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Drums for Peace (2011–2012) : Ringo Starr réinvente le revolver noué de Carl Fredrik Reuterswärd
De Carl Fredrik Reuterswärd à Ringo : une sculpture en résine peinte devient symbole et édition caritative.
Fiche critique : modèle original de Reuterswärd (1980), sculpture dévoilée par Ringo en 2011, éditions et sources matérielles documentées.
Un signe mondial de paix réinterprété par un autre Beatle
En 2011, Ringo Starr participe à la présentation de sa propre interprétation du célèbre revolver au canon noué, Non-Violence, de l’artiste suédois Carl Fredrik Reuterswärd. Il donne à sa version le nom Drums for Peace. L’œuvre appartient à l’histoire d’une sculpture née dans le sillage de l’assassinat de John Lennon en 1980 et devenue un symbole international du refus de la violence.
Cette filiation est le point de départ indispensable. Ringo n’a pas inventé la silhouette du revolver noué : il intervient dans un programme qui invite différents artistes et personnalités à donner leur interprétation d’une forme préexistante. Sa contribution possède ainsi une double identité, celle d’une création signée par lui et celle d’une variation encadrée par le projet d’un autre sculpteur. La comprendre exige de maintenir les deux noms.
Carl Fredrik Reuterswärd : l’auteur de la forme originale
La fondation Non-Violence rappelle que Reuterswärd a conçu sa sculpture en 1980 en hommage à son ami John Lennon. Le dispositif est d’une force graphique inhabituelle : un revolver réaliste dont le canon forme un nœud semble incapable d’accomplir sa fonction meurtrière. Une image simple devient immédiatement compréhensible dans des langues et des cultures différentes.
L’origine de la forme ne doit pas être effacée lorsque Ringo la transforme. L’auteur suédois signe l’invention iconique ; l’ancien Beatle propose sa lecture visuelle à l’intérieur d’une série. L’art des variations peut être original sans prétendre à l’invention du support. Cette distinction rend justice aux deux artistes et protège la provenance des éditions.
John Lennon : un monument né d’une tragédie
Le revolver noué appartient à une histoire liée à la mort de John Lennon à New York en décembre 1980. L’œuvre a d’abord été présentée dans le contexte du mémorial de Strawberry Fields à Central Park, puis une version en bronze a été installée devant le siège des Nations unies en 1988. La fondation documente ces étapes.
La relation de Ringo à Lennon ajoute une portée personnelle à sa contribution. Mais cette émotion ne suffit pas à lui attribuer la création du monument d’origine. La sculpture initiale précède l’édition de Ringo de plusieurs décennies. Dans le dossier « artiste au-delà des Beatles », l’enjeu est de montrer comment un souvenir collectif peut susciter une nouvelle création sans supprimer la mémoire du premier auteur.
2011 : la présentation aux Gibson Guitar Studios
La fondation situe en 2011 la présentation officielle de Drums for Peace aux Gibson Guitar Studios de Londres. Ringo y appelle des musiciens de styles et de générations différentes à soutenir les actions de Non-Violence Project contre la violence touchant les jeunes. La documentation institutionnelle confirme le lieu et l’année, sans fournir dans cette source une date de jour à reprendre arbitrairement.
Il serait donc imprudent de fixer un calendrier précis au-delà de ce que l’archive permet. L’important est établi : l’œuvre a été dévoilée dans un lieu associé aux musiciens, devant un public sensibilisé à la cause. Les photographies de présentation, si elles sont conservées, appartiennent à l’histoire de cette œuvre et de sa diffusion, non à une nouvelle performance musicale.
Le Gibson Studio : une scène d’art, pas un concert
Choisir un studio associé à une grande marque de guitares n’est pas un détail innocent. L’événement réunit le monde de la musique et celui de l’art visuel autour d’un objet dont la forme ne représente pas un instrument. Les musiciens deviennent des médiateurs publics d’un message lié à la non-violence.
L’œuvre ne se réduit cependant pas à une nouvelle chanson ou à une bande originale de Ringo. L’important est le volume peint, sa présentation et la place du symbole dans l’architecture de la campagne. Le studio devient un espace d’exposition et de parole. La distinction des fonctions permet de ne pas ajouter artificiellement un concert à sa chronologie musicale.
