Ringo Starr · Télévision musicale · 1985
Alice in Wonderland (1985) : Ringo Starr interprète la Fausse Tortue
En décembre 1985, Ringo Starr participe à l’immense adaptation télévisée américaine d’Alice au pays des merveilles, produite par Irwin Allen pour CBS. Costumé en Fausse Tortue, l’ancien batteur des Beatles chante le numéro « Nonsense » aux côtés d’autres vedettes du cinéma et de la télévision. Cette étude reconstitue son rôle, l’histoire du programme, les grandes figures du casting, la musique et les différentes versions vidéo.
Fiche technique d’Alice in Wonderland (1985)
Production : téléfilm américain musical en deux parties. Chaîne : CBS. Diffusions : 9 et 10 décembre 1985. Producteur : Irwin Allen. Réalisation : Harry Harris. Scénario : Paul Zindel, d’après Lewis Carroll. Musique et chansons : Steve Allen, notamment les numéros originaux de cette version. Chorégraphie : Gillian Lynne. Effets spéciaux : John Dykstra et son équipe. Alice : Natalie Gregory. Ringo Starr : la Mock Turtle, dite la Fausse Tortue ; prestation chantée « Nonsense » dans la première partie. Autres comédiens : Sid Caesar, Anthony Newley, Telly Savalas, Sammy Davis Jr., Red Buttons, Shelley Winters, Carol Channing. Durée vidéo : environ 187 minutes, selon les montages.
Décembre 1985 : Ringo devient une créature de Lewis Carroll
En décembre 1985, la chaîne CBS propose aux familles américaines une adaptation spectaculaire d’Alice in Wonderland. Les deux soirées réunissent des dizaines de comédiens, de chanteurs et de personnalités de la télévision dans une succession de scènes fantastiques. Au milieu de cette distribution apparaît Ringo Starr. L’ancien batteur des Beatles ne joue pas son propre rôle, ne présente pas un concert et ne raconte pas l’aventure depuis l’extérieur : il interprète la Fausse Tortue, personnage étrange et mélancolique de Lewis Carroll, dans une séquence en prises de vues réelles.
Cette apparition pourrait sembler anecdotique dans une filmographie composée de rôles très différents. Elle possède pourtant plusieurs qualités qui justifient une étude approfondie. Ringo doit se glisser dans un univers littéraire anglais du XIXe siècle, porter un costume animalier et participer à un numéro chanté au sein d’une œuvre qui possède sa propre tradition musicale. Il n’est pas là pour rappeler les Beatles, même si sa notoriété fait de sa présence un argument publicitaire important. Le spectacle attend de lui une contribution précise à une scène écrite par d’autres artistes.
Alice au pays des merveilles : deux livres, une seule grande adaptation
Le téléfilm s’inspire de deux ouvrages de Lewis Carroll : Alice’s Adventures in Wonderland, publié en 1865, et Through the Looking-Glass, paru en 1871. Le premier raconte la chute d’Alice dans un monde où les personnages remettent constamment en cause les règles du langage et des proportions. Le second la transporte de l’autre côté d’un miroir, parmi des figures qui empruntent beaucoup à la logique des échecs. La télévision américaine de 1985 tente de relier ces deux expériences en un spectacle de plusieurs heures.
Un tel projet oblige les scénaristes à choisir. Carroll ne construit pas ses livres selon une intrigue classique allant d’un problème initial à un dénouement unique. Les rencontres, les jeux de mots et les contradictions logiques constituent leur matière principale. Le téléfilm invente des transitions et renforce certains enjeux émotionnels pour donner à la succession des tableaux un mouvement accessible aux jeunes téléspectateurs. La Fausse Tortue n’est qu’une étape de cet itinéraire, mais son apparition permet d’entendre directement l’esprit de fantaisie littéraire auquel la production souhaite rendre hommage.
Irwin Allen : le producteur d’un grand spectacle télévisé
La production est conduite par Irwin Allen, figure connue pour les aventures spectaculaires et les films-catastrophes. Son nom est notamment associé à L’Aventure du Poséidon et à La Tour infernale, ainsi qu’à plusieurs séries américaines imaginatives. Transposer Alice à la télévision avec une distribution de stars et une importante quantité de costumes représente un défi très différent des films d’action, mais la logique de spectacle événementiel demeure.
