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Yellow-Sub.net · L’art du batteur · Chapitre 11

Le batteur Ringo Starr dans sa discographie solo : de 1970 à 2026

Ringo joue-t-il la batterie sur tous ses albums solo ? Non, et cette réponse change profondément la manière de raconter son évolution musicale. Ses deux premiers disques mettent en avant le chanteur, accompagné de musiciens de studio ; les années suivantes mêlent son jeu personnel à celui d’autres instrumentistes. En 2025 et 2026, ses albums de country produits par T Bone Burnett fournissent de nouveau des crédits particulièrement précis sur sa participation derrière les fûts.

Plutôt qu’une simple liste de disques, cette enquête étudie les périodes, les méthodes de travail et les raisons musicales de ses choix. Chaque génération de chansons est replacée dans les équipes qui l’ont enregistrée. Les pochettes, listes de titres, pressages et éditions individuelles sont abordés dans la discographie solo ; ici, nous cherchons à comprendre quand et comment Ringo a réellement joué.

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Pourquoi séparer la carrière du chanteur de celle du batteur ?

La discographie de Ringo Starr est souvent racontée à partir de ses succès en tant qu’interprète, de It Don’t Come Easy à Photograph, de You’re Sixteen à Never Without You. Pourtant, écouter ces albums pour étudier sa batterie pose une question préalable : joue-t-il effectivement sur les morceaux ? Le nom de l’artiste au sommet d’une pochette ne garantit ni la présence de ses baguettes sur chaque bande ni la permanence d’un même personnel de studio. Cette précaution est particulièrement importante pour les premiers disques et pour les productions enregistrées avec des équipes nombreuses.

Il faut distinguer trois dimensions : son jeu instrumental lorsqu’il est crédité, sa manière de concevoir un arrangement lorsqu’il participe à la production et sa personnalité de chanteur. Elles peuvent se superposer, mais pas toujours. Un morceau dont Ringo chante la mélodie sur une batterie jouée par un autre professionnel est une œuvre majeure de son répertoire ; il n’est pas pour autant un exemple de sa technique personnelle derrière les fûts.

Ce chapitre suit donc l’évolution de ses albums et EP comme une histoire de choix sonores. Il ne remplace pas les fiches de pressages ou les listes de pistes de la discographie solo de Ringo Starr. Son rôle est d’expliquer pourquoi l’on entend tantôt un grand ensemble de musiciens de Nashville, tantôt une batterie rock délibérément directe, tantôt des percussions multipistes, puis le retour du country acoustique des années 2025 et 2026.

1970 : Sentimental Journey, un premier album sans batterie de Ringo

Publié le 27 mars 1970 au Royaume-Uni, Sentimental Journey est construit autour de reprises de chansons populaires connues de la génération des parents de Ringo. George Martin coordonne la production et fait appel à différents arrangeurs, dont Richard Perry et Quincy Jones. Le projet est révélateur de la liberté nouvelle de l’ancien Beatle : plutôt que de chercher immédiatement à prouver sa valeur comme batteur rock, il choisit de chanter un répertoire qui appartient à son enfance et à sa culture familiale.

Les notices de séances de la Beatles Bible ainsi que les crédits discographiques présentent Ringo comme chanteur principal, accompagné par des orchestres et des musiciens de studio. Les batteries que l’on entend dans les arrangements ne peuvent donc pas lui être automatiquement attribuées. Le fait que l’enregistrement de certaines bandes orchestrales ait été réalisé en dehors de sa présence rend cette distinction particulièrement nette.

Ce premier disque enseigne une règle pour tout le dossier : la carrière de Ringo comme artiste solo commence avant que l’on dispose d’une longue série d’albums illustrant exclusivement son propre jeu de batterie. Confondre les deux trajectoires conduirait à commenter des performances qui appartiennent en réalité aux musiciens recrutés par George Martin.

Illustration de l’étude du jeu de batterie de Ringo Starr, musicien gaucher

Beaucoups of Blues : à Nashville, le batteur devient chanteur de country

Quelques mois plus tard, Beaucoups of Blues, produit par le pedal-steel guitariste Pete Drake, est enregistré à Nashville en juin 1970. L’album permet à Ringo de suivre une passion ancienne : le country et le western swing, qu’il écoutait à Liverpool avant les Beatles. L’interprétation est portée par des spécialistes du genre, familiers des sessions de Music City. Leur style est généralement plus léger et plus souple que celui des grands disques de rock britanniques.

