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Ringo Starr, “Photograph” et le fantasme des cent ans

Ringo Starr explique pourquoi “Photograph”, coécrite avec George Harrison, est la chanson qu’il pourrait chanter cent ans. Genèse, émotion, Concert for George : (re)découvrez ce classique post-Beatles et plongez dans son histoire.

Après la fin des Beatles, Ringo Starr a traîné son astérisque comme une ombre : “oui, mais…”. Oui, mais le batteur. Oui, mais pas l’auteur. Sauf qu’il suffit d’une chanson pour faire taire les hiérarchies, et cette chanson s’appelle “Photograph”. Coécrite avec George Harrison, elle a l’étrange pouvoir des évidences : une mélodie qui se retient tout de suite, et une tristesse domestique qui serre plus fort qu’un grand drame. Une photo dans la main, un visage qui ne bouge plus, et tout un passé qui revient en marée silencieuse. C’est aussi une histoire d’amitié, celle — trop souvent sous-estimée — de George et Ringo, deux satellites indispensables qui se comprenaient sans discours. Au Concert for George, quand Ringo reprend “Photograph”, le tube devient un adieu, et son refrain se charge d’un sens neuf. Ringo le dira lui-même : il pourrait la chanter “dans cent ans” et y trouver encore du plaisir. Boutade ? Plutôt la définition d’un classique : une chanson assez solide pour vieillir avec nous, et assez simple pour parler à tout le monde.

Ringo Starr : deux chansons-refuges pour survivre aux Beatles

Ringo Starr révèle ses deux chansons Beatles comme des refuges : Don’t Pass Me By, peur d’être laissé derrière, et Octopus’s Garden, rêve d’un abri sous la mer. Une lecture intime de la fin des Beatles, entre fuite, douceur et survie.

On a longtemps raconté Ringo Starr comme une parenthèse souriante au milieu des génies. Pourtant, ses deux chansons Beatles – Don’t Pass Me By et Octopus’s Garden – ressemblent moins à des récréations qu’à des messages de survie envoyés depuis un navire qui prend l’eau. L’une supplie qu’on ne le laisse pas sur le bord de la route, l’autre invente un refuge sous-marin où l’on respire enfin, loin des réunions, des egos et des tempêtes. Entre l’anecdote des œufs-frites, la fuite en Sardaigne et le coup de main fraternel de George Harrison, se dessine un Ringo inattendu : pas le “quatrième Beatle”, mais le ciment émotionnel, l’homme du tempo intérieur, celui qui choisit la douceur comme arme et la simplicité comme courage. Revenir sur ces deux titres, c’est réapprendre à écouter ce que Ringo disait sans hausser la voix : j’ai besoin d’air, j’ai besoin d’un endroit sûr, j’ai besoin qu’on arrête de confondre discrétion et faiblesse. Et si, finalement, la plus belle façon de survivre au génie, c’était de construire un jardin secret au fond de la mer ?

Ringo Starr : la colle des Beatles et le refuge d’Octopus’s Garden

Ringo Starr, batteur indispensable des Beatles : son style, son regard sur Yoko Ono, sa colère après la mort de John Lennon, et pourquoi il veut “Octopus’s Garden” à ses funérailles. Un portrait de la colle silencieuse du groupe.

On l’a longtemps raconté comme un figurant chanceux, le “quatrième Beatle” au sourire facile, celui qui passe derrière les génies en tenant le tempo. Erreur de perspective : Ringo Starr n’est pas le supplément, il est la colle. Le batteur qui ne fait pas de bruit inutile, mais qui rend tout possible — une manière de jouer qui écoute avant de frapper, qui respire avec la chanson au lieu de la dominer. C’est là, dans cette discrétion, que se cache son pouvoir : sur Rain, il invente une lourdeur hypnotique ; sur Tomorrow Never Knows, il transforme la répétition en incantation. Et quand les tensions deviennent théâtre — Yoko dans la pièce, les egos qui s’échauffent — Ringo choisit le pragmatisme affectif plutôt que la posture : si John aime, on compose avec, parce que l’intime n’est pas un champ de bataille rentable. Après la mort de Lennon, sa colère vise ailleurs : le voyeurisme, la tragédie consommée comme un spectacle, la foule qui prend la place du deuil. Puis il reste une image, presque enfantine et pourtant révélatrice : Ringo veut Octopus’s Garden à ses funérailles. Pas un mausolée, une chorale. Un refuge sous la tempête, où l’on se retrouve, où l’on chante ensemble, une dernière fois.

Photograph : Ringo Starr, George Harrison et la plus belle tristesse de l’après-Beatles

Ringo Starr après les Beatles : comment l’amitié avec George Harrison a fait naître “Photograph”, ballade n°1 en 1973. Genèse sur la Côte d’Azur, sessions à Los Angeles, nouveau sens au Concert for George… Lisez l’histoire derrière le sourire.

