YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 49
Ringo Starr au cinéma : costumes, accessoires et transformations des personnages (1968–1984)
D’Emmanuel à Atouk : une histoire matérielle du jeu d’acteur, des maquillages, des costumes et de leur authentification.
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De Candy à Give My Regards to Broad Street, Ringo Starr ne s’est pas contenté de paraître à l’écran : il s’est prêté à une suite de métamorphoses. Ce chapitre étudie les costumes, le maquillage, les accessoires et les identités fictives, en distinguant les faits directement documentés des attributs matériels encore à authentifier.
I. Le costume, document et non souvenir personnel
Les quatre métiers qui composent un personnage
Le costume, le maquillage, la coiffure et les accessoires doivent être attribués aux métiers correspondants. Un acteur peut apporter des suggestions, mais une photographie de plateau ne prouve pas qu’il ait conçu la tenue. Le réalisateur, la direction artistique et le chef opérateur modifient encore la perception du vêtement par le cadrage et la lumière.
Une pièce portée, une pièce préparée et une réplique
Le cinéma travaille souvent avec des doubles de costume, nécessaires à la continuité, aux salissures et aux reprises de plans. Une veste annoncée comme « utilisée dans un film » ne constitue pas nécessairement celle que Ringo porte sur le négatif retenu au montage. Provenance, étiquette d’atelier, photographie comparative et documentation de production doivent être rapprochées.
Trois dates à ne pas confondre
La date de fabrication de l’accessoire, la période de tournage et la première projection du film peuvent différer. Une vente aux enchères cinquante ans plus tard fournit une date de circulation patrimoniale, non de création. Il en va de même des images restaurées ou colorisées, qui peuvent modifier notre impression des tissus.
II. Candy (1968) : Emmanuel, apparition dans une satire
Le rôle d’Emmanuel
Ringo interprète Emmanuel dans le film de Christian Marquand. Sa célébrité musicale est exploitée dans une distribution internationale, mais les vêtements montrés dans une photographie de fiction ne doivent pas être décrits comme la mode personnelle de Ringo en 1968. Le personnage appartient à une construction satirique.
Un costume n’est pas une photo de mode
La fonction du vêtement dépend de la scène : poser pour le service publicitaire et jouer devant les caméras ne sont pas des opérations identiques. Un portrait publicitaire peut avoir été réalisé hors plateau. Toute légende devra préciser si l’image est un photogramme, une photographie posée ou un document de tournage.
État de l’attribution
Les crédits du film permettent d’identifier l’équipe de production, mais l’objet porté par Ringo réclame une vérification indépendante. Nous ne retenons aucune revendication de « costume authentique de Candy » sans pièce d’archive et chaîne de provenance.
III. The Magic Christian (1969) : Youngman Grand et la satire sociale
Une silhouette au service du duo avec Peter Sellers
Youngman Grand s’inscrit dans un film où la richesse, les conventions et le ridicule social deviennent les moteurs du récit. Le vêtement peut renforcer le contraste entre l’apparente respectabilité des protagonistes et leurs initiatives provocatrices. L’apparence est une composante du personnage, non le récit d’une préférence vestimentaire de l’interprète.
Le programme de gala et le document de production
Le programme de la séance caritative du 11 décembre 1969 et le document de production britannique de cinq pages étudiés dans les chapitres précédents sont des pistes de datation de la publicité. Ils ne constituent pas un inventaire de garde-robe. Les portraits de Ringo et Sellers publiés à cette occasion devront être comparés à des photogrammes pour identifier les variantes de tenues.
Les papiers imprimés ne sont pas des objets portés
La campagne comprenait aussi du papier à lettres illustré. Cet objet témoigne d’une identité visuelle de film, mais il n’authentifie pas un accessoire de plateau. Une encyclopédie doit éviter d’agréger sous la catégorie « costume » tout ce qui représente les acteurs en tenue.
IV. Blindman (1971) : distinguer Candy du justicier
L’erreur de personnage la plus fréquente
Ringo joue Candy dans le western réalisé par Ferdinando Baldi. Le justicier aveugle est interprété par Tony Anthony. Les armes, chapeaux et éléments de costume figurant sur l’affiche ne peuvent donc pas être attribués automatiquement à Ringo. La publicité du western utilise plusieurs silhouettes de personnages.
Le langage du western spaghetti
L’usure des vêtements, les accessoires de cavalerie, les armes et les contrastes de matière inscrivent le film dans une tradition visuelle précise. Ils peuvent contribuer à détacher Ringo de son identité pop. Cela ne signifie pas qu’il se soit personnellement approprié ces éléments dans sa vie quotidienne.
Huit cartes ABKCO à confronter aux scènes
Le jeu britannique de huit cartes promotionnelles décrit par Tracks et étudié dans le chapitre 47 représente un bon corpus comparatif. Il faut identifier les cartes montrant réellement Candy, comparer leurs vêtements aux plans du film puis rechercher les légendes et mentions d’agence au verso.
V. 200 Motels (1971) : Ringo emprunte l’apparence de Zappa
Larry the Dwarf et le jeu de ressemblances
Dans le film de Frank Zappa et Tony Palmer, Ringo interprète Larry the Dwarf, une figure qui prend l’apparence de Frank Zappa. La transformation n’est pas une simple fantaisie capillaire : elle joue sur la reconnaissance croisée de deux musiciens célèbres. Le maquillage et les vêtements créent une identité visuelle volontairement instable.
Ne pas légender la mauvaise personne
Une image de Ringo maquillé peut être diffusée aujourd’hui sous le seul nom de Frank Zappa, ou inversement. Il faut préciser l’identité de l’acteur et celle du personnage, et vérifier la scène. Cette prudence s’impose plus encore aux images extraites d’anciennes copies vidéo de qualité inégale.
Les accessoires du spectacle expérimental
Le film mélange musique, fiction, performance et humour absurde. Pour isoler un objet porté par Ringo, on doit d’abord déterminer s’il appartient à une scène fictive, un numéro musical, une image promotionnelle ou un dispositif de tournage. Un objet visible dans une photographie des Mothers of Invention n’est pas nécessairement un objet utilisé par Ringo.
VI. Born to Boogie (1972) : réalisateur et observateur
Un autre rapport au costume
Ringo réalise le film consacré à Marc Bolan et T. Rex : son travail ne consiste pas principalement à se transformer en personnage de fiction. Les costumes des musiciens filmés, leurs vêtements de scène et les tenues des séquences construites doivent être étudiés pour leur rôle dans l’image du glam rock.
La photographie de plateau n’est pas de Ringo par définition
La présence de Ringo derrière la caméra ne fait pas de lui l’auteur des clichés publicitaires. Les fonctions de réalisateur et de photographe fixe sont distinctes. Une image attribuée à Ringo doit être étayée par un crédit ou un document de provenance.
De la scène au décor
Une tenue portée par Marc Bolan dans le concert filmé et un vêtement utilisé dans une scène arrangée n’appartiennent pas au même contexte de production. La date de représentation, la date de prise de vue et l’édition ultérieure du film doivent être consignées séparément.
VII. That’ll Be the Day (1973) : Mike dans l’Angleterre d’avant la Beatlemania
L’identité de Mike
Dans le film de Claude Whatham, Ringo incarne Mike, compagnon de Jim MacLaine, joué par David Essex. Les vêtements situent le personnage dans le monde des fêtes foraines, des loisirs populaires et des débuts du rock britannique. L’habillement est donc une source d’information sur la reconstitution de l’époque et la position sociale du personnage.
Les galeries STUDIOCANAL comme corpus
La présentation Vintage Classics/STUDIOCANAL conserve une galerie photographique et des reproductions de pressbook. Ces documents permettent de comparer plusieurs scènes. Leurs reproductions contemporaines ne constituent pas une preuve de l’origine des costumes ; elles facilitent toutefois l’identification des détails des vêtements.
Le portrait de l’acteur et celui de l’homme
L’image de Mike dans un blouson ou une tenue de fête foraine n’est pas un instantané de la vie privée de Ringo. La célébrité de l’acteur peut inciter les commentateurs à interpréter le personnage comme une autobiographie. Une étude sérieuse gardera la distance entre les deux.
VIII. Son of Dracula (1974) : Merlin et le théâtre du fantastique
Harry Nilsson et Ringo, deux personnages de fantaisie
Dans cette production dirigée par Freddie Francis, Harry Nilsson incarne Count Downe et Ringo joue Merlin. L’héritage du fantastique, les costumes et les accessoires participent au mélange de rock et de comédie. Il faut analyser leur fonction dans le récit plutôt que les classer comme simples extravagances personnelles.
Le film et le disque ont des campagnes distinctes
Les photographies produites pour le film et celles retenues pour la bande originale peuvent provenir des mêmes séances tout en appartenant à des publications différentes. Une image de Ringo en Merlin utilisée sur un emballage sonore ne prouve pas l’existence d’un tirage photographique de cinéma autonome.
Provenances à vérifier
L’inventaire des costumes, les photographies annotées, les documents Apple Films et les éventuelles ventes de pièces authentifiées constituent les sources à rechercher. Aucun crédit de fabrication d’un costume précis n’est retenu ici sans attestation primaire.
IX. Lisztomania (1975) : un pape dans l’univers de Ken Russell
Le personnage et la satire
Ringo apparaît en pape dans la fantaisie musicale de Ken Russell, portée par Roger Daltrey. L’habit pontifical est un costume de fiction et ne saurait être présenté comme une prise de position personnelle. La lecture doit replacer l’apparence dans le style outrancier du film.
Le costume vu dans les photographies publicitaires
Un ensemble de huit photographies publicitaires de Lisztomania est documenté par un catalogue de collection. Sans inspection individuelle, il ne peut pas être décrit comme huit portraits de Ringo en costume. La numérotation et les mentions de distributeur détermineront les scènes représentées.
Une affiche n’est pas un costume
L’affiche britannique de Vic Fair recompose visuellement les personnages selon les besoins de la publicité. Une figure peinte peut accentuer les couleurs et les proportions ; elle ne constitue pas une photographie fidèle de la confection des vêtements. La comparaison avec le film doit donc précéder les descriptions de matière.
X. Sextette (1978) : le problème du casting de célébrités
Laslo Karolny dans le film de Mae West
Dans le film réalisé par Ken Hughes, Ringo joue Laslo Karolny parmi de nombreux invités. Une campagne publicitaire centrée sur Mae West peut juxtaposer des portraits réalisés à des dates différentes. Elle n’atteste pas que les acteurs aient partagé une même séance photo ou porté des costumes identiques à ceux du tournage.