Les crédits de la chanson-titre indiquent Buddy Harman et D. J. Fontana à la batterie, tandis que Ringo est crédité au chant. Cette donnée est plus utile qu’une formule vague prétendant que Starr « a changé de style de batterie » sur l’ensemble du disque. Il a surtout changé de répertoire et de partenaires. Il a choisi de se laisser accompagner par des musiciens capables de parler naturellement le langage de Nashville.

Le retour au country de Look Up cinquante-cinq ans plus tard ne représente donc pas la découverte soudaine d’un genre. Il répond à une attirance de longue durée, mais avec une différence fondamentale : les crédits officiels de 2025 et 2026 montrent alors Ringo revenu personnellement derrière les fûts.

It Don’t Come Easy et Early 1970 : le son du musicien indépendant

Le single It Don’t Come Easy, publié en 1971 et travaillé avec George Harrison, annonce mieux que les premiers albums de reprises la personnalité pop-rock de Ringo. Le morceau unit une voix familière, un arrangement vigoureux et une section rythmique dont le rôle est de mettre en valeur un refrain immédiatement mémorisable. Son verso, Early 1970, commente de façon presque affectueuse la situation nouvelle des quatre anciens Beatles.

Ces enregistrements montrent que Ringo cherche progressivement une identité qui accepte son passé au lieu de le renier. Les séances comportent divers musiciens et interventions en studio ; les crédits précis et les différentes versions doivent toujours être privilégiés lorsqu’on attribue une partie de batterie. On peut néanmoins reconnaître une direction esthétique : une musique dont le rythme porte la chanson, avec une souplesse plus chaleureuse que spectaculaire.

Cette période est aussi celle de nombreuses collaborations sur les disques de Lennon et Harrison. Pour l’étude instrumentale, il faut donc lire ensemble les singles solo et notre chapitre consacré à ses participations chez d’autres artistes. Les enregistrements extérieurs constituent parfois des témoignages plus sûrs de son jeu que certaines pistes de ses propres albums.

Ringo (1973) : une œuvre collective qui affirme un caractère

Produit par Richard Perry, l’album Ringo réunit plusieurs anciens Beatles et un vaste cercle de musiciens américains. John Lennon signe I’m the Greatest, George Harrison participe notamment à Photograph, Paul McCartney apporte Six O’Clock. Le disque est devenu un moment emblématique des années post-Beatles, parce qu’il montre que le chanteur peut fédérer les anciens membres du groupe sans prétendre reformer les Beatles.

Du point de vue de la batterie, il faut refuser une simplification : plusieurs instrumentistes se partagent les sessions, et certains titres possèdent des configurations différentes de celles qu’évoque la mémoire populaire. L’enregistrement de Photograph, par exemple, relève d’une production très travaillée, où la section rythmique fait partie d’un ensemble plus vaste avec guitares, claviers et arrangements orchestraux. Il ne suffit pas d’écouter une caisse claire pour identifier à coup sûr qui en a exécuté chaque coup.

L’apport spécifique de Ringo est ici autant artistique que social. Il sait choisir un entourage, passer d’une ballade mélodique à un rock léger et conserver au disque une identité chaleureuse. Cette aptitude à organiser une musique autour de la convivialité deviendra, quinze ans plus tard, l’un des principes de son All-Starr Band.

Goodnight Vienna, Rotogravure, Ringo the 4th et Bad Boy : les années du studio sophistiqué

Après le succès de Ringo, l’album Goodnight Vienna de 1974 prolonge sa collaboration avec Richard Perry. Ringo’s Rotogravure en 1976 réunit de nouveaux invités, tandis que Ringo the 4th en 1977 puis Bad Boy en 1978 l’emmènent vers des productions pop, rhythm and blues et disco plus éloignées de la sobriété des premiers Beatles. L’évolution esthétique n’est pas une progression linéaire de technique instrumentale : elle suit les modes, les équipes de studio et les ambitions commerciales.

Dans les sessions de cette période, les batteries et les percussions peuvent être enregistrées séparément, associées à une section de cuivres ou à des cordes, et traitées pour obtenir un impact très régulier. Ringo participe parfois aux parties instrumentales, mais les disques font également appel à des batteurs de session. Une analyse de chaque piste exige de consulter le livret plutôt que de déduire le personnel de son nom sur la pochette.

