Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · HISTOIRE DE LA PRESSE · TOURNÉE AMÉRICAINE 1976

Wings Over America dans la presse de 1976 : Rolling Stone, Time, Billboard, radios et télévision

Entre le 3 mai et le 23 juin 1976, Paul McCartney et les Wings redeviennent l’un des principaux sujets de la presse musicale et généraliste américaine. Dix ans se sont écoulés depuis les derniers concerts américains des Beatles : le public et les journalistes cherchent un ancien Beatle, mais découvrent une formation dont les membres, le répertoire et l’organisation se sont profondément affirmés. Les reportages de Rolling Stone, Time, Billboard et de la presse locale rendent visible cette transformation.

Cette étude constitue la partie presse, radio et télévision de l’encyclopédie Wings Over America. Elle ne reproduit ni les setlists des trente et une soirées individuellement documentées ni la tracklist du triple album. Elle analyse les récits de tournée, les comptes rendus, les entretiens, leurs dates de diffusion et les problèmes de provenance posés aux collectionneurs. Aucun entretien non authentifié n’est présenté comme une source définitive, et aucune citation longue de la presse de l’époque n’est reproduite.

De l’attente d’une tournée de McCartney au jugement porté sur les Wings

La tournée américaine de 1976 n’est pas seulement un événement musical : elle donne lieu à un affrontement d’interprétations entre la mémoire des Beatles et l’existence désormais réelle d’un autre groupe. Lorsque les premiers concerts sont annoncés, Paul McCartney n’a plus effectué de tournée aux États-Unis depuis le dernier parcours américain des Beatles en 1966. L’absence de scène américaine pendant près d’une décennie suffit à expliquer la curiosité des grands quotidiens et des hebdomadaires généralistes. Mais la formation qui se présente en mai 1976 n’est pas une simple équipe de musiciens d’accompagnement réunie pour recréer les années 1960.

Les Wings ont d’abord traversé une période de petites salles, de tournées britanniques et européennes, de changements de personnel puis de succès discographiques internationaux. En 1976, la présence de Linda McCartney, Denny Laine, Jimmy McCulloch et Joe English, ainsi que de quatre musiciens de cuivres, fournit une identité de scène autonome. Les reportages de la presse doivent donc être lus sur deux plans : ce qu’ils écrivent effectivement sur la musique et ce qu’ils projettent sur l’ancienne célébrité de McCartney.

Le premier réflexe de nombreux titres est de souligner le retour d’un Beatle devant un public américain. Ce cadrage répond à une information historique exacte, mais il n’est pas suffisant pour décrire un spectacle qui compte les propres succès de Wings, des passages acoustiques et des chansons confiées aux partenaires du groupe. L’un des enjeux de la tournée est précisément de savoir si la presse accepte de décrire les Wings comme une formation dont la qualité doit être examinée sur scène, et pas uniquement comme le véhicule d’un ancien membre des Beatles.

Fort Worth, 3 mai : premier concert américain et premières critiques

La première soirée nord-américaine, le 3 mai 1976, se déroule au Tarrant County Convention Center de Fort Worth. Elle est un point de départ documentaire exceptionnel, car les médias qui couvrent l’événement peuvent y confronter l’annonce du retour de McCartney à un spectacle enfin observable. Les commentaires publiés les jours suivants soulignent notamment la puissance et la cohésion musicale d’une formation que certaines critiques connaissaient surtout par ses disques.

Dans son important reportage de juin, Ben Fong-Torres rappelle que le New York Times avait rendu compte du concert de Fort Worth en insistant sur la maîtrise scénique et sur un son plus énergique que prévu. Il importe de distinguer la date du spectacle, le moment où une première critique est écrite et la date du reportage qui la cite ensuite. Une formule reprise en juin ne constitue pas un compte rendu écrit en juin sur un concert tenu ce mois-là.

Les éléments de presse sur Fort Worth doivent être rattachés à la fiche du concert, qui conserve sa salle, sa date et le programme de la soirée. En revanche, l’analyse de la formulation journalistique — surprise face à la capacité du groupe, références aux Beatles, représentation de Paul et de Linda — appartient à la présente étude de réception. C’est le moyen d’enrichir la documentation sans créer deux notices concurrentes pour une même performance.

Lire la fiche du concert de Fort Worth du 3 mai 1976.

15 mai : Record Mirror interroge Linda et regarde le groupe comme un collectif

La presse musicale britannique suit elle aussi cette tournée américaine. Un article de John Crowley, publié dans Record Mirror le 15 mai 1976, aborde l’expérience des premiers concerts texans et s’intéresse aux Wings comme unité construite progressivement. Les débuts improvisés de février 1972, les longs circuits européens et l’apprentissage des grandes productions sont présentés comme les étapes d’une formation qui a mûri au contact de la scène.

