“Welcome The Rolling Stones” : le pull de Sgt. Pepper, les Beatles cachés sur Their Satanic Majesties Request et l’histoire secrète des deux pochettes de 1967
Sur la pochette la plus célèbre de l’histoire du rock, une poupée de chiffon porte un pull rayé qui souhaite la bienvenue aux Rolling Stones. Six mois plus tard, sur la pochette en relief de Their Satanic Majesties Request, les visages des quatre Beatles se cachent parmi les fleurs. Entre les deux, l’année 1967 : des procès pour drogue, un photographe commun, un pull venu d’une radio de Memphis, un studio de banlieue new-yorkaise et une caméra en trois dimensions. Voici l’histoire complète de ce dialogue d’images entre les deux plus grands groupes britanniques, détail par détail, avec le guide pour retrouver les Beatles cachés sur la pochette des Stones.
Points clés
- Sur Sgt. Pepper : une poupée de chiffon représentant Shirley Temple, fabriquée par l’artiste Jann Haworth, porte un pull rayé où l’on lit “Welcome The Rolling Stones” et “Good Guys”. La photo est prise le 30 mars 1967 à Londres, l’album sort le 26 mai 1967.
- L’origine du pull : un vêtement fabriqué en 1965 par une fan de Memphis pour un concours de la radio WMPS, dont les animateurs s’appelaient les “Good Guys”. Il a été apporté à la séance par Adam, le jeune fils du photographe Michael Cooper.
- Sur Satanic Majesties : la pochette originale est une photographie en relief, dite lenticulaire. Les visages de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr y sont dissimulés dans le décor floral. L’album sort le 8 décembre 1967.
- Le lien : le même homme, Michael Cooper, a photographié les deux pochettes. Il était proche des Beatles et ami intime de Keith Richards.
- Le contexte : 1967 est l’année du procès de Mick Jagger et Keith Richards pour drogue. Les Beatles les soutiennent publiquement, chantent sur leur single We Love You et accueillent Jagger lors de l’enregistrement d’All You Need Is Love.
Sommaire
La réponse courte : que se disent les pochettes de Sgt. Pepper et de Satanic Majesties ?
Avant d’entrer dans le détail, voici l’essentiel en quelques lignes. En 1967, les Beatles et les Rolling Stones échangent deux clins d’œil sur leurs pochettes d’album. Le premier vient des Beatles : sur la pochette de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, une poupée assise au premier plan, à droite, porte un pull avec l’inscription “Welcome The Rolling Stones”. Le second vient des Stones : sur la pochette en relief de Their Satanic Majesties Request, les visages des quatre Beatles sont cachés dans les fleurs qui entourent le groupe. Les deux images ont été réalisées par le même photographe, Michael Cooper.
Ce dialogue est souvent cité comme la preuve que la rivalité entre les deux groupes relevait davantage du récit médiatique que de la réalité. C’est vrai, mais il dit aussi autre chose : il raconte une année précise, 1967, où les deux groupes vivent dans le même Londres, fréquentent les mêmes galeries, les mêmes studios et parfois les mêmes tribunaux. Pour l’histoire générale de la relation entre les deux groupes, nous renvoyons à nos articles Quand les Stones suivaient les Beatles : la rivalité qui a dopé les années 60 et Rolling Stones contre Beatles : cinq preuves d’une amitié, ainsi qu’à notre page consacrée aux Rolling Stones. Ici, on s’attache aux deux pochettes, à leurs auteurs et à leurs secrets.
30 mars 1967, Chelsea : la fabrication de la pochette de Sgt. Pepper
Pour comprendre le pull, il faut d’abord comprendre l’image dans laquelle il apparaît. La pochette de Sgt. Pepper est l’une des plus commentées du XXe siècle, et l’une des plus imitées.
Une idée de McCartney, une réalisation de Peter Blake
L’idée de départ vient de Paul McCartney : présenter les Beatles déguisés en fanfare imaginaire, le Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, posant devant un parterre de fleurs, comme après un concert dans un kiosque de parc. Le projet est confié à Peter Blake, figure majeure du pop art britannique, et à sa femme de l’époque, l’artiste américaine Jann Haworth. Le marchand d’art londonien Robert Fraser, ami des Beatles et proche des Stones, joue un rôle de directeur artistique : c’est lui qui recommande Blake et qui pousse le projet vers une véritable œuvre d’art, plutôt qu’une simple photographie de groupe.
Une foule de personnages
Blake et Haworth imaginent de placer derrière les Beatles une foule de personnages célèbres, comme si le public du concert était composé des héros des quatre musiciens. Chaque Beatle propose sa liste, à l’exception de Ringo Starr, qui laisse faire les autres. Robert Fraser ajoute ses propres suggestions. Les visages sont choisis parmi les écrivains, les acteurs, les philosophes, les musiciens et les figures populaires : Marilyn Monroe, Bob Dylan, Karl Marx, Edgar Allan Poe, Oscar Wilde, Marlon Brando, Fred Astaire, Lewis Carroll, Albert Einstein, Stuart Sutcliffe, l’ancien bassiste du groupe, et bien d’autres.
Selon l’inventaire le plus souvent cité, le décor réunit 57 photographies et neuf figures de cire. Les photographies sont agrandies à taille humaine, coloriées à la main, collées sur des panneaux de bois puis découpées à la scie. Le musée Madame Tussauds prête plusieurs statues, dont celles des quatre Beatles dans leurs costumes de 1964, ainsi que celles de l’actrice Diana Dors et du boxeur Sonny Liston. Plusieurs personnages proposés sont écartés : Jésus et Hitler, suggérés par Lennon, ou encore Gandhi, retiré à la demande du président d’EMI, Sir Joseph Lockwood, qui craint de choquer le public indien.
Les autorisations
Une telle pochette pose un problème juridique : il faut obtenir l’accord des personnes représentées, ou de leurs ayants droit. EMI exige que chacun soit contacté. La plupart acceptent, certains refusent, et un seul, l’acteur américain Leo Gorcey, réclame de l’argent : il est finalement retiré du décor. Nous avons consacré une enquête complète à ce dossier, Le seul homme qui a demandé de l’argent : enquête sur le dossier d’autorisations de la pochette de Sgt. Pepper.
La séance du 30 mars 1967
La photographie est prise le jeudi 30 mars 1967 au studio du photographe Michael Cooper, à Chelsea, au sud-ouest de Londres. Le décor a demandé plusieurs jours de montage. La séance elle-même dure environ trois heures, et elle permet aussi de réaliser les photos de l’intérieur de la pochette ouvrante et du dos. Les Beatles portent leurs costumes de fanfare en satin, aux couleurs vives, confectionnés par le tailleur de théâtre M. Berman. Au premier plan, un parterre de fleurs dessine le mot “Beatles”, et une grosse caisse peinte par le décorateur de fête foraine Joe Ephgrave porte le nom de la fanfare.