De la forme en bronze aux éditions de résine peinte
Les références actuelles de Non-Violence Project décrivent des sculptures Drums for Peace en résine peinte à la main, produites en édition limitée, présentées dans une boîte accompagnée d’un certificat d’authenticité. Le monument original de Reuterswärd a connu, lui, des versions monumentales en bronze. Ces matériaux appartiennent à des objets différents.
Il ne faut donc pas parler de la sculpture de Ringo comme si elle était automatiquement le bronze installé devant l’ONU. La création varie par son échelle, sa finition et son édition. L’identité visuelle est liée à la forme originale, mais la matérialité d’un exemplaire de collection doit être décrite selon sa propre fiche. Cette précision évite des erreurs graves d’attribution et de provenance.
La résine, support de la couleur
Le choix d’une résine peinte offre la possibilité de diffuser des variations colorées tout en conservant une silhouette stable. Le volume ne se réduit pas à une image plane : le visiteur peut observer le nœud et la poignée sous plusieurs angles. La couleur introduit la signature visuelle de chaque artiste invité.
Ringo a travaillé à l’ordinateur, à la peinture et à la reproduction imprimée. Dans Drums for Peace, sa création prend place sur un support tridimensionnel construit autour d’une forme déjà définie. Le rapport au volume est donc différent de ses visages numériques. Il faut décrire l’édition comme une sculpture peinte, pas comme une simple affiche avec une photo de revolver.
Le tambour dans le titre : une identité musicale transposée
Le titre Drums for Peace associe explicitement la batterie au langage de la non-violence. Il permet à Ringo de signer sa participation depuis son identité de musicien sans devoir jouer physiquement de l’instrument. Le geste créatif relève d’une métaphore : transformer un objet associé à la force destructrice en une image dédiée au refus de la violence.
Le titre ne doit pas conduire à imaginer des tambours sonores cachés dans la sculpture sans preuve. Les informations officielles portent sur un objet peint. Le « drum » fonctionne comme un rappel de la personnalité de l’artiste et de la communauté des musiciens appelée à soutenir la campagne. C’est un exemple de la manière dont la carrière musicale peut nourrir l’intention d’un objet plastique.
Le rôle de la fondation Non-Violence Project
Non-Violence Project est une organisation à but non lucratif qui utilise notamment l’image du revolver noué dans ses programmes d’éducation à la non-violence. L’association présente Ringo comme ambassadeur et explique que certaines recettes des éditions contribuent à soutenir sa mission. Son travail ne consiste pas uniquement à vendre une sculpture de célébrité : elle relie une image à une action publique.
Il faut pourtant distinguer mission, vente et bilan financier. La disponibilité d’une édition ne suffit pas à établir combien d’exemplaires ont été vendus ni le montant précis des actions financées. Ces informations exigent les rapports de l’organisation. L’article peut documenter l’intention annoncée et l’existence des éditions sans fabriquer de chiffres philanthropiques.
Une œuvre d’art dérivée, pas un objet sans auteur
La forme de Reuterswärd étant reconnue, il serait facile de considérer toutes ses variations comme de simples produits sous licence. Une étude de l’art peut au contraire reconnaître que chaque interprétation implique des décisions sur la couleur, les signes et le rapport entre l’objet et l’artiste invité. Le fait de travailler à partir d’un modèle connu n’exclut pas toute contribution créative.
Mais il ne faut pas basculer dans l’excès inverse. Ringo n’est pas devenu le sculpteur du monument de l’ONU. Son rôle se situe dans la variation autorisée et dans le soutien public à la fondation. Cette position intermédiaire est fréquente dans les arts appliqués et les campagnes caritatives, où auteur original, artiste invité et éditeur disposent de responsabilités distinctes.
La diversité des éditions et des catalogues
Les catalogues de vente attribuent des années légèrement différentes à certaines versions, dont une notice Saatchi Art mentionnant 2012. Le dévoilement public de 2011 et la datation commerciale d’un exemplaire en 2012 ne prouvent donc pas une contradiction absolue. Une édition peut être annoncée, produite et commercialisée à des moments successifs.