Le rôle de Linda McCartney constitue un thème sensible. Une partie des journalistes la désigne par son identité de photographe et d’épouse de Paul, puis évalue son travail aux claviers et au chant avec des attentes différentes de celles réservées aux autres membres. Cette manière de regarder le groupe doit être analysée comme un phénomène de discours médiatique, et non reprise comme un jugement encyclopédique objectif. Les interventions de Linda sur les enregistrements et les films peuvent être étudiées indépendamment de ces appréciations.

Le nom de la publication est ici un élément bibliographique essentiel à l’objet étudié : Record Mirror relève de la presse musicale, non d’une agence chargée de la billetterie. Un titre d’article, un entretien avec un musicien, une critique de concert et un reportage de coulisses ne sont pas des sources interchangeables. Le premier documente une manière de raconter, le deuxième une parole attribuée, le troisième l’écoute d’un soir, le quatrième les conditions entourant la tournée.

Billboard, 5 juin : un compte rendu du Madison Square Garden

Le numéro de Billboard daté du 5 juin 1976 contient un reportage signé Jim Fishel sur l’arrivée des Wings à New York le 24 mai. Ce témoignage, contemporain de la tournée, décrit le concert comme un spectacle particulièrement bien contrôlé sur le plan du son, des effets et de la durée. Le journaliste insiste notamment sur la netteté de la sonorisation suspendue dans l’enceinte et sur l’absence de première partie, le groupe jouant d’une seule traite.

Le chiffre d’environ 140 minutes mentionné dans ce reportage concerne la soirée dont il rend compte ; il ne faut pas l’attribuer sans contrôle aux trente et une dates du circuit. Cette différence est capitale : une appréciation technique portée sur la configuration d’une salle, à New York, ne fournit pas la preuve que la même implantation des enceintes ou la même durée exacte aient été reproduites à Fort Worth, Seattle ou Inglewood.

La publication de Billboard présente un intérêt particulier pour l’histoire de l’industrie musicale. Contrairement au simple journal de fans, elle s’adresse aussi aux professionnels du spectacle et des disques. Ses descriptions des moyens de sonorisation, de la gestion de l’espace et de la réponse du public peuvent donc contribuer à documenter la sophistication de Wings Over America, à condition de ne pas transformer un reportage admiratif en données quantitatives vérifiées pour chaque ville.

Les deux soirées new-yorkaises doivent rester distinctes : concert du 24 mai et concert du 25 mai. L’étude complémentaire sur les deux dates au Madison Square Garden développe leur histoire propre.

Time, 31 mai : la couverture d’un grand hebdomadaire généraliste

Le magazine Time publie le 31 mai 1976 un article sur le retour de Paul McCartney en tournée aux États-Unis. Ce regard généraliste présente le concert comme un événement de culture populaire, mais reconnaît aussi la force de la prestation collective. Le journaliste décrit une production visuelle soigneusement maîtrisée, des effets utilisés avec mesure et une énergie musicale que le disque seul ne permettait pas à tous les lecteurs d’anticiper.

Les analyses de Time opposent implicitement deux phénomènes : l’image d’un ancien Beatle chargé de souvenirs et celle d’un artiste contemporain doté d’un répertoire qui continue à conquérir les classements. Les références à Silly Love Songs et à Wings at the Speed of Sound appartiennent à la deuxième perspective. La publication de cet article ne signifie pas que la revue ait suivi l’intégralité des dates de tournée : il s’agit d’un reportage de période, qui articule des observations et un portrait.

Pour un historien des Wings, il est intéressant de rapprocher les jugements de Time de ceux de la presse musicale spécialisée. Le premier lectorat attend une mise en récit accessible de la carrière de McCartney ; le second s’attache plus volontiers à la qualité des solos, aux cuivres, aux interventions de Denny Laine et de Jimmy McCulloch ou aux caractéristiques techniques du son. Ces différences de public éditorial expliquent pourquoi des critiques de la même tournée peuvent paraître contrastées sans qu’aucune soit nécessairement incohérente.

Rolling Stone, 17 juin : Ben Fong-Torres et l’entretien de Toronto

Le grand reportage de Ben Fong-Torres publié par Rolling Stone le 17 juin 1976 occupe une place de premier plan dans l’histoire des Wings. Il résulte notamment d’une rencontre avec le groupe autour du concert de Toronto du 9 mai. La distinction entre ces deux dates est indispensable : le 9 mai appartient au calendrier scénique et à l’activité de la presse dans les coulisses, tandis que le 17 juin correspond à la date de publication de l’article.

