On cite Revolver, Sgt. Pepper ou Abbey Road comme on récite un catéchisme. Et puis il y a Beatles For Sale, disque coincé dans un angle mort, photographie mal exposée d’une année 1964 où la Beatlemania tourne à l’usine. Sur la pochette, les visages tirent : ce ne sont plus des gamins triomphants, mais des professionnels épuisés qui doivent livrer un album avant Noël, entre deux avions. Résultat : des éclairs sublimes (No Reply, I’m a Loser, I’ll Follow the Sun), des reprises inégales, et cette sensation de compromis permanent — le rock joué pour tenir debout. Sauf qu’au cœur de cette fatigue se cache un paradoxe délicieux : comment le groupe a-t-il pu garder Mr. Moonlight et laisser dormir au coffre une gifle R&B comme Leave My Kitten Alone ? Ce morceau brut, suant le Cavern Club, avec Lennon qui mord et un groupe serré comme sur scène, raconte tout ce que l’album tait : l’urgence, le tri, la tyrannie du calendrier. Revisiter Beatles For Sale, c’est écouter les Beatles au travail, pas encore en statue — et découvrir qu’un “raté” de légende peut aussi être un disque de vérité.
On dit que les Beatles ont déplacé la pop comme une plaque tectonique : après eux, tout vibre autrement. Mais on oublie souvent qu’ils ont eux-mêmes été des enfants appliqués, nourris de vinyles américains et de riffs appris à l’oreille. Dans cette histoire de filiations, George Harrison tient un rôle à part : le discret qui parle avec les mains, l’horloger des accords, celui qui fait tenir une chanson sur une couleur. Son héros n’était pas un virtuose flamboyant, mais Carl Perkins, artisan du rockabilly et inventeur d’un langage de guitare sec, percussif, immédiatement dansant. De Liverpool à Hambourg — où George se faisait parfois appeler “Carl” — jusqu’aux reprises gravées par les Beatles (Honey Don’t, Matchbox, Everybody’s Trying to Be My Baby), cette admiration laisse des traces partout, jusque dans le fameux “Perkins lick” caché en plein jour. Et quand le maître disparaît, Harrison répond sans discours : trois coups sur le cercueil, comme une dernière mesure. Retour sur la dette la plus tendre des Beatles, et sur la manière dont un riff du Sud des États-Unis a contribué à redessiner le monde.
Honey Don’t des Beatles, repris de Carl Perkins, est un hommage au rockabilly qui marque l’album Beatles For Sale (1964). Interprété par Ringo Starr, ce morceau simple mais énergique incarne l’influence majeure de Perkins sur le groupe. Ringo, passionné de rockabilly, y trouve son moment vocal. La chanson, enregistrée avec une énergie brute, reste un classique live et a inspiré de nombreux artistes. Son héritage démontre la place importante du rockabilly dans la musique des Beatles.
Un demi-siècle après son tournage, « Clock » refait surface : un film-concept de John Lennon et Yoko Ono, capté le 10 septembre 1971 au St. Regis de New York. Plan fixe d’une heure sur un réveil doré, vie et musique en arrière-plan : Lennon esquisse « Honey Don’t » à la guitare, Yoko observe et ponctue, vingt chansons surgissent puis s’évanouissent. Héritier des gestes minimalistes du couple et du cinéma d’Andy Warhol, le dispositif fait du temps le protagoniste. Longtemps fantôme, l’objet gagne un contexte grâce au teaser et s’articule au coffret « Power To The People »(sortie le 10 octobre), qui remixe et documente les années new-yorkaises, des One To One au Madison Square Garden aux démos et jams d’hôtel. Entre journal intime et art conceptuel, « Clock » révèle l’atelier vivant de 1971.
L’influence de Carl Perkins sur la musique des Beatles est difficile à sous-estimer. Même si les Fab Four étaient plus portés sur le rock and roll que sur le mélange de country et de rock caractéristique de Perkins, George Harrison aimait particulièrement l’œuvre de Perkins, à tel point qu’il utilisait parfois le pseudonyme « Carl Harrison » […]
Lorsque les fans des Beatles débattent de la question de savoir quel est le meilleur album des Fab Four, nous ne pensons pas qu’ils entendront quelqu’un plaider en faveur de Beatles For Sale (1964). L’album, enregistré au plus fort de la Beatlemania et contenant des titres tels que « Mr. Moonlight », ressemble aujourd’hui à l’opposé d’un […]
Le quatrième album EMI des Beatles a été enregistré au sommet de leur gloire. En 1964, ils enregistrent et sortent deux nouveaux albums et un EP, jouent dans leur premier long métrage, donnent d’innombrables interviews, sessions de radio et apparitions à la télévision, et font le tour du monde. Ils étaient plutôt fatigués pendant Beatles […]
Informations sur la chanson Crédits : Carl Perkins Durée : 3:00 Producteur : George Martin Ingénieur : Norman Smith, Ken Scott Les paroles de la chanson Well how can you say you will when you won’t Say you do, baby, when you don’t ? Let me know honey how you feel Tell the truth now, […]
Informations sur l’album Pays : International Support : CD Label : Capitol Mixage : Mono Date de publication : 21/01/2014 Track-listing de l’album No Reply I’m a Loser Baby’s in Black Rock and Roll Music I’ll Follow the Sun Mr. Moonlight Honey Don’t I’ll Be Back She’s a Woman I Feel Fine Everybody’s Trying to […]
Informations sur la chanson Crédits : Carl Perkins Durée : 3:00 Producteur : George Martin Ingénieur : Norman Smith, Ken Scott Les paroles de la chanson Well how can you say you will when you won’t Say you do, baby, when you don’t ? Let me know honey how you feel Tell the truth now, […]
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