John Lennon : Power to the People
Un coffret-événement pour une période brûlante
Le 10 octobre 2025, à la veille de ce qui aurait été le 85e anniversaire de John Lennon, Capitol/UMe publiera « Power To The People (Super Deluxe Edition) », un coffret monumental de douze disques qui éclaire, avec une ampleur inédite, la séquence la plus ouvertement politique de la vie et de l’œuvre du couple John Lennon & Yoko Ono. Pensé comme une traversée totale des années 1969–1972, l’ensemble déroule une narration sonore allant de l’hymne pacifiste « Give Peace A Chance » enregistré lors d’un Bed-In à Montréal, jusqu’aux concerts One To One du 30 août 1972 au Madison Square Garden de New York, deux prestations intégrales qui demeurent les seuls concerts au long cours donnés par Lennon après la séparation des Beatles et ses derniers concerts partagés avec Yoko Ono.
Réuni, mixé et supervisé par Sean Ono Lennon et une équipe multi-GRAMMY – celle qui a été distinguée en 2025 pour la conception du coffret Mind Games – The Ultimate Collection – « Power To The People » comprend 123 titres, dont 90 inédits. Démonstrations, prises alternatives, enregistrements domestiques, jam sessions en studio, captations scéniques, mixes singuliers et versions Dolby Atmos offrent un panorama complet de l’ère Greenwich Village, lorsque Lennon et Ono quittent Tittenhurst Park pour un deux-pièces au 105 Bank Street. Ce déplacement géographique ouvre une parenthèse américaine où l’art, la rue et la télévision se répondent, où l’engagement pacifiste et anti-guerre se fait musique et où la sphère privée – avec le drame de la disparition de Kyoko, la fille de Yoko – affleure constamment.
Sommaire
New York, laboratoire politique et artistique
En 1971, New York n’est pas seulement un décor : c’est un accélérateur. Le Village accueille les débats féministes, les colères étudiantes et les revendications pour les droits civiques. Lennon et Ono s’y immergent, écrivent rapidement des chansons « de l’actualité » – « Angela » pour Angela Davis, « John Sinclair » contre l’absurdité des lois anti-marijuana, « Attica State » à la suite du soulèvement de la prison d’Attica, « Sunday Bloody Sunday » sur la tragédie de Derry – et donnent à leurs idées une forme pop frontale. Cette trace se cristallisera sur Sometime in New York City (paru en 1972), conçu avec Elephant’s Memory, Jim Keltner et sous la houlette de Phil Spector. La pochette, maquettée comme un quotidien, affiche gros titres, photos et un montage provocateur de Richard Nixon et Mao Zedong : un manifeste.
L’activisme du couple n’échappe pas au regard du pouvoir. À partir de 1971, le FBI compile des dossiers sur Lennon, l’Administration Nixon cherche à le faire expulser en s’appuyant sur une vieille condamnation pour possession de cannabis au Royaume‑Uni, et une longue bataille juridique s’engage. Avec l’avocat Leon Wildes, Lennon obtient l’inversion de l’ordre d’expulsion le 7 octobre 1975, puis la résidence permanente en 1976. Cette pression institutionnelle, doublée des attaques médiatiques à l’encontre de Yoko, irrigue l’écriture des chansons et explique le ton sans filtre de ce moment new‑yorkais.