La photo composite et le faux document de plateau
Une publicité réunissant plusieurs célébrités dans le même cadre peut être un photomontage. Il serait inexact de la légender « acteurs réunis pendant le tournage » sans preuve. Les indices matériels de retouche et les documents de studio peuvent aider à distinguer une pose collective d’une composition fabriquée.
Les objets de la fiction à authentifier
Un accessoire attribué à Laslo Karolny doit être lié au personnage par une scène, une photo de continuité ou un inventaire. La provenance d’un objet associé à Mae West ne suffit pas à démontrer qu’il a servi à Ringo.
Edith Head au générique : replacer Laslo Karolny dans l’histoire des costumes hollywoodiens
Les bases de crédits Rotten Tomatoes et Fandango identifient Edith Head comme responsable de la création des costumes de Sextette, le film de Ken Hughes sorti en 1978. Ce renseignement est capital pour documenter les transformations de Ringo au cinéma : sa participation au film de Mae West s’inscrit dans une production dont l’apparence vestimentaire est supervisée par une figure majeure des métiers du costume hollywoodien, et non simplement dans une réunion de célébrités devant les caméras. L’attribution doit cependant rester au niveau approprié : il s’agit du crédit de création des costumes du film, pas encore de la preuve qu’Edith Head aurait personnellement dessiné chacune des pièces portées par Laslo Karolny.
Le dossier devrait désormais rechercher des feuilles de continuité, des dossiers du département costumes et des photographies du personnage où vêtements et accessoires sont parfaitement visibles. Il faudra distinguer une silhouette préparée pour la scène, une tenue de ville portée par l’acteur pendant les répétitions et un portrait publicitaire produit hors du plateau. Les éventuels dessins ou patrons d’Edith Head ne devront être attribués au rôle de Ringo qu’avec une légende contemporaine, un numéro de production ou un titre suffisamment explicite. À ce stade, l’encyclopédie peut consigner avec certitude la responsabilité générale de la costumière, tout en maintenant ouvertes les attributions individuelles.
XI. Ringo (1978) : Ognir Rrats, un double télévisuel construit par le costume
Entre Sextette et Caveman, un épisode important manquait à cette chronologie visuelle : Ringo, émission musicale de fiction diffusée sur NBC le 26 avril 1978. Le programme ne relève pas de l’exploitation cinématographique en salles. Son inclusion dans une étude des costumes se justifie précisément par l’expérience qu’il propose : le même interprète doit incarner simultanément la vedette Ringo Starr et son sosie de condition modeste, Ognir Rrats. Il faut ici distinguer le costume du personnage, la documentation de tournage et l’objet promotionnel ultérieurement devenu pièce de collection.
Le Prince et le Pauvre transposé dans le Hollywood de 1978
L’argument reprend librement l’échange d’identités du Prince et le Pauvre de Mark Twain. Le véritable Ringo est fatigué des contraintes de la célébrité ; Ognir, vendeur de plans permettant aux curieux de trouver les maisons des vedettes, rêve au contraire d’accéder au monde des stars. Une rencontre, une ressemblance et un échange de rôles servent de ressort à cette comédie musicale pour la télévision. La presse spécialisée contemporaine, notamment Billboard en mars et en avril 1978 et Cash Box à la fin d’avril, documente le synopsis et l’usage de cette fiction comme écrin pour les chansons de Ringo. Ces sources contemporaines priment sur les résumés rétrospectifs qui confondent parfois les deux personnages ou exagèrent leur lien familial.
L’enjeu est d’abord visible. Le public doit identifier à tout moment le Ringo célèbre et l’Ognir sans privilèges, y compris lorsque les deux personnages partagent la même séquence. Le vêtement, la présentation capillaire, l’attitude corporelle, le décor et la continuité des prises contribuent à rendre la substitution lisible. Cette efficacité ne démontre pas que Ringo ait dessiné lui-même les vêtements : le passage de l’idée de personnage à son incarnation mobilise des professionnels de la télévision et des choix collectifs de mise en scène.
Trois photographies de plateau attribuées à Nancy Andrews
Une pièce de documentation postérieure mais matériellement précise permet désormais de dépasser les seules descriptions du film. Le catalogue de la vente Heritage Auctions n° 7164, Dallas, 11 novembre 2017, présente sous le lot 89693 trois photographies couleur attribuées à Nancy Andrews, prises sur le tournage de Ringo en 1978. Deux montrent l’artiste dans l’apparence d’Ognir Rrats ; la troisième présente le Ringo vêtu avec élégance. Chaque photographie est annoncée au format approximatif de 5 × 7 pouces, et le lot comprend des diapositives et des droits photographiques décrits par le vendeur. C’est une piste iconographique autrement plus probante qu’une simple photographie publiée sans légende.
La notice Heritage appelle cependant deux précautions. D’abord, elle qualifie Ognir de demi-frère fictif de Ringo, alors que la présentation télévisuelle contemporaine le traite avant tout comme son sosie et un personnage de condition opposée ; cette divergence rédactionnelle ne doit pas devenir un fait narratif incontestable. Ensuite, la vente d’épreuves accompagnées de diapositives ne signifie ni que les costumes portés aient été vendus, ni que l’on connaisse le lieu de conservation actuel de chaque élément de garde-robe. Il s’agit d’un fonds photographique identifié, pas d’un inventaire complet des costumes.
Un accessoire du programme apparaît dans la collection Tom Fontaine
Le catalogue The Tom Fontaine Collection — The Complete Listing, diffusé en 2017, comporte une entrée singulière, RS19, désignée en anglais « Ognir Ratts album face prop ». Le descriptif rattache cet accessoire à l’émission Ringo du 26 avril 1978 et indique qu’il apparaît dans plusieurs scènes. L’existence d’une telle entrée documente la circulation d’un objet de décor ou de présentation associé à l’alter ego du musicien. La graphie abrégée « Ratts » employée par cette notice diffère du nom habituellement donné au personnage, « Rrats » ; dans un catalogue raisonné, les deux formulations doivent être conservées et signalées.
Le libellé album face prop n’est pas assez descriptif pour établir, sans photographie de l’objet, sa nature matérielle exacte : il serait imprudent de parler d’un masque, d’un moulage de visage ou d’une pochette de disque authentique. Ni le numéro RS19 ni le récit du collectionneur ne prouvent, isolément, la chaîne complète de provenance depuis le plateau NBC. Pour cette raison, l’objet est répertorié ici comme une attribution publiée à vérifier et non comme un accessoire authentifié par l’encyclopédie.
Le tournage : spectacle musical et travail devant la caméra
Un reportage de Billboard du 18 mars 1978 rappelle que la fabrication de l’émission était aussi une répétition générale de présence scénique pour Ringo : une séquence chantée avait été enregistrée devant plusieurs centaines de spectateurs invités. Il serait inexact d’en déduire que tout le téléfilm fut exécuté en public ou que les photographies d’Andrews décrivent le même jour de travail. Le programme mêle morceaux musicaux, fiction et apparitions d’artistes, avec George Harrison comme narrateur. Les costumes contribuent à un dispositif de télévision où la personnalité publique de l’ancien Beatle est à la fois célébrée et parodiée.
L’épisode éclaire un trait constant de l’histoire visuelle de Ringo : dans The Magic Christian, 200 Motels et Caveman, il se transforme au service d’un rôle ; dans Ringo, il met directement en scène l’écart entre Richard Starkey, personnage public, et une caricature de son propre destin social. Pour l’historien, le dossier matériel doit donc croiser le film diffusé, les photographies de plateau datées, les journaux de production et les notices de collection. La fiche consacrée au téléfilm dans notre filmographie de Ringo Starr développe sa distribution et ses séquences musicales ; le présent chapitre se limite volontairement aux formes visibles et à la traçabilité de leurs archives.
XI bis. Ringo (1978) : les métiers du costume identifiés et deux journées de tournage retrouvées
Le cas d’Ognir Rrats mérite une fiche particulière parce que le même artiste incarne deux personnages au sein d’une production télévisuelle en grande partie organisée autour de leur ressemblance. Pour l’historien du vêtement et du maquillage, la question ne se réduit pas à déterminer quel habit porte Ringo à tel moment : il faut identifier les professionnels chargés de différencier les deux silhouettes, les journées de prises de vues et les sources qui permettent de les reconstituer. Les bases de génériques et un témoignage de spectatrices publié à l’époque apportent aujourd’hui des éléments nouveaux à confronter aux trois photographies de Nancy Andrews déjà connues.
Une équipe artistique nommée, mais des attributions de costumes encore à préciser
Les génériques secondaires d’IMDb, Letterboxd et Plex concordent pour attribuer la conception des costumes à Bill Hargate, la direction artistique à René Lagler, la coiffure à Barbara Lorenz et le maquillage à Ben Nye III. Le département des effets spéciaux de maquillage mentionne également Thomas R. Burman pour les prothèses. Il faut situer ces personnes au bon niveau : un crédit de département ne démontre pas que son titulaire ait fabriqué de sa main chaque vêtement, coiffé personnellement l’artiste dans toutes les scènes ou créé un masque particulier destiné à Ognir. Ces informations forment néanmoins une première nomenclature d’équipe, utile pour retrouver des feuilles de service, croquis de costume et photographies de fabrication.
La réalisation est créditée à Jeff Margolis, le scénario à Neal Israel et Pat Proft, et la production à Ken Ehrlich. Le spectacle étant conçu pour la télévision américaine, son image résulte de conventions différentes de celles d’un long métrage en salles : plans de variété enregistrés devant un public, séquences jouées et moments musicaux nécessitent des continuités de maquillage et d’habillement propres. Il serait donc trompeur de classer le travail de Bill Hargate sous le seul titre de « film de cinéma 1978 », alors que l’œuvre est le spécial musical de NBC diffusé le 26 avril.
Le 19 février 1978 : une première trace du tournage aux studios A&M
Une correspondance de fans reproduite en 2012 par le site Meet the Beatles for Real provient, selon son éditrice, du numéro de mars 1978 du bulletin Harrison Alliance. L’autrice y évoque le dimanche 19 février 1978, lorsque NBC lui indique que Ringo travaille aux studios A&M de Los Angeles. Elle raconte s’être rendue aux grilles et l’avoir aperçu dans le parking. Ce récit a une valeur de témoin proche de l’événement, sans atteindre celle d’une feuille de service établie par la production. Une autre chronologie consacrée aux films des Beatles donne la période du 14 au 22 février 1978 pour le tournage du spécial à Los Angeles. Les deux mentions sont compatibles pour la partie fictionnelle, mais aucune ne permet de connaître à elle seule les horaires, les scènes ni les accessoires présents le 19 février.