Allen recherche un projet capable d’occuper deux soirées et d’attirer un public familial très large. Une succession de personnalités connues garantit la curiosité des adultes, tandis que l’histoire d’Alice offre un sujet célèbre auprès des enfants. Le résultat s’apparente à une grande revue fantastique : chaque rencontre permet de présenter un décor, un effet de maquillage, un acteur invité et parfois une chanson. Ringo s’inscrit parfaitement dans cette logique de distribution éclatée.
Harry Harris, Paul Zindel et l’écriture pour le petit écran
Harry Harris réalise le programme d’après un scénario de Paul Zindel. Le dramaturge doit transformer les dialogues et les jeux de logique de Carroll en scènes conçues pour la télévision des années 1980. Certaines séquences prolongent des situations directement inspirées du texte, tandis que d’autres introduisent des éléments destinés à relier les étapes du voyage. Le travail s’inscrit dans une tradition d’adaptations qui tentent de rendre le merveilleux immédiatement lisible par l’image.
La réalisation doit composer avec la diversité des invités. Un acteur peut n’être disponible que pour quelques jours ou pour une séquence précise. Les décors, les maquillages et les costumes doivent donc être préparés pour des scènes très différentes les unes des autres. L’unité vient de la présence de Natalie Gregory en Alice, des transitions entre les tableaux et d’une esthétique conçue pour paraître somptueuse malgré les contraintes du petit écran. Le personnage de Ringo appartient à cette succession de rencontres, sans devenir un héros récurrent.
Natalie Gregory : une Alice au milieu des célébrités
Le rôle principal est confié à Natalie Gregory, jeune actrice qui porte une grande partie de l’aventure. Son travail est difficile : presque chaque scène la place face à un nouvel invité, à un costume extravagant ou à un décor construit autour d’une idée particulière. Alice doit pourtant rester une enfant reconnaissable, dont la curiosité et la peur permettent au spectateur de comprendre ce qu’il voit.
L’âge de l’interprète contribue à souligner la différence entre la protagoniste et les adultes déguisés qui l’entourent. Les échanges peuvent devenir comiques, absurdes ou inquiétants. Natalie Gregory sert de point d’ancrage à une adaptation où les personnages secondaires disposent souvent de quelques minutes pour attirer toute l’attention. Quand elle rencontre la Fausse Tortue, sa présence donne à Ringo un partenaire auquel adresser directement les répliques et la chanson du numéro.
La Fausse Tortue : qui est exactement le personnage de Ringo ?
Dans le texte de Carroll, la Mock Turtle est une créature hybride et mélancolique, dont le nom renvoie à la « mock turtle soup », préparation culinaire britannique conçue pour imiter la soupe de tortue. L’expression comporte donc un jeu de mots et une allusion à une culture alimentaire aujourd’hui moins immédiatement compréhensible. La Fausse Tortue est à la fois un animal imaginaire, une plaisanterie linguistique et un personnage qui évoque avec émotion sa vie passée.
La rencontre avec Alice est présentée comme un épisode de récit et de chanson. La créature se plaint, raconte des souvenirs d’école et échange des propos déconcertants. Le Gryphon, autre être hybride, l’accompagne et contribue à guider Alice à travers cette séquence. L’absurdité vient de la manière dont les personnages traitent leurs histoires les plus extravagantes comme des souvenirs parfaitement ordinaires. Pour Ringo, le défi est de faire exister cet être à travers la voix, le corps et le costume, sans que le spectateur voie simplement une célébrité déguisée.
Ringo Starr et Sid Caesar : un duo inattendu
Le Gryphon est joué par Sid Caesar, comédien historique de la télévision américaine. Le rapprochement avec Ringo Starr est particulièrement intéressant. Caesar appartient à une génération marquée par le spectacle comique télévisé d’après-guerre, tandis que Ringo est identifié à la révolution pop des années 1960. La scène rassemble ainsi deux histoires du divertissement dans un univers littéraire né un siècle auparavant.
L’interaction des personnages repose sur l’écoute, le rythme et l’acceptation de l’absurde. Aucun des deux comédiens ne doit faire croire que la situation pourrait exister dans le monde réel. Leur tâche consiste plutôt à respecter une logique imaginaire assez rigoureuse pour que l’enfant Alice puisse y réagir. Les costumes renforcent le contraste visuel, tandis que la gestuelle et les voix permettent de retrouver une présence humaine sous les attributs animaux.
Nonsense : la chanson interprétée par Ringo
Le numéro musical associé à la Fausse Tortue est généralement répertorié sous le titre Nonsense. Dans la première soirée du téléfilm, Ringo chante et danse au sein de cette séquence fantastique. Le passage constitue l’élément le plus directement musical de sa participation et explique pourquoi de nombreux amateurs des Beatles se souviennent de cette apparition mieux que de certains autres rôles télévisés.