Le journaliste décrit précisément l’effectif du spectacle : Paul McCartney, Linda, Denny Laine, Jimmy McCulloch, Joe English et quatre instrumentistes de cuivres. Il analyse la capacité du groupe à passer du rock électrique à des passages plus intimes et observe la réaction particulière du public lorsque McCartney reprend certaines chansons des Beatles. Le reportage met ainsi en évidence la tension entre la volonté des Wings d’être jugés en tant que groupe et la persistance d’une admiration concentrée sur Paul.

Une partie du texte est consacrée à l’organisation matérielle de la tournée. Les observations touchent aux véhicules, aux déplacements, à la sécurité, à l’entourage, à la communication et aux objets promotionnels portés ou vendus. Ces détails ont leur valeur historique propre : ils permettent de comprendre le passage des premières tournées presque artisanales des Wings à un dispositif international où la musique, les transports, les relations publiques et les produits dérivés fonctionnent ensemble.

Les paroles rapportées par un journaliste demeurent des déclarations faites dans une situation d’entretien. Le rôle de l’encyclopédie n’est pas de les transformer en constat impersonnel, mais de préciser qui parle et ce que cette parole veut établir. Lorsqu’un musicien insiste sur l’autonomie des Wings par rapport aux Beatles, l’historien peut décrire ce projet sans l’utiliser comme preuve que le public ou tous les critiques partageaient déjà ce point de vue.

Retourner au concert du 9 mai à Toronto et à la chronologie de sa journée.

Chicago, 31 mai–2 juin : trois soirées et une couverture locale suivie

Le Chicago Stadium accueille Wings les 31 mai, 1er et 2 juin 1976. Cet enchaînement est particulièrement propice à une étude de réception, car la presse locale peut publier une critique après la première soirée, puis une nouvelle réaction ou un entretien pendant que les artistes sont toujours dans la ville. Les articles conservés de Lynn Van Matre dans le Chicago Tribune illustrent cette continuité.

Dans son compte rendu daté du 2 juin, la journaliste examine le concert du 31 mai et met en évidence l’efficacité du spectacle ainsi que l’usage des effets scéniques. Le 3 juin, un autre texte rapporte des propos de McCartney et replace les trois représentations dans la longue histoire de ses concerts à Chicago. Une datation précise évite de fusionner critique du lundi, entretien du mardi et article publié le mercredi.

Ces documents donnent accès à autre chose qu’une setlist : ils montrent les attentes des lecteurs de la ville, la manière dont le retour d’un ancien Beatle est annoncé et la question du futur du groupe. Ils ne permettent pas, en revanche, d’affirmer que les trois soirées avaient exactement la même durée, les mêmes réactions du public et les mêmes séquences improvisées. Le calendrier et la provenance des citations doivent être préservés.

Chicago, 31 mai · Chicago, 1er juin · Chicago, 2 juin.

La radio et la télévision : un deuxième calendrier parallèle aux concerts

La réception journalistique et les actions promotionnelles d’une compagnie doivent être classées séparément. Un entretien publié, une campagne de billets ou un film publicitaire ne sont pas des documents équivalents. L’étude des publicités et campagnes des Wings détaille les canaux de diffusion utilisés pour les disques ; la présente page conserve l’analyse de la presse qui a couvert les concerts américains de 1976.

Les Wings de 1976 sont présents dans les journaux mais aussi à la radio et à la télévision. Les collections de témoignages et de bandes qui circulent chez les passionnés attribuent des émissions ou interviews à la zone de Cleveland en mai, à New York les 24 et 25 mai, à Kansas City les 29 et 30 mai, à Chicago à la fin du mois, ainsi qu’à Seattle le 10 juin. Ces signalements forment de précieuses pistes de recherche, mais leurs intitulés ne doivent pas être considérés comme des crédits définitivement établis sans identification des enregistrements originaux.

Certains montages de collection contiennent des extraits repris dans plusieurs programmes : une radio peut rediffuser une partie d’un entretien initialement accordé à un autre média. Une date inscrite sur la pochette d’une compilation privée peut correspondre à la diffusion, à l’enregistrement ou au jour du concert voisin. Les trois sont historiquement distinctes. L’enquête doit rapprocher les annonces de stations, les noms des intervieweurs, les journaux de programmes et le contenu des bandes avant de produire une chronologie définitive.