La question musicologique devient donc : quelle place la production laisse-t-elle à un batteur dont le talent repose sur le mouvement naturel et sur l’écoute des autres ? Lorsque le son devient très dense, la personnalité d’une frappe peut être moins perceptible. Il ne faut pas confondre cette transformation du mixage avec une disparition de la musicalité de Ringo.

Illustration de Ringo Starr et de l’enregistrement de la batterie en studio

Stop and Smell the Roses, Old Wave : entre amis et identité en transition

Stop and Smell the Roses (1981) rassemble une nouvelle fois des collaborateurs familiers, parmi lesquels Paul McCartney, George Harrison, Harry Nilsson, Ronnie Wood et Stephen Stills. Son enregistrement étalé dans le temps illustre la difficulté de faire exister un album cohérent au milieu de productions confiées à plusieurs équipes. Old Wave (1983), réalisé en partie avec Joe Walsh, poursuit cette démarche vers un rock plus direct.

Ce n’est pas un hasard si les listes de crédits instrumentaux sont importantes pour cette époque. Les chansons peuvent être produites par des amis différents, disposer de sections rythmiques différentes et recevoir des ajouts après la prise initiale. Ringo reste le centre du projet comme chanteur et artiste principal, mais son jeu de batterie ne peut être considéré comme uniformément présent sur chaque piste.

Le début des années 1980 prépare indirectement le retour à la scène. En 1989, les All-Starr Bands offriront à Ringo un contexte où il pourra faire de nouveau partie d’un groupe stable devant un public. La batterie cessera alors d’être seulement une possibilité parmi les nombreux instruments d’un album solo.

Time Takes Time : relancer le répertoire, sans effacer les musiciens de session

Publié en 1992, Time Takes Time marque un retour de Ringo à une pop-rock soigneusement produite. L’album fait travailler plusieurs producteurs — Don Was, Peter Asher, Jeff Lynne et Phil Ramone — et s’appuie sur un ensemble de musiciens de studio. Les arrangements cherchent une vigueur qui évoque parfois la tradition mélodique des Beatles sans se limiter à la nostalgie.

Le titre Don’t Go Where the Road Don’t Go devient l’un de ses nouveaux morceaux de scène. À la batterie comme au chant, cette période demande de distinguer les versions studio des interprétations du All-Starr Band. Un arrangement du disque peut reposer sur un professionnel engagé pour la séance ; en concert, Ringo reprend le morceau dans une configuration où il partage fréquemment la scène avec un autre batteur.

Il n’y a pas lieu de juger le disque à partir d’une fausse opposition entre « Ringo authentique » et « musiciens invités ». Depuis les années 1960, son métier consiste précisément à chercher la bonne interaction avec d’autres instrumentistes. Le véritable travail historique est de documenter les crédits, puis d’analyser la façon dont la production met en valeur l’identité de ses chansons.

Vertical Man, Ringo Rama, Choose Love : le retour du travail en groupe

À partir de Vertical Man (1998), Ringo travaille étroitement avec Mark Hudson, puis retrouve cette équipe sur Ringo Rama (2003) et Choose Love (2005). L’écriture et la production donnent une plus grande place à un rock mélodique qui multiplie les clins d’œil à son passé. Mais il serait réducteur de voir dans ces chansons une simple tentative de recréer les Beatles : Ringo compose et interprète en fonction de son âge, de ses partenaires et de l’évolution du marché du disque.

La batterie y retrouve régulièrement une fonction plus affirmée, souvent soutenue par des parties de guitare et des chœurs nombreux. Certains morceaux font appel à des percussions complémentaires ou à plusieurs musiciens de session. Le jeu peut être construit en couches successives ; l’écoute doit donc distinguer une batterie de base, les accents ajoutés et les éléments éventuellement programmés ou traités.

Cette phase montre combien la personnalité rythmique de Ringo reste associée à la chanson. Même dans les arrangements les plus abondants, il préfère souvent les interventions brèves, les transitions claires et les figures immédiatement mémorisables. L’album ne vaut pas comme performance continue d’un unique quatuor : il est le produit d’une méthode de studio moderne.

Illustration de l'étude de la Ludwig Super Classic de Ringo Starr

De Y Not à What’s My Name : un studio plus personnel

Les albums Y Not (2010), Ringo 2012, Postcards from Paradise (2015), Give More Love (2017) et What’s My Name (2019) prolongent l’idée d’une production centrée sur son cercle de musiciens. Ringo participe davantage aux décisions de réalisation, souvent en lien avec le producteur et ingénieur Bruce Sugar. Les prises sont adaptées à un fonctionnement plus souple, et certains collaborateurs enregistrent leurs contributions dans des studios différents.