Le cœur battant : les concerts One To One de 1972
Au centre du coffret, les deux shows One To One – après‑midi et soir – donnés le 30 août 1972 au Madison Square Garden au bénéfice d’enfants en situation de handicap intellectuel et développemental. Sensibles aux révélations télévisées du jeune reporter Geraldo Rivera sur les conditions indignes à la Willowbrook State School (Staten Island), Lennon et Ono s’engagent : la musique comme levier. Sur scène, John & Yoko/Plastic Ono Band avec Elephant’s Memory et Jim Keltner livrent un programme qui traverse l’actualité brûlante (« Attica State », « We’re All Water », « Born in a Prison »), convoque les hymnes (« Imagine », « Give Peace A Chance »), rallume la puissance rock (« Cold Turkey ») et ose un Beatles revisité (« Come Together »). Ces concerts, qui furent aussi l’affiche d’une soirée caritative plus large où se produisaient notamment Stevie Wonder et Roberta Flack, prennent ici une dimension nouvelle : chaque titre a été repris à la source à partir des bandes analogiques originales et remixé par Paul Hicks et Sam Gannon, avec de nouveaux transferts HD multitracks signés Rob Stevens, puis masterisé par Alex Wharton à Abbey Road. Le coffret offre les deux shows intégraux en stéréo sur CD, des mixes 5.1 et Dolby Atmos sur Blu‑ray, ainsi qu’un « Hybrid » qui assemble les meilleures prises des deux séances – une manière d’approcher le set idéal.
Au‑delà de l’intérêt historique – il s’agit des seuls concerts en solo de Lennon au format « soirée complète » après 1966, et de ses ultimes apparitions scéniques avec Yoko – la restitution sonore surprend : la section rythmique d’Elephant’s Memory (la basse granitique de Gary Van Scyoc, la batterie nerveuse de Rick Frank Jr.) respire, les saxophones de Stan Bronstein tracent de nouvelles lignes, la guitare de Wayne “Tex” Gabriel mord au bon endroit, le clavier d’Adam Ippolito se hisse dans le mix. On entend la salle, le souffle, la fébrilité, mais aussi une précision quasi contemporaine.
Une bande‑son de l’Amérique au bord de la rupture
La force de « Power To The People » tient à sa dramaturgie. Le coffret ne se contente pas de juxtaposer des raretés ; il recompose un temps vécu. En parallèle des concerts, la section NEW YORK CITY présente des Ultimate Mixes entièrement refaits à partir de Sometime in New York City : des arrangements dégagés de l’« épaisseur » originelle pour laisser chanter la matière première – guitare, voix, slogans, contrechants – et réordonner l’album autour de son nerf politique. On redécouvre « Angela », « The Luck Of The Irish », « We’re All Water », un « John Sinclair » étiré, un « Sunday Bloody Sunday » prolongé, et la chanson‑titre « New York City » qui capture Lennon au pas vif des avenues, parlant docks, flics, clubs et radios pirates.
Pour faire sentir la fabrique des chansons, le coffret propose, piste par piste, des Evolution Documentaries signés Sam Gannon : montages audio qui relient démo, répétitions, prises alternées, bavardages de studio et mixage final. Des Elements Mixes isolent par ailleurs les écritures orchestrales des Invisible Strings et les étalent sur une scène sonore plus large, idéalement révélée en 5.1 et Atmos. On y perçoit des détails noyés depuis cinquante ans : un contre‑chant de cordes, un souffle repris en micro, une attaque de guitare, l’accent new‑yorkais d’un chœur.
Des studios à la scène : les Jam qui racontent l’atelier Lennon/Ono
Le récit se prolonge avec les sections Studio Jam, Live Jam et Home Jam. Studio Jam capture l’atmosphère du Record Plant : entre deux prises « officielles » de Sometime in New York City, Lennon, Ono, Elephant’s Memory et Keltner laissent tourner la bande et s’abandonnent à seize classiques de rock ’n’ roll. On y entend des montées d’adrénaline sur « Roll Over Beethoven », « Honey, Don’t », « Don’t Be Cruel / Hound Dog », « Whole Lotta Shakin’ » ou « Yakety Yak » ; des esquisses qui annoncent l’album Rock ’N’ Roll de 1975. Live Jam élargit la carte des scènes : Lyceum Ballroom à Londres le 15 décembre 1969 – avec un Plastic Ono Band éphémère où croisent George Harrison, Eric Clapton, Klaus Voormann et une foule d’amis – puis Fillmore East le 6 juin 1971 aux côtés de Frank Zappa et des Mothers, où résistent des improvisations abruptes comme « Well (Baby Please Don’t Go) », « Scumbag » ou « Aü ».