Les objets du premier plan
Devant les Beatles et la foule, une multitude d’objets complète le décor : un narguilé, un nain de jardin, une statuette de Blanche-Neige, une figurine japonaise porte-bonheur, une petite télévision Sony, un buste de pierre venu de la maison de Lennon, une idole de la déesse hindoue Lakshmi, un trophée. Et, parmi ces objets, des poupées. C’est là, au premier plan, à droite, que se trouve la poupée qui nous intéresse.
Précision : la date de sortie de Sgt. Pepper
On lit souvent que Sgt. Pepper est sorti le 1er juin 1967 au Royaume-Uni. C’est la date de sortie officielle annoncée à l’époque, mais l’album a été mis en vente avec quelques jours d’avance, et la date du 26 mai 1967 est aujourd’hui retenue par la plupart des références. Aux États-Unis, Capitol le publie au tout début du mois de juin. L’enregistrement, commencé le 24 novembre 1966, s’était achevé le 21 avril 1967, trois semaines après la séance photo.
La poupée et le pull : “Welcome The Rolling Stones Good Guys”
Le détail est minuscule à l’échelle d’une pochette de 31 centimètres de côté. Il a pourtant fait couler plus d’encre que la plupart des figures célèbres du décor.
Une poupée de chiffon signée Jann Haworth
La poupée représente Shirley Temple, l’enfant-star du cinéma américain des années 1930, qui apparaît plusieurs fois sur la pochette. Elle a été confectionnée en tissu par Jann Haworth, qui s’était fait connaître au milieu des années 1960 par ses sculptures souples en tissu, l’une des marques de fabrique de son travail. Assise au premier plan, à droite, la poupée est vêtue d’un pull rayé.
L’inscription
Sur ce pull, on peut lire, en lettres capitales, “Welcome The Rolling Stones”, bienvenue aux Rolling Stones, ainsi que “Good Guys”, les bons gars. Selon certains inventaires, le vêtement porte aussi le sigle d’une station de radio, WMPS. La position de la poupée, légèrement penchée, et les plis du tissu rendent une partie de l’inscription difficile à lire sur les reproductions de petite taille. Mais sur un vinyle original, le message est parfaitement visible.
Un pull venu de Memphis
D’où vient ce pull ? Plusieurs récits se recoupent. Selon une version souvent rapportée, il a été fabriqué en 1965 par une jeune fan de Memphis, dans le Tennessee, nommée Mary Anne May, pour participer à un concours organisé par la radio locale WMPS, dont les animateurs se faisaient appeler les “Good Guys”. L’enjeu du concours était de rencontrer les Rolling Stones, alors en tournée aux États-Unis. La jeune fille aurait offert son ouvrage à Mick Jagger, et le pull serait ensuite arrivé, par des chemins mal connus, à Londres.
Le fils du photographe
Peter Blake a donné une explication plus simple de sa présence sur la pochette : le pull a été apporté par Adam, le jeune fils du photographe Michael Cooper. Le jour de la séance, l’enfant serait venu au studio de son père avec quelques jouets et vêtements, et le pull aurait été enfilé à la poupée. Les deux récits ne s’excluent pas : Michael Cooper était un ami proche des Stones, et le vêtement a pu passer de l’entourage de Jagger à la maison du photographe avant de se retrouver sur le plateau.
Le geste de Robert Fraser
Pourquoi l’avoir gardé ? Paul McCartney a expliqué que c’est Robert Fraser qui avait trouvé l’idée bonne : puisque la presse présentait les deux groupes comme rivaux, saluer les Stones sur la pochette serait un geste d’harmonie. Un clin d’œil amical, donc, et un pied de nez à la rivalité que l’on prêtait aux deux groupes. Fraser, qui était à la fois l’ami des Beatles et celui des Stones, était bien placé pour l’imaginer.
Précision : le pull n’est pas une réponse aux Stones
Plusieurs articles, y compris dans la presse anglophone, présentent le pull de Sgt. Pepper comme une réponse à la pochette de Their Satanic Majesties Request. C’est l’inverse. La photo de Sgt. Pepper est prise le 30 mars 1967 et l’album sort fin mai. La pochette des Stones est photographiée en septembre 1967 et l’album sort le 8 décembre. C’est donc la pochette des Stones, avec ses Beatles cachés, qui répond au pull de Sgt. Pepper, et non le contraire. Autre précision : l’inscription exacte n’est pas seulement “Welcome The Rolling Stones”. Le pull porte aussi la mention “Good Guys”, liée à la radio de Memphis d’où il proviendrait.
Shirley Temple, l’enfant-star qui porte le message
Le choix de la poupée n’est pas anodin. Shirley Temple est l’une des figures les plus présentes de toute la pochette, et son histoire personnelle ajoute une saveur supplémentaire au clin d’œil.
Trois apparitions sur la pochette
Selon l’inventaire de référence des figures de la pochette, Shirley Temple y apparaît à trois reprises : dans la foule des personnages célèbres, sous forme de photographies découpées, puis au premier plan, sous la forme de la poupée de chiffon de Jann Haworth qui porte le pull des Stones. Peu de personnalités sont représentées aussi souvent. Ce n’est pas un hasard : Peter Blake, collectionneur passionné de souvenirs d’enfance et de culture populaire, voue une affection particulière aux idoles de son enfance, et Shirley Temple, la petite fille aux boucles blondes qui faisait salle comble dans les années 1930, en est l’incarnation parfaite.
L’enfant-star devenue diplomate
En 1967, Shirley Temple n’est plus une enfant depuis longtemps. Née en 1928, elle a quitté le cinéma au début des années 1950, a pris le nom de son mari, Charles Black, et s’engage alors en politique dans le camp républicain. Elle deviendra par la suite représentante des États-Unis aux Nations unies, ambassadrice au Ghana, chef du protocole de la Maison-Blanche, puis ambassadrice en Tchécoslovaquie au moment de la révolution de Velours, en 1989. L’image de la petite fille modèle, promue sur la pochette au rang de porte-parole des Rolling Stones, le groupe le plus sulfureux du Royaume-Uni, ne manque pas d’ironie.