Le 26 février : une séquence musicale devant environ 175 personnes
Le même témoignage de Harrison Alliance décrit une séance de tournage à NBC le dimanche 26 février 1978, accessible à un groupe de spectateurs après une attente prolongée. La rédactrice évoque une assistance d’environ 175 personnes, plusieurs prises et des interprétations comprenant Heart on My Sleeve, Hard Times, You’re Sixteen et Act Naturally. Ce renseignement complète la chronologie du 14 au 22 février : il suggère qu’un numéro de concert a été filmé séparément ou ultérieurement aux principales scènes jouées. Il ne faut pas transformer l’estimation de spectateurs donnée par une participante en chiffre officiel de capacité du studio ; il s’agit d’un souvenir publié à une date proche de l’événement, à vérifier au moyen d’archives de production.
Cette différenciation des séquences possède une conséquence pratique pour les photographies. Une vue de Ringo interprétant une chanson devant un public peut appartenir aux prises du 26 février et non au tournage d’une scène d’Ognir auprès d’Art Carney ou de Carrie Fisher ; des costumes semblables peuvent cependant avoir été réemployés. L’attribution doit reposer sur le décor, les autres personnes présentes, les accessoires et les éventuelles marques de la photographie, et non sur la seule date de diffusion de l’émission.
Comment filmer Ringo avec son double sans fabriquer deux nouveaux acteurs ?
Le texte des spectatrices comporte une remarque sur une personne habillée et maquillée pour ressembler au personnage. L’éditrice qui republie le témoignage ne comprend pas entièrement ce passage et se demande s’il pouvait s’agir d’une doublure pour les plans où Ringo et Ognir devaient être visibles ensemble. Nous ne pouvons pas transformer cette interrogation en crédit de distribution : les rôles de Ringo et d’Ognir sont attribués à Ringo Starr dans le générique de l’œuvre. Plusieurs solutions techniques ont pu être employées pour les séquences de double — doublure filmée de dos, champ-contrechamp, incrustation, montage ou trucage optique — mais l’utilisation de l’une d’elles sur un plan précis reste à démontrer par la consultation de la copie et des archives vidéo. L’apport du témoignage est de signaler un problème de mise en scène à vérifier, non de nommer un acteur inconnu.
Le jour de diffusion est établi plus solidement que certaines fiches numériques
Une critique du Washington Post, parue le 26 avril 1978, présente Ringo comme une émission diffusée le soir même à 21 heures, sur le réseau NBC. Cette pièce contemporaine a une valeur supérieure aux agrégateurs qui affichent parfois le 25 avril comme première date sans indiquer de fuseau horaire, de réseau ni de document de programmation. Pour un catalogue de l’audiovisuel, les dates de tournage de février, la diffusion télévisée américaine du 26 avril et la date d’éventuelles rediffusions doivent être enregistrées dans des champs différents. Les durées indiquées de 49 minutes dans les bases de programme et de 55 min 55 s dans un répertoire de copies ne constituent pas nécessairement deux montages artistiques ; elles peuvent tenir aux plages de publicité, génériques ou états de conservation. Sans minutage comparé, aucun de ces nombres ne doit être déclaré durée définitive de l’œuvre dans toutes ses formes.
La hiérarchie de preuve pour un costume ou une photographie d’Ognir
Nous pouvons désormais croiser quatre familles de documents : les génériques d’équipe qui donnent Bill Hargate et les responsables de coiffure et maquillage ; les annonces télévisuelles et critiques contemporaines qui attestent la diffusion ; le témoignage de février 1978 sur le tournage ; et les photographies de Nancy Andrews, dont trois ont été individualisées dans une vente Heritage Auctions en 2017. Une photographie d’Ognir n’est pas une preuve de détention du costume, et un crédit de Bill Hargate n’identifie pas par lui-même le propriétaire d’un objet aujourd’hui en vente. Pour attribuer un vêtement, une perruque ou un accessoire précis, il reste indispensable de réunir son étiquette d’atelier, des images de continuité et une provenance depuis la production.
Ces nouveaux documents offrent une fenêtre rare sur la création visuelle de Ringo en 1978. En jouant son propre rôle et son contraire imaginaire, il mobilise une équipe d’arts visuels et une fiction de la célébrité qui prolongent ses expériences cinématographiques de la décennie. L’encyclopédie doit rendre visible ce travail collectif, sans réduire le double à un déguisement de Beatle ou inventer des objets de collection qui n’ont pas été documentés.
XII. Caveman (1981) : Atouk et la comédie préhistorique
Un rôle principal construit par l’apparence
Le film de Carl Gottlieb donne à Ringo le rôle d’Atouk. Vêtements, coiffure, corps, mimiques et accessoires participent à une comédie qui utilise peu les codes ordinaires du langage moderne. Le costume doit permettre d’identifier le personnage tout en maintenant une expressivité physique immédiate.
La collection Leskosky : dix-huit photographies de presse
La Rare Book & Manuscript Library de l’université de l’Illinois répertorie, pour Caveman, un dossier de dix-huit photographies au sein de la Leskosky Collection, boîte 33, Item 2291. Ce nombre est celui des pièces de ce dossier, non des tenues différentes de Ringo. Chaque photographie devra être étudiée pour déterminer le personnage, les accessoires et les circonstances de la prise de vue.
La technique de l’objet préhistorique
Un objet imitant la pierre, l’os ou la peau peut avoir été fabriqué avec un matériau contemporain choisi pour sa sécurité ou sa légèreté. L’aspect à l’écran ne prouve pas la composition réelle. Un catalogue patrimonial doit identifier, lorsque la documentation existe, la matière, les méthodes de fabrication, les éventuelles copies et l’état de conservation.
Ringo et Barbara Bach : ne pas confondre rencontre et preuve matérielle
La rencontre des deux interprètes autour du film est un fait biographique important. Elle ne permet pas d’attribuer à l’un ou l’autre les costumes ou les accessoires visibles. L’identification du département costumes et les documents de fabrication restent indispensables.
Une œuvre originale retrouvée au LACMA : Atouk, Ringo et le costume de combat de 1981
Une source muséale exceptionnelle permet de quitter le seul terrain des films et des photographies. Le Los Angeles County Museum of Art conserve un dessin préparatoire de costume de Robert Fletcher intitulé Costume Sketch of Ringo Starr as Atouk in Battle in the United Artists Production of ‘Caveman’. Le titre officiel identifie l’artiste, l’acteur, le personnage, le contexte d’une scène de combat et la production cinématographique. Il ne s’agit donc pas d’une image anonyme d’homme préhistorique attribuée après coup à Ringo Starr, mais d’une étude graphique dont la destination est explicite dans l’inventaire institutionnel.
Les données matérielles sont précises : œuvre datée de 1981, exécutée à la gouache sur carton, mesurant 36,83 × 29,53 cm (14½ × 11⅝ pouces), classée parmi les dessins du département Costume and Textiles. Le numéro d’inventaire est M.86.262.5. Le musée la répertorie comme non exposée au moment de la consultation. Sa date de catalogue ne permet pas de connaître le jour exact de création ni de reconstruire à elle seule l’ordre des étapes de préparation du film.
La composition représente le personnage sous l’apparence d’un combattant préhistorique barbu : vêtements évoquant la fourrure et des éléments osseux, bouclier figurant une carapace, massue, annotations manuscrites. Le dessin renseigne un projet de silhouette et d’accessoires. Il ne constitue pas la preuve que ces pièces furent fabriquées dans les matériaux suggérés par l’illustration, ni qu’elles furent toutes portées dans la version montée. L’historien doit distinguer le costume dessiné, le costume réalisé et le costume visiblement utilisé dans une prise.
La provenance : le dessin est entré au musée grâce à Robert Fletcher
Le champ de provenance indique expressément « Gift of Robert Fletcher », soit un don effectué par le créateur. Cette chaîne directe confère à l’attribution une force documentaire supérieure à celle d’une photographie de collection vendue avec une légende non signée. Il serait pourtant inexact de transformer cette formule en « costume ayant appartenu à Ringo Starr ». Le musée conserve un dessin provenant de Fletcher ; la notice ne désigne ni un vêtement porté par Ringo, ni un bien que l’acteur aurait lui-même conservé.
La pièce ouvre désormais un protocole d’enquête très concret : déchiffrer les annotations de l’original ; vérifier si le fonds contient d’autres études de Caveman ; confronter l’illustration aux photographies de tournage de provenance connue ; repérer, dans les différentes versions du film, l’équipement du personnage d’Atouk. Les mentions de scène devront toujours être réservées à ce qu’une comparaison filmique ou un document de production permet d’établir.
Robert Fletcher, les photographes et les maquilleurs : une œuvre collective
Le générique technique recueilli par la Cinémathèque française attribue les costumes de L’Homme des cavernes à Robert Fletcher. Il distingue de ce métier la photographie du film confiée à Alan Hume, les photographies de plateau créditées à Andrew D. Schwartz, le maquillage à Del Armstrong et la coiffure à Bertha Chiu et Lynn Del Kail. Ces noms permettent de reconstituer les responsabilités artistiques sans déduire automatiquement que Fletcher conçut personnellement chaque objet montré à l’écran. Pour la gouache du LACMA, en revanche, le nom de l’auteur est attaché à un objet spécifique.
La bibliographie sélectionnée par le musée renvoie au catalogue Hollywood and History: Costume Design in Film (Los Angeles County Museum of Art, 1987). Cette référence est une piste scientifique à poursuivre, non une preuve que le dessin de Ringo figure nécessairement reproduit sur une page du livre. La donnée établie aujourd’hui est l’existence de l’œuvre dans les collections publiques, avec un numéro, une provenance et une attribution précis.
