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Pourquoi Paul McCartney refuse les selfies : l’homme qui ne voulait pas devenir le singe de Saint-Tropez

Paul McCartney refuse les selfies : la raison du singe de Saint-Tropez

Il y a, dans la façon dont Paul McCartney raconte son refus des selfies, quelque chose de très paulien : une image simple, presque comique, et soudain tout un monde qui apparaît derrière. Pas un grand discours sur la célébrité, pas une charge contre les réseaux sociaux, mais le souvenir d’un singe exhibé à Saint-Tropez, posé là pour les touristes, condamné à devenir l’accessoire vivant de la photo des autres. McCartney ne veut pas de ça. Il ne veut pas être capturé, rangé dans un téléphone, transformé en preuve sociale par quelqu’un qui l’a croisé dix secondes au détour d’une rue. Lui qui a passé plus de soixante ans à être regardé, poursuivi, aimé, photographié, décortiqué, n’a pourtant pas cessé de chercher une chose presque impossible à son niveau de légende : rester Paul, simplement Paul, et ne pas se laisser avaler par “Paul McCartney”. Son refus n’est pas un caprice de star ni une marque de mépris envers les fans. C’est même l’inverse : une tentative de sauver quelque chose de vivant dans la rencontre, de préférer la parole à l’image volée, le souvenir à la preuve, l’échange au réflexe pavlovien du smartphone. Derrière cette petite phrase — “je ne fais pas de photos” — se dessine toute une philosophie de la célébrité, de la pudeur et de la survie.

Paul McCartney, ou l’art de rester humain quand on est devenu une légende

Paul McCartney : The Boys of Dungeon Lane et l’art de rester humain

Il y a des interviews qui ne changent pas l’histoire officielle, mais qui déplacent subtilement la manière dont on regarde une légende. Celle accordée par Paul McCartney au podcast The Rest Is Entertainment, dans le décor presque trop symbolique d’Abbey Road, appartient à cette catégorie rare. On n’y découvre pas un vieux sage venu distribuer ses aphorismes depuis le sommet de la montagne, ni un monument fatigué par sa propre statue, mais un homme qui continue de rire, de douter, de regarder la télévision, d’écrire des chansons sur ses parents et de refuser les selfies parce qu’il préfère encore une vraie conversation à une image volée. À l’occasion de la sortie de The Boys of Dungeon Lane, McCartney revient sur Liverpool, la classe ouvrière, les panneaux de rue subtilisés par les fans, les chansons qui vieillissent mieux que leurs auteurs, les nouvelles qui tombent dans le trou noir des concerts, et cette étrange discipline qui consiste à rester normal quand le monde entier vous traite depuis soixante ans comme un artefact culturel. De l’anecdote du singe de Saint-Tropez à la puissance fédératrice de Hey Jude dans une Amérique fracturée, l’entretien dessine moins le portrait d’une icône que celui d’un homme qui a compris, mieux que quiconque, que la fête ne vaut que si elle se partage.

Theodora et Oklou à Cannes : “Get Back”, les Beatles et le refrain politique qui revient par la grande porte

Theodora et Oklou reprennent Get Back à Cannes 2026

À première vue, ce n’était qu’un joli numéro de cérémonie : deux voix de la pop française, Theodora et Oklou, reprenant “Get Back” des Beatles dans le décor impeccable du Festival de Cannes 2026, au moment où Peter Jackson recevait sa Palme d’or d’honneur. Le clin d’œil était évident, presque trop parfait : le cinéaste du Seigneur des Anneaux est aussi l’homme qui a rouvert les archives des Fab Four avec The Beatles: Get Back, fresque documentaire bâtie à partir des sessions de janvier 1969. Mais avec les Beatles, les hommages les plus simples finissent toujours par laisser passer un peu d’ombre. Car “Get Back” n’est pas seulement un rock carré, un retour à l’os après les splendeurs de studio : c’est aussi une chanson née dans une Angleterre travaillée par la xénophobie, les discours d’Enoch Powell et la violence anti-immigrés. Sur la scène du Grand Théâtre Lumière, la reprise signée Theodora et Oklou a donc fait plus que réveiller une cérémonie un peu corsetée. Elle a ramené au présent la mémoire politique d’un refrain que l’on croyait patrimonial, et rappelé qu’une grande chanson pop n’est jamais un bibelot sous verre, mais une matière inflammable qui change de sens selon les corps, les époques et les lieux qui la traversent.