L’autorisation
Comme les autres personnes représentées, Shirley Temple a dû donner son accord pour apparaître sur la pochette. Selon un récit souvent rapporté, elle aurait demandé à écouter le disque avant de se prononcer. D’autres vedettes ont posé des conditions ou hésité, comme l’actrice Mae West, qui se demandait d’abord ce qu’elle irait faire dans un club des cœurs solitaires, avant d’accepter. Pour le détail de ces démarches, nous renvoyons à notre enquête sur le dossier d’autorisations de la pochette.
Une poupée qui fait le lien
En plaçant le message destiné aux Stones sur une poupée de Shirley Temple, la pochette de Sgt. Pepper associe deux mondes que tout semble opposer : l’innocence du cinéma familial des années 1930 et l’insolence du rock de 1967. C’est, au fond, toute l’esthétique de la pochette : un grand mélange d’époques et de références, où les héros d’enfance côtoient les figures de la contre-culture, et où un pull de fan de Memphis peut finir sur l’épaule d’une enfant-star de Hollywood.
L’homme des deux pochettes : Michael Cooper
Si les deux pochettes se répondent, c’est d’abord parce qu’elles ont le même auteur. Michael Cooper est la clé de toute cette histoire, et l’un des photographes les plus importants du Londres des années 1960, même si son nom reste peu connu du grand public.
Un photographe de Huddersfield
Michael Cooper naît le 16 mai 1941 à Huddersfield, dans le Yorkshire. Il s’installe à Londres, où il rencontre en 1964 le marchand d’art Robert Fraser, qui devient son associé et son guide dans le monde de l’art, de la musique et de la littérature. Fraser dirige une galerie influente, la Robert Fraser Gallery, au 69 Duke Street, à Mayfair, où il expose les artistes du pop art britannique et américain. C’est d’ailleurs dans cette galerie que John Lennon présentera sa première exposition, You Are Here, en juillet 1968, comme nous l’avons raconté dans notre article sur la première exposition de John Lennon au 69 Duke Street.
Le photographe du “Swinging London”
Grâce à Fraser, Cooper entre dans le cercle des musiciens, des artistes et des écrivains qui font le Swinging London. Il photographie les Rolling Stones, dont il devient un intime, en particulier de Keith Richards, mais aussi les Beatles, Marianne Faithfull, les écrivains de la Beat Generation et les artistes du pop art. Ses images, souvent prises sur le vif, dans les appartements, les studios ou les maisons de campagne, constituent l’un des témoignages les plus précieux de cette époque. Après sa mort, ses archives ont été publiées dans plusieurs livres, dont The Early Stones (1993) et Michael Cooper: The London Sixties (1999).
Présent à Redlands
Michael Cooper n’est pas seulement un témoin. Il est aussi un acteur de l’un des épisodes les plus célèbres de l’année 1967. Le 12 février 1967, il fait partie des invités de Keith Richards à Redlands, sa maison de campagne du Sussex, quand la police fait irruption et découvre de la drogue. Mick Jagger, Keith Richards et Robert Fraser sont inculpés. Cooper, lui, n’est pas poursuivi, mais il a vécu la scène de l’intérieur. George Harrison et Pattie Boyd avaient quitté la maison peu avant l’arrivée des policiers, comme Harrison l’a raconté plus tard, dans un entretien que nous avons traduit sur notre page George Harrison et la saisie de drogue des Rolling Stones.
Le trait d’union
Six semaines après la descente de Redlands, Cooper photographie les Beatles pour la pochette de Sgt. Pepper, sur un projet piloté par Robert Fraser, qui est alors lui-même inculpé. Six mois plus tard, il réalise la pochette de Their Satanic Majesties Request. Il est, littéralement, l’homme qui relie les deux groupes en 1967. Il n’est pas interdit de penser que les deux clins d’œil, le pull d’un côté, les visages cachés de l’autre, doivent beaucoup à sa position d’intermédiaire. Les sources disponibles ne permettent pas d’établir qui a eu l’idée des visages des Beatles sur la pochette des Stones, mais la présence du même photographe sur les deux séances rend le dialogue presque naturel.
Une fin tragique
Michael Cooper meurt en 1973, à 31 ans, après des années de dépression et de dépendance à l’héroïne. Il laisse un fils, Adam, celui-là même qui aurait apporté le pull des Stones sur le plateau de Sgt. Pepper, et une archive de dizaines de milliers de négatifs, dont la plupart n’avaient jamais été tirés de son vivant.
Robert Fraser et Jann Haworth : les deux autres passeurs
Michael Cooper n’est pas le seul à faire le lien entre les deux groupes. Deux autres personnages, moins connus, jouent un rôle décisif dans l’histoire du pull de Sgt. Pepper.
Robert Fraser, “Groovy Bob”
Robert Fraser, surnommé “Groovy Bob” par ses amis, est l’un des personnages les plus influents du Londres des années 1960. Né en 1937 dans une famille de la haute bourgeoisie, ancien élève d’Eton, il ouvre en 1962 sa galerie au 69 Duke Street, où il expose aussi bien les artistes britanniques du pop art, comme Peter Blake, Richard Hamilton ou Jim Dine, que des Américains comme Andy Warhol. Paul McCartney l’a décrit comme l’une des personnes les plus influentes de la scène londonienne. Il initie les Beatles à l’art contemporain et leur présente de nombreux artistes.
Fraser est aussi un proche des Stones. Il fait partie des invités de Redlands le 12 février 1967 et il est, de tous les inculpés, celui qui paie le prix le plus lourd : il est condamné à six mois de prison pour possession d’héroïne, et purge sa peine. C’est donc un homme qui partage à la fois l’aventure artistique des Beatles et les déboires judiciaires des Stones qui suggère, selon McCartney, de saluer les Stones sur la pochette de Sgt. Pepper. On comprend mieux pourquoi il y voyait un geste d’harmonie. Robert Fraser meurt en janvier 1986, à 48 ans.
Jann Haworth, l’autre auteure de la pochette
Jann Haworth, née en 1942 à Los Angeles, fille d’un décorateur de cinéma d’Hollywood, s’installe à Londres au début des années 1960 et devient l’une des rares femmes reconnues du pop art britannique. Elle s’est fait connaître par ses sculptures souples, des personnages et des objets cousus en tissu, une technique qu’elle a été parmi les premières à développer. C’est elle qui fabrique la poupée de Shirley Temple qui porte le pull des Stones, ainsi que plusieurs figures en tissu de la pochette. C’est elle aussi qui colorie à la main la plupart des photographies du décor, et qui a l’idée du parterre de fleurs qui écrit le nom du groupe.