Notice de catalogue raisonné — Robert Fletcher : Atouk au combat (1981)
Œuvre : Costume Sketch of Ringo Starr as Atouk in Battle in the United Artists Production of ‘Caveman’. Auteur : Robert Fletcher. Objet : dessin préparatoire pour le costume du personnage joué par Ringo Starr. Production : Caveman (1981), United Artists, réalisation Carl Gottlieb. Support et technique : gouache sur carton. Format : 36,83 × 29,53 cm. Lieu de conservation : LACMA, département Costume and Textiles. Accession : M.86.262.5. Provenance publiée : don de Robert Fletcher. Attribution : certaine pour le dessin, non établie pour la réalisation de chaque accessoire représenté. Image : consultable dans la base du musée ; droits de reproduction à vérifier séparément. Cette notice constitue une première entrée de référence pour un futur catalogue des dessins originaux des personnages interprétés par Ringo Starr.
Un ensemble de vêtements attribué à Atouk répertorié par Julien’s Auctions
La recherche sur Caveman peut désormais rapprocher l’étude de costume conservée au LACMA d’un second type de témoin : une pièce vestimentaire photographiée dans le catalogue de Julien’s Auctions. La maison de ventes référence un objet sous l’intitulé précis Caveman | Atouk (Ringo Starr) Ensemble, avec l’identifiant de fiche 2108037. Les photographies associées à cette entrée présentent, sur un mannequin, un ensemble de vêtements évoquant la fourrure animale, composé de plusieurs pièces irrégulières, avec une ceinture sombre ornée de petits éléments semblables à des os. Cet objet appartient à une catégorie documentaire radicalement différente de la gouache de Robert Fletcher : il s’agit ici d’un costume physique, ou d’un ensemble décrit comme tel par le vendeur.
Ce rapprochement est prometteur, mais il doit être conduit avec les précautions propres à l’histoire des accessoires de cinéma. La fiche publique actuellement accessible identifie l’ensemble au personnage d’Atouk ; elle ne livre pas, dans les informations textuelles consultables, une chaîne de provenance complète, un numéro d’inventaire de production ni une confrontation détaillée avec une prise filmée. Il serait donc excessif de qualifier automatiquement chaque pièce d’« habit porté par Ringo dans telle scène » ou d’affirmer que l’ensemble correspond au costume de combat figurant sur le dessin de Fletcher. L’étude du musée montre notamment un bouclier et une arme ; l’ensemble photographié par Julien’s porte un autre type d’information, celui des couches vestimentaires et de la ceinture.
Pour établir une attribution individuelle, il faudra obtenir le descriptif intégral du lot et ses éventuelles photographies de revers, étiquettes ou documents de provenance, puis comparer des détails de couture, de fermeture et d’ornementation avec les photogrammes du long métrage. Si des doublures ou plusieurs tenues similaires ont été réalisées pour les scènes d’action, une ressemblance visuelle ne permettra pas toujours de différencier l’objet vendu d’une réplique de tournage. Le catalogue raisonné conservera donc RS-COS-CAV-02 — Ensemble attribué à Atouk, dossier Julien’s Auctions n° 2108037, statut matériel et historique de port à vérifier.
La créature montée par Atouk : une marionnette d’animation originale dans un catalogue Heritage
Une autre composante de l’univers plastique de Caveman vient de l’animation image par image. Le catalogue d’Heritage Auctions, vente n° 7356, lot 89658, décrit une marionnette originale de dinosaure-caméléon utilisée pour les séquences en stop motion, conçue par Jim Danforth, également crédité comme réalisateur de seconde équipe. La notice précise un matériau de latex expansé autour d’une armature métallique, pour des dimensions annoncées de 19 × 8 × 9 pouces. Elle indique qu’Atouk, incarné par Ringo, chevauche cette créature dans le film, et consigne des altérations matérielles : latex durci et desséché, parties de l’armature exposées, orteils, œil et extrémité de la queue manquants.
Cette entrée de catalogue ouvre une distinction importante : l’image d’Atouk ne résulte pas seulement du costume de l’acteur ou de l’affiche illustrée par Michael Hobson. Le film associe aussi des créations matérielles destinées aux effets spéciaux, dont l’apparence et la conservation relèvent des ateliers de marionnettes et de modèles animés. L’objet décrit par Heritage n’est pas une tenue de Ringo, ni un accessoire qu’il portait ; c’est un élément d’animation utilisé dans le même univers fictionnel. La dégradation du latex rappelle que le patrimoine visuel du cinéma inclut des matériaux fragiles, très différents des photographies et estampes archivées sur papier.
En réunissant le dessin préparatoire du LACMA, l’ensemble vestimentaire catalogué par Julien’s, la marionnette de Danforth décrite par Heritage et l’illustration originale d’affiche de Michael Hobson, le dossier dispose désormais de quatre familles distinctes de témoins primaires ou quasi primaires. Cette classification ne doit pas masquer leurs écarts de statut documentaire : inventaire de musée, fiche de vente, attribution d’objet de production et dessin d’imprimerie. Leur mise en relation démontre néanmoins la richesse insoupçonnée du travail visuel développé autour de Ringo Starr dans Caveman.
XIII. Give My Regards to Broad Street (1984) : un ancien Beatle dans la fiction de McCartney
Le récit et son jeu d’images
Le film de Paul McCartney place Ringo dans un environnement étroitement lié à la musique. Contrairement à Caveman, la publicité peut tirer parti de la ressemblance entre la figure publique du musicien et son apparition dans le récit. Il faut cependant distinguer personnage à l’écran, photographie promotionnelle et portrait réalisé pour l’album sonore.
Les supports de publicité se recoupent
Une photographie peut apparaître sur un support musical, dans un magazine, dans un dossier de presse et sur une jaquette vidéo. Ces occurrences n’en font pas autant de prises de vue. La création de fiches séparant image-source et support commercial sera particulièrement utile pour cette production.
Attribution des vêtements
La présence de Ringo et de Paul sur une photographie n’autorise pas une attribution à leur garde-robe personnelle. Le lieu de la prise, son objectif publicitaire et les crédits de production doivent être documentés avant de qualifier un vêtement comme objet original du film.
Milena Canonero au département costumes : un nouveau nom pour l’enquête de 1984
Les génériques techniques répertoriés par Moviefone et Plex désignent Milena Canonero comme costume designer de Give My Regards to Broad Street. La production réunit également Vera Mitchell à la coiffure et Sara Raeburn au maquillage. En complément, les décors relèvent du travail de Anthony Pratt, la direction artistique d’Adrian Smith et la décoration du plateau de Stephenie McMillan. Ces identifications donnent enfin des interlocuteurs et des pistes d’archives à l’enquête visuelle, jusque-là limitée aux photographies promotionnelles et aux souvenirs du tournage.
Le statut singulier de Ringo dans ce film rend la prudence indispensable. Puisqu’il est présenté sous sa propre identité publique dans l’univers fictionnel de McCartney, une veste vue à l’écran pourrait appartenir à la garde-robe préparée pour une scène ou provenir d’un costume choisi parmi les vêtements personnels ou les pièces de production. Aucune de ces hypothèses ne peut être transformée en certitude par le seul nom de Canonero au générique. Il faut confronter les photographies de continuité, les contrats de prêt éventuels et les documents de fabrication. Le crédit de l’équipe sert de point de départ, non de certificat d’authenticité pour chaque vêtement.
Deux montages de Broad Street : pourquoi la source filmique doit être identifiée
La British Board of Film Classification conserve une trace utile de l’histoire des versions : la présentation cinématographique classée le 27 septembre 1984 est associée à une durée de 108 min 49 s, tandis qu’une version de vidéo domestique examinée le 12 janvier 1987 est décrite à 103 min 59 s. Cette différence ne démontre pas à elle seule la suppression de scènes ou de costumes : les vitesses de défilement, les éditions et les matériels soumis peuvent intervenir dans le calcul. Elle impose cependant de relever la version exacte d’un film lorsqu’on cherche un vêtement ou un accessoire visible dans une séquence donnée. Une fiche de costume sérieuse indiquera donc l’édition et le minutage consultés au lieu d’en faire une caractéristique stable et universelle du film.
XIV. Comment inventorier les costumes de Ringo : protocole d’authentification
La photographie d’origine et le plan du film
La première étape consiste à identifier le plan où l’objet est utilisé : personnage, séquence, raccord, accessoires visibles et détails distinctifs. Des captures d’éditions vidéo peuvent guider l’identification, mais leur qualité et les éventuelles restaurations doivent être signalées.
La chaîne de provenance
Une preuve forte associe inventaire de studio, étiquette de costumier, photographie de continuité et transferts de propriété documentés. Une vente aux enchères peut offrir une description utile mais ne saurait remplacer l’archive initiale. La provenance doit être séparée des interprétations du marchand.
La description matérielle
Mesures, tissu, couture, taille, marques d’usure, fermetures, étiquettes, modifications, accessoires séparables : ces informations relèvent du catalogage de l’objet. Le costume entier, ses composantes et les répliques éventuelles ne doivent pas être confondus.
Le degré de confiance
Chaque attribution pourra être classée comme examinée sur objet, corroborée par archive primaire, signalée par catalogue secondaire ou hypothétique. Une fiche sérieuse doit accepter la catégorie « auteur non identifié », plutôt que remplir artificiellement toutes les cases.
Ognir Rrats et Atouk : les équipes derrière le costume
Le téléfilm Ringo de 1978 montre la vedette dans deux rôles : une version romancée de Ringo Starr et son double fictif Ognir Rrats. Cette distinction, déterminante pour la comédie, ne repose pas sur une simple perruque. Le générique attribue la réalisation à Jeff Margolis, les costumes à Bill Hargate, la direction artistique à René Lagler, le maquillage à Ben Nye III, certains effets à Thomas R. Burman et la coiffure à Barbara Lorenz. Il faut donc distinguer les auteurs de chaque transformation de personnage ; un costume vu sur Ringo n’est pas nécessairement créé par lui.
Éléments établis et distinctions bibliographiques
Les scénaristes Neal Israel et Pat Proft construisent l’échange d’identités ; la réalisation et le montage organisent l’alternance des deux figures ; le costume et le maquillage permettent au spectateur de comprendre la situation. Le générique mentionne aussi Sanford Slepak comme assistant costumier. Ces crédits constituent des pistes pour rechercher croquis, fiches de continuité, photographies d’essayage et variantes de vêtements. Ils ne prouvent pas que tel habit apparu lors d’une vente ait effectivement été porté dans une prise conservée au montage.