Paul McCartney raconte sa vie en dix chansons, et c’est toute l’histoire secrète des Beatles qui remonte à la surface

Paul McCartney : dix chansons pour raconter la vie d’un Beatle

Il y a chez Paul McCartney une manière très particulière de regarder dans le rétroviseur. Chez d’autres, l’exercice tournerait vite au musée, à la célébration convenue d’une légende qui n’aurait plus grand-chose à prouver. Chez lui, le passé reste une matière vive, presque inflammable, une réserve de sons, de visages et de secousses capables d’éclairer encore le présent. Alors que se profile The Boys of Dungeon Lane, nouvel album annoncé comme un retour vers le Liverpool des origines, McCartney s’est prêté au jeu de l’autoportrait en dix chansons. Non pas dix titres à sa gloire, non pas une parade de classiques signés Beatles ou Wings, mais dix morceaux des autres : Gene Vincent, Chuck Berry, Buddy Holly, Elvis Presley, The Kinks, Bob Dylan, les Beach Boys, The Human League, Prince et, bien sûr, John Lennon. Une simple playlist ? Plutôt une carte intime, où chaque chanson révèle une couche de l’homme et du musicien : le choc du rock’n’roll, la science de la mélodie, l’ouverture poétique, la modernité des années 80, puis l’ombre fraternelle d’Imagine. À travers ces choix, c’est moins la légende McCartney qui parle que l’auditeur émerveillé qu’il n’a jamais cessé d’être.

Mike McCartney, le frère qui avait choisi de ne pas être Paul

Mike McCartney : le frère témoin des Beatles à Hambourg

On connaît les lieux saints de la mythologie Beatles comme on récite une vieille prière pop : Mendips, Forthlin Road, les caves de Hambourg, l’Indra, le Kaiserkeller, le Star-Club. On croit avoir tout vu, tout lu, tout entendu sur ces garçons de Liverpool devenus plus grands que leur propre histoire. Et pourtant, il suffit parfois d’une lettre gardée dans un placard pour que le récit se décale légèrement, retrouve son grain, sa chaleur, sa part domestique. C’est ce que rappelle Mike McCartney, frère cadet de Paul, photographe, musicien, ancien Scaffold et témoin idéal de cette préhistoire où les Beatles n’étaient pas encore les Beatles, mais une bande de lads en transit entre Liverpool et Hambourg. Là où tant d’autres auraient tenté de courir derrière l’aîné devenu astre mondial, Mike a choisi l’oblique : ne pas être Paul, ne surtout pas être Paul, mais regarder, conserver, cadrer, recevoir les nouvelles venues d’Allemagne. Ses lettres et photographies exposées à Hambourg racontent moins une gloire qu’un moment fragile : celui où le destin avance encore en vêtements ordinaires, sans savoir qu’il deviendra bientôt une légende.

Julian Lennon alerte ses fans après un diagnostic de maladie coronarienne : « Faites-vous examiner avant qu’il ne soit trop tard »

Julian Lennon : maladie coronarienne et appel au dépistage

Il y a des nouvelles qui ne cherchent pas le fracas et qui, pourtant, finissent par résonner bien plus fort qu’un communiqué savamment dramatisé. Julian Lennon, 63 ans, fils de John Lennon et de Cynthia Powell, musicien, photographe et homme longtemps condamné à traverser sa propre vie sous la lumière oblique des Beatles, vient d’annoncer avoir été diagnostiqué avec une maladie coronarienne et un état de prédiabète. Rien d’une confession spectaculaire, rien d’un appel à la compassion facile : quelques mots, une inquiétude posée avec pudeur, et surtout une invitation directe à se faire examiner avant qu’il ne soit trop tard. Le message touche parce qu’il ne transforme pas la santé en morale, ni la maladie en théâtre. Julian Lennon explique avoir découvert ces problèmes assez tôt pour espérer inverser une partie des dégâts, rappelant au passage que l’on peut faire du sport, manger sainement, se croire vigilant, et porter malgré tout en soi des signaux silencieux. Après ses alertes liées à un cancer de la peau en 2020 puis en 2024, cette nouvelle prise de parole dessine le portrait d’un homme qui ne joue plus avec les mythologies du rock, mais avec quelque chose de plus précieux encore : le temps qui reste, le corps à écouter, et cette envie très simple, presque subversive quand on s’appelle Lennon, de vivre longtemps.

Il y a 10 ans disparaissait Tony Barrow, l’homme qui donna aux Beatles leur visage public

Tony Barrow Beatles : l’attaché de presse des Fab Four

Il y a des hommes qui traversent l’histoire du rock sans jamais monter sur scène, mais dont l’empreinte se retrouve partout : dans une formule, une photo, une conférence de presse, un communiqué envoyé au bon moment, une idée simple qui finit par coller à la peau d’un mythe. Tony Barrow fut de ceux-là. Premier véritable attaché de presse des Beatles, enfant du Nord-Ouest anglais devenu trait d’union entre Liverpool, Londres et la planète entière, il n’a évidemment pas écrit les chansons, ni inventé le son, ni provoqué à lui seul la Beatlemania. Mais il a donné au phénomène une forme lisible, un vocabulaire, une allure publique. C’est lui qui popularisa l’expression “Fab Four”, qui accompagna Brian Epstein dans l’organisation médiatique du cyclone, qui imagina les disques de Noël destinés au fan-club, qui suivit John, Paul, George et Ringo dans les tournées, les crises, les rencontres impossibles et les moments où la célébrité commençait déjà à ressembler à un piège. Dix ans après sa disparition, Tony Barrow mérite mieux qu’une note de bas de page : il fut l’un de ces artisans discrets qui aidèrent le monde à comprendre pourquoi quatre garçons de Liverpool ne ressemblaient à personne.