Il serait excessif de considérer ces disques comme des reproductions du son des Beatles. Les textures et le traitement du grave ont changé ; la batterie peut être plus resserrée, les guitares plus présentes dans l’image stéréo et les percussions supplémentaires mieux séparées. La continuité se situe moins dans un appareil de prise de son que dans la manière de placer les frappes et de construire un morceau autour d’une voix immédiatement reconnaissable.

Le cas de Grow Old With Me, enregistré pour What’s My Name avec la basse et les chœurs de Paul McCartney, symbolise cette période. La présence de Paul ne fait pas de la chanson une séance ordinaire des Beatles ; elle montre que Ringo continue de penser ses enregistrements comme des occasions de jouer et de chanter avec des amis.

2021-2024 : le choix des EP, une autre façon d’enregistrer

Après What’s My Name, Ringo privilégie plusieurs formats plus courts : Zoom In et Change the World en 2021, EP3 en 2022, Rewind Forward en 2023 puis Crooked Boy en 2024. Le format EP permet de présenter un petit ensemble de chansons sans attendre la réalisation d’un nouvel album complet. Cette méthode convient à un artiste qui partage son temps entre les concerts du All-Starr Band, les collaborations et sa vie de studio.

Les EP ne constituent pas une période uniforme : ils mobilisent des auteurs et partenaires différents, dont Steve Lukather, Linda Perry, Paul McCartney et T Bone Burnett. Les crédits par titre sont indispensables, notamment pour distinguer les parties de batterie de Ringo, les contributions de percussions et les autres musiciens. Sur Rewind Forward, la chanson Feeling the Sunlight, écrite par Paul, témoigne de la continuité du lien entre les anciens Beatles.

Crooked Boy, écrit et produit avec Linda Perry, constitue un autre exemple de cette logique : la personnalité de l’autrice et de la productrice façonne l’esthétique de l’EP. Il serait trompeur de présenter les disques de cette période comme une série homogène de démonstrations de batterie ; ce sont avant tout des miniatures de pop et de rock portées par le chant et la sensibilité de Ringo.

Illustration du chapitre consacré aux cymbales et accessoires de Ringo Starr

Look Up (2025) : le retour aux racines country, cette fois à la batterie

Publié le 10 janvier 2025, Look Up est produit principalement par T Bone Burnett, avec Daniel Tashian et Bruce Sugar. L’album réunit notamment Dennis Crouch à la basse, Paul Franklin à la pedal steel et des invités tels que Billy Strings, Molly Tuttle, Alison Krauss et Larkin Poe. La communication officielle de l’éditeur comporte une information centrale pour notre enquête : Ringo chante et joue la batterie sur les chansons de l’album, avec des précisions piste par piste.

Sur Breathless, les crédits ajoutent des percussions à sa batterie. Sur la chanson-titre Look Up, son jeu accompagne des guitares acoustiques, la pedal steel et la voix de Molly Tuttle. Thankful, coécrit avec Bruce Sugar et chanté avec Alison Krauss, met également Ringo derrière les fûts. Il faut toutefois conserver l’exception de Come Back : la liste détaillée le crédite au chant et au sifflement, sans indiquer une partie de batterie de sa main. La formule promotionnelle générale ne doit donc pas effacer les indications spécifiques.

Cette nouvelle situation donne au chapitre son contraste le plus fort. En 1970, les albums de standards et de country mettaient essentiellement en avant Ringo chanteur, accompagné par des professionnels ; en 2025, il peut redevenir explicitement le chanteur-batteur d’un disque de country de Nashville. Il ne s’agit pas de jouer la country comme un rock plus lent, mais de trouver avec Dennis Crouch et les guitaristes un balancement organique qui laisse une grande place aux mots.

Illustration des performances de Ringo Starr à la batterie avec les Beatles

Long Long Road (2026) : poursuivre le voyage à la batterie

Le 24 avril 2026 paraît Long Long Road, deuxième album consécutif de Ringo produit avec T Bone Burnett. Le disque comprend dix titres et reprend une part importante de l’équipe de Nashville, tout en accueillant différents invités. Le label Universal Music publie un document particulièrement précieux : une liste détaillée des musiciens piste par piste, où Ringo est crédité à la batterie sur les chansons concernées.

