On croit connaître John Lennon par ses guitares qui grincent et ses accords jetés au piano comme des slogans. La basse, elle, ne colle pas au personnage : trop de modestie, trop de discipline, trop de “derrière”. Et pourtant, à la fin des sixties, quand les Beatles se fissurent et que les sessions tournent à la chaise musicale, Lennon se retrouve plusieurs fois en bas du spectre, souvent accroché à cette Fender Bass VI hybride, mi-guitare mi-basse, parfaite porte de secours pour un guitariste qui refuse d’être bassiste. De « Back in the U.S.S.R. » aux saynètes du White Album, des jams de Get Back jusqu’au piège émotionnel de « The Long and Winding Road », ces prises racontent autre chose qu’un simple jeu de crédits : elles disent l’urgence, les tensions, les stratégies d’évitement, et cette capacité unique à transformer une contrainte en couleur. Lennon n’essaie jamais d’imiter McCartney ; il apporte sa rugosité, ses angles, parfois ses trébuchements — et c’est précisément là que l’histoire devient passionnante. Écoutez “en dessous” : la fin des Beatles s’y entend.
En 1968, Paul McCartney lâche une phrase qui sonne comme un vœu pieux : pour l’Album blanc, les Beatles auraient voulu « jouer plus comme un groupe », n’ajouter des instruments que « quand il le fallait ». Sur le papier, c’est le contre-pied parfait de Sgt. Pepper : moins de laboratoire, plus de chair, des prises qui respirent. Dans la réalité des sessions d’Abbey Road, c’est un slogan collé sur un mur qui se fissure. Les journées s’étirent, les idées se télescopent, les silences deviennent des armes. Ringo s’en va deux semaines, Geoff Emerick claque la porte, George Martin prend l’air, et Lennon finira par dire qu’on entend la séparation sur le disque. C’est justement là que The Beatles fascine : double album comme carnet de notes géant, vitrine d’individualités plus que monument d’unité. À travers ‘Back in the U.S.S.R.’, ‘Ob-La-Di, Ob-La-Da’, ‘Martha My Dear’, ‘I Will’ ou ‘Blackbird’, on voit Paul moteur, perfectionniste, parfois irritant — et pourtant indispensable. Un disque qui ne vernit pas les tensions : il les transforme en matière sonore. Écouter l’Album blanc aujourd’hui, c’est tendre l’oreille à la fin d’une époque… et à la dernière fois où les Beatles ont essayé, vraiment, de se tenir à quatre.
En 1968, les Beatles publient The Beatles, vite surnommé White Album : un double disque de 30 titres aussi fascinant qu’inégal. Après Sgt. Pepper, le groupe casse le concept-album et part dans toutes les directions, nourri par les chansons écrites en Inde puis triées lors des Esher Demos. Les sessions à Abbey Road virent au chaos : tensions, départ temporaire de Ringo, Yoko omniprésente, George Martin débordé. De ce climat électrique naît un kaléidoscope de styles, du folk intime au hard rock de Helter Skelter, des pastiches de McCartney aux audaces de Lennon (Revolution 9) et à l’éclosion de Harrison. Accueilli avec perplexité mais triomphalement vendu, l’album devient culte, miroir de la désagrégation du groupe autant que de sa liberté créative.
En 1968, les Beatles amorcent une mue avec « The White Album », ouvrant sur le brûlant « Back in the U.S.S.R. ». Derrière l’énergie apparente, les tensions s’intensifient. Ringo quitte brièvement le groupe, McCartney prend les rênes, et le morceau devient à la fois satire pop et miroir des fractures internes. Un rock puissant, politique, drôle et révélateur d’un groupe au bord du changement.
« Back in the U.S.S.R. », le morceau d’ouverture du White Album, est une parodie énergique inspirée du rock américain, mais aussi une provocation en pleine guerre froide. Signé Paul McCartney, il mêle humour et tensions politiques, suscitant la polémique aux États-Unis et devenant un hymne clandestin en URSS. Enregistrée dans une ambiance tendue, cette chanson reste l’un des classiques incontournables des Beatles, marquée par l’ironie et l’audace créative du groupe.
Composée à Rishikesh en 1968, « Dear Prudence » est l’un des trésors du White Album. Inspirée par Prudence Farrow, elle mêle spiritualité, fingerpicking et montée émotionnelle. Enregistrée à Trident Studios sans Ringo, elle incarne l’art Beatles de l’élévation intime.
Paul McCartney n’a jamais caché son admiration pour les Beach Boys, et « Back in the U.S.S.R. » en est l’un des hommages les plus marquants. Inspiré par Chuck Berry et les harmonies vocales des Beach Boys, ce titre du « White Album » mélange humour et ironie en transposant le rêve américain en URSS. Son enregistrement en 1968 s’est fait dans un climat tendu, marqué par le départ temporaire de Ringo Starr. Malgré une réception mitigée en pleine guerre froide, la chanson est devenue un classique intemporel des Beatles.
Back in the U.S.S.R. est bien plus qu’une parodie : c’est un hommage caché des Beatles aux Beach Boys. McCartney y pastiche l’univers sonore de Brian Wilson avec respect et ironie, illustrant l’influence profonde de la surf pop californienne sur l’imaginaire britannique.
Les Beatles ont souvent affronté la censure, de « A Day in the Life », jugée incitative à la drogue, à « The Ballad of John and Yoko », accusée de blasphème. Après leur séparation, McCartney et Lennon ont aussi vu certains titres interdits, comme « Give Ireland Back to the Irish » et « Working Class Hero ». Ces controverses témoignent de leur influence culturelle et de leur volonté de bousculer les normes sociales et politiques à travers leur musique.
Dans l’histoire, on raconte souvent la séparation des Beatles à travers le prisme des grandes querelles entre John Lennon, Paul McCartney et George Harrison. Lennon et McCartney se disputaient la direction musicale, tandis qu’Harrison luttait pour être considéré à sa juste valeur. À force d’exposer les désaccords internes de ces trois personnalités fortes, on en […]