Le deuxième volet Live Jam documente l’axe mouvement social : le John Sinclair Freedom Rally à Ann Arbor le 10 décembre 1971, où « Attica State », « The Luck Of The Irish », « Sisters, O Sisters » et « John Sinclair » se dépouillent jusqu’à l’os ; le Apollo Theater à Harlem une semaine plus tard pour les familles des victimes d’Attica, avec un « Imagine » presque chuchoté à la guitare ; des passages par le David Frost Show et le Jerry Lewis Telethon. Autant de fragments qui replacent Lennon et Ono au milieu de leur époque, aux côtés des activistes David Peel & The Lower East Side, en friction avec la télévision, la rue et le droit.
Avec Home Jam, l’intimité prend le relais. Trente‑trois bandes privées de 1971, exhumées des cassettes et quart‑de‑pouce de John, ressuscitent la chambre du St. Regis à New York ou l’auberge d’Ann Arbor. Les reprises de Buddy Holly, Carl Perkins, Chuck Berry, The Everly Brothers voisinent avec des embryons personnels, et quelques titres saisis avec le protest singer Phil Ochs. On découvre la voix de Lennon sans maquillage, le plaisir d’arpéger, une silhouette country inattendue, des fragments de conversations – tout ce qui fait, au fond, la mémoire sonore d’un artiste.
« Come Together » 1972 : une archive qui gronde
Pour ouvrir l’appétit, l’équipe publie en avant‑goût une nouvelle mise à jour de « Come Together » captée lors du show du soir au Madison Square Garden. Adossé à Elephant’s Memory et à Jim Keltner, Lennon réinvente le groove d’Abbey Road en le chargeant d’une tension urbaine : la voix râpe, la basse se crispe, les cymbales claquent court, les sax creusent l’espace, Yoko fait bouillonner la texture en arrière‑plan. Le standard, ainsi recontextualisé, raconte où en est Lennon en 1972 : loin du clinquant, face au public, présent.
Sean Ono Lennon, maître d’œuvre d’une mémoire vivante
Depuis plusieurs années, Sean Ono Lennon pilote un travail d’archives qui ne se contente pas de polir des reliques : il ré‑entend, ré‑ordonne, ré‑éclaire. Après avoir reçu en 2025, aux côtés de Simon Hilton, un GRAMMY pour la conception du coffret Mind Games, il orchestre ici une entreprise encore plus vaste. Le parti pris est constant : respecter l’instant (le souffle du concert, la fragilité d’une démo) tout en adoptant des solutions de restauration et de mixage dignes des standards actuels. Dans ses notes, Sean souligne l’émotion d’entendre des fragments inconnus de son père ; on comprend à l’écoute que « Power To The People » ne fige pas des icônes, mais rend du temps et de l’espace aux chansons.
L’objet : un 10 pouces foisonnant, livre de 204 pages et souvenirs
Le contenu musical se double d’un objet pensé pour les curieux et les chercheurs. Le coffret 9 CD / 3 Blu‑ray loge dans un étui 10 pouces à titrage argent et couverture lenticulaire où s’imbriquent les visages de John et Yoko. Un livre relié de 204 pages, conçu et édité par Simon Hilton, déroule une histoire orale de toute la musique réunie à partir des voix de Lennon, Ono et des témoins, illustrée de photos inédites, paroles manuscrites, dessins, boîtes de bandes et souvenirs. Une affiche façon journal, des planches d’autocollants et une enveloppe VIP rassemblant des billets de concert et badges backstage reconstitués avec des matériaux texturés complètent l’ensemble.
Pour celles et ceux qui voudront se concentrer sur la scène, The One To One Concert sort également en configurations autonomes : 4 LP audiophiles en coffret collector, 2 CD en digisleeve à couverture lenticulaire, 2 LP noirs ou verts transparents en tirage limité, et une édition CD simple du show hybride. Dans chaque cas, livrets, posters et cartes prolongent le récit visuel et historique.