On peut citer notamment It’s Been Too Long, premier single, ainsi que Long Long Road, la chanson-titre, qui associe la voix et la batterie de Ringo à la basse de Dennis Crouch, aux cordes et aux instruments de l’équipe de Burnett. Le fait que certains morceaux reprennent des compositions antérieures ne signifie pas qu’ils reproduisent les arrangements originaux. Ringo revisite son propre répertoire en l’adaptant à une sensibilité country mûrie pendant plusieurs décennies.

L’intérêt instrumental de cet album tient à la continuité. La frappe ne cherche pas l’affrontement avec les instruments acoustiques : elle conserve le tempo, soutient les refrains et laisse résonner les timbres de mandoline, de violon ou de steel guitar. La comparaison avec Look Up permet d’entendre un musicien qui n’abandonne pas son identité, mais la déplace vers un monde sonore familier depuis sa jeunesse.

Illustration de l'évolution des sonorités de la batterie de Ringo Starr en studio

Comment écouter et attribuer correctement la batterie de ses disques solo ?

Pour chaque album, il faut commencer par lire les crédits du livret et repérer les variations entre éditions. Les bandes originales d’un titre peuvent contenir un autre batteur, puis des percussions ajoutées par Ringo ; une remasterisation peut changer l’équilibre sonore ; une version « live » peut être interprétée par deux batteries alors que l’enregistrement de studio en utilise une seule.

Le deuxième critère est l’analyse musicale. On écoutera la grosse caisse et la basse comme un couple de pulsations, la caisse claire dans les changements de section, les fûts graves dans les fins de phrases et les cymbales dans les passages instrumentaux. Mais une ressemblance stylistique ne constitue jamais une preuve d’attribution. Un autre professionnel peut parfaitement jouer un motif « à la Ringo ».

Enfin, il faut conserver les dates de session, pas seulement les dates de sortie. Un album publié en 2026 peut contenir des chansons enregistrées plusieurs mois auparavant ; un morceau publié en 1997 peut reprendre un travail plus ancien. Dans une discographie encyclopédique, la provenance des pistes évite de reconstruire une évolution technique artificielle à partir du seul ordre commercial des disques.

Une carrière de batteur qui ne suit pas la courbe de sa discographie

Le parcours de Ringo après les Beatles est plus complexe qu’un catalogue de disques personnels. Ses deux premières réalisations choisissent des répertoires où il est principalement chanteur. Certains albums de studio multiplient ensuite les instrumentistes et les méthodes de production, tandis que ses collaborations extérieures permettent d’entendre son jeu dans d’autres contextes. Le retour régulier sur scène lui donne une autre vie de batteur, et le country de 2025-2026 fait de nouveau apparaître très clairement ses propres frappes dans les crédits.

La continuité se situe dans l’idée du musicien au service d’une chanson. À aucun moment il ne semble considérer l’album solo comme une compétition de solos de batterie. Ce qu’il recherche est une histoire à raconter, un refrain à accompagner et un groupe d’interprètes capables de jouer ensemble. De Sentimental Journey à Long Long Road, l’âge modifie le contexte mais pas cette conception fondamentale.

Le chapitre consacré à la batterie de Ringo au sein du All-Starr Band examine comment cette philosophie s’exprime devant un public. Une partie de la discographie enregistrée y revient, mais Ringo doit alors partager la scène, et parfois les fûts, avec d’autres batteurs dont le jeu possède une personnalité tout aussi affirmée.

La trajectoire du chanteur-batteur, du répertoire des Beatles aux albums solo, est approfondie dans Ringo Starr, le batteur qui chantait.

Sources et précautions discographiques

Les attributions instrumentales sont toujours fondées, autant que possible, sur les crédits de l’édition et sur les relevés de séances. Les différences entre crédits généraux et personnels de chaque piste sont maintenues explicitement.

  1. The Beatles Bible, Sentimental Journey (1970), personnel et séances.
  2. The Beatles Bible, Beaucoups of Blues : personnel du titre.
  3. Ringo Starr, annonce des rééditions des quatre premiers albums solo (2025).
  4. The Beatles, annonce et crédits complets de Look Up (2025).
  5. Universal Music, Long Long Road, communiqué et personnel piste par piste (2026).
  6. The Beatles, publication de Long Long Road, présentation du disque (2026).

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