Pendant longtemps, la pochette a été attribuée au seul Peter Blake, son mari de l’époque. Haworth a souvent rappelé qu’elle en était coauteure à part entière. Le Grammy Award de la meilleure pochette d’album, décerné en 1968, a d’ailleurs été attribué aux deux artistes. Le pull des Stones est donc porté par une poupée née des mains d’une artiste américaine, qui travaillait dans le même milieu que Fraser et Cooper.
Peter Blake
Peter Blake, né en 1932, est l’une des figures fondatrices du pop art britannique, connu pour ses collages et ses peintures qui mêlent la culture populaire, les vedettes de cinéma et les souvenirs d’enfance. La pochette de Sgt. Pepper est devenue son œuvre la plus célèbre, au point d’éclipser une grande partie de son travail. Il a raconté avoir été payé environ 200 livres pour ce travail, une somme modeste au regard de la célébrité de l’image. C’est lui qui a livré l’explication la plus simple de la présence du pull : un vêtement apporté par le jeune Adam Cooper.
Un réseau, pas un hasard
Robert Fraser, Michael Cooper, Jann Haworth et Peter Blake forment un réseau resserré, au croisement de l’art contemporain et de la musique pop. C’est ce réseau, et non une stratégie de maison de disques, qui explique le dialogue des pochettes de 1967. Les Beatles et les Stones partagent les mêmes amis, les mêmes conseillers, les mêmes photographes. Dans ces conditions, le salut adressé d’une pochette à l’autre relève presque de la conversation entre voisins.
1967, l’année des procès : quand les Beatles soutiennent les Stones
Entre la pochette de Sgt. Pepper et celle de Satanic Majesties, il se passe une année entière. Une année qui, pour les Stones, est celle de tous les dangers, et au cours de laquelle les Beatles se montrent solidaires.
De Redlands à Chichester
La descente de police de Redlands, le 12 février 1967, débouche sur un procès retentissant. Le 10 mai 1967, Jagger, Richards et Robert Fraser comparaissent pour la première fois devant le tribunal de Chichester. Le même jour, à Londres, la police arrête Brian Jones, l’autre guitariste des Stones, pour possession de drogue. Fin juin, le procès de Chichester se conclut par des peines très lourdes : Keith Richards est condamné à un an de prison pour avoir laissé consommer du cannabis chez lui, Mick Jagger à trois mois pour la possession de quatre comprimés d’amphétamines achetés légalement en Italie, Robert Fraser à six mois pour possession d’héroïne. Jagger et Richards passent quelques nuits en prison avant d’être libérés sous caution.
“Qui brise un papillon sur une roue ?”
La sévérité des peines provoque une vague d’indignation. Le 1er juillet 1967, le Times, le grand quotidien conservateur britannique, publie un éditorial de son rédacteur en chef, William Rees-Mogg, intitulé “Who Breaks a Butterfly on a Wheel?”, “Qui brise un papillon sur une roue ?”, qui dénonce la disproportion de la condamnation de Jagger. Le 31 juillet, en appel, la condamnation de Richards est annulée et celle de Jagger transformée en mise à l’épreuve. Robert Fraser, lui, purge sa peine.
All You Need Is Love : Jagger dans le studio
Pendant ces mois de procès, les Beatles affichent leur proximité avec les Stones. Le 25 juin 1967, deux jours avant l’ouverture du procès de Chichester, ils interprètent All You Need Is Love en direct dans l’émission Our World, première émission de télévision mondiale diffusée par satellite. Parmi les invités assis par terre dans le studio 1 d’EMI pour chanter le refrain figurent Mick Jagger, Keith Richards et Marianne Faithfull. L’image fait le tour du monde. Quelques semaines plus tôt, le 11 mai 1967, Jagger avait déjà assisté à une séance des Beatles aux studios Olympic, pour Baby, You’re a Rich Man.
We Love You : Lennon et McCartney aux chœurs
Les Stones répondent par une chanson. We Love You, enregistrée aux studios Olympic au cours de l’été 1967, est une réponse ironique à leurs déboires judiciaires : elle s’ouvre sur des bruits de pas et de porte de cellule qui se referme. John Lennon et Paul McCartney y chantent les chœurs, sans être crédités. Le single sort le 18 août 1967 au Royaume-Uni. Son film promotionnel, réalisé par Peter Whitehead, met en scène une parodie du procès d’Oscar Wilde, avec Jagger dans le rôle de Wilde. On y entend, comme dans All You Need Is Love, la même foi un peu naïve dans le pouvoir de l’amour, cette fois teintée de sarcasme.
La publicité du Times
Le 24 juillet 1967, une pleine page de publicité paraît dans le Times, affirmant que la loi contre la marijuana est immorale dans son principe et inapplicable dans la pratique. Elle est signée par 65 personnalités, dont les quatre Beatles et Brian Epstein, et financée en grande partie par Paul McCartney. L’initiative, menée par le militant Steve Abrams, s’inscrit dans le même climat : celui d’une jeunesse qui se sent persécutée et qui fait bloc. Les Beatles et les Stones apparaissent, en cet été 1967, comme deux faces d’une même génération.
Précision : pourquoi Jagger a-t-il été condamné ?
On lit parfois que Mick Jagger a été condamné pour cannabis à l’issue de la descente de Redlands. Ce n’est pas exact. Il a été condamné pour la possession de quatre comprimés d’amphétamines, achetés légalement en Italie, mais détenus sans ordonnance au Royaume-Uni. C’est Keith Richards qui a été condamné pour avoir laissé consommer du cannabis dans sa maison. La condamnation de Jagger a été transformée en mise à l’épreuve en appel, et celle de Richards annulée, le 31 juillet 1967.
Their Satanic Majesties Request : un album sans producteur
C’est dans ce contexte de procès, d’absences et de tensions que les Stones enregistrent leur album de 1967. Il en porte toutes les traces.
Neuf mois aux studios Olympic
Les séances commencent le 9 février 1967, aux studios Olympic de Barnes, dans le sud-ouest de Londres, quelques semaines après la sortie de Between the Buttons, et s’achèvent le 23 octobre. Neuf mois, c’est très long pour les Stones de l’époque, habitués à enregistrer vite. Les séances sont sans cesse interrompues par les comparutions devant les tribunaux, les peines de prison et les visites d’invités. Le bassiste Bill Wyman a résumé l’ambiance d’une formule : en studio, c’était une loterie de savoir qui allait se présenter.
Le départ d’Andrew Loog Oldham
Pendant l’enregistrement, le manager et producteur historique du groupe, Andrew Loog Oldham, s’éloigne puis quitte les Stones. Il avait pris ses distances après les arrestations, et ne supporte plus le climat des séances. Pour la première fois, les Stones produisent eux-mêmes leur album. Mick Jagger reconnaîtra plus tard que ce n’était pas une bonne idée. L’ingénieur du son Glyn Johns, qui travaille sur le disque, recommande au groupe un jeune producteur américain, Jimmy Miller, qui produira les grands albums des années suivantes, de Beggars Banquet à Exile on Main St.
