Bannière de la filmographie de Ringo Starr — cinéma et télévision

Ringo Starr · Documentaire rock · 1979

The Kids Are Alright (1979) : Ringo Starr raconte Keith Moon

Dans le documentaire The Kids Are Alright de Jeff Stein, Ringo Starr parle de son ami Keith Moon, le batteur des Who. Sorti en 1979 après la disparition de Moon, le film assemble archives de scène, télévision et interviews. Ringo n’y joue pas avec le groupe : il intervient comme témoin. Cette étude revient sur leur amitié, les images de Shepperton, l’histoire du film et ses éditions restaurées.

Fiche technique de The Kids Are Alright (1979)

Titre : The Kids Are Alright (documentaire des Who). Réalisation et scénario : Jeff Stein. Année : 1979 ; présentation à Cannes en mai 1979. Groupe principal : Roger Daltrey, Pete Townshend, John Entwistle et Keith Moon. Matériaux : archives télévisées, concerts et nouvelles séquences filmées à la fin des années 1970. Dernière grande captation avec Keith Moon : Shepperton Studios, mai 1978. Ringo Starr : lui-même, intervenant en entretien à propos de son ami Keith Moon. Éditions : cinéma 1979 ; DVD restauré en 2003, rééditions selon les territoires. Durée : variable selon les notices et copies, environ 100 à 109 minutes.

1979 : un documentaire sur les Who où Ringo apparaît comme ami de Keith Moon

The Kids Are Alright appartient à l’histoire audiovisuelle du groupe britannique The Who. Réalisé par Jeff Stein et présenté en 1979, il rassemble une multitude de films, d’interviews et de prestations enregistrées depuis les débuts de Roger Daltrey, Pete Townshend, John Entwistle et Keith Moon. Ringo Starr n’est pas l’un des quatre musiciens du groupe et n’interprète pas un morceau sur scène dans ce film. Il intervient au titre d’ami et de témoin de Keith Moon.

Cette participation est précieuse pour la filmographie de Ringo car elle révèle un rôle différent de ses prestations de batteur ou de chanteur. Il ne vient pas parler de la séparation des Beatles ni défendre son propre album. Il apparaît dans les séquences d’entretien qui ponctuent un portrait consacré à d’autres artistes et évoque la personnalité de Moon, figure aussi fascinante que tourmentée de la batterie rock.

Jeff Stein : un admirateur chargé de retrouver l’histoire filmée des Who

Jeff Stein entreprend le film en grand admirateur du groupe. Son intention est de réunir des archives qui témoignent de l’importance des performances des Who et de leur rapport explosif à la scène. Au milieu des années 1970, ce patrimoine est dispersé entre émissions, producteurs, salles de concert, compagnies de télévision et collections privées. Le travail de recherche demande des négociations et des repérages considérables.

Le film ne suit pas rigoureusement l’ordre de toutes les années du groupe. Stein juxtapose des prestations télévisées, des spectacles et des rencontres humaines pour restituer une énergie. Les scènes de conversation avec Ringo appartiennent à cet assemblage : elles éclairent Keith Moon comme personne, non simplement comme instrumentiste réalisant des prouesses.

Keith Moon, un batteur dont la légende a parfois effacé la personne

Keith Moon demeure associé à un style spectaculaire, fondé sur le mouvement, la puissance et une relation presque théâtrale avec son instrument. Ses exploits scéniques et ses débordements privés ont nourri d’innombrables anecdotes. Pourtant, l’existence d’une légende humoristique peut réduire une personne à une succession d’incidents. Le documentaire de Stein tente précisément de montrer le musicien derrière les récits extravagants.

Ringo contribue à cette perspective parce qu’il connaît Moon personnellement. Leur relation appartient à la communauté du rock britannique et dépasse la rivalité imaginaire entre batteurs célèbres. Le spectateur découvre ainsi une amitié traversée par les changements d’une époque, mais qui ne se résume pas à une comparaison technique entre les styles de batterie des Beatles et des Who.

Ce que dit réellement Ringo dans son entretien

Une séquence du documentaire montre Ringo évoquant les nombreuses histoires que d’autres amis pourraient raconter à propos de Keith Moon. Il cite le type d’anecdotes qui ont construit sa réputation : destructions de chambres, voitures envoyées dans des lieux improbables et autres excès. Puis il précise que son intention est surtout de parler du Keith qu’il connaissait et aimait.

Cette prise de parole possède une valeur affective particulière. Ringo ne cherche pas à surenchérir dans la collection d’exploits. Il déplace l’attention de la légende médiatique vers la relation humaine. On peut analyser cette différence sans reproduire de longues citations du film. La scène confirme que sa participation est bien un témoignage tourné ou intégré pour le projet, plutôt qu’un simple visage aperçu au milieu d’archives anonymes.

Ringo et Keith : une amitié au-delà des frontières des groupes

Dans les années 1960 et 1970, les musiciens britanniques se croisent régulièrement dans les studios, les concerts et les soirées. Les Beatles et les Who représentent deux histoires de groupes différentes, mais leurs membres appartiennent à un environnement professionnel commun. Ringo et Keith partagent un langage de batteurs et le fait d’avoir connu une célébrité extrêmement rapide.

La relation est également importante pour comprendre certains liens ultérieurs entre les familles. Zak Starkey, fils de Ringo, développera une relation profonde avec la musique des Who et jouera avec le groupe de nombreuses années plus tard. Il serait simpliste d’affirmer qu’une seule amitié explique toute cette trajectoire, mais les proximités humaines et musicales créent un contexte intéressant.

