YELLOW-SUB / RINGO STARR AU-DELÀ DES BEATLES / NOTICE 432
Norwegian Wood : l’estampe aux pochoirs de Ringo Starr, entre titre Beatles et création contemporaine
Another Day in the Life · notice VI · pochoir et sérigraphie
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L’estampe Norwegian Wood clôt la suite de six œuvres d’Another Day in the Life. Genesis la présente comme une giclée enrichie d’une sérigraphie dorée, signée par Ringo Starr et imprimée à quarante exemplaires. Le commentaire d’auteur évoque son enthousiasme pour plusieurs projets réalisés au pochoir, sans donner une nomenclature complète des motifs de la feuille.
Le titre d’une chanson n’établit pas un lien de fabrication
Norwegian Wood est aussi le titre célèbre d’une chanson des Beatles enregistrée pour Rubber Soul en 1965. L’homonymie crée une résonance historique forte, mais ne suffit pas à prouver que la composition graphique de Ringo est une illustration conçue à l’époque de l’album, qu’elle reprend les dessins d’un livre lié au morceau ou qu’elle comporte des instruments utilisés durant l’enregistrement. Il faut traiter le titre comme un indice culturel avant d’y associer un récit iconographique que l’éditeur ne documente pas.
Une citation sur la pratique des pochoirs
La fiche Genesis reproduit une remarque de Ringo indiquant qu’il se trouve alors absorbé par une sorte de folie des pochoirs, avec trois projets de stencils en cours. Ce témoignage est précieux pour l’histoire de ses procédés : il montre qu’au-delà du numérique et du montage photographique, l’artiste explore aussi un mode de transfert graphique reposant sur des découpes et des masques. Il ne précise cependant pas que les trois projets mentionnés correspondent à trois couches matérielles de cette estampe ni que le pochoir ait été appliqué à la main sur chacun des quarante exemplaires.
Giclée et sérigraphie : un procédé documenté, pas une recette inventée
Genesis déclare pour Norwegian Wood une giclée archivale complétée d’une sérigraphie à l’encre dorée. Cette combinaison suppose au minimum deux familles de procédés, une reproduction numérique pigmentaire et un passage imprimé par écran. L’existence de pochoirs dans le travail de Ringo peut éclairer la démarche de préparation de ses images, sans justifier l’affirmation que chacune des feuilles aurait reçu trois stencils différents. La description de la technique doit donc s’en tenir au procédé indiqué par Genesis, sans déduire de cette annonce des étapes de fabrication non attestées.
Quarante exemplaires sur papier coton
La feuille mesure 40 × 50 cm, avec bords déchirés à la main, sur Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m². L’éditeur annonce une édition de quarante numéros signés par Ringo Starr et un certificat d’authenticité également numéroté, signé par Genesis. La mention de « quarante » n’est pas une preuve photographique de l’existence actuelle de tous les exemplaires : seuls des inventaires ou des numéros réellement relevés permettraient d’en établir la distribution. Ce point vaut particulièrement pour les feuilles initialement réunies dans les portfolios Deluxe.
La place de la sixième œuvre dans l’ensemble
Norwegian Wood est présentée en sixième position, après Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves et Peace Rocks. Son statut de dernier titre du catalogue ne démontre pas qu’elle ait été créée après les cinq autres. Le programme est cohérent par sa technique, son format et ses tirages ; les dates de création des images sources peuvent néanmoins être différentes. Une nomenclature raisonnée distinguera toujours l’ordre de vente d’un cycle et la chronologie d’exécution des œuvres qui le composent.
Une prudence iconographique nécessaire
Contrairement à d’autres titres de la même série, dont Genesis détaille la présence de photographies de fleurs, de bottes ou de costumes, Norwegian Wood ne bénéficie pas dans la fiche publique d’un inventaire explicite de motifs. Il serait tentant d’y annoncer une forêt, une guitare, un instrument indien ou une scène du Rubber Soul, mais aucune de ces identifications n’est établie par le texte consulté. Une étude future devra partir d’une reproduction fiable en haute définition et d’un éventuel commentaire plus développé de Ringo avant de nommer les éléments figurés.
Source primaire
Genesis Publications, Another Day in the Life, n° 6 « Norwegian Wood ».
Pour approfondir : catalogue des estampes · bibliographie critique.