Sometime in New York City, re‑composé : l’album‑journal en clair
Au-delà de la restauration, le chapitre NEW YORK CITY agit comme une réinterprétation. En dépliant les Ultimate Mixes, on entend mieux la co‑voix Lennon/Ono et la logique chanson d’intervention qui avait tant divisé la critique à la sortie en 1972. Les textes, parfois écrits au fil des événements, revendiquent le droit à la colère et à la pédagogie. « Sisters, O Sisters » et « We’re All Water » ramènent au premier plan la pensée féministe de Yoko ; « Born in a Prison » ou « Angela » témoignent de la volonté pédagogique du duo ; « Attica State » et « Sunday Bloody Sunday » gardent l’âpreté des slogans. En replaçant les chansons dans un ordre repensé, l’équipe éclaire l’album non comme un bloc polémique, mais comme un feuilleton où s’emmêlent radio, meetings, lettres d’avocats, coupures de presse et riffs.
Cette re‑composition réhabilite aussi l’apport d’Elephant’s Memory. Trop souvent caricaturé, le groupe new‑yorkais apporte ici une fibre urbaine – saxes râblés, guitare râpeuse, orgue râblant – qui colle au grain de la ville. Les Invisible Strings s’entendent mieux : des arrangements de cordes âcres et lumineux selon les titres, qui épaississent ou aèrent la matière sans la polir à l’excès.
La télévision, la rue, la loi : un couple au milieu du siècle
Le coffret rappelle à quel point Lennon et Ono ont pensé la musique dans leur temps. La télévision américaine devient un matériau : plateaux et teasers s’entrelacent avec les cassettes maison, des coups de téléphone enregistrés par précaution en période de surveillance et des films de 16 mm remontés aujourd’hui. Cette approche dialogue avec le documentaire « One To One : John & Yoko », coréalisé par Kevin Macdonald et Sam Rice‑Edwards, qui a redonné en salles et en IMAX ce chapitre new‑yorkais à travers les archives restaurées des concerts de 1972 et des séquences intimes. La trajectoire y apparaît sans filtre : l’idéalisme de 1971, l’âpreté de 1972, la désillusion après la réélection de Nixon, la judiciarisation de la vie quotidienne, la quête douloureuse de Kyoko par Yoko et, malgré tout, un cap maintenu : non‑violence, création et humour.
Pourquoi ce coffret compte pour l’histoire des Beatles
Pour les lecteurs et lectrices de Yellow‑Sub.net, l’intérêt dépasse la rareté. « Power To The People » saisit Lennon dans une zone souvent mal comprise : après l’innocence pop, avant le retrait domestique de Dakota, au moment précis où il veut faire de la chanson un outil civique – quitte à brailler des slogans, quitte à froisser. On mesure ici l’audace d’un artiste qui refuse la nostalgie, qui préfère un riff rugueux, un troubadour à l’Apollo, une invitation au Madison Square Garden, une affiche partagée avec des artistes noirs de première importance et une présence physique sans garde‑fou. Pour l’histoire des Beatles, ces concerts sont une charnière : ils montrent ce que Lennon pouvait être hors de la machine des Fab Four, et pourquoi il n’a plus re‑tourné ensuite.
La nouvelle mise en son – stéréo précise, surround enveloppant, Atmos ample – ne travestit pas ; elle donne accès. On entend le travail de Paul Hicks, Sam Gannon, Rob Stevens et Alex Wharton ; on profite des Evolution Documentaries pour comprendre la cuisine des chansons ; on voit, à travers le livre, les preuves matérielles de cette vie : boîtes de bandes, tickets, pochettes, notes et griffonnages.