La notice idéale relève l’année de conception, la date de présentation et l’année portée sur le certificat de chaque exemplaire. Si un vendeur décrit une sculpture comme pièce unique, il faut confronter cette mention à l’existence d’une édition limitée annoncée par la fondation. Les catégories commerciales ne sont pas toujours rédigées selon le vocabulaire rigoureux d’un musée.
Ne pas confondre l’œuvre sculptée et les images imprimées de 2012
Le catalogue des estampes de Ringo mentionne des titres tels que Knot For Violence (Double Guns) et Knot For Violence (Left Gun) autour de 2012. Ces noms peuvent évoquer le même univers graphique, mais ils ne suffisent pas à établir qu’une estampe sur papier est identique à la sculpture en résine.
Il faut donc distinguer le modèle tridimensionnel, une éventuelle image promotionnelle de celui-ci et les tirages commercialisés sous des titres proches. Les supports, les dimensions et les tailles d’édition doivent être relevés séparément. Le lien entre les objets peut être documenté comme une parenté iconographique, non comme une identité matérielle automatique.
Le cas Double Peace Gun et la variation des appellations
Des galeries répertorient des œuvres de Ringo sous des noms voisins, notamment Double Peace Gun. Le titre peut renvoyer à une composition graphique issue du même ensemble de symboles. Il ne permet toutefois pas d’inférer un nouveau monument en bronze ni une nouvelle séance d’inauguration.
La rigueur d’un catalogue repose sur l’identification matérielle. Une photographie d’estampe et une photo de la sculpture peuvent montrer le même motif avec des statuts artistiques différents. Les vendeurs utilisent parfois des appellations commerciales plus générales. L’article conserve les noms tels qu’ils figurent dans chaque source et déconseille de les fusionner tant que les notices de fabrication ne concordent pas.
Pourquoi le nœud possède une force visuelle immédiate
La sculpture de Reuterswärd transforme une arme en dispositif impossible à utiliser selon sa fonction habituelle. La torsion du canon est un geste absurde, mais visuellement compréhensible. Elle n’exige pas de long commentaire pour évoquer le désarmement. Le programme de Ringo exploite cette puissance du symbole et la prolonge par une variation colorée.
Cette simplicité explique aussi son succès dans des campagnes publiques. Une image monumentale peut devenir objet de bureau, tirage et photographie de presse sans perdre totalement sa signification. Mais chaque transposition modifie son expérience : on ne regarde pas de la même manière un bronze devant l’ONU et une résine de collection posée dans une maison.
Le lien avec le mot Peace & Love
Ringo emploie fréquemment la formule « peace and love » dans ses messages publics. Drums for Peace s’inscrit dans cette continuité, tout en étant rattachée à une organisation dont la mission est spécifique. La sculpture transforme une phrase familière en objet porteur d’une intention explicite.
Le rapprochement ne doit pas faire disparaître les autres acteurs. La formule appartient à son image publique ; le canon noué a été conçu par Reuterswärd ; l’édition est produite et diffusée dans le cadre de Non-Violence Project. C’est leur réunion qui donne son identité à la pièce. Une enquête critique peut rendre justice à chaque contribution sans chercher un auteur unique là où l’œuvre est collective.
Une photographie de Ringo à côté de l’œuvre ne suffit pas
La présence de l’artiste lors de la présentation de 2011 atteste son engagement public. Elle ne renseigne pas, à elle seule, sur toutes les étapes de fabrication. Il serait impossible d’en déduire qui a moulé chaque exemplaire, appliqué chaque couche de peinture ou préparé les certificats d’authenticité sans documentation supplémentaire.
Cette précaution vaut pour toute sculpture d’artiste célèbre. La personne qui signe le concept ou la variation peut s’appuyer sur un atelier, un éditeur et des artisans. Leur travail n’annule pas sa création, mais doit être identifié lorsque des sources fiables existent. Le dossier évite ainsi de confondre l’image médiatique du créateur et la chaîne technique de l’objet.