Les invités
De nombreux musiciens participent à l’album. Le pianiste Nicky Hopkins joue du piano, de l’orgue et du clavecin. Le jeune John Paul Jones, futur bassiste de Led Zeppelin, écrit l’arrangement de cordes de She’s a Rainbow. Steve Marriott et Ronnie Lane, des Small Faces, chantent les chœurs d’In Another Land. Marianne Faithfull participe probablement aux chœurs de Sing This All Together. L’ingénieur Eddie Kramer, qui travaille alors avec Jimi Hendrix, joue des claves sur 2000 Light Years from Home. Le Mellotron, le thérémine et les parasites d’une radio à ondes courtes complètent la palette sonore.
Un titre tiré du passeport britannique
Le titre est un jeu de mots sur la formule inscrite à l’intérieur des passeports britanniques de l’époque, qui commence par “Her Britannic Majesty’s Principal Secretary of State for Foreign Affairs requests and requires”, le secrétaire d’État de Sa Majesté britannique prie et requiert. En remplaçant “Britannic”, britannique, par “Satanic”, sataniques, les Stones transforment une formule administrative en provocation. Dans le contexte des procès de 1967, où la Couronne a poursuivi deux membres du groupe, l’ironie est transparente. Le titre de travail de l’album était Cosmic Christmas, Noël cosmique.
Les dix titres
| N° | Titre | Durée | Particularité |
|---|---|---|---|
| 1 | Sing This All Together | 3:46 | Chœur collectif d’ouverture |
| 2 | Citadel | 2:50 | Riff rock et clavecin |
| 3 | In Another Land | 3:15 | Écrite et chantée par Bill Wyman |
| 4 | 2000 Man | 3:07 | Chanson sur l’homme du futur |
| 5 | Sing This All Together (See What Happens) | 8:33 | Improvisation, avec un morceau caché, Cosmic Christmas |
| 6 | She’s a Rainbow | 4:35 | Cordes de John Paul Jones, piano de Nicky Hopkins |
| 7 | The Lantern | 4:24 | Face B du single In Another Land |
| 8 | Gomper | 5:08 | Influences indiennes |
| 9 | 2000 Light Years from Home | 4:45 | Mellotron de Brian Jones |
| 10 | On with the Show | 3:40 | Pastiche de music-hall |
Tous les titres sont signés Jagger et Richards, sauf In Another Land, écrite par Bill Wyman. Pour l’analyse de la proximité musicale entre cet album et Sgt. Pepper, notamment autour de She’s a Rainbow, nous renvoyons à notre article sur l’émulation entre Lennon-McCartney et Jagger-Richards. Ici, c’est la pochette qui nous occupe.
Septembre 1967, Mount Vernon : la pochette en relief
Pour la pochette de leur album psychédélique, les Stones veulent frapper fort. Michael Cooper leur propose une idée qui n’a encore jamais été tentée à cette échelle sur un disque de rock : une photographie en trois dimensions.
La lettre du 7 juillet
Le 7 juillet 1967, Michael Cooper écrit à Andrew Loog Oldham, encore officiellement manager du groupe, pour proposer de réaliser lui-même la pochette, en demandant que ses honoraires soient payés à l’avance. À la fin de l’été, Cooper et Jagger présentent le projet à Oldham. Gered Mankowitz, le photographe qui avait signé jusque-là plusieurs pochettes et séances des Stones, est écarté. La pochette sera l’œuvre de Cooper, et le concept sera imaginé avec le groupe.
Le seul studio équipé
Pour réaliser une photographie en relief de grande taille, il faut un équipement spécialisé. Cooper choisit le studio Pictorial Productions, à Mount Vernon, dans la banlieue nord de New York, parce qu’il est le seul qu’il connaisse à disposer du matériel nécessaire. La photographie sera prise avec un appareil spécial, associé au procédé Vari-View, une technique d’impression lenticulaire qui permet de donner l’illusion du relief et du mouvement selon l’angle de vue.
Le voyage à New York
Le 13 septembre 1967, les Stones s’envolent pour New York. Le voyage n’est pas simple : quelques semaines après leurs condamnations, Keith Richards rencontre de sérieuses difficultés au contrôle de l’immigration, et Jagger est interrogé pendant une demi-heure lors d’un autre vol. Les antécédents judiciaires du groupe pèsent déjà sur ses déplacements aux États-Unis.
Trois jours pour construire le décor
Pendant environ trois jours, les Stones et Michael Cooper construisent eux-mêmes le décor dans le studio. Cooper achète les accessoires et les costumes. Le résultat est un paysage fantastique, à mi-chemin entre un conte oriental et un décor de science-fiction : des planètes, un anneau de Saturne, des montagnes stylisées, des fleurs géantes, des arbres. Les cinq musiciens sont assis au centre, vêtus de costumes de magiciens et de princes de contes de fées. Mick Jagger, au centre, porte un chapeau pointu de sorcier. Keith Richards a raconté plus tard qu’ils passaient leur temps à peindre et à pulvériser de la couleur sur le décor, sous l’effet du LSD.
Une pochette ruineuse
Le coût de l’opération est considérable. Selon les estimations rassemblées par les historiens du groupe, la photographie en relief et la conception de la pochette ont coûté plus de 25 000 dollars, une somme très supérieure au coût de la pochette de Sgt. Pepper, même en tenant compte de l’inflation. Mick Jagger aurait tenu à ce que la pochette des Stones coûte plus cher que celle des Beatles. La fabrication de l’image lenticulaire est si coûteuse que, selon les mêmes sources, Decca et London Records perdaient de l’argent sur chaque exemplaire vendu.
Une image réduite et encadrée
À l’origine, l’image en relief devait couvrir toute la pochette. Mais une impression lenticulaire de cette taille est jugée trop chère. La photographie est donc réduite et entourée d’un cadre graphique bleu et blanc, qui rappelle les nuages et les motifs d’une gravure ancienne. C’est cette version, avec son image en relief collée au centre, qui équipe les premiers pressages britanniques et américains.
L’intérieur et le dos
Le reste de la pochette est tout aussi soigné. Le dos est orné d’une peinture de Tony Meeuwissen représentant les quatre éléments. L’intérieur de la pochette ouvrante présente un collage de peintures anciennes, de mandalas, d’images astronomiques et de fleurs, avec au centre un labyrinthe impossible à résoudre. Il s’agit de la première des quatre pochettes à surprise des Stones, avant la braguette de Sticky Fingers, en 1971.
