Widgets Amazon.fr

Paul McCartney, Chad Smith et SNL : quand le batteur des Red Hot Chili Peppers s’assoit sur le siège d’Abe Laboriel Jr.

Voir Paul McCartney revenir sur le plateau de Saturday Night Live aurait déjà suffi à réveiller cette petite fièvre que l’on croyait réservée aux grandes apparitions tardives, celles où le rock cesse d’être une histoire ancienne pour redevenir, l’espace de quelques minutes, une affaire de direct, de nerfs et de chansons. Mais la soirée avait son détail de travers, son grain de sable réjouissant : derrière lui, ce n’était pas Abe Laboriel Jr., compagnon de route infatigable depuis plus de vingt ans, mais Chad Smith, le cogneur des Red Hot Chili Peppers, vieux double de Will Ferrell et invité presque trop parfait pour une émission qui a toujours aimé mélanger la mythologie pop et la farce télévisée. Sur le papier, on pouvait craindre le gag de plateau, le clin d’œil un peu lourd, ou la curiosité pour réseaux sociaux. À l’arrivée, c’est tout autre chose qui s’est joué : une petite secousse dans la liturgie maccartneyenne, assez légère pour ne pas inquiéter, assez visible pour raconter beaucoup. Car McCartney, en 2026, n’est pas seulement une légende que l’on vient saluer. Il reste un musicien au travail, capable de défendre une chanson nouvelle, de replonger dans Wings, de ressortir l’étrangeté synthétique de Coming Up et d’accueillir, le temps d’une soirée, un batteur venu d’un autre âge du rock. Une parenthèse mineure, peut-être, mais profondément révélatrice : chez Paul, même les souvenirs continuent de battre.

Paul McCartney, Linda, Jet et Abbey Road : quand un poney traverse le mythe des Beatles

Il y a des photographies qui résument une époque parce qu’elles ont été pensées pour devenir des emblèmes, et d’autres qui touchent plus profondément encore parce qu’elles semblent avoir échappé à toute mise en scène. Celle de Paul McCartney, Linda McCartney et de leur poney Jet traversant le passage piéton d’Abbey Road appartient à cette seconde catégorie. On y voit l’ancien Beatle revenir sur le lieu le plus sacralisé de sa propre légende, non pas en survivant solennel d’un mythe mondial, mais en homme accompagné de sa femme, de sa vie nouvelle et d’un petit cheval familial qui ignore superbement qu’il marche sur l’un des morceaux de bitume les plus célèbres de la pop. Tout McCartney est là : le poids des Beatles, l’instinct domestique, l’humour anglais, la ruralité déplacée en pleine ville, la capacité à traverser l’histoire sans s’agenouiller devant elle. Après la pochette mythique de 1969, cette autre traversée raconte moins la fin d’un groupe que la survie d’un homme. Avec Linda, Wings, les enfants, les animaux et les chansons, Paul ne fuit pas Abbey Road : il le rend à la vie.

Paul McCartney, Liverpool et l’après-guerre : comment une ville cabossée a fabriqué l’esprit des Beatle

On a tellement raconté les Beatles comme une apparition miraculeuse — quatre garçons descendus d’un avion, costumes sombres, cheveux trop longs et répliques assassines prêtes à faire chavirer l’Amérique — qu’on en oublierait presque qu’ils viennent de quelque part. Et pas de n’importe où. Dans un récent entretien, Paul McCartney revient sur ce Liverpool d’après-guerre qui fut bien plus qu’un décor d’enfance : une école de caractère, de musique, d’humour et de résistance. Une ville cabossée par les bombes, mais pas vaincue ; une ville pauvre, portuaire, ouverte sur l’Amérique, où l’on chantait dans les maisons, où l’on plaisantait pour ne pas sombrer, où l’on apprenait très tôt à répondre aux coups par l’esprit. McCartney y voit l’une des clés profondes des Beatles : cette manière unique de mêler la pudeur et l’insolence, la mélodie et la répartie, la joie et la mélancolie. Derrière les tubes, les costumes, les studios et la légende, il y avait donc cela : des enfants de Liverpool, nés dans les décombres d’un monde ancien, assez rapides pour ne pas se laisser définir, assez drôles pour tenir tête au cirque médiatique, assez doués pour transformer le rire dans les ruines en langage universel.