Dans Caveman (1981), réalisé par Carl Gottlieb, le BFI relève une autre articulation entre personnage et effets : Ringo interprète Atouk face à Barbara Bach et à des créatures préhistoriques animées image par image. Les prises de vue des acteurs, les modèles d’animation, les costumes et les photogrammes composités doivent donc posséder des notices distinctes. Une maquette de dinosaure n’est pas un vêtement de Ringo ; une photographie d’Atouk avec une créature peut résulter de plusieurs étapes de fabrication.
Pour authentifier un costume, il faudra relever mesures, matières, coutures, vieillissement d’atelier, inscriptions intérieures, photographie de continuité, éventuels doubles et chaîne de propriété. L’apparence à l’écran identifie une configuration visuelle, mais n’établit jamais seule l’exemplaire conservé cinquante ans plus tard. Le même protocole doit s’appliquer aux accessoires et aux pièces offertes ou vendues par des collaborateurs de la production.
Complément matériel — Costumes de Ringo : objet porté, doublure de tournage ou création du département artistique
Le personnage d’Ognir Rrats dans le téléfilm Ringo de 1978 permet d’observer comment une identité fictive se construit par les tenues, perruques, maquillages et décors. Ces éléments sont attribués aux départements professionnels de la production ; ils ne peuvent devenir des œuvres dessinées par le musicien sur la seule base de son interprétation.
Un vêtement de tournage peut avoir existé en plusieurs copies pour la continuité, les cascades, les essais ou la publicité. Une photographie du vêtement sur Ringo ne distingue pas nécessairement les exemplaires. Le numéro d’inventaire de la production, la marque de costume, les réparations et les notes de continuité sont indispensables à l’authentification.
Pièces de preuve et réserves
Le cas de la veste de soie de 1985 documentée chez Julien’s témoigne d’une autre situation : il s’agit d’une tenue de performance musicale, liée à un concert avec Carl Perkins et à des photographies de pochette, plutôt que d’un costume de personnage de fiction. L’objet est donc à rattacher à la carrière scénique de Ringo, en précisant son fabricant et ses usages.
Le catalogue doit différencier costume conçu pour le rôle, vêtement personnel porté à la caméra, vêtement scénique et vêtement inspiré de l’image de Ringo mais fabriqué pour des collectionneurs. Les archives de production, les mesures et les preuves de propriété feront la différence, pas le seul prestige du film ou du chanteur.
Récolement des accessoires de cinéma : du costume porté au lot composite
Le catalogue Julien’s Auctions consacré aux vêtements et accessoires de Caveman (1981) permet d’aborder une question importante pour l’histoire visuelle de Ringo : un ensemble de costume identifié dans une vente n’est pas automatiquement une tenue intégralement portée dans une seule scène. Les maisons de ventes peuvent regrouper des parties de vêtements, pièces de remplacement, accessoires et documents de production issus de sources différentes. Leur réunion commerciale peut présenter une logique muséographique, mais ne reconstitue pas nécessairement les conditions du tournage. Pour une notice scientifique, il faut inventorier séparément chaque élément conservé, son matériau, ses dimensions, ses inscriptions et les signes d’utilisation.
Atouk : reconnaître le personnage sans inventer la provenance d’une tenue
Dans Caveman, Ringo interprète Atouk, personnage préhistorique dont l’apparence est construite par les départements du costume, du maquillage et des accessoires. Un vêtement présenté comme « Atouk / Ringo Starr » doit être comparé à des photographies de plateau datées et à des photogrammes du film. La concordance peut porter sur la disposition des coutures, les matériaux, les lanières, l’usure et les réparations visibles ; une simple teinte similaire ne suffit pas. Les équipes ont pu préparer des exemplaires de réserve ou des doublures pour les scènes difficiles. L’historien doit donc chercher si le vêtement est porté à l’image, attribué au personnage ou conservé après production sans identification de scène.
Le maquillage et les perruques ont leurs propres crédits
La création d’un personnage passe aussi par la coiffure, le maquillage et parfois les prothèses. Ces éléments ne peuvent être attribués à Ringo sur le seul argument qu’ils ont été conçus pour son visage et son corps. La photographie d’un personnage en costume résulte de plusieurs opérations : interprétation de l’acteur, dessin du vêtement, adaptation à la morphologie, préparation du visage, éclairage et mise en scène. Un catalogue raisonné de l’image de Ringo doit reconnaître chacune de ces spécialités au lieu de transformer l’apparence finale en un autoportrait.
Ringo (1978) : les costumes d’Ognir Rrats et les métiers de la télévision
Le spécial télévisé américain Ringo de 1978 utilise le dédoublement parodique du musicien, notamment à travers le personnage Ognir Rrats. Le générique IMDb attribue la réalisation à Jeff Margolis, les costumes à Bill Hargate, la direction artistique à René Lagler, la coiffure à Barbara Lorenz, le maquillage à Ben Nye III et les effets prothétiques à Thomas R. Burman. Ces métiers expliquent que l’image télévisée de Ringo soit le résultat d’une conception collective. La satire d’identité entre la star et son double n’implique pas que les accessoires aient été inventés ou cousus par Ringo.
Un décor télévisuel n’est pas une photographie privée
Les images d’Ognir doivent être rattachées au tournage et à la diffusion du programme, plutôt qu’aux photographies familiales de Ringo à la même période. L’artiste est ici acteur, performeur et objet de la mise en scène. Les décors, costumes et effets de transformation appartiennent au travail des équipes de télévision. Une photographie promotionnelle montrant Ringo en Ognir peut avoir été réalisée pendant une pause ou lors d’une séance dédiée ; sa date, son auteur et son statut éditorial restent à établir par les dossiers de production.
Comment un costume devient une pièce de collection
Le parcours d’un vêtement de cinéma comporte plusieurs états : dessin préparatoire, confection, essayage, prise de vue, modification ou réparation, stockage, prêt d’exposition et vente éventuelle. Un numéro de lot et une signature sur une étiquette ajoutée après le tournage ne suffisent pas à restituer tous ces événements. L’authenticité doit être attachée à la matière et à la traçabilité de l’objet, non à la seule présence d’une star sur une photographie de catalogue. Le registre doit notamment séparer les vêtements originaux, les doublons utilisés sur le plateau, les copies de présentation et les répliques postérieures, qui peuvent avoir des valeurs historiques très différentes.
Cette méthode permettra de rapprocher les costumes de Ringo au cinéma de ses véritables vêtements de scène, notamment ceux documentés dans Beats & Threads, sans fusionner des ensembles de création et de conservation distincts. Un costume de fiction dont la coupe fait référence à la préhistoire n’est pas un vêtement de concert ; une veste de Ringo portée en 1985 sur un plateau de télévision n’est pas nécessairement une tenue conçue pour une tournée du All-Starr Band. Ces précautions de vocabulaire sont essentielles à l’inventaire encyclopédique.
L’héritage de Help! (1965) : Julie Harris, Robert Freeman et le costume comme récit
Dans la chronologie des rôles cinématographiques de Ringo Starr, Help! (1965) précède les personnages examinés ici à partir de 1968. Il fournit pourtant une grille indispensable pour comprendre les costumes ultérieurs. Le site officiel des Beatles attribue à Julie Harris les costumes du film de Richard Lester, à Robert Freeman les titres et le conseil couleur, à Raymond Simm la direction artistique, et à David Watkin l’image cinématographique. Ce partage des métiers interdit de considérer comme une création personnelle de Ringo toute tenue qu’il porte dans une scène de fiction.
Un personnage défini par son costume et par un accessoire narratif
Dans Help!, l’intrigue repose notamment sur une bague qui attire à Ringo des poursuites absurdes. L’objet porté joue un rôle dramatique : sa présence et sa manipulation participent directement au récit. Une photographie promotionnelle montrant Ringo avec cette bague ne saurait pourtant suffire à identifier l’exemplaire matériel utilisé sur le tournage. Plusieurs accessoires semblables peuvent avoir été préparés pour les plans rapprochés, les doublures ou les prises de sécurité. Il faut donc distinguer le bijou de fiction conçu pour le film, les bagues personnelles du musicien et les répliques commercialisées après la sortie.
La palette pop et les vêtements comme langage cinématographique
Richard Lester explique dans son commentaire de 2007, reproduit sur le site officiel des Beatles, avoir voulu pour Help! autre chose qu’un simple prolongement coloré de A Hard Day’s Night : une fantaisie pop dans laquelle la société britannique et ses objets de consommation devenaient matière à comédie. Le stylisme participe à cette logique. Les costumes et accessoires ne sont pas de simples objets authentiques portés par les Beatles dans leur vie quotidienne ; ils sont sélectionnés, construits et éclairés pour un univers de fiction. Cela aide à aborder les déguisements d’Ognir Rrats dans le spécial télévisé Ringo (1978) ou ceux d’Atouk dans Caveman (1981).
Une fiche de costume doit suivre les métiers de sa fabrication
Le générique officiel de Help! distingue en outre Freddie Williamson pour le maquillage, Betty Glasow pour la coiffure et Arthur Newman pour la garde-robe, aux côtés du travail de Julie Harris. Cette séparation montre que la conception graphique initiale n’est pas identique à l’entretien du costume, à l’ajustement quotidien ou au maquillage de l’interprète. La description scientifique d’une tenue devrait donc relever le costume designer, la costumière de plateau, les transformations pendant le tournage, les accessoires tenus par le personnage et les réparations éventuellement documentées.
Le rôle du photographe et celui du conservateur
Lorsqu’un vêtement est conservé par une maison de ventes, il faut en distinguer l’origine, la personne qui l’a porté, le contexte de tournage, le fabricant et les interventions de restauration. Le catalogue de Julien’s d’un ensemble attribué à Atouk ou la notice muséale d’un costume exposé offrent des informations utiles, mais la preuve ne réside pas seulement dans la célébrité de Ringo. Elle doit reposer sur les coutures, matériaux, étiquettes, mesures, photographies comparatives et documents de production. Une réplique très fidèle d’une tenue de cinéma peut être un objet authentique de son époque de fabrication sans être l’exemplaire original porté par Ringo devant la caméra.
Complément archivistique : le dessin de Ringo Starr pour Terry Southern dans le fonds The Magic Christian
Une vente de la collection personnelle du scénariste américain Terry Southern permet de documenter une facette très concrète de l’activité graphique de Ringo Starr à la fin des années 1960 : non pas une affiche officielle réalisée par une équipe de cinéma, mais un dessin au marqueur attribué à Ringo lui-même, adressé à un ami. La maison Heritage Auctions a proposé le 16 juillet 2025 un ensemble de cinq documents sous le numéro de lot 89266, réuni autour du film The Magic Christian (1969). Ce lot associe un portrait dessiné, des photographies, de la correspondance privée et des traces du quotidien du tournage. Il complète matériellement la carrière de Ringo au cinéma et son histoire d’artiste visuel.
