Continuer la recherche sur Yellow-Sub.net
Explorer les autres anthologies et archives officielles des Wings, les monographies de chansons et leurs versions, et le guide de collection international. La présente notice situe la compilation dans un corpus plus large où chaque enregistrement doit être identifié précisément.