Paul McCartney, les Beatles et le jour où le monde a changé de visage

Il y a des groupes qui accompagnent une époque, et puis il y a les Beatles, cette anomalie magnifique qui continue de hanter la culture populaire comme si les années 1960 n’avaient jamais vraiment refermé la porte derrière elles. Plus de cinquante ans après leur séparation, John, Paul, George et Ringo ne sont plus seulement quatre musiciens de Liverpool : ils sont devenus une grammaire commune, un langage partagé, une manière d’imaginer ce que la jeunesse, la pop et un simple refrain peuvent produire lorsqu’ils se mettent soudain à circuler à l’échelle du monde. Paul McCartney, avec cette élégance qui consiste à ne jamais poser en prophète tout en sachant très bien ce qu’il a traversé, a souvent expliqué que la prise de conscience fut progressive : l’Amérique qui cède, la Beatlemania qui déborde, puis Sgt. Pepper, ses couleurs, ses costumes, ses idées qui semblent se répandre de Londres à la Californie comme une fréquence nouvelle. C’est ce moment-là que raconte cet article : non pas le jour précis où les Beatles auraient décidé de changer le monde, mais celui, plus étrange et plus bouleversant, où ils ont compris que le monde avait déjà commencé à changer avec eux.

Paul McCartney, Hey Jude et ce vieux miracle pop qui fait encore chanter les ennemis ensemble

À 83 ans, Paul McCartney continue de rappeler une chose que notre époque, saturée de petites guerres culturelles et de certitudes hargneuses, aimerait presque oublier : une chanson peut encore faire tenir ensemble des gens qui ne se supportent plus. Dans The Rest Is Entertainment, le vieux Beatle est revenu sur ce miracle très simple et pourtant presque invraisemblable qu’est Hey Jude, ce morceau né pour consoler Julian Lennon et devenu, avec les décennies, l’un des derniers grands rites collectifs de la pop mondiale. McCartney n’y voit pas une solution politique, encore moins une grande leçon de morale livrée depuis les hauteurs de la légende, mais une parenthèse précieuse : le moment où une foule entière, y compris dans une Amérique fracturée, accepte de respirer au même rythme et de chanter le même “na na na”. Dans le même entretien, Paul parle aussi de son refus des selfies, de cette célébrité moderne qui transforme les artistes en trophées numériques, de Liverpool, de la famille, de la classe ouvrière et de ce nouvel album annoncé, The Boys of Dungeon Lane, qui semble le ramener vers les rues, les voix et les fantômes de son enfance. Au fond, tout se tient : McCartney refuse d’être capturé, mais il accepte encore d’être chanté.

Let It Be : le rêve de Paul McCartney, un piano dans la chambre et trois mots pour traverser la nuit

Il y a des chansons qui semblent avoir été écrites dans le marbre, et d’autres qui naissent presque par accident, dans une chambre, au bord d’une nuit trop lourde. Let It Be appartient à cette famille-là : celle des miracles domestiques, des morceaux qui ne cherchent pas à devenir des monuments et finissent pourtant par consoler le monde entier. Paul McCartney n’a pas choisi le piano comme on choisit un symbole à placer au centre d’un tableau. Il y avait simplement un piano dans la pièce, un rêve encore brûlant dans la tête, et la voix de sa mère Mary, disparue quand il avait quatorze ans, revenue lui dire quelques mots de paix au moment où les Beatles entraient dans leur crépuscule. De cette scène presque ordinaire — un homme, un instrument, une absence qui revient — McCartney a tiré l’un des grands hymnes de la musique populaire. Pas une prière imposée, pas un sermon, pas une formule magique, mais trois mots assez simples pour accueillir toutes les peines : let it be. Derrière l’évidence de la mélodie, il y a l’enfance de Liverpool, le piano familial, la fin d’un groupe, la pudeur d’un fils endeuillé et ce génie très McCartney qui consiste à transformer la douleur en chanson partageable. Voilà pourquoi Let It Be tient encore debout : parce qu’elle n’explique pas le chaos, elle lui trouve une forme habitable.

Pourquoi Paul McCartney refuse les selfies : l’homme qui ne voulait pas devenir le singe de Saint-Tropez

Il y a, dans la façon dont Paul McCartney raconte son refus des selfies, quelque chose de très paulien : une image simple, presque comique, et soudain tout un monde qui apparaît derrière. Pas un grand discours sur la célébrité, pas une charge contre les réseaux sociaux, mais le souvenir d’un singe exhibé à Saint-Tropez, posé là pour les touristes, condamné à devenir l’accessoire vivant de la photo des autres. McCartney ne veut pas de ça. Il ne veut pas être capturé, rangé dans un téléphone, transformé en preuve sociale par quelqu’un qui l’a croisé dix secondes au détour d’une rue. Lui qui a passé plus de soixante ans à être regardé, poursuivi, aimé, photographié, décortiqué, n’a pourtant pas cessé de chercher une chose presque impossible à son niveau de légende : rester Paul, simplement Paul, et ne pas se laisser avaler par “Paul McCartney”. Son refus n’est pas un caprice de star ni une marque de mépris envers les fans. C’est même l’inverse : une tentative de sauver quelque chose de vivant dans la rencontre, de préférer la parole à l’image volée, le souvenir à la preuve, l’échange au réflexe pavlovien du smartphone. Derrière cette petite phrase — “je ne fais pas de photos” — se dessine toute une philosophie de la célébrité, de la pudeur et de la survie.