Un portrait en costume vert dessiné au marqueur : notice individuelle provisoire
La pièce la plus significative pour ce dossier est décrite par Heritage comme un magic marker drawing de Terry Southern, représenté en costume vert, réalisé par Ringo Starr sur un papier à en-tête de The Magic Christian. Le feuillet mesure environ 8,25 × 6 pouces (20,96 × 15,24 centimètres) et est collé sur un carton. Une dédicace d’anniversaire y associe Ringo et plusieurs membres de son entourage familial, dont Maureen et les enfants. La maison de vente signale une déchirure d’environ deux pouces au bas de la feuille. Ces précisions sont fondamentales : elles individualisent un objet, son support, son usage privé, son état matériel et sa provenance.
L’attribution est celle du descriptif de vente, appuyée selon Heritage par des lettres d’authenticité de Beckett Authentication Services et de PSA/DNA accompagnant le lot. Cela ne signifie pas que nous ayons personnellement expertisé la main de Ringo, mais l’ensemble constitue un témoin plus substantiel qu’une simple reproduction non sourcée du dessin. L’année 1969 est celle du film auquel se rattache le papier ; la date exacte de réalisation du portrait n’est pas établie par la seule description. Pour une notice de catalogue raisonné, il faudrait obtenir une image haute définition de la feuille, documenter le tracé du marqueur, le verso et le carton de montage, et identifier les éventuelles annotations.
Les cinq éléments du lot 89266 : petit fonds d’histoire visuelle
| Pièce du lot | Description matérielle publiée | Intérêt documentaire |
|---|---|---|
| 1 — Tirage photographique agrandi | Image noir et blanc d’environ 24 × 15,5 pouces, réalisée d’après un contretype négatif, montée sur carton ; les quatre Beatles et Terry Southern | Réunion des Beatles autour du projet, légende d’attribution et inscription de Ringo ; la présence de Ringo sur l’image ne fait pas de lui son photographe |
| 2 — Dessin d’anniversaire | Portrait de Terry Southern au marqueur sur papier à en-tête du film, 8,25 × 6 pouces, contrecollé, dédicacé | Œuvre graphique privée attribuée à Ringo ; document prioritaire pour un catalogue d’œuvres sur papier |
| 3 — Polaroid et invitation | Polaroid d’environ 4,25 × 3,25 pouces, Ringo déguisé aux côtés de Maureen ; texte d’invitation au verso | Iconographie du jeu, du costume et de la sociabilité de tournage ; photographie non attribuable d’office à Ringo |
| 4 — Lettre à Nile Southern | Correspondance de Terry Southern à son fils, sur papier orné d’une image de Ringo inspirée de son personnage de Yellow Submarine | Contexte familial et circulation des papiers illustrés ; mention de la carte faite par Ringo |
| 5 — Lettre tapuscrite | Lettre de Terry Southern sur papier brillant doré de The Magic Christian, environ 11,75 × 8,25 pouces | Visite des trois autres Beatles sur le plateau et progression du tournage ; un récit d’époque et non une feuille de service officielle |
La visite de John, Paul et George : un document contemporain à croiser
Dans la lettre dactylographiée adressée à son fils Nile, Terry Southern rapporte que les trois autres Beatles se sont rendus au studio pour voir Ringo et que des photographies ont été prises. Cette mention, placée à côté du tirage de groupe dans la même collection, crée un rapprochement historique important. Elle n’établit cependant pas, à elle seule, que le tirage proposé est nécessairement l’une de ces photographies précises : la date du cliché, l’auteur du négatif et l’identité du photographe doivent encore être vérifiés. Le grand tirage provient d’un négatif de copie, détail qui empêche de le qualifier abusivement de tirage original d’époque à partir d’un négatif d’appareil.
Costumes privés et accessoires de cinéma : ne pas mélanger les fonctions
Le Polaroid associé montre, selon la description de Heritage, Ringo avec perruque blonde bouclée, robe rose et chaussures dépareillées, accompagné de Maureen portant des oreilles de chat. Il s’agit d’une image de fête et d’invitation privée, non de la preuve qu’un tel costume a été porté dans une scène de The Magic Christian. Ce point est essentiel pour une encyclopédie de cinéma : un accessoire photographié dans l’entourage d’un film ne devient pas automatiquement un costume de tournage. À l’inverse, cette image documente une créativité ludique et visuelle qui dépasse largement les cadres des séances officielles de photographie de presse.
Résultat de vente : 1 437,50 dollars pour le groupe, pas pour le dessin seul
Heritage enregistre la vente du lot le 16 juillet 2025 pour 1 437,50 dollars. Ce prix concerne les cinq éléments ensemble et ne peut être ventilé a posteriori pour établir une « cote » du dessin de Ringo Starr. L’origine annoncée est la collection Terry Southern ; la maison fait état de documents d’authentification pour le groupe d’objets. Ces précisions constituent un maillon concret de provenance, sans faire connaître les acquisitions antérieures, les éventuels prêteurs ni le propriétaire après adjudication.
Comment intégrer cette pièce au catalogue raisonné de l’artiste ?
Une notice indépendante provisoire, distincte du lot de vente, devrait enregistrer : titre descriptif « Portrait de Terry Southern en costume vert » (titre de travail Yellow-Sub, non titre d’atelier) ; auteur attribué Ringo Starr selon Heritage ; datation entourant la production de The Magic Christian, date exacte non établie ; technique dessin au marqueur sur papier à en-tête ; dimensions 8,25 × 6 pouces ; montage feuille collée sur carton ; état déchirure signalée en partie inférieure ; provenance collection Terry Southern, puis vente Heritage Auctions, lot 89266, 16 juillet 2025 ; preuve description du commissaire-priseur et lettres d’authentification mentionnées ; documentation photographique à conserver. L’objet doit figurer parmi les œuvres privées sur papier, et non parmi les peintures numériques commencées dans les années 2000.
Ce cas modifie utilement la périodisation générale : si l’attribution et le support sont confirmés par l’objet, le catalogue graphique de Ringo ne se limite pas à la série numérique My Faces de 2005. Il comprend au moins des manifestations de dessin privé issues de son entourage cinématographique bien antérieures. L’œuvre n’est pas « inédite » au sens strict puisqu’elle a été publiée par une maison de vente en 2025, mais sa réunion critique avec les autres corpus visuels de Ringo enrichit l’histoire de l’artiste.
Source première et cote de vente : Heritage Auctions, vente Hollywood/Entertainment Signature n° 7392, lot 89266 — The Magic Christian : drawing of Terry Southern by Ringo Starr and related items, adjudication du 16 juillet 2025. Le descriptif constitue une déclaration d’attribution publiée par Heritage, non un constat d’examen physique effectué par Yellow-Sub.
Archives Terry Southern, deuxième série : lunettes de Ringo, maquettes et accessoires de The Magic Christian
Les pièces conservées dans la collection du scénariste Terry Southern montrent combien il est délicat d’écrire une histoire visuelle de Ringo Starr à partir de photographies promotionnelles seules. La vente Heritage Auctions de juillet 2025 documente trois statuts très différents : un objet fabriqué pour le tournage mais absent de la version montée, un accessoire réellement visible dans le film et un objet personnel lié à la promotion musicale d’un autre moment de la carrière. Un collectionneur peut rencontrer ces trois catégories dans une même vente sans qu’elles relèvent du même métier ni de la même date.
Lot 89264 — Le navire miniature The Magic Christian : une maquette construite, puis écartée du montage
Le premier élément du lot est une maquette miniature du paquebot Magic Christian, réalisée en fibre de verre et résine, peinte en blanc, rouge et noir, avec des fenêtres en résine translucide, des décalcomanies portant le nom du navire et un câble électrique permettant d’éclairer ses ouvertures. Heritage précise que l’élément a été fabriqué pour la production mais qu’il n’apparaît pas dans la version finale du film. C’est une information capitale. La maquette constitue un objet de fabrication cinématographique, non la preuve de la présence d’une séquence correspondante dans les copies diffusées.
La notice décrit la fonction lumineuse du dispositif comme opérationnelle lors de la vente, ce qui permet de noter l’existence de composants électriques, de fenêtres translucides et de matériaux composites à surveiller en conservation. Le nom d’un concepteur, d’un maquettiste ou d’un accessoiriste précis n’est pas fourni ; son attribution individuelle doit donc rester ouverte. L’objet ne saurait entrer au catalogue personnel des œuvres graphiques de Ringo simplement parce qu’il figurait dans la collection d’un proche et se rapportait à un film dans lequel il apparaît.
La bouée gonflable et le badge : accessoire de scène contre objet de promotion
Le même lot contient une grande bouée gonflable rose-orangé, fabriquée en toile et portant au pochoir le titre The Magic Christian en lettres noires. Déployée à plat, elle mesure approximativement 66 × 26 × 5 pouces. Heritage la rattache au final chaotique du film. Le troisième élément décrit est un badge d’environ trois pouces de diamètre, portant la formule Sink the Magic Christian en violet. Celui-ci est un document promotionnel : sa typographie et son slogan font partie de l’identité graphique commerciale, non nécessairement des accessoires manipulés par les acteurs à l’écran. Un relevé iconographique devra isoler la présence du premier objet dans le montage, la distribution du badge à la presse et la réalisation de la maquette non utilisée.
Le descriptif de vente porte simultanément la mention de présentation « Total: 2 Items » et énumère une maquette, une bouée et un badge. Cette apparente discordance de conditionnement ne doit pas être effacée : elle peut refléter la manière dont les éléments étaient regroupés par le catalogue. Le résultat affiché est 3 125 dollars le 16 juillet 2025, pour l’ensemble proposé. Aucun de ces montants ne fournit une évaluation de l’une des pièces isolées.
Lot 89281 — Des lunettes à étoiles offertes à Terry Southern : l’histoire d’un accessoire personnel de Ringo
Autre pièce spectaculaire, sans être pour autant un accessoire de The Magic Christian : une paire de lunettes d’aviateur argentées aux verres réfléchissants dorés, avec une étoile bleue placée au centre de chaque verre. Heritage les décrit comme réalisées pour Ringo et liées à la promotion de Goodnight Vienna. L’objet conservé aurait été offert à Terry Southern. La notice rapporte également, comme témoignage transmis au fils de Southern, Nile, que seules deux paires fabriquées à la main auraient existé, l’autre ayant été remise à Harry Nilsson. Cette restriction à deux exemplaires est un récit de provenance rapporté par le vendeur : elle demanderait une confirmation indépendante avant de devenir une édition officiellement limitée à deux.