Après 1970, le monde attendait de Ringo Starr qu’il choisisse un camp, qu’il se rêve en rival ou en martyr. Il a préféré une autre voie : celle du « Fab friend », le type qui désamorce les guerres d’ego et continue de jouer du rock’n’roll comme on ouvre une fenêtre. C’est dans cette simplicité — trois accords, un sourire, et l’essentiel — que sa carrière solo trouve sa vérité. Et c’est aussi là que surgit l’une des plus belles complicités de l’après-Beatles : Ringo et George Harrison, loin du duel Lennon/McCartney, unis par une fraternité sans calcul. De l’atelier d’Octopus’s Garden à l’ombre bienveillante de It Don’t Come Easy, Harrison agit en artisan discret, ajoutant des couleurs sans voler la chanson. Jusqu’à Photograph, ébauchée au soleil du sud de la France, puis enregistrée en 1973 avec le luxe sobre de Richard Perry : une ballade de rupture retenue, humaine, qui grimpe au sommet des charts sans crier au chef-d’œuvre. Et quand Ringo la reprend au Concert for George, le 29 novembre 2002, la photo change de cadre : ce n’est plus seulement l’amour perdu, c’est l’ami disparu. Derrière la légèreté assumée, on entend alors ce que Ringo a gagné autrement : la durée, la pudeur, et cette façon rare d’être grand sans hausser le ton.

Ringo Starr, écrivain du temps : le procès du « maillon faible » renversé

Ringo Starr n’est pas le « maillon faible » : plongée dans le White Album, lecture de « Don’t Pass Me By » et éclairage via « Octopus’s Garden ». Batterie, feel, écriture : découvrez pourquoi il tenait l’édifice Beatles.

On a longtemps raconté l’histoire des Beatles comme un podium : Lennon et McCartney en tête, Harrison en embuscade, et Ringo Starr relégué au rang de sympathique figurant. Sauf qu’un groupe ne se juge pas au bulletin trimestriel : il se juge à sa chimie. Et la chimie Beatles, c’est aussi ce batteur qui ne cherche jamais à gagner la course, mais à faire avancer la chanson. Ce papier remonte le fil d’un procès commode – celui du « maillon faible » – pour le retourner. Car le génie de Ringo, c’est l’économie devenue esthétique : un feel qui tord le temps, une caisse claire comme ponctuation, un break comme respiration. Puis vient la question qui fâche : l’écriture. Sur le White Album, le grand déversoir de 1968, Ringo signe enfin « Don’t Pass Me By », chanson bancale, honky-tonk, sabotée par une image trop étrange… mais touchante par son obstination. Et quand le même Ringo trouve son registre, avec l’utopie limpide d’« Octopus’s Garden », le verdict change de couleur. Au fond, ce texte défend une idée simple : Ringo n’a peut-être pas écrit les plus beaux couplets des Beatles, mais il a écrit leur allure. Et ça, dans une légende d’auteurs, mérite mieux qu’un ricanement.

Ringo Starr une superbe interview à découvrir !

À 83 ans, Ringo Starr avance sans nostalgie : tournée millimétrée avec son All-Starr Band, relais entre classiques et surprises (“With a Little Help…”, “Yellow Submarine”, “Octopus’s Garden”), atelier Star Art au Venetian et bénéfices pour la Lotus Foundation. Curieux, il peint, pratique le spin art et s’est même amusé avec Kid Pix. Côté archives, il annonce un Anthology 4 (démos, prises, remixes de Giles Martin) et une série sur Disney+. Prochain cap : un album country avec T-Bone Burnett, où il chante, compose et bat.

L’histoire d’« Octopus’s Garden » : quand Ringo Starr invente son jardin sous la mer

De la Sardaigne à Abbey Road, découvrez la genèse et l’héritage d’« Octopus’s Garden », la chanson marine de Ringo Starr devenue un classique des Beatles.

« Octopus’s Garden », écrite par Ringo Starr et parue sur Abbey Road en 1969, naît d’une inspiration en Sardaigne après son départ temporaire des Beatles. Développée avec l’aide de George Harrison, la chanson se distingue par son atmosphère aquatique, ses effets de bulles en studio et ses harmonies douces. Considérée d’abord comme une pièce légère, elle est devenue au fil des décennies un symbole de refuge et d’amitié, dernière chanson des Beatles chantée par Ringo. Elle illustre l’alchimie collective du groupe et l’art d’habiller une idée simple en vignette pop durable.

Les Beatles ont-ils vraiment sorti un album parfait ?

Qu’est-ce qu’un album parfait chez les Beatles ? Analyse des disques mythiques et des critères d’exigence, de « Revolver » à « Let It Be ».

Les Beatles ont-ils créé un jour un album parfait ? De « Revolver » à « Abbey Road », en passant par « Sgt. Pepper » ou « Rubber Soul », l’article explore ce qui rend un disque quasi irréprochable : cohérence, réception, audace ou sobriété. Verdict : la perfection est un horizon plus qu’un verdict.

Ringo claque (encore) la porte à cause de « Polythene Pam »

Ringo Starr quitte brièvement les Beatles pendant Abbey Road, vexé par Lennon sur « Polythene Pam ». Une tension révélatrice de la fin du groupe.

En 1969, Ringo Starr quitte brièvement le studio après une remarque de Lennon sur « Polythene Pam », avant de revenir enregistrer une version brillante. Ce moment, peu connu, éclaire les tensions et la rigueur créative qui marquent la fin des Beatles. La chanson, insérée dans le medley d’Abbey Road, devient un rouage essentiel du chef-d’œuvre, révélant la maîtrise collective malgré les fissures.

Les Beatles cartonnent sur Spotify : des classiques aux pépites inattendues

Même en streaming, les Beatles triomphent : leurs chansons anciennes séduisent toujours autant, des grands classiques aux morceaux les plus surprenants.

Plusieurs chansons des Beatles viennent de franchir les 100 millions d’écoutes sur Spotify, confirmant leur place unique dans le paysage musical moderne et leur impact sur toutes les générations.

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