En 2025, Sean Lennon retire « Woman Is the N-word of the World » du coffret PTTP, privilégiant une approche éditoriale qui contextualise sans raviver une polémique vouée à absorber tout le récit. Dans MOJO, il parle d’un choix difficile : préserver une chanson jugée importante mais ne pas l’imposer au cœur d’un projet grand public. L’article replace le titre de 1972 – pensé par Yoko Ono et porté par John Lennon – dans sa logique féministe et son esthétique du choc, rappelle sa réception heurtée et montre pourquoi, à l’ère des réseaux, un mot-titre peut réduire un coffret à un hashtag. Omission n’est pas effacement : la mémoire reste, mais le cadre change, pour laisser respirer l’héritage Lennon/Ono.
En 1972, John Lennon choque avec « Woman Is the N****r of the World », chanson pro-féministe controversée. Pensée comme un manifeste, elle soulève des débats sur le langage, l’oppression et la responsabilité artistique. Malgré les critiques, Lennon défend son message d’émancipation, suscitant soutien et rejet. Cette œuvre, issue de l’album Some Time in New York City, demeure une pièce brûlante et divisive de son parcours militant.
L’œuvre solo de John Lennon révèle un artiste à la fois viscéral, engagé et mélodique. De « Give Peace A Chance » à « Imagine », en passant par « Jealous Guy » ou « (Just Like) Starting Over », cette sélection de 20 titres explore ses influences, sa quête de vérité et son génie pop. Chaque chanson témoigne d’une recherche de sincérité, d’une production exigeante et d’une voix qui traverse les décennies.
John Lennon a souvent pris des risques artistiques et politiques, parfois au péril de sa carrière. L’album Some Time in New York City (1972) en est l’exemple parfait : engagé et radical, il fut un échec critique et commercial. Lennon reconnaîtra plus tard que ce disque a failli détruire sa carrière. Il se tournera ensuite vers une approche plus introspective avec Mind Games, marquant ainsi un tournant décisif dans son parcours solo.
Plus de 50 ans après sa création, « Sunday Bloody Sunday » de John Lennon et Yoko Ono renaît avec un clip inédit, une Ultimate Mix percutante et un coffret « Power to the People » qui recontextualise l’engagement politique du couple dans le New York des années 70. Une mise en images forte, entre archives, typographies et chiffres chocs, relie le passé et le présent pour rappeler la portée civique de la chanson.
Sean Ono Lennon révèle que John Lennon n’a jamais cessé d’aimer la musique, mais qu’il éprouvait une lassitude vis‑à‑vis de l’image imposée du « Beatle ». L’aveu nuance la légende : John aimait jouer sur scène — comme au concert One to One de 1972 — mais était souvent prisonnier du mythe collectif autour de son groupe. Le témoignage rend audible l’ambivalence d’un artiste coincé entre identité et création.
Un demi-siècle après son tournage, « Clock » refait surface : un film-concept de John Lennon et Yoko Ono, capté le 10 septembre 1971 au St. Regis de New York. Plan fixe d’une heure sur un réveil doré, vie et musique en arrière-plan : Lennon esquisse « Honey Don’t » à la guitare, Yoko observe et ponctue, vingt chansons surgissent puis s’évanouissent. Héritier des gestes minimalistes du couple et du cinéma d’Andy Warhol, le dispositif fait du temps le protagoniste. Longtemps fantôme, l’objet gagne un contexte grâce au teaser et s’articule au coffret « Power To The People »(sortie le 10 octobre), qui remixe et documente les années new-yorkaises, des One To One au Madison Square Garden aux démos et jams d’hôtel. Entre journal intime et art conceptuel, « Clock » révèle l’atelier vivant de 1971.
Sorti en 1998, John Lennon Anthology est un coffret de quatre CD retraçant la carrière solo de Lennon à travers des démos, prises alternatives et enregistrements inédits. Organisé en quatre périodes (Ascot, New York City, The Lost Weekend, Dakota), il dévoile l’évolution musicale et personnelle de l’ex-Beatle. Supervisé par Yoko Ono, ce projet met en lumière des moments intimes et expérimentaux, offrant un portrait brut et authentique de Lennon, de Plastic Ono Band aux dernières sessions de 1980.
A l’occasion du 53e anniversaire du One to One Benefit Concert du 30 août 1972 au Madison Square Garden, la succession de John Lennon a publié, le 30 août 2025 à 19 h BST, une vidéo inédite d’« Instant Karma! », captée lors de la représentation de l’après-midi. Restaurée à partir des bandes multipistes analogiques et remixée sous la houlette de Sean Ono Lennon, la performance révèle une version plus brute du hit de 1970, portée par la Plastic Ono Band, Elephant’s Memory et Jim Keltner. Cette sortie prélude au coffret « POWER TO THE PEOPLE (The Ultimate Collection) » attendu le 10 octobre 2025, un ensemble de 12 disques, 123 titres – dont 90 inédits – retraçant l’activisme new-yorkais de John & Yoko et offrant les deux concerts complets du One to One.
Après une période d’engagement militant intense, John Lennon retrouve dans Mind Games (1973) le plaisir simple de faire de la musique : un album mélodique, introspectif et libéré, conçu comme un tournant pour redevenir musicien.