Précision : la pochette refusée
Avant la photographie en relief, une autre idée de pochette aurait été proposée : une image de Mick Jagger nu sur une croix. La maison de disques l’a rejetée, la jugeant de mauvais goût. Ce premier projet est parfois confondu avec la pochette des toilettes de Beggars Banquet, refusée par Decca l’année suivante. Il s’agit de deux épisodes distincts : le premier concerne Satanic Majesties en 1967, le second Beggars Banquet en 1968.
Où sont cachés les Beatles sur la pochette de Satanic Majesties ?
C’est la question que se posent tous ceux qui tiennent pour la première fois un exemplaire original de l’album. Les visages des quatre Beatles sont bien présents sur la pochette, mais il faut savoir où regarder, et incliner légèrement l’image en relief.
Le principe
Les visages des Beatles ne sont pas des photographies collées sur la pochette après coup. Ils sont intégrés au décor, parmi les fleurs et les éléments du premier plan, à une petite échelle. Ils apparaissent comme des motifs décoratifs, presque des têtes de fleurs. Sur l’image en relief, l’effet de profondeur et de mouvement les rend tour à tour visibles et invisibles, ce qui explique pourquoi beaucoup d’acheteurs de 1967 ne les ont jamais remarqués.
Le guide, visage par visage
Voici les emplacements généralement indiqués par les spécialistes du groupe, en prenant comme repères les membres des Stones assis au centre de l’image.
| Beatle | Emplacement | Difficulté |
|---|---|---|
| George Harrison | Sous le coude droit de Charlie Watts, à l’endroit où devrait se trouver son avant-bras | Le plus facile à repérer |
| John Lennon | Juste au-dessus de la bosse du chameau | Moyen |
| Paul McCartney | À gauche du coude droit de Charlie Watts (vu du spectateur), incliné et caché parmi les fleurs | Le plus difficile |
| Ringo Starr | À droite du haut du bras gauche de Bill Wyman (vu du spectateur), juste à droite d’une grande fleur rouge au cœur jaune | Moyen |
Conseils pour les voir
Sur un exemplaire original à image lenticulaire, il faut tenir la pochette à hauteur des yeux, sous une lumière franche, et l’incliner doucement de haut en bas. Le relief fait apparaître et disparaître les détails. Une loupe aide beaucoup. Sur les pressages ultérieurs, qui remplacent l’image en relief par une photographie plate, les visages restent visibles, mais l’effet de surprise est moindre. Sur un écran, en haute définition, on peut aussi les repérer en zoomant sur la zone des fleurs, autour des bras de Charlie Watts et de Bill Wyman.
Pourquoi tant de gens ne les ont jamais vus
La petite taille des visages, leur intégration au décor et le caractère mouvant de l’image en relief expliquent que le clin d’œil soit passé inaperçu pour beaucoup d’acheteurs. Il a fallu des années pour que l’information se répande dans la culture populaire, au point de devenir l’un des “easter eggs”, ces messages cachés, les plus célèbres de l’histoire des pochettes de disques.
Pourquoi les Stones ont-ils caché les Beatles sur leur pochette ?
Les Stones n’ont jamais livré d’explication officielle et détaillée. Mais le contexte rend la réponse assez claire.
Rendre la politesse
L’interprétation la plus répandue est la plus simple : il s’agit de répondre au pull de Sgt. Pepper. Les Beatles avaient souhaité la bienvenue aux Stones sur leur pochette ; les Stones invitent les Beatles sur la leur. Le geste est symétrique, amical et discret. Il prolonge le dialogue de l’été 1967, celui d’All You Need Is Love et de We Love You.
Le rôle de Michael Cooper
La présence du même photographe sur les deux séances a sans doute facilité les choses. Cooper connaît intimement les deux groupes, il a réalisé la pochette des Beatles six mois plus tôt, et il construit la pochette des Stones de ses propres mains. Il est probable qu’il ait participé, au minimum, à la mise en œuvre de l’idée. Les sources ne permettent pas de dire avec certitude qui l’a eue.
Un humour de connivence
Il y a aussi, dans ce geste, un humour de connivence. En 1967, la presse ne cesse de comparer Satanic Majesties à Sgt. Pepper, et d’accuser les Stones d’imiter les Beatles. Cacher les Beatles sur leur pochette, c’est désamorcer l’accusation par la plaisanterie : oui, nous savons qu’ils sont là, et nous les avons même invités. Le clin d’œil est d’autant plus savoureux qu’il est invisible au premier regard.
Précision : quatre Beatles, pas cinq
On lit parfois que d’autres musiciens, voire d’autres groupes, seraient cachés sur la pochette de Satanic Majesties. Les sources sérieuses ne mentionnent que les quatre Beatles : John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. De même, il n’existe aucune trace d’un “message” secret adressé aux Beatles dans les chansons de l’album. Le dialogue entre les deux groupes passe, en 1967, par les images et par les chœurs, pas par des paroles codées.
Deux pochettes face à face : le tableau comparatif
| Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band | Their Satanic Majesties Request | |
|---|---|---|
| Groupe | The Beatles | The Rolling Stones |
| Photographe | Michael Cooper | Michael Cooper |
| Conception | Peter Blake et Jann Haworth, avec Robert Fraser | Michael Cooper et les Stones |
| Date de la séance | 30 mars 1967 | Mi-septembre 1967 |
| Lieu | Studio de Michael Cooper, Chelsea, Londres | Pictorial Productions, Mount Vernon, New York |
| Technique | Photographie d’un décor de collage | Photographie en relief, image lenticulaire |
| Clin d’œil | Pull “Welcome The Rolling Stones Good Guys” | Les visages des quatre Beatles cachés dans les fleurs |
| Sortie au Royaume-Uni | 26 mai 1967 (Parlophone) | 8 décembre 1967 (Decca) |
| Meilleur classement UK | 1, pendant 27 semaines | 3 |
| Meilleur classement US | 1, pendant 15 semaines | 2 |
| Référence originale UK | PMC 7027 (mono), PCS 7027 (stéréo) | TXL 103 (mono), TXS 103 (stéréo) |
8 décembre 1967 : Satanic Majesties et Magical Mystery Tour le même jour
Le calendrier offre un dernier clin d’œil à ce dialogue. Their Satanic Majesties Request sort le 8 décembre 1967, à la fois au Royaume-Uni, chez Decca, et aux États-Unis, chez London Records. C’est le premier album des Stones publié dans une version identique des deux côtés de l’Atlantique.