La signature et le certificat : comment reconnaître l’édition
La boutique officielle indique que la sculpture est vendue avec une boîte et un certificat d’authenticité. Cet ensemble documentaire a une fonction réelle : rattacher l’exemplaire à une édition définie. Un objet proposé sur le marché secondaire doit être étudié avec sa facture, son éventuel numéro, son certificat et ses photographies de détail.
La simple présence d’une image de Ringo sur une page marchande ne prouve pas qu’un objet soit original. De même, les mots « hand-painted » ne signifient pas nécessairement que l’artiste a personnellement peint chaque exemplaire de la série. Le terme décrit la finition de la pièce ; l’attribution du travail manuel demande des éléments distincts. Cette rigueur protège les collectionneurs.
Du monument à la pédagogie
Non-Violence Project utilise le revolver noué comme un symbole éducatif. Une œuvre visuelle devient ainsi un outil pour encourager la réflexion sur le conflit et la résolution pacifique des différends. Le choix de Ringo comme ambassadeur vise à rapprocher ce message de générations qui connaissent les Beatles ou ses tournées plus récentes.
Le rôle pédagogique ne peut pas être mesuré à partir du seul nombre de photographies médiatiques. Il faudrait consulter les programmes de la fondation et leurs évaluations pour connaître les résultats obtenus auprès des jeunes. L’objet doit être décrit pour ce qu’il matérialise : une intention publique, une chaîne d’artistes et un instrument de sensibilisation.
Une place spécifique dans l’œuvre de Ringo
Ringo a créé des images numériques, des estampes et des peintures originales, mais Drums for Peace possède un statut particulier. Il ne part pas d’une feuille blanche ni d’un négatif de photographie. Il transforme un emblème existant sous la forme d’une édition sculpturale. C’est pourquoi le rapprochement avec ses autres créations doit être méthodique.
Un catalogue raisonné peut établir plusieurs chapitres : les compositions originales, les variations sur un objet déjà célèbre, les collaborations avec des marques et les œuvres photographiques. Toutes appartiennent à son parcours, mais leurs règles d’attribution et de conservation diffèrent. Le revolver noué constitue un exemple particulièrement pédagogique de ces catégories.
Conclusion : une interprétation de la paix née d’une autre œuvre
Drums for Peace est la variation de Ringo Starr sur le revolver noué conçu par Carl Fredrik Reuterswärd en mémoire de John Lennon. Présentée à Londres en 2011 dans le cadre du Non-Violence Project, elle est documentée sous forme d’édition limitée en résine peinte, accompagnée d’un certificat. Certaines notices marchandes portent une datation de 2012.
Son intérêt ne tient pas à l’affirmation simpliste selon laquelle Ringo aurait inventé la sculpture de la non-violence. Il réside dans le dialogue entre deux artistes, une mémoire liée aux Beatles et une organisation qui utilise les images pour sensibiliser le public. L’œuvre montre comment Ringo peut donner à un symbole collectif une interprétation personnelle, tout en respectant la paternité de son modèle.
Sources : organisme d’origine, catalogues et éditions
- Non-Violence Project, fiche officielle de l’ambassadeur Ringo Starr
- Non-Violence Project, origine de l’œuvre The Knotted Gun
- Boutique de la fondation, objet Drums for Peace et technique
- Non-Violence Art Project, collection de l’artiste
- Saatchi Art, notice marchande et dimensions déclarées
- Modern Drummer, art pour Knot Violence et Imagine World Peace en 2012
- Yellow-Sub, étude générale du travail de sculpteur de Ringo
Les cinq autres études du cycle
- Chelsea Flower Show 2008 : Ringo Starr, Olivia Harrison et le jardin From Life to Life imaginé pour George
- Chelsea Flower Show 2012 : Ringo Starr ouvre le jardin WaterAid et fait du geste de l’eau une image de solidarité
- Ringo Starr expose pendant sa tournée 2012 : Liss Gallery à Toronto, Fallsview et Pop International à New York
- The Art of Ringo Starr (juin 2014) : cinquante œuvres numériques de Stone Harbor à Caesars Atlantic City
- Soho Contemporary Art (19 juin–31 juillet 2014) : les autoportraits de Ringo Starr sur le Bowery à New York
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