Il faut cependant attribuer correctement l’œuvre. Les chansons originales du programme sont associées au compositeur et auteur Steve Allen, qui en a préparé une série pour l’adaptation de CBS. Il serait trompeur de présenter Nonsense comme une chanson composée par Ringo Starr ou comme un single de sa discographie solo, en l’absence d’une publication discographique documentée en ce sens. Il s’agit d’un numéro joué et chanté dans une production télévisée collective, dont l’histoire musicale appartient d’abord au film.
Cette nuance est importante pour Yellow-Sub.net : le rôle est une véritable prestation musicale de Ringo à l’écran, mais le crédit d’interprète et celui d’auteur sont deux informations différentes. Une fiche de chanson ne pourrait être créée qu’en distinguant ces fonctions et en établissant l’existence d’enregistrements commercialisés séparément.
9 décembre 1985 : la première soirée d’Alice
CBS diffuse la première partie le 9 décembre 1985, en soirée, avec l’arrivée d’Alice au pays des merveilles. C’est dans cette première partie que figure la scène de Ringo en Fausse Tortue. L’historique des prises de vues consacré à l’ancien Beatle signale sa participation à une journée de tournage au printemps et une séquence dont la durée visible tourne autour de quelques minutes.
La seconde partie, diffusée le 10 décembre, adapte davantage d’éléments du monde de l’autre côté du miroir. Il ne faut pas attribuer à Ringo un rôle dans cette deuxième partie simplement parce que le titre de la mini-série apparaît dans une fiche générale comportant les crédits de toute la distribution. Sa prestation identifiée concerne le segment du premier soir. Cette précision améliore l’utilité de l’encyclopédie pour les collectionneurs qui veulent retrouver sa scène sans visionner inutilement les heures entières du programme.
10 décembre 1985 : le voyage continue de l’autre côté du miroir
Le deuxième programme prolonge le voyage d’Alice avec d’autres personnages de Carroll. Les figures de la Reine rouge et de la Reine blanche, les rencontres inspirées des échecs et de nouveaux tableaux fantastiques occupent cette partie de l’adaptation. La distribution conserve son principe de vedettes invitées, chaque rôle donnant lieu à un numéro ou à une scène destinée à rester dans la mémoire des téléspectateurs.
L’ensemble des deux soirées est souvent annoncé comme une production de quatre heures, ce qui correspond à la durée des cases de télévision avec les interruptions et les éléments de diffusion. Les éditions vidéo proposent généralement un métrage plus court. Cette distinction doit figurer dans toute fiche de collection : une mini-série diffusée sur deux soirées de deux heures n’est pas nécessairement une œuvre de 240 minutes de narration et de scènes tournées.
Une distribution gigantesque : de Sammy Davis Jr. à Carol Channing
Parmi les nombreux invités figurent Sammy Davis Jr. en Chenille, Red Buttons en Lapin blanc, Telly Savalas en Chat du Cheshire, Anthony Newley en Chapelier fou, Roddy McDowall en Lièvre de mars, Jayne Meadows en Reine de cœur, Robert Morley en Roi de cœur et Shelley Winters en Dodo. La seconde soirée rassemble notamment Ann Jillian, Carol Channing, Harvey Korman, Lloyd Bridges et d’autres figures importantes du divertissement américain.
Cette distribution constitue un objet d’histoire audiovisuelle en soi. Les interprètes appartiennent à des générations et à des traditions très différentes : vaudeville, comédie musicale, cinéma dramatique, séries populaires, chanson et télévision familiale. Le programme fonctionne presque comme un panorama de la culture du spectacle américain au milieu des années 1980. Ringo représente dans cet ensemble une présence britannique associée à la musique populaire internationale.
Gillian Lynne et la place de la chorégraphie
Les numéros musicaux ne reposent pas uniquement sur les chansons. Leur présentation demande des déplacements, des gestes et une organisation des groupes de comédiens dont la dimension chorégraphique peut devenir complexe sous des costumes encombrants. La production bénéficie du travail de Gillian Lynne, chorégraphe reconnue pour sa contribution aux spectacles musicaux, notamment Cats. Son intervention rappelle que le téléfilm ne se contente pas de faire chanter des vedettes isolées devant des décors.