Les archives : télévision, Woodstock et les grands concerts

Le film de Stein comporte des séquences provenant de la télévision britannique et américaine, dont Ready Steady Go!, The Smothers Brothers Comedy Hour et plusieurs concerts majeurs. Les passages où les Who détruisent leurs instruments donnent à voir une conception spectaculaire de la performance, très différente des apparitions télévisées classiques.

Les images de Woodstock et d’autres festivals contribuent à restituer le développement de leur puissance scénique. Ringo n’apparaît pas sur chacune de ces séquences et ne doit pas être crédité comme participant à ces concerts. Sa place concerne surtout les entretiens consacrés à Moon. La durée totale du film ne reflète donc pas son temps de présence à l’écran.

Les séances de Shepperton en mai 1978

Le réalisateur souhaite pouvoir présenter certaines compositions essentielles avec une qualité d’image et de son satisfaisante. Une première tentative de captation au Kilburn State Theatre en décembre 1977 ne répond pas pleinement à ses attentes. Les Who se réunissent ensuite aux studios de Shepperton en mai 1978 pour enregistrer de nouvelles performances destinées au film.

La chanson Won’t Get Fooled Again y connaît une interprétation particulièrement intense, retenue pour conclure l’œuvre. Ces images prennent une dimension rétrospective immense : il s’agit de l’une des dernières grandes performances filmées de Keith Moon avec les Who. Il faut néanmoins rappeler que Ringo ne joue pas à sa place lors de cette séance ; le batteur visible derrière les fûts est bien Keith Moon.

7 septembre 1978 : la disparition de Keith Moon

Keith Moon meurt le 7 septembre 1978, alors que le travail sur le documentaire n’est pas entièrement terminé. L’événement transforme profondément la réception du film. Ce qui devait raconter l’histoire énergique d’un groupe devient également un hommage posthume à un musicien disparu avant la sortie de l’œuvre.

L’entretien de Ringo prend dès lors une signification nouvelle. Son souhait de parler de l’homme qu’il aimait peut être entendu comme une déclaration d’amitié devant la disparition de Moon. Mais la chronologie des prises de vues doit être respectée : un témoignage enregistré avant le décès n’est pas automatiquement une déclaration prononcée à l’occasion d’obsèques. La valeur du documentaire tient aussi à cette différence entre fabrication et réception.

Cannes 1979 : un film consacré à un groupe déjà transformé

The Kids Are Alright est présenté au Festival de Cannes en mai 1979 avant sa diffusion plus large. Entre les dernières images filmées avec Keith Moon et la première publique, les Who ont dû affronter la disparition de leur batteur. Le spectateur regarde donc des images d’une formation originale qui ne pourra plus se réunir dans cette configuration.

Le documentaire donne malgré tout la priorité à l’énergie du groupe, à ses chansons et à ses moments de scène. Ce n’est ni une simple nécrologie ni une reconstitution dramatique. Ringo occupe une petite place dans ce portrait collectif, mais cette place est suffisamment significative pour justifier une fiche autonome dans la filmographie de l’ancien Beatle.

L’album de la bande sonore et la distinction des supports

Une bande originale est publiée en 1979. Elle rassemble plusieurs enregistrements des Who, dont certaines performances sont associées au film. Le choix des prises et des morceaux est organisé pour l’écoute, et la liste des pistes ne reprend pas nécessairement l’ordre ni la totalité des images.

Ringo n’est pas musicien sur cet album du seul fait qu’il apparaît comme témoin dans le documentaire. C’est une distinction fondamentale pour la discographie. Son nom relève du générique audiovisuel, tandis que le disque possède des crédits instrumentaux centrés sur les membres des Who et leurs enregistrements.

2003 : le DVD restauré et le retour aux sources originales

Le catalogue officiel des Who souligne l’importance de la réédition DVD de 2003. Elle cherche à restaurer le montage cinématographique original sans ses coupures et à présenter les images à la bonne vitesse, avec une piste sonore multicanale. De nouveaux suppléments permettent également de mieux comprendre la recherche d’archives et la fabrication du film.

Les éditions britanniques de 2004 et les publications ultérieures ne constituent pas nécessairement des films nouveaux. Le contenu audiovisuel peut rester proche alors que le distributeur, les langues, la région et les compléments changent. Une fiche de vidéographie doit identifier le support précis avant de figer une durée ou une liste de bonus.

Un documentaire sur les Who qui éclaire aussi Ringo Starr

L’utilité de cette fiche réside dans la précision de son classement. The Kids Are Alright est un film de Jeff Stein consacré aux Who, sorti en 1979. Ringo Starr y apparaît en tant que proche de Keith Moon, et non comme membre du groupe, réalisateur, musicien invité à Shepperton ou narrateur général. Ce crédit peut être vérifié à partir du film lui-même et des catalogues.

L’épisode révèle une dimension humaine de la carrière de Ringo que les discographies ne peuvent restituer. Il montre un batteur parlant avec affection d’un autre batteur, dans une œuvre dont le sujet dépasse entièrement l’histoire des Beatles. Une filmographie encyclopédique gagne à conserver ces participations modestes, à condition de ne pas leur attribuer un rôle plus important que celui réellement tenu.

Documentation et crédits

The Who, site officiel, notice de The Kids Are Alright et rééditions DVD ; Turner Classic Movies, dossier rétrospectif du film de Jeff Stein ; PBS, notice de la diffusion 2024 et images de Shepperton ; générique et séquence d’entretien de Ringo Starr dans le film original ; programme du Festival de Cannes, mai 1979. Aucun lien externe n’est inséré dans le texte.

À découvrir : The Last Waltz (1978), Concert for Bangladesh et toute la filmographie.