WINGS · 1977–1987 · ENCYCLOPÉDIE DES CHANSONS
Waterspout (1977) : le grand inédit de London Town et les projets Cold Cuts
« Waterspout » figure parmi les chansons inédites les plus souvent citées de la période Wings. Son histoire ne tient pas à un single paru puis retiré : l’œuvre est travaillée pendant la période London Town, réexaminée pour plusieurs projets Cold Cuts, puis envisagée pour la compilation All the Best! de 1987 avant de disparaître du programme définitif.
La chanson fantôme d’une anthologie annoncée
« Waterspout » figure parmi les chansons inédites les plus souvent citées de la période Wings. Son histoire ne tient pas à un single paru puis retiré : l’œuvre est travaillée pendant la période London Town, réexaminée pour plusieurs projets Cold Cuts, puis envisagée pour la compilation All the Best! de 1987 avant de disparaître du programme définitif.
Il faut donc distinguer la trace de cette chanson dans les documents de travail, sa présence sur des bandes officieuses et sa non-publication dans les programmes commerciaux réguliers. L’existence d’un titre imprimé dans un projet préliminaire ne suffit pas à créer une référence discographique officielle.
1977 : les sessions de London Town et leurs lieux multiples
L’année 1977 est l’une des plus mobiles des Wings : Londres, le yacht Fair Carol dans les îles Vierges et le studio de Spirit of Ranachan en Écosse accueillent des séances destinées à London Town et à divers singles. « Waterspout » appartient à cette phase, mais les chronologies disponibles ne fixent pas toutes le même lieu de la prise initiale.
Une partie de la documentation situe précisément le travail en août 1977 en Écosse, tandis que d’autres commentaires l’associent plus largement au matériel préparé à bord du yacht. Plutôt que de convertir une hypothèse en certitude, il convient de retenir la période London Town et de conserver la question de la localisation exacte ouverte jusqu’à vérification des feuilles de séance.
Une pop au parfum des Caraïbes
La chanson est caractérisée par une rythmique souple, une mélodie claire et une couleur instrumentale qui évoque les Caraïbes. Elle forme un contrepoint intéressant aux chansons maritimes plus mélancoliques de London Town. Sa légèreté apparente ne doit pas masquer l’intérêt de la production : le rythme et l’organisation des voix sont conçus pour créer un mouvement constant.
C’est probablement cette personnalité immédiatement reconnaissable qui a conduit McCartney à conserver la bande et à la réexaminer plusieurs fois. Toutefois, l’analyse de l’intention du compositeur ne doit pas être remplacée par un récit imaginaire de choix artistiques dont aucune trace n’existe.
Les projets Cold Cuts et la vie souterraine du master
Au tournant des années 1980, McCartney rassemble plusieurs chansons restées inédites dans des projets de compilation souvent appelés Cold Cuts. « Waterspout » y prend place parmi des enregistrements de périodes très différentes. Une séance de janvier 1981 prévoit des travaux de mixage ou d’overdubs, signe que l’artiste ne considère pas le titre comme une bande sans avenir.
Une nouvelle phase de travail apparaît en 1986. La présence de retouches ultérieures implique qu’on ne peut pas assimiler automatiquement tous les états du morceau à la seule prise de 1977. Une bande d’accompagnement, un mixage de 1981 et une proposition de 1986 peuvent présenter des différences sans qu’il s’agisse de compositions distinctes.
1987 : l’occasion manquée de All the Best!
Avant la parution de l’anthologie All the Best! en 1987, des informations de presse annoncent que « Waterspout » pourrait rejoindre le programme avec « Once Upon a Long Ago ». Le projet attire l’attention des collectionneurs, parce qu’il laisse espérer la première commercialisation d’une rareté déjà connue des amateurs de bandes non officielles.
La chanson est finalement écartée du disque publié. Certaines listes préparatoires et documents de presse ont donc une valeur historique, mais non celle d’un pressage vendu au public. Aucun classement commercial autonome ne doit être attribué à « Waterspout » sur la foi de cette annonce.
Versions circulantes : une typologie nécessaire
La circulation de versions officieuses a entretenu la fascination pour la chanson. Plusieurs durées sont répertoriées, notamment pour une base instrumentale et des mixes comportant davantage d’éléments. Cela crée un problème de catalogue : deux fichiers portant le même titre peuvent provenir de transferts différents ou d’un montage non autorisé.
Le relevé sérieux note la présence ou l’absence de chant, les éléments d’arrangement audibles, le minutage constaté et la provenance déclarée, tout en conservant le statut non officiel. Un nom de fichier comme « alternate mix 1978 » ne devient pas une date de session par sa seule existence.
Une rareté qui éclaire London Town
London Town est souvent décrit comme l’album des sessions flottantes et des derniers enregistrements en trio. « Waterspout » vient rappeler que cette période produisit bien davantage de bandes que celles retenues sur le programme commercial de mars 1978. L’ambition d’une encyclopédie est de retrouver ces ramifications et de montrer ce qu’elles révèlent des choix de McCartney.
L’histoire du morceau ne doit pourtant pas prendre une importance disproportionnée au détriment des œuvres publiées. Son intérêt réside dans les travaux répétés de studio et les projets éditoriaux avortés, et non dans des performances de concert dont aucune captation régulière n’est établie.
Statut et liens
Œuvre : « Waterspout », composée par Paul McCartney, travaillée dans la période London Town en 1977 ; réexamens pour Cold Cuts en 1981 et 1986 ; inclusion envisagée puis abandonnée pour All the Best! en 1987. Statut : chanson restée hors du catalogue commercial régulier documenté ici. La date d’un bootleg ultérieur n’est pas une première édition officielle.
À explorer avec l’étude de London Town, les archives du groupe et les critères d’identification d’un pressage authentique.