Une sortie pensée pour toutes les écoutes
La publication multiplie les portes d’entrée : l’intégrale 9 CD/3 Blu‑ray pour l’immersion longue, les doubles LP pour le grain analogique, le Hybrid Best‑Of Show pour l’essence du One To One, l’édition 2 CD pour une écoute continue des deux concerts. Chacune garde la même charte visuelle – couverture lenticulaire, titrage argent, affiches – comme une signature. Les audiophiles goûteront l’Atmos, les historiens du son suivront les évolutions de prises, les fans retrouveront « Instant Karma! ». Il réunit des archives, mais surtout il recontextualise : New York comme matrice, la politique comme matière première, le spectacle comme forme d’entraide, la télévision comme collage, la maison comme studio, la scène comme agora. On y reconnaît le scandale de 1972 – l’album décrié, la confusion idéologique, les procès d’intention – mais on en entend, avec le recul et la restauration, la nécessité. Les chansons n’excusent pas leurs angles, elles exposent un présent.
Pour les fans des Beatles, pour celles et ceux qui suivent Yoko Ono dans ses trajectoires conceptuelles et féministes, pour qui s’intéresse à l’histoire culturelle des États‑Unis et au son des studios new‑yorkais du début des années 1970, ce coffret tient à la fois de la boîte noire et du journal. Lennon y redevient cet artiste contradictoire, généreux, parfois maladroit, souvent fulgurant, que l’on entend vouloir changer quelque chose ici et maintenant. Et il n’est pas indifférent qu’en 2025, ce chapitre revienne par un geste éditorial soigné, à l’heure où l’on reconsidère le rôle de l’art dans l’espace public.
Reste l’essentiel : ces bandes, ces concerts, ces démos nous rendent la vibration d’un homme et d’une femme qui ont voulu faire de la musique un outil. Elles nous rendent la ville et ses bruits, la colère et ses chants, l’espoir qui dit sans rougir : Power To The People.
Le coffret Deluxe Box Set ⋆ 9 CDs ⋆ 3 Blu-rays ⋆ 204 Page Book ⋆ Lenticular Cover
CD1 / BR1
The One To One Concert ⋆ Hybrid ‘Best Of’ Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City*
3. It’s So Hard*
4. Move On Fast* †
5. . Born In A Prison* †
7. Instant Karma! (We All Shine On)*
8. Mother*
9. We’re All Water †
10. Come Together †
11. Imagine*
12. Open Your Box* †
13. Cold Turkey* †
14. Don’t Worry Kyoko* †
15. Hound Dog
16. Law And Order
17. Give Peace A Chance
* denotes afternoon show, otherwise the performance is from the evening show
Duration: 76 minutes
CD2 / BR1
The One To One Concert ⋆ Afternoon Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City
3. It’s So Hard
4. Move On Fast †
5. Well Well Well
6. Born In A Prison †
7. Instant Karma! (We All Shine On)
8. Mother
9. We’re All Water †
10. Come Together
11. Imagine
12. . . . Hound Dog †
Duration: 65 minutes
CD3 / BR1
The One To One Concert ⋆ Evening Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City †
3. It’s So Hard †
4. Move On Fast †
5. Well Well Well †
6. Instant Karma! (We All Shine On) †
7. Mother †
8. We’re All Water †
9. Born In A Prison †
10. Come Together
11. Imagine †
12. Open Your Box †
13. Cold Turkey
14. Hound Dog
15. Law And Order
16. Give Peace A Chance
Duration: 77 minutes
CD4 / BR2
New York City (The Ultimate Mixes)
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Invisible Strings