Le même jour que les Beatles
Le même 8 décembre 1967, les Beatles publient au Royaume-Uni le double EP Magical Mystery Tour, bande originale du téléfilm qui sera diffusé par la BBC le lendemain de Noël. Aux États-Unis, Capitol avait déjà publié, fin novembre, un album complet sous le même titre. Les deux groupes se retrouvent ainsi dans les bacs le même jour, avec deux disques psychédéliques aux pochettes richement illustrées. Le hasard du calendrier renforce, aux yeux de la presse, l’idée d’une compétition, au moment même où les deux pochettes affichent une connivence.
Le succès commercial
Satanic Majesties est un succès commercial. Il atteint la troisième place des ventes au Royaume-Uni et la deuxième aux États-Unis, où il est certifié disque d’or. Il se classe aussi premier en Australie, deuxième en Norvège, quatrième en Allemagne. Deux singles en sont tirés : In Another Land, crédité à Bill Wyman seul, sorti le 2 décembre 1967 aux États-Unis, et She’s a Rainbow, couplé avec 2000 Light Years from Home, sorti le 23 décembre.
Une critique sévère
La critique, en revanche, est mitigée, et souvent sévère. Beaucoup de journalistes jugent l’album dérivé de Sgt. Pepper, une tentative maladroite de suivre les Beatles sur leur terrain. Jon Landau, dans Rolling Stone, critique la production. Le New York Times, sous la plume de Richard Corliss, se montre plus nuancé, critiquant les arrangements tout en saluant l’ensemble. Le jugement de Robert Christgau, en 1977, est plus mesuré : l’album contient, selon lui, plusieurs grandes chansons.
Le jugement de Lennon
John Lennon, lui, a été plus direct. Dans son grand entretien de 1970 avec le magazine Rolling Stone, il résume sa pensée d’une formule lapidaire :
“Satanic Majesties is Pepper.”
Satanic Majesties, c’est Pepper. Dans le même entretien, Lennon accuse plus largement les Stones d’avoir souvent suivi les Beatles avec quelques mois de retard. La remarque, typique de la mauvaise foi brillante de Lennon dans les années 1970, est à prendre avec précaution : elle date d’une période où il règle ses comptes avec tout le monde, y compris avec ses anciens camarades. Nous avons analysé ce jugement dans notre article sur l’émulation entre les deux groupes.
Le regard des Stones
Les Stones eux-mêmes ont longtemps été durs avec cet album. Keith Richards l’a qualifié de tas de bêtises, tout en reconnaissant aimer 2000 Light Years from Home, Citadel et She’s a Rainbow. Mick Jagger, en 1995, a jugé que l’album n’était pas très bon, et que seules deux chansons tenaient la route. Seules deux chansons de l’album ont d’ailleurs été jouées en concert : 2000 Light Years from Home et She’s a Rainbow.
La réhabilitation
Avec le temps, l’album a été réévalué. Les amateurs de psychédélisme britannique y voient un disque singulier, plus chaotique et plus sombre que Sgt. Pepper, qui témoigne d’un groupe en crise mais capable de fulgurances. Le site Pitchfork lui a attribué une note de 7,8 sur 10, et plusieurs critiques ont souligné la beauté de She’s a Rainbow et la modernité de 2000 Light Years from Home. Sa pochette, en particulier, est désormais reconnue comme l’un des grands objets graphiques des années 1960.
Précision : un album “raté” ?
Il serait inexact de présenter Their Satanic Majesties Request comme un échec. C’est un succès commercial, classé dans le Top 3 des deux côtés de l’Atlantique et certifié disque d’or aux États-Unis. Ce qui a été mal reçu, c’est la critique de l’époque et, plus tard, le jugement des Stones eux-mêmes. La comparaison permanente avec Sgt. Pepper, sortie six mois plus tôt, a beaucoup contribué à cette réputation. Elle explique aussi pourquoi le clin d’œil de la pochette est si souvent oublié : on a retenu l’imitation supposée, pas l’hommage.
Après 1967 : les pochettes continuent-elles de dialoguer ?
Le dialogue des pochettes de 1967 est unique par sa symétrie. Mais les années suivantes offrent d’autres rapprochements, parfois réels, parfois imaginaires.
1968 : l’Album blanc et les toilettes de Beggars Banquet
En 1968, les deux groupes publient leurs albums à quinze jours d’intervalle. Le double album des Beatles, The Beatles, sort le 22 novembre 1968 dans une pochette entièrement blanche, conçue par l’artiste Richard Hamilton, avec le nom du groupe en relief et un numéro de série. Les Stones, de leur côté, ont prévu pour Beggars Banquet une photographie de toilettes couvertes de graffitis. Decca la refuse. Après des mois de bras de fer, l’album sort le 6 décembre 1968 dans une pochette sobre imitant un carton d’invitation, blanc crème, avec le titre en lettres manuscrites. La coïncidence est frappante : les deux plus grands groupes britanniques publient, la même saison, des albums aux pochettes presque nues. Mais il s’agit d’un hasard plus que d’un dialogue : la pochette des Stones est un repli imposé, celle des Beatles un choix artistique. Nous avons évoqué la soirée de lancement de Beggars Banquet dans notre article Hey Jude dans la pénombre : quand McCartney a piqué la fête de Jagger.
1969 : Let It Bleed et Let It Be
En décembre 1969, les Stones publient Let It Bleed, dont la pochette, conçue par Robert Brownjohn, montre une sculpture faite d’une bobine de bande, d’un disque, d’un cadran d’horloge, d’une pizza et d’un gâteau. Le titre est souvent présenté comme une parodie de Let It Be, des Beatles.
Précision : Let It Bleed n’est pas une réponse à l’album Let It Be
L’idée selon laquelle Let It Bleed répondrait à Let It Be est très répandue, mais la chronologie la rend fragile. L’album Let It Bleed sort en décembre 1969. L’album Let It Be des Beatles ne sort qu’en mai 1970, et le single Let It Be en mars 1970. La chanson des Beatles existait certes depuis les séances de janvier 1969, mais elle n’était pas publiée. Aucun membre des Stones n’a confirmé de lien entre les deux titres. Le rapprochement, s’il amuse, relève de la coïncidence ou de la rumeur, pas du dialogue documenté que l’on observe en 1967.
Un dialogue qui se poursuit autrement
Après 1967, le dialogue entre les deux groupes ne passe plus guère par les pochettes. Il passe par les rencontres et les collaborations : John Lennon joue au Rock and Roll Circus des Stones en décembre 1968, Brian Jones joue du saxophone sur You Know My Name (Look Up the Number), et, bien plus tard, Paul McCartney joue de la basse sur Bite My Head Off, sur l’album Hackney Diamonds des Stones, en 2023, avant de se retrouver, avec Keith Richards, sur l’album Foreign Tongues, que nous avons évoqué dans notre article sur Keith Richards et Paul McCartney sur Foreign Tongues.