La Fausse Tortue doit elle aussi participer à cette logique de spectacle. Dans un costume animalier, la moindre gestuelle acquiert une importance particulière : elle aide à définir le caractère de la créature et rend les paroles moins abstraites. Ringo n’a pas besoin d’exécuter une démonstration virtuose de danse pour être intégré au numéro. Il doit avant tout suivre un mouvement collectif, respecter le ton fantasque et maintenir son personnage en vie à travers la chanson.
John Dykstra et les effets spéciaux de la télévision fantastique
Les effets spéciaux sont associés à John Dykstra, artiste connu pour son travail dans le cinéma fantastique et de science-fiction. L’adaptation d’Alice impose une multitude de variations d’échelle : la protagoniste change de taille, les personnages semblent évoluer dans des espaces qui obéissent à des lois impossibles, et certains décors prennent une dimension inquiétante. La télévision de 1985 doit mettre ces métamorphoses en scène sans disposer des méthodes numériques qui deviendront courantes plusieurs décennies plus tard.
Le choix d’images truquées, de décors construits, de maquillages et de costumes peut sembler aujourd’hui très marqué par son époque. Il constitue pourtant une partie de l’identité de la production. Les effets sont liés à des performances d’acteurs filmés dans des conditions concrètes, et non à une animation complète substituée aux comédiens. Cette distinction est importante dans la filmographie de Ringo : contrairement à Yellow Submarine, la Fausse Tortue est bien un personnage qu’il interprète physiquement, en costume et devant la caméra.
Les studios MGM et la journée de tournage de Ringo
Le téléfilm est tourné à Los Angeles au printemps 1985, notamment dans les studios MGM de Culver City. Les notices de production évoquent une période de plusieurs semaines, rendue nécessaire par la diversité des décors et des invités. L’inventaire filmographique Beatles on Film situe spécifiquement l’engagement de Ringo au 14 mai 1985, dans les studios MGM. La première diffusion intervient presque sept mois plus tard, en décembre.
Il faut distinguer cette journée signalée pour la séquence du musicien de l’ensemble du calendrier de production. Une œuvre employant plusieurs dizaines de célébrités peut organiser des prises de vues avec des acteurs invités sans les réunir tous au même moment. L’existence d’un générique commun ne constitue donc pas la preuve qu’ils se soient rencontrés sur un même plateau. Cette rigueur est d’autant plus utile que les biographies des Beatles ont tendance à présenter les grands castings comme des réunions d’artistes indépendamment des réalités du tournage.
Le travail d’acteur derrière un masque
Ringo est parfois décrit comme un interprète dont le naturel constitue la principale qualité. L’aisance de ses premiers films repose sur une capacité à paraître légèrement décalé dans des situations absurdes. Le rôle de la Fausse Tortue pousse cette aptitude dans une autre direction. L’acteur doit accepter qu’une partie de ses expressions soit dissimulée et que sa personnalité soit transformée par un déguisement étrange.
Dans ce type de rôle, la voix devient un instrument essentiel. Elle permet de suggérer une mélancolie comique, une pointe de nostalgie et un sentiment de ridicule sans que le visage soit disponible pour transmettre toutes ces nuances. L’expérience prépare indirectement l’idée d’un Ringo capable de faire exister un personnage pour les enfants à travers la parole. Quelques mois auparavant, il était déjà narrateur des histoires de Thomas ; plus tard, il jouerait Mr. Conductor dans Shining Time Station. Le passage par Alice fait apparaître une autre facette de ce rapport à la voix et à la fiction.
Une réception critique loin de l’enthousiasme unanime
L’accueil de la production n’est pas uniformément favorable. Dans la presse américaine de décembre 1985, plusieurs critiques considèrent que l’accumulation de vedettes et de chansons étouffe parfois l’esprit de Carroll. Le Christian Science Monitor relève l’abondance de caméos et de numéros musicaux, tout en se montrant peu convaincu par l’ensemble. D’autres journaux soulignent la difficulté de transposer à la télévision la liberté étrange des romans.
Ces réactions méritent d’être replacées dans le contexte de la télévision événementielle des années 1980. Les producteurs veulent offrir aux familles un spectacle immédiatement reconnaissable et susceptible de réunir plusieurs générations devant le même écran. Les critiques littéraires peuvent regretter les inventions ou les simplifications ; les téléspectateurs peuvent apprécier le plaisir de reconnaître leurs vedettes préférées dans des costumes improbables. L’expérience n’a donc pas la même signification selon qu’on l’aborde comme adaptation de Carroll, spectacle musical ou curiosité de filmographie de Ringo.