1. New York City (Ultimate Mix)
2. Sisters, O Sisters (Ultimate Mix)
3. Attica State (Ultimate Mix)
4. Born In A Prison (Ultimate Mix)
5. Sunday Bloody Sunday (Ultimate Mix, extended)
6. The Luck Of The Irish (Ultimate Mix)
7. John Sinclair (Ultimate Mix, extended)
8. Angela (Ultimate Mix)
9. We’re All Water (Ultimate Mix)
Duration: 42 minutes
CD5 / BR2
New York City (The Evolution Documentary)
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Invisible Strings
1. New York City (Evolution Documentary) †
2. Sisters, O Sisters (Evolution Documentary) †
3. Attica State (Evolution Documentary) †
4. Born In A Prison (Evolution Documentary) †
5. Sunday Bloody Sunday (Evolution Documentary) †
6. The Luck Of The Irish (Evolution Documentary) †
7. John Sinclair (Evolution Documentary) †
8. Angela (Evolution Documentary) †
9. We’re All Water (Evolution Documentary) †
Duration: 63 minutes
CD6 / BR2
New York City (Studio Jam)
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory
1. Jazz Freakout †
2. You Can’t Sit Down †
3. Roll Over Beethoven †
4. Honey, Don’t †
5. . My Babe †
7. Send Me Some Lovin’ †
8. Fools Like Me †
9. Down In The Caribbean †
10. . That’s Right †
12. Don’t Be Cruel / Hound Dog †
13. Yoko’s Rhythm †
14. Whole Lotta Shakin’ / It’ll Be Me †
15. Yakety Yak †
16. Road Runner †
New York City (Elements Mixes)
John & Yoko/Plastic Ono Band with Invisible Strings
17. Sisters, O Sisters (Elements Mix) †
18. Born In A Prison (Elements Mix) †
19. The Luck Of The Irish (Elements Mix) †
20. Angela (Elements Mix) †
Duration: 55 minutes
CD7 / BR3
Live Jam 1
John & Yoko / Plastic Ono Band and A Star Studded Cast of Thousands
Peace and Love for Christmas, in aid of UNICEF, Live at the Lyceum Ballroom, The Strand, London, 15 December 1969
1. Cold Turkey (live)
2. Don’t Worry Kyoko (live)
John & Yoko / Plastic Ono Band with Frank Zappa and The Mothers
Fillmore East, New York, 6 June 1971
3. Well (Baby Please Don’t Go) (live)
4. Jamrag [Say Please / King Kong / Aawk] (live)
5. Scumbag (live)
6. Aü (live)
Duration: 49 minutes
Live Jam 2
John & Yoko / Plastic Ono Band with David Peel and The Lower East Side
Live at the John Sinclair Freedom Rally, Crisler Arena, Ann Arbor, Michigan, 10 December 1971
1. Attica State (live) †
2. The Luck Of The Irish (live)
3. Sisters, O Sisters (live) †
4. John Sinclair (live)
John & Yoko / Plastic Ono Band
Live at the Benefit for the families of the victims of the riot at Attica State Correctional Facility, Apollo Theater, Harlem, NYC, 17 December 1971
5. Attica State (live)
6. Sisters, O Sisters (live) †
7. Imagine (live)
John & Yoko / Plastic Ono Band
Live on the David Frost TV Show, The Little Theatre, 240 West 44th Street, NYC, 16 December 1971
8. Attica State (live) †
9. Sisters, O Sisters (live) †
10. John Sinclair (live) †
John & Yoko / Plastic Ono Elephant’s Memory Band
Live at the Jerry Lewis Muscular Dystrophy Telethon, Americana Hotel, NYC, 4 September 1972
11. Imagine (live) †
12. . Give Peace A Chance (live) †
Duration: 51 minutes
CD9 / BR3
Home Jam
John Lennon
Home Recordings at the St. Regis Hotel, New York, 10 September 1971
1. Shazam †
2. Honey, Don’t †
3. . . . New York City †
7. . ‘Hey, que pasa?’ †
9. You’re So Square (Baby I Don’t Care) †
10. Vacation Time †
11. Heartbeat †
12. . . ‘Phone call from Henry Gotsello’ †