Paul McCartney, Liverpool dans la peau : « Ne sous-estimez pas la classe ouvrière »

Paul McCartney : Liverpool, classe ouvrière et The Boys of Dungeon Lane

Il y a chez Paul McCartney une façon de revenir à Liverpool qui ne ressemble ni à une visite guidée de sa propre légende, ni à l’exercice attendri d’un monument venu caresser le bronze de sa statue. Alors que The Boys of Dungeon Lane s’annonce comme son premier nouvel album solo depuis plus de cinq ans, l’ancien Beatle semble remonter vers la source, non pour s’y réfugier, mais pour rappeler d’où vient cette musique qui a fini par parler à la planète entière. Speke, Forthlin Road, les pianos de salon, l’humour d’après-guerre, les familles modestes où l’intelligence circulait sans diplôme ni fanfare : tout cela n’est pas un décor dans son histoire, mais une grammaire intime. Quand McCartney lance qu’il ne faut pas sous-estimer la classe ouvrière, il ne sort pas un slogan de circonstance. Il désigne le monde qui l’a formé, celui qui a donné aux Beatles leur vitesse, leur insolence, leur art de parler directement aux gens. À 83 ans, Paul ne contemple pas seulement Liverpool depuis le sommet de sa gloire : il y retrouve le garçon aux jumelles, l’enfant qui observait les oiseaux sur Dungeon Lane et qui, sans le savoir encore, apprenait déjà à saisir une apparition avant qu’elle ne disparaisse en chanson.

14 mai 1968 : quand John Lennon et Paul McCartney vinrent vendre Apple à l’Amérique

John Lennon Paul McCartney Apple New York 1968

Le 14 mai 1968, John Lennon et Paul McCartney ne viennent pas à New York pour annoncer un disque, rallumer la Beatlemania ou promettre un retour sur scène. Ils viennent vendre une pomme. Apple Corps, entreprise rêvée comme une maison ouverte aux artistes, aux films, aux disques, aux inventions et aux idées trop grandes pour les vieux bureaux de l’industrie musicale. A l’Americana Hotel, devant une presse américaine partagée entre curiosité économique et vieux réflexes de foire pop, les deux Beatles tentent d’expliquer une utopie dont ils ne maîtrisent pas encore les rouages. Brian Epstein est mort depuis moins d’un an, Rishikesh a laissé des chansons et des fissures, George et Ringo sont absents, et le White Album se profile comme une maison aux portes déjà prêtes à claquer. Cinquante-huit ans plus tard, cette conférence garde une beauté bancale : Paul y apparaît nerveux, John ironique et abrasif, Linda Eastman photographie la scène, Magic Alex promet le futur, et Apple ressemble à la fois à une idée sublime et à un piège déjà armé. Ce jour-là, les Beatles ne sont ni tout à fait unis, ni encore séparés. Ils essaient simplement de transformer leur succès en espace de liberté pour les autres. L’histoire prouvera que le rêve était mal administré. Elle n’a jamais réussi à le rendre moins touchant.

Astrid Kirchherr, six ans déjà : la femme qui vit les Beatles avant les Beatles

Astrid Kirchherr : celle qui vit les Beatles avant la légende

Il y a des dates qui reviennent sans fracas, mais qui ramènent tout un monde avec elles. Le 12 mai 2020, Astrid Kirchherr disparaissait à Hambourg, cette ville où les Beatles avaient appris à devenir les Beatles avant que le monde ne sache encore qu’il les attendait. Six ans plus tard, son nom continue d’éclairer une zone essentielle du récit : celle d’avant la gloire, avant Brian Epstein, avant Abbey Road, avant les costumes sages et les hurlements de la Beatlemania. À Hambourg, Astrid ne voit pas seulement cinq garçons de Liverpool jouant trop fort dans des clubs trop sombres. Elle voit une présence, une tension, une beauté encore mal dégrossie. Photographe, artiste, fiancée de Stuart Sutcliffe, amie de Paul, John, George, Pete et bientôt figure tutélaire d’une esthétique nouvelle, elle offre aux Beatles quelque chose qu’aucun manager ne pouvait leur donner : un regard. Ses images en noir et blanc ne documentent pas seulement les débuts d’un groupe. Elles fixent l’instant précis où le chaos devient aura. Et si Hambourg leur a donné les muscles, Astrid Kirchherr leur a donné une silhouette.

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