Ne pas confondre ce téléfilm avec une autre Alice de 1985
Une difficulté de recherche particulièrement importante tient à l’existence d’autres adaptations télévisées d’Alice in Wonderland produites et diffusées dans les mêmes années. Une série britannique de 1985, distincte du grand téléfilm CBS, possède notamment sa propre distribution de comédiens de voix. Dans cette adaptation, le personnage de la Mock Turtle est associé à Bernard Cribbins, non à Ringo Starr.
Une notice qui se contenterait de chercher « Alice in Wonderland 1985 Mock Turtle » pourrait donc mélanger des œuvres différentes. La fiche correcte de Ringo porte sur la production américaine d’Irwin Allen, réalisée par Harry Harris, diffusée sur CBS les 9 et 10 décembre 1985 et interprétée notamment par Natalie Gregory. Cette précision doit être conservée dans le titre, les métadonnées et les notices des éditions vidéo. Elle évite aussi d’attribuer à Ringo une participation à des épisodes ou à un doublage britannique dans lesquels il n’intervient pas.
VHS, DVD et rediffusions : quelles éditions conserver ?
Comme beaucoup de productions télévisées événementielles de cette période, le téléfilm a connu une circulation sous forme de cassettes et de rééditions vidéo. Les durées peuvent varier selon les territoires et les montages proposés. Certaines notices donnent environ 187 minutes pour l’ensemble, alors que les programmes de télévision étaient initialement annoncés sur deux soirées de deux heures chacune. Les publicités, annonces et remontages expliquent une partie de ces différences.
Pour le collectionneur de Ringo, la vérification essentielle consiste à identifier la première partie et la séquence de la Fausse Tortue. Une compilation qui reproduit uniquement la seconde soirée ne documente pas sa prestation. Il faudra relever les références de chaque cassette ou DVD, l’année de publication, le territoire, la langue et l’éventuelle présence de sous-titres. La qualité des transferts varie et les jaquettes peuvent employer le nom des vedettes sans indiquer dans quelle partie elles apparaissent.
Le rôle lui-même est bref, ce qui n’enlève rien à son intérêt. Les archives spécialisées évaluent à quelques minutes le temps de présence de Ringo à l’écran. La notice doit donc décrire ce qu’il fait réellement — jouer la Fausse Tortue, chanter et danser — sans présenter le téléfilm entier comme un long métrage dont il serait l’un des personnages principaux.
Pourquoi cette apparition enrichit la filmographie de Ringo
La période 1983–1985 rassemble des expériences particulièrement contrastées. Ringo joue Robin Valerian dans la mini-série Princess Daisy, raconte les aventures des locomotives de Thomas the Tank Engine & Friends et endosse le costume de la Fausse Tortue dans Alice in Wonderland. Aucun de ces engagements ne correspond exactement à l’autre. Le premier est un rôle secondaire dans un drame ; le deuxième un travail de narrateur ; le troisième une apparition jouée et chantée au sein d’un grand spectacle fantastique.
Cette diversité illustre ce qui rend la filmographie de Ringo plus riche qu’une liste de films sortis en salles. Le musicien traverse différents registres sans chercher à se transformer définitivement en acteur de théâtre ou de cinéma. Il participe à des productions populaires dont le public dépasse parfois de beaucoup le cercle des amateurs des Beatles. Ses rôles brefs peuvent être examinés pour ce qu’ils sont : des contributions singulières à des univers créés par d’autres artistes.
La Fausse Tortue possède enfin une valeur symbolique amusante. L’ancien Beatle dont le personnage semblait souvent perdu dans les situations les plus absurdes se retrouve, vingt ans plus tard, au cœur de l’un des mondes littéraires les plus absurdes qui soient. Il ne faut pas inventer une intention autobiographique derrière ce casting, mais le rapprochement demeure intéressant pour comprendre la continuité de son image comique.
Documentation et références historiques
Los Angeles Times, présentation de l’adaptation et du casting, 8 décembre 1985 ; Christian Science Monitor, Arthur Unger, « TV venture into Wonderland with stars and songs », 6 décembre 1985 ; IMDb, générique de la mini-série CBS d’Irwin Allen, 1985 ; TVmaze, guide de la première partie, 9 décembre 1985 ; Beatles on Film, fiche de tournage de Ringo datée du 14 mai 1985 ; documentation des chansons de Steve Allen ; références aux deux romans de Lewis Carroll. Les sources sont citées sans lien externe.
Pour poursuivre : Princess Daisy, Thomas le petit train et la filmographie complète.