15. Peggy Sue †
16. ‘Now we’d like to change the mood a little…’ †
17. Maybe Baby †
18. . Rave On! †
20. Twelve Bar Blues †
John Lennon
Home Recordings at the St. Regis Hotel, New York, 27 October 1971
27 October 1971
21. I Got You †
22. . . Gone From This Place †
John Lennon
Home Recordings at Campus Inn, Ann Arbor, Michigan, 10 December 1971
25. Send Me Some Lovin’ †
26. He Got The Blues †
27. When The Teacher †
28. Pill †
29. It’s Real
John Lennon and Phil Ochs
Home Recordings at Campus Inn, Ann Arbor, Michigan, 10 December 1971
30. I Ain’t Marching Anymore †
31. Joe Hill †
32. Chords Of Fame †
33. Ringing Of Revolution
4LP Box Set ⋆ Lenticular Cover
LP 1&2
The One To One Concert ⋆ Afternoon Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City
3. It’s So Hard
4. Move On Fast †
5. Well Well Well
6. Born In A Prison †
7. Instant Karma! (We All Shine On)
8. Mother
9. We’re All Water †
10. Come Together
11. Imagine
12. Open Your Box †
13. Cold Turkey †
14. Don’t Worry Kyoko †
15. Hound Dog †
Duration: 65 minutes
LP 3&4
The One To One Concert ⋆ Evening Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City †
3. It’s So Hard †
4. Move On Fast †
5. Well Well Well †
6. Instant Karma! (We All Shine On) †
7. Mother †
8. We’re All Water †
9. Born In A Prison †
10. Come Together †
11. Imagine †
12. Open Your Box †
13. Cold Turkey
14. Hound Dog
15. Law And Order
16. Give Peace A Chance
Duration: 77 minutes
2 LP ⋆ 180g Audiophile Black Vinyl
LP1&2
The One To One Concert ⋆ Hybrid ‘Best Of’ Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
Disc 1 ⋆ Side A
1. Power To The People (intro)* †
2. New York City*
3. It’s So Hard*
4. Move On Fast* †
Disc 1 ⋆ Side B
5. Well Well Well †
6. Born In A Prison* †
7. Instant Karma! (We All Shine On)*
8. Mother*
9. We’re All Water †
Disc 2 ⋆ Side A
10. Come Together †
11. Imagine*
12. Open Your Box* †
13. Cold Turkey* †
14. Don’t Worry Kyoko* †
Disc 1 ⋆ Side B
15. Hound Dog
16. Law And Order
17. Give Peace A Chance
Duration: 76 minutes
2CD ⋆ Deluxe Triple Gatefold ⋆ Lenticular Cover
CD1
The One To One Concert ⋆ Afternoon Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City
3. It’s So Hard
4. Move On Fast †
5. Well Well Well
6. Born In A Prison †
7. Instant Karma! (We All Shine On)
8. Mother
9. We’re All Water †
10. Come Together
11. Imagine
12. Open Your Box †
13. Cold Turkey †
14. Don’t Worry Kyoko †
15. Hound Dog †
Duration: 65 minutes
CD2
The One To One Concert ⋆ Evening Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro) †
2. New York City †
3. It’s So Hard †
4. Move On Fast †
5. Well Well Well †
6. Instant Karma! (We All Shine On) †
7. Mother †
8. We’re All Water †
9. Born In A Prison †
10. Come Together †
11. Imagine †
12. Open Your Box †
13. Cold Turkey
14. Hound Dog
15. Law And Order
16. Give Peace A Chance
1 CD
The One To One Concert ⋆ Hybrid ‘Best Of’ Show
John & Yoko/Plastic Ono Band with Elephant’s Memory plus Special Guests
1. Power To The People (intro)* †
2. New York City*
3. It’s So Hard*
4. Move On Fast* †
5. Well Well Well †
6. Born In A Prison* †
7. Instant Karma! (We All Shine On)*
8. Mother*
9. We’re All Water †
10. Come Together †
11. Imagine*
12. Open Your Box* †
13. Cold Turkey* †
14. Don’t Worry Kyoko* †
15. Hound Dog
16. Law And Order
17. Give Peace A Chance

