La collection comprend une photographie dédicacée de Ringo, d’environ 8 × 10 pouces, portant des inscriptions sur le recto et le verso, ainsi qu’un étui en tissu à coutures rouges, noires et orangées. Les lunettes mesurent environ 6 × 2,5 × 0,5 pouces. La maison signale une oxydation du métal, des taches sur les verres, un appui nasal manquant et du vieillissement sur la photographie. Tous ces éléments identifient un exemplaire matériel concret, indépendant des copies industrielles ou des répliques qui auraient pu être commercialisées ultérieurement. L’ensemble a été adjugé 3 500 dollars, ce qui ne constitue pas le prix de la seule monture.
Une erreur chronologique dans la notice Heritage : Goodnight Vienna est sorti en 1974, pas en 1973
La notice d’enchères rattache les lunettes à « his 1973 album Goodnight Vienna ». Cette datation doit être corrigée avant de réutiliser le document : l’album Goodnight Vienna appartient à 1974, comme le confirment la discographie officielle de Ringo et la chronologie des classements britanniques ; l’édition Apple Music porte la date du 15 novembre 1974. La pièce photographique associée par Heritage peut présenter des lunettes du même modèle que celles portées par le musicien dans la promotion d’Only You (And You Alone), mais le catalogue ne permet pas d’affirmer à lui seul que la paire donnée à Southern est identiquement celle filmée pour le clip. Il faut distinguer les lunettes vendues, les lunettes visibles à l’écran et la date de l’album, trois questions qui ne se résolvent pas par la célébrité du propriétaire.
Un problème d’authentification : que certifie la photographie dédicacée ?
Heritage indique qu’un certificat complet de Beckett Authentication Services accompagne le lot 89281. L’existence d’un document de vérification d’autographe ne démontre pas nécessairement l’identité de deux montures photographiées à des années différentes, ni le nombre total de paires fabriquées. Le rapprochement doit porter sur la forme des charnières, la fabrication des étoiles, les proportions des verres, la couleur de la finition et les traces d’usage. Une expertise du métal et des réparations pourrait distinguer l’objet offert à Southern de celui utilisé dans une prise de vues promotionnelle. La dédicace sur la photographie s’ajoute à la provenance, mais ne remplace pas ces contrôles.
Concordance de conservation pour les collectionneurs
| Objet | Usage attesté par le catalogue | Catégorie du musée | Auteur de la création |
|---|---|---|---|
| Maquette de paquebot, lot 89264 | Fabriquée pour le film, non retenue au montage | Maquette de production non utilisée | Non nommé |
| Bouée gonflable, lot 89264 | Présentée comme utilisée dans le final | Accessoire de plateau | Non nommé |
| Badge « Sink the Magic Christian », lot 89264 | Objet de promotion | Éphémère publicitaire et graphique | Non nommé |
| Lunettes aux étoiles bleues, lot 89281 | Offertes à Terry Southern par Ringo selon Heritage | Effet personnel à provenance documentée | Designer et fabricant non identifiés |
| Photographie dédicacée, lot 89281 | Document remis avec les lunettes | Portrait dédicacé et document d’archive | Photographe non identifié |
Ces objets enrichissent l’histoire de l’image publique de Ringo sans exiger d’en faire leur auteur. Une affiche, des lunettes, une maquette, un costume ou un dessin signé relèvent tous de l’histoire visuelle, mais chacun possède une chaîne de création particulière. C’est précisément la raison de maintenir, dans les cinquante pages du dossier, des chapitres distincts sur l’œuvre personnelle de Ringo, les métiers du cinéma, les objets de collection et la photographie.
Sources primaires : Heritage Auctions, vente 7392, lots 89264 et 89281, 16 juillet 2025 ; boutique officielle Ringo Starr, notice de l’album Goodnight Vienna ; Official Charts Company, première inscription de l’album au classement britannique en décembre 1974 ; Apple Music, date de publication du 15 novembre 1974. Récolement documentaire, 20 octobre 2026.
Blindman (1971) : le costume de Candy dans une équipe italienne de décor, maquillage et photographie
La place de Ringo Starr dans Blindman, western italo-américain mis en scène par Ferdinando Baldi, devient plus intelligible dès lors que l’on quitte les simples photographies de l’acteur pour retrouver les métiers chargés de fabriquer le personnage. L’American Film Institute et l’archive italienne de la Biennale de Venise décrivent une production datée de 1971 avec tournage en partie dans les paysages d’Almería, en Espagne, et aux studios Elios de Rome. L’AFI précise une période de production comprise entre le début de juin et la mi-août 1971. Candy, rôle tenu par Ringo, est le frère du chef de bande Domingo, interprété par Lloyd Battista : son vêtement, son apparence et sa place dans les compositions visuelles appartiennent à une fiction western créée par plusieurs départements professionnels.
Les responsables de l’apparence de Candy ne sont pas Ringo lui-même
Les crédits institutionnels identifient Gastone Carsetti pour la direction artistique, Riccardo Pallottini pour la direction de la photographie, Roberto Perpignani pour le montage et Stelvio Cipriani pour la musique. Le catalogue de l’AFI attribue les costumes à Mario Ambrosini, tandis que la base italienne Cinematografo publie la forme Mario Ambrosino ; cette variation du patronyme doit être maintenue dans le répertoire jusqu’à examen du générique original ou d’une feuille de service. L’AFI cite également le maquillage de Piero Mecacci et Vittorio Biseo, les coiffures de Giusy Bovino et le travail de préparation associé. Le personnage filmé résulte ainsi d’une mise en scène et d’un dispositif collectif, non d’un costume que l’on pourrait attribuer sans preuve à un projet stylistique personnel de Ringo.
Trois espaces matériels : extérieur espagnol, studio romain, photogramme de distribution
Almería fournit des paysages et constructions employés par de nombreux westerns européens ; les prises de vues en studios à Rome relèvent d’un autre environnement de fabrication. Les collections d’affiches et de photographies du film peuvent juxtaposer sans explication un portrait pris entre deux prises, une image extraite du négatif cinématographique et un tirage promotionnel. Les trois catégories demandent une identification distincte. La mention d’une « scène au Mexique » décrit l’espace de la fiction ; elle ne donne pas le lieu effectif du tournage, puisque l’AFI situe celui-ci dans la province espagnole d’Almería et en Italie.
Du rôle joué au costume conservé : une chaîne de provenance encore ouverte
Une photographie de Ringo portant la tenue de Candy peut établir son apparence à l’écran. Elle ne prouve cependant pas qu’un vêtement présenté ultérieurement dans une vente constitue l’exemplaire exact qu’il portait. Pour attribuer une pièce matérielle, il faudrait photographier les coutures, doublures, étiquettes, marques d’habillage, éventuels changements de costume entre plans et rapprochements avec les photographies de continuité du département costume. Le nom du costumier et la photographie d’un accessoire constituent deux pièces de preuve différentes. En l’état du récolement, aucune tenue précise de Candy n’est déclarée retrouvée ou authentifiée par simple comparaison avec les images.
Deux millésimes historiques : 1971 pour le film produit, 1972 pour sa distribution américaine
La Biennale classe le film sous 1971, tandis que l’AFI l’indexe sous 1972 et relève une sortie à Chicago le 12 janvier 1972. La différence n’est pas nécessairement une contradiction de tournage : les bases ne choisissent pas toujours le même jalon comme année principale. Pour les objets graphiques, il convient donc de conserver la date de production 1971, puis de dater les affiches françaises, américaines et italiennes d’après leurs propres mentions légales. Un support imprimé en 1972 n’est pas une preuve que le film fut tourné cette année-là.
Sources institutionnelles : American Film Institute, AFI Catalog – Blindman, notice de production et crédits (https://catalog.afi.com/Catalog/moviedetails/54624) ; La Biennale di Venezia, archive ASAC, Blindman / Il pistolero cieco (https://asac.labiennale.org/attivita/cinema/1509) ; Fondazione Ente dello Spettacolo, Cinematografo – Blindman (https://www.cinematografo.it/film/blindman-wrv8t0ct). Vérification documentaire : octobre 2026.
XV. Sources et perspectives de recherche
Source de référence pour les métiers du costume : site officiel The Beatles, fiche du film Help! (1965), propos de Richard Lester d’août 2007 et générique technique, notamment Julie Harris, Robert Freeman, David Watkin, Raymond Simm, Freddie Williamson, Betty Glasow et Arthur Newman — https://www.thebeatles.com/help ; Julien’s Auctions, archive de l’ensemble Atouk de Caveman — https://www.juliensauctions.com/en/items/2108037/caveman-atouk-ringo-starr-ensemble .
Adresses des archives et références complémentaires
Sources consultables : LACMA : gouache originale de Robert Fletcher, inventaire M.86.262.5 ; Cinémathèque française : crédits de Caveman ; Sextette : équipe et costumes ; Broad Street : générique technique ; BBFC : versions classées de Broad Street.
Adresses documentaires : LACMA : étude de Robert Fletcher ; Julien’s Auctions : ensemble Atouk ; Heritage : catalogue imprimable de la vente n° 7356, lot 89658 ; Fac-similé du catalogue Profiles in History (lot 444).
Références documentaires à consulter : British Film Institute ; American Film Institute ; STUDIOCANAL, archives That’ll Be the Day ; University of Illinois, Leskosky Collection.
Références de costumes et de production : Julien’s Auctions, notice matérielle de l’ensemble Caveman associé à Atouk / Ringo Starr — https://www.juliensauctions.com/en/items/2108037/caveman-atouk-ringo-starr-ensemble ; IMDb, générique complet du spécial Ringo de 1978, réalisation et métiers du costume et maquillage — https://www.imdb.com/title/tt0077071/fullcredits/ .