Paul McCartney, ou l’art de rester humain quand on est devenu une légende

Il y a des interviews qui ne changent pas l’histoire officielle, mais qui déplacent subtilement la manière dont on regarde une légende. Celle accordée par Paul McCartney au podcast The Rest Is Entertainment, dans le décor presque trop symbolique d’Abbey Road, appartient à cette catégorie rare. On n’y découvre pas un vieux sage venu distribuer ses aphorismes depuis le sommet de la montagne, ni un monument fatigué par sa propre statue, mais un homme qui continue de rire, de douter, de regarder la télévision, d’écrire des chansons sur ses parents et de refuser les selfies parce qu’il préfère encore une vraie conversation à une image volée. À l’occasion de la sortie de The Boys of Dungeon Lane, McCartney revient sur Liverpool, la classe ouvrière, les panneaux de rue subtilisés par les fans, les chansons qui vieillissent mieux que leurs auteurs, les nouvelles qui tombent dans le trou noir des concerts, et cette étrange discipline qui consiste à rester normal quand le monde entier vous traite depuis soixante ans comme un artefact culturel. De l’anecdote du singe de Saint-Tropez à la puissance fédératrice de Hey Jude dans une Amérique fracturée, l’entretien dessine moins le portrait d’une icône que celui d’un homme qui a compris, mieux que quiconque, que la fête ne vaut que si elle se partage.

Theodora et Oklou à Cannes : “Get Back”, les Beatles et le refrain politique qui revient par la grande porte

À première vue, ce n’était qu’un joli numéro de cérémonie : deux voix de la pop française, Theodora et Oklou, reprenant “Get Back” des Beatles dans le décor impeccable du Festival de Cannes 2026, au moment où Peter Jackson recevait sa Palme d’or d’honneur. Le clin d’œil était évident, presque trop parfait : le cinéaste du Seigneur des Anneaux est aussi l’homme qui a rouvert les archives des Fab Four avec The Beatles: Get Back, fresque documentaire bâtie à partir des sessions de janvier 1969. Mais avec les Beatles, les hommages les plus simples finissent toujours par laisser passer un peu d’ombre. Car “Get Back” n’est pas seulement un rock carré, un retour à l’os après les splendeurs de studio : c’est aussi une chanson née dans une Angleterre travaillée par la xénophobie, les discours d’Enoch Powell et la violence anti-immigrés. Sur la scène du Grand Théâtre Lumière, la reprise signée Theodora et Oklou a donc fait plus que réveiller une cérémonie un peu corsetée. Elle a ramené au présent la mémoire politique d’un refrain que l’on croyait patrimonial, et rappelé qu’une grande chanson pop n’est jamais un bibelot sous verre, mais une matière inflammable qui change de sens selon les corps, les époques et les lieux qui la traversent.

Paul McCartney raconte sa vie en dix chansons, et c’est toute l’histoire secrète des Beatles qui remonte à la surface

Il y a chez Paul McCartney une manière très particulière de regarder dans le rétroviseur. Chez d’autres, l’exercice tournerait vite au musée, à la célébration convenue d’une légende qui n’aurait plus grand-chose à prouver. Chez lui, le passé reste une matière vive, presque inflammable, une réserve de sons, de visages et de secousses capables d’éclairer encore le présent. Alors que se profile The Boys of Dungeon Lane, nouvel album annoncé comme un retour vers le Liverpool des origines, McCartney s’est prêté au jeu de l’autoportrait en dix chansons. Non pas dix titres à sa gloire, non pas une parade de classiques signés Beatles ou Wings, mais dix morceaux des autres : Gene Vincent, Chuck Berry, Buddy Holly, Elvis Presley, The Kinks, Bob Dylan, les Beach Boys, The Human League, Prince et, bien sûr, John Lennon. Une simple playlist ? Plutôt une carte intime, où chaque chanson révèle une couche de l’homme et du musicien : le choc du rock’n’roll, la science de la mélodie, l’ouverture poétique, la modernité des années 80, puis l’ombre fraternelle d’Imagine. À travers ces choix, c’est moins la légende McCartney qui parle que l’auditeur émerveillé qu’il n’a jamais cessé d’être.

JE M'ABONNE A LA NEWSLETTER

Envie de ne rien manquer des Beatles et de Yellow-Sub ? Abonnez-vous à la newsletter et recevez nos actus, offres et information concours
JE M'ABONNE
Garantie sans SPAM ! Conformité RGPD.
close-link