« Frozen Jap » a été enregistré en juin 1979, sept mois avant l’arrestation de McCartney à Tokyo. Chronologie exacte des sessions de McCartney II et correctifs.
En 1980, Paul McCartney pourrait se contenter de faire tourner la machine Wings et d’empiler des refrains impeccables. Au lieu de ça, il disparaît dans des fermes, loue une Studer 16 pistes, branche les micros en direct et se remet à bricoler comme au lendemain de la fin des Beatles. McCartney II naît de cette fuite : un disque domestique et futuriste, où les synthés, le vari-speed et les boucles deviennent des outils d’écriture, pas des gadgets. « Coming Up » y cligne de l’œil à la new wave en se déguisant en tube, « Temporary Secretary » grimace et annonce un futur absurde, tandis que « Waterfalls » rappelle que la mélodie, chez Paul, survit à toutes les machines. Entre instrumentaux de chambre, zones d’ombre (« Darkroom ») et fantômes de Wings, l’album ressemble à un carnet de laboratoire : imparfait, libre, parfois déroutant, mais étonnamment moderne. Quarante ans plus tard, on comprend mieux ce geste : le moment où McCartney accepte de redevenir un apprenti, de se mettre en danger, et de prouver que “Paul McCartney” n’est pas un rôle, mais une énergie. Plongée piste par piste dans ce manifeste DIY qui n’a jamais cessé de rattraper son époque.
Sorti en 1980 sur McCartney II, « Frozen Jap » est un morceau instrumental où Paul McCartney explore les sonorités électroniques et orientales à travers des synthétiseurs. Cependant, son titre a suscité la controverse, notamment après son arrestation au Japon, certains y voyant une allusion déplacée. Malgré un changement de titre pour l’édition japonaise, la polémique persista. Aujourd’hui, le morceau reste un témoin des expérimentations musicales de McCartney durant cette période.