2017 : cinquante ans, deux rééditions
Le cinquantième anniversaire des deux albums, en 2017, a offert un dernier écho à ce dialogue.
Sgt. Pepper remixé par Giles Martin
Le 26 mai 2017, exactement cinquante ans après sa sortie, Sgt. Pepper est réédité dans un nouveau mixage stéréo réalisé par Giles Martin, fils de George Martin, avec des coffrets comprenant des prises de séance inédites et des documents sur la pochette. C’est le point de départ d’une série de rééditions qui se poursuivra avec l’Album blanc, Abbey Road, Let It Be, Revolver et, en 2026, Rubber Soul.
Satanic Majesties et sa pochette retrouvée
Les Stones célèbrent eux aussi les cinquante ans de leur album, avec une édition anniversaire réunissant les versions mono et stéréo, en vinyle et en SACD, avec un nouveau remastering stéréo. Cette édition reprend la pochette en relief d’origine, longtemps réservée aux premiers pressages et à quelques rééditions limitées. Les rumeurs selon lesquelles les matrices de l’image lenticulaire auraient été détruites se sont révélées infondées. Pour la première fois depuis longtemps, un large public peut ainsi tenir en main la pochette où se cachent les Beatles.
Guide du collectionneur : reconnaître les pressages et les pochettes
Pour les amateurs de vinyles, les deux pochettes sont des objets de collection recherchés. Voici quelques repères.
Sgt. Pepper, premier pressage britannique
Les premiers pressages britanniques de Sgt. Pepper, chez Parlophone, portent les références PMC 7027 pour la version mono et PCS 7027 pour la version stéréo. La pochette ouvrante comprend au dos les paroles de toutes les chansons, une nouveauté pour un album de rock à l’époque, et s’accompagne d’une feuille de découpages en carton représentant une moustache, des galons, des badges et une carte postale du sergent Pepper. Les premiers exemplaires sont également dotés d’une pochette intérieure aux motifs psychédéliques rouges et roses, conçue par le collectif de designers The Fool. Le pull des Stones est visible sur tous les pressages, puisqu’il fait partie de la photographie.
Satanic Majesties, la pochette en relief
Les premiers pressages de Satanic Majesties portent les références TXL 103 (mono) et TXS 103 (stéréo) chez Decca au Royaume-Uni, et NP 2 (mono) et NPS 2 (stéréo) chez London Records aux États-Unis. La pochette originale comporte l’image lenticulaire en relief collée au centre, entourée du cadre bleu et blanc. Les pressages ultérieurs ont remplacé cette image par une simple photographie plate, ce qui rend les premiers exemplaires beaucoup plus recherchés. Un pressage limité des années 1980 a reproduit l’image en relief, de même que plusieurs rééditions japonaises et l’édition anniversaire de 2017.
Les pièges
Plusieurs prétendues versions promotionnelles, dont une pochette rose rembourrée, circulent sur le marché. Les spécialistes considèrent qu’il s’agit presque certainement de faux. Avant tout achat important, il est prudent de vérifier les références, les inscriptions gravées dans la cire du disque et l’état de l’image en relief, souvent rayée ou décollée sur les exemplaires anciens. Nous avons présenté les principes de la collection des disques originaux des Beatles dans notre guide Les Beatles en mono ou en stéréo.
Ce que raconte ce dialogue d’images
Au terme de cette enquête, que reste-t-il du pull et des visages cachés ?
Une amitié, pas une fusion
Le dialogue des pochettes de 1967 ne prouve pas que les Beatles et les Stones formaient une grande famille sans arrière-pensées. Il y avait entre eux de la compétition, de la jalousie parfois, et Lennon ne se privera pas de piques cruelles. Mais il prouve qu’au plus fort de la prétendue rivalité, les deux groupes choisissaient de se saluer publiquement, sur l’objet même qui les représentait auprès de leurs fans : la pochette de leur album.
Un Londres minuscule
Il raconte aussi la petitesse du monde dans lequel vivaient ces musiciens. Le même marchand d’art, Robert Fraser, conseille les Beatles et partage les ennuis judiciaires des Stones. Le même photographe, Michael Cooper, photographie les deux groupes. Les mêmes studios accueillent les uns et les autres. Les mêmes invités chantent sur leurs disques. En 1967, le rock britannique est une scène de quelques centaines de personnes qui se croisent chaque soir.
L’art de la pochette
Enfin, ce dialogue rappelle l’importance qu’avait prise la pochette d’album en 1967. Avec Sgt. Pepper et Satanic Majesties, elle cesse d’être un simple emballage pour devenir une œuvre à part entière, que l’on regarde, que l’on scrute, que l’on manipule. Le pull des Stones et les visages des Beatles sont des détails faits pour être découverts, des récompenses offertes à ceux qui prennent le temps de regarder. Près de soixante ans plus tard, ils continuent de remplir leur office : on les cherche encore.
À voir et à écouter
- La pochette en relief de Satanic Majesties en mouvement, pour repérer les visages des Beatles.
- Le pull “Welcome The Rolling Stones” sur la pochette de Sgt. Pepper.
- We Love You, le film promotionnel de Peter Whitehead (1967).
- All You Need Is Love dans Our World, le 25 juin 1967, avec Mick Jagger dans le studio.
- She’s a Rainbow, la chanson la plus célèbre de Satanic Majesties.
- 2000 Light Years from Home, avec le Mellotron de Brian Jones.
Disques et livres pour aller plus loin
- The Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, édition anniversaire, remixée par Giles Martin en 2017.
- The Rolling Stones, Their Satanic Majesties Request, édition du 50e anniversaire, avec la pochette en relief.
- Their Satanic Majesties Request en vinyle.
- The Beatles, Magical Mystery Tour, sorti le même jour que Satanic Majesties au Royaume-Uni.
- Michael Cooper, The London Sixties, le livre de photographies de l’auteur des deux pochettes.
- Michael Cooper, The Early Stones, ses photographies des Rolling Stones.
- The Rolling Stones, Beggars Banquet, et sa pochette de carton d’invitation.
- Livres sur Peter Blake et la pochette de Sgt. Pepper.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1965 | Une fan de Memphis fabrique le pull “Good Guys Welcome The Rolling Stones” pour un concours de la radio WMPS |
| 24 novembre 1966 | Début des séances de Sgt. Pepper