- IMDb, Ringo (1978), distribution et générique complet — https://www.imdb.com/title/tt0077071/fullcredits/
- British Film Institute, Caveman (1981), Carl Gottlieb et animation — https://www.bfi.org.uk/lists/10-great-films-set-prehistoric-era
Production et habillage du spécial NBC Ringo (1978) : IMDb, générique intégral du téléfilm, réalisation Jeff Margolis, conception des costumes Bill Hargate, direction artistique René Lagler, coiffure Barbara Lorenz, maquillage Ben Nye III et effets prothétiques Thomas R. Burman — https://www.imdb.com/title/tt0077071/fullcredits/ ; Letterboxd, répertoire secondaire des métiers et des dates de diffusion — https://letterboxd.com/film/ringo-1978/details/ ; Meet the Beatles for Real, « Ognir Rrats Show », 8 octobre 2012, reproduction déclarée d’un témoignage de Harrison Alliance (mars 1978), observations du 19 février aux studios A&M et du tournage devant un public NBC le 26 février — https://www.meetthebeatlesforreal.com/2012/10/ognir-rrats-show.html ; Beatles on Film, filmographie du spécial, période 14–22 février et durée d’une copie annoncée à 55:55 — https://www.beatlesonfilm.com/rs19780211a.html ; The Washington Post, critique publiée le 26 avril 1978, émission annoncée pour le même soir à 21 heures — https://www.washingtonpost.com/archive/lifestyle/1978/04/26/tom-stoppards-party-line-dramatic-fare-professional-foul/e224c835-8574-45d4-91bc-b599def31af4/ . Les crédits compilés restent à confronter à une copie des génériques d’origine ; les témoignages de fans ne remplacent pas des feuilles de service.
Sources complémentaires : le téléfilm Ringo (1978) et sa documentation matérielle
Presse d’époque : Billboard, 18 mars 1978, reportage sur la préparation du spécial télévisé et le rôle d’Ognir Rrats ; Cash Box, 29 avril 1978, analyse des émissions musicales et description de l’intrigue ; Billboard, 29 avril 1978, compte rendu de la diffusion. Les trois numéros sont consultables dans les archives de World Radio History.
Photographies de plateau : Heritage Auctions, Entertainment & Music Memorabilia Signature Auction, vente n° 7164, Dallas, 11 novembre 2017, lot 89693, trois photographies couleur de Nancy Andrews avec diapositives. Catalogue public : https://entertainment.ha.com/c/catalog-print.zx?saleNo=7164
Objet de collection : The Tom Fontaine Collection — The Complete Listing, 2017, p. 71 du catalogue (pagination imprimée), référence RS19, « Ognir Ratts album face prop ». PDF de la collection : https://tjfontainecollection.com/wp-content/uploads/2017/09/COLLECTION-FONTAINEPREVIEWAUGUST2017.pdf. La désignation n’établit ni la composition ni l’authenticité technique de l’objet sans étude matérielle.
Catalogues et sources cinématographiques
Filmographies et crédits : British Film Institute, American Film Institute, génériques des copies des films identifiées. Corpus de photographie publicitaire : STUDIOCANAL/Vintage Classics pour That’ll Be the Day ; University of Illinois, Leskosky Collection 01/MSS00030, boîte 33, Item 2291 pour Caveman. Les listes de crédits concernent parfois l’équipe entière, non l’auteur d’un objet précis.
Documents promotionnels
Les jeux de lobby cards de Blindman, les documents de The Magic Christian, les pressbooks de Caveman et les affiches originales recensés dans les chapitres 46 et 47 constituent des ressources comparatives. Les descriptifs de vendeurs sont des sources d’identification matérielle, non des certificats généraux d’authenticité.
Consultation et reproduction
L’accès à une reproduction ne transfère pas les droits de publication. Il faut demander les autorisations aux détenteurs concernés avant de republier des photographies de tournage. Une restauration ou une colorisation doit être présentée comme telle et non comme un état original du document.
Documents originaux identifiés : catalogue de musée et crédits vérifiables
Pièce muséale majeure : Los Angeles County Museum of Art, Robert Fletcher, Costume Sketch of Ringo Starr as Atouk in Battle in the United Artists Production of ‘Caveman’, 1981, gouache sur carton, 36,83 × 29,53 cm, collection Costume and Textiles, don Robert Fletcher, inventaire M.86.262.5, notice publique n° 55222. Crédits institutionnels : Cinémathèque française, L’Homme des cavernes, fiche de film n° 56108, Robert Fletcher (costumes), Alan Hume (photographie du film), Andrew D. Schwartz (photographie de plateau), Del Armstrong (maquillage). Autres génériques : Rotten Tomatoes, Sextette (1978), crédits Edith Head ; Moviefone, Give My Regards to Broad Street (1984), crédits Milena Canonero, Vera Mitchell et Sara Raeburn. Versions : British Board of Film Classification, classification cinéma du 27 septembre 1984 et édition vidéo du 12 janvier 1987 pour Give My Regards to Broad Street.
Précaution documentaire : le LACMA conserve un dessin préparatoire, et non une tenue portée ; les crédits de costumiers concernent la production entière. Aucune attribution de costume ou d’accessoire individuel à Edith Head, Milena Canonero ou Robert Fletcher ne doit être étendue au-delà des documents disponibles.
Complément de corpus : objets matériels retrouvés pour Caveman (1981)
Étude de costume : Los Angeles County Museum of Art, Robert Fletcher, Costume Sketch of Ringo Starr as Atouk in Battle in the United Artists Production of ‘Caveman’, gouache sur carton, 1981, inventaire M.86.262.5. Vêtement catalogué : Julien’s Auctions, Caveman | Atouk (Ringo Starr) Ensemble, fiche objet 2108037 ; provenance et concordance de scènes non vérifiées dans la présente documentation. Marionnette de production : Heritage Auctions, vente n° 7356, lot 89658, Caveman (United Artists, 1981), Stop-Motion Dinosaur Chameleon Puppet ; Jim Danforth, latex sur armature métallique, 19 × 8 × 9 pouces, état de conservation décrit. Graphisme promotionnel : Profiles in History, Icons of Hollywood Auction des 15–16 décembre 2011, lot 444, illustration d’affiche originale de Michael Hobson. Les ventes anciennes ne suffisent pas à établir le propriétaire actuel des objets ni leur statut patrimonial définitif.
Conclusion historique
Les costumes cinématographiques rendent visible une dimension souvent négligée de Ringo Starr : un visage mondialement connu qui accepte de devenir un autre personnage. En les replaçant dans l’histoire du cinéma et des métiers, on découvre une œuvre collective dans laquelle sa célébrité sert de matière première à des expériences très différentes.
Pour poursuivre : affiches des films, photographies de plateau et filmographie complète.
Emmanuel dans Candy (1968) : le travail du costume et de l’accent
L’apparition de Ringo Starr dans Candy, réalisé par Christian Marquand, permet d’observer une première mise en scène de son identité physique à l’extérieur des films des Beatles. Le séjour à Rome en décembre 1967, distinct de la sortie du film en 1968, est décrit par les chronologies spécialisées comme une période comprenant préparatifs, transformation capillaire, travail de costume et prises de vues. Ces indications ne suffisent pas à attribuer une pièce textile particulière à un créateur déterminé : une identification fiable demanderait une photographie de plateau datée, des feuilles de service et des documents du département costumes. La notice historique de Candy et du personnage Emmanuel rassemble les données de fabrication et leur contexte ; la présente étude conserve pour objet l’analyse matérielle des costumes et accessoires.
Le costume de cinéma comme deuxième visage de Ringo Starr
La filmographie de Ringo Starr entre la fin des Beatles et le début des années quatre-vingt montre un acteur dont la présence est immédiatement reconnaissable, mais dont les personnages demandent des transformations parfois radicales. Le costume ne se contente pas de dissimuler un musicien célèbre : il permet au spectateur d’identifier une fonction dans le récit, un milieu social, une époque fictive et parfois une autorité parodique. L’étude de Candy, Blindman, Lisztomania et Caveman gagne ainsi à distinguer l’apparence publique de Starr de celle que lui imposent les équipes du film. La ressemblance physique ne garantit pas la continuité d’identité entre un Beatle et les rôles qu’il incarne.
Dans Candy, Starr apparaît comme Emmanuel, personnage dont le costume, l’accent et la gestuelle participent à une satire sexuelle et religieuse. Le film sort en 1968, mais une partie de sa préparation et de son tournage remonte à l’année précédente. La date du costume vu dans une photographie de plateau ne doit donc pas être déduite mécaniquement de celle de la sortie en salle. La transformation d’un acteur en personnage est une succession de travaux : essayage, coiffure, maquillage, création de vêtements, prises de vue de plateau et photographies promotionnelles. Une image parue à l’affiche du film peut provenir d’une séance distincte de la prise utilisée dans le montage.
Blindman : quand le costume fait exister un méchant avant sa première réplique
Dans le western italien de Ferdinando Baldi, Starr joue Candy, frère du bandit Domingo. Le nom du personnage ne doit pas être confondu avec le titre du film Candy sorti trois ans plus tôt. Sa représentation s’inscrit dans les conventions du western européen : attributs d’autorité, vêtements marqués, armes et postures de confrontation. Les affiches internationales peuvent accentuer sa présence parce qu’il s’agit d’un ancien Beatle, sans que son temps d’écran corresponde à cette hiérarchie promotionnelle. Il faut donc comparer costume filmé, photographie de plateau et illustration d’affiche plutôt que traiter la représentation publicitaire comme un document fidèle de chaque scène.
Lisztomania et Caveman : deux formes opposées de métamorphose
Le cinéma de Ken Russell dans Lisztomania organise une imagerie extravagante où Starr incarne le pape. La transformation est inséparable de la stylisation provocatrice du film : vêtements, accessoires et décor fabriquent un personnage au service d’une fantaisie historique. Dans Caveman, la transformation répond à une tout autre logique : le corps de l’acteur doit s’inscrire dans une préhistoire imaginaire, avec costumes rudimentaires, maquillage et interaction avec des créatures animées. Le spectateur ne retrouve pas le même régime de vraisemblance, même si les deux films reposent sur l’exagération comique.
La conservation de ces apparences cinématographiques demande des fiches séparées. Un costume réellement porté possède une provenance matérielle ; une photographie promotionnelle montre un costume sans certifier que l’exemplaire représenté ait survécu ; une reconstitution pour une exposition moderne relève d’une troisième catégorie. Pour les personnages de Ringo, le catalogue devra noter les crédits des chefs costumiers disponibles, l’année de production et les éventuelles différences entre supports nationaux. La documentation photographique de cinéma complète cette histoire, sans remplacer la description des objets.
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