Parmi les archives régulièrement mentionnées figurent un entretien associé à WNEW et à Dennis Elsis, des extraits de presse autour de Kansas City, des échanges radiophoniques de Chicago et des images télévisées liées à Seattle. L’intérêt encyclopédique ne réside pas seulement dans la possibilité de les écouter aujourd’hui : ces documents exposent la façon dont la troupe se présente au public, comment les autres musiciens prennent la parole et comment le discours public de McCartney évolue pendant la tournée.

La télévision peut également apporter des informations sur les vêtements, les instruments, les lieux et l’aménagement des coulisses. Mais une séquence montée pour un magazine national ne prouve pas que toutes les images qu’elle juxtapose proviennent d’un seul concert. Pour les reportages comme pour les films de scène, il faut conserver la distinction entre les prises, la date de montage, la diffusion et les rééditions ultérieures.

Juin 1976 : Seattle, la télévision et les derniers articles de tournée

La date du 10 juin au Kingdome de Seattle revêt un intérêt majeur dans l’histoire audiovisuelle des Wings, car elle figure parmi les rendez-vous déterminants pour les images qui entreront dans le film Rockshow. L’intérêt d’une captation de concert et celui d’un reportage télévisé sont pourtant différents : la première documente une performance, le second peut mêler interviews, répétitions, coulisses et séquences de scène pour construire un récit.

En juin, la presse dispose aussi du recul des premières semaines du circuit. Les commentaires portent moins seulement sur la surprise d’un retour de McCartney que sur les qualités, les limites et l’ampleur de la production. La même évolution se lit dans les articles publiés après les dernières dates, notamment des entretiens revenant sur l’expérience américaine et son importance dans la vie de Wings. Une publication postérieure au 23 juin peut raconter la tournée sans correspondre à un nouveau concert.

Le classement archivistique doit donc conserver plusieurs axes simultanés : le calendrier des soirées, celui des interviews, celui des publications et celui des diffusions. Ces chronologies peuvent se croiser, mais il serait méthodologiquement fautif de les réduire à une liste unique d’événements portant tous le même statut.

Seattle, Kingdome, 10 juin 1976 : fiche de concert.

La réception est plurielle : admiration, réserves et mémoire des Beatles

La presse de 1976 ne donne pas une réponse unique à la question « les Wings sont-ils un vrai groupe ? ». Les différents articles s’accordent souvent sur l’ampleur du retour américain de McCartney, mais ils n’insistent pas nécessairement sur les mêmes aspects. Pour certains, l’événement est le retour d’un musicien historique ; pour d’autres, c’est la preuve que ses nouveaux partenaires produisent un rock plus convaincant sur scène que ne le suggéraient certains disques.

La perception de Linda McCartney illustre les limites des catégories critiques de l’époque. Les photographes, journalistes et chroniqueurs parlent d’elle comme instrumentiste, épouse de Paul, ancienne photographe ou personnalité publique, et ces registres se mélangent souvent. Une analyse historique peut rapporter le jugement d’un critique sans l’adopter. La place effective de Linda sur les prises live, sa voix, ses claviers et sa participation à l’écriture relèvent d’une autre documentation et doivent être examinées à leur propre échelle.

Denny Laine, Jimmy McCulloch et Joe English contribuent pour leur part à faire évoluer la perception de l’ensemble. La guitare incisive de McCulloch, les interventions de Laine et l’énergie d’English servent souvent aux chroniqueurs pour expliquer pourquoi le spectacle ne se réduit pas à l’accompagnement d’un soliste. La section de cuivres ajoute une dimension spectaculaire et harmonique dont la place doit être évaluée morceau par morceau.

Enfin, le retour de chansons des Beatles peut être lu de deux manières. Il suscite l’enthousiasme d’un public qui ne les avait parfois jamais entendues par leur auteur depuis 1966 ; mais il accentue aussi la comparaison avec l’ancien groupe. Les Wings ne peuvent supprimer ce passé. Le concert de 1976 leur permet au contraire de l’intégrer à une histoire plus vaste, où les pièces de Band on the Run, Venus and Mars et Wings at the Speed of Sound occupent l’essentiel du spectacle.

Presse originale, coupures de journaux et enregistrements de collection

Les collectionneurs doivent distinguer l’exemplaire original d’une revue, son fac-similé, une coupure sans manchette, une transcription partielle et un montage de bandes réalisé plusieurs décennies plus tard. Une page extraite de Time ou de Billboard ne possède pas la même provenance matérielle qu’une citation reproduite dans une biographie. La photographie de la couverture, la pagination, le numéro, l’édition nationale et la date de parution permettent de reconstituer la chaîne documentaire.

Pour une interview radio, on conservera idéalement le nom de la station, celui du programme, celui du journaliste, le lieu d’enregistrement, l’heure ou la date de diffusion quand elle est connue, la durée du document et son éventuelle édition. Lorsque la bande a été nettoyée, montée ou corrigée par un collectionneur, ce travail doit être signalé. Il ne faut ni effacer son intérêt, ni présenter le montage comme le master brut d’une émission de 1976.

Les annonces de concerts et comptes rendus de presse peuvent aussi servir au contrôle géographique : une critique du Cow Palace parle souvent de San Francisco, alors que la salle se trouve à Daly City ; le Forum est associé à Los Angeles mais implanté à Inglewood ; le Capital Centre dessert Washington depuis Landover. De telles désignations commerciales et métropolitaines ne doivent pas devenir des concerts supplémentaires dans la base.

Une photographie légendée seulement « McCartney, 1976, USA » doit enfin rester générique tant qu’aucun autre élément ne permet de l’assigner à une salle et une date. Cette retenue est particulièrement importante lorsqu’une même tenue de scène a été portée plusieurs soirs ou lorsqu’une image a circulé d’agence en agence avec des légendes contradictoires.

Du concert à l’album : la presse de 1976 doit être relue à deux époques

Les critiques publiées pendant la tournée américaine rendent compte des spectacles entre mai et juin 1976. Le triple disque Wings Over America est commercialisé à la fin de l’année et réorganise les performances enregistrées dans plusieurs salles : quatre numéros viennent de Boston le 22 mai, deux du Madison Square Garden le 25, plusieurs de Cincinnati le 27 et de Kansas City le 29, tandis que Denver, Seattle et Inglewood fournissent d’autres séquences. Une critique du concert de New York ne peut donc pas servir d’appréciation directe des prises de Denver ou de l’assemblage final du triple album.

Ce décalage permet une étude de réception en deux temps. Les premières critiques évaluent le jeu des musiciens, le son dans une enceinte et les choix de répertoire devant un public présent. Les articles consacrés au disque jugent ensuite le montage des prises, l’équilibre des faces, la qualité de l’enregistrement, la pochette et la valeur d’une œuvre live écoutée hors de la salle. Les deux périodes appartiennent à une même histoire culturelle, mais ne doivent pas être fondues en un seul jugement médiatique de l’année 1976.

Les dates de presse sont des dates de publication, non des dates de concert

Le Fort Worth Star-Telegram annonce l’ouverture américaine avant le 3 mai puis rend compte de la soirée dans son édition du 4. À Chicago, la couverture de la première nuit paraît alors que la résidence se poursuit. L’étude doit relever séparément jour de représentation, date de rédaction quand elle est connue, date de parution et éventuelle reprise dans des revues ou livres de collection. Cette méthode évite d’attribuer à la deuxième soirée une observation qui concernait la veille.

Enfin, le récit de l’ancien Beatle « retrouvant » les salles américaines ne décrit pas à lui seul la formation. Denny Laine et Jimmy McCulloch disposent de chansons qu’ils chantent et, pour certaines, écrivent ; Linda McCartney est au clavier et aux harmonies ; Joe English assure la batterie et quatre instrumentistes de vents structurent les arrangements. La réception critique doit prendre en compte ces contributions et le fait que les spectateurs entendent en 1976 une formation autonome, sans nier l’importance de l’héritage des Beatles dans l’attente du public.

La presse comme mémoire du passage d’un ancien Beatle à un groupe de scène

La documentation réunie pour 1976 révèle la constitution d’un récit public à plusieurs voix. Les musiciens décrivent leur volonté de construire un vrai groupe, les journaux généralistes évaluent le retour d’une figure culturelle, les magazines spécialisés discutent les arrangements et le spectacle, tandis que les radios et télévisions cherchent des images et des déclarations accessibles à un vaste public. Ces perspectives ne doivent pas être harmonisées artificiellement : leurs différences font partie de l’histoire.

Le concert vécu par le public, sa critique imprimée le lendemain, l’entretien réalisé en coulisses et le triple disque publié en décembre 1976 sont quatre documents historiques de nature distincte. Leur croisement permet de comprendre comment Wings Over America est devenu à la fois une tournée, un disque, un film et un événement de mémoire collective. Le rôle de cette page est d’examiner la presse et ses usages ; celui de l’atlas est de recenser les représentations, et celui des fiches individuelles de conserver les preuves propres à chaque date.

Pour poursuivre : le calendrier des 31 dates individuellement recensées, l’histoire générale de Wings Over the World, les films et archives télévisuelles, les biographies des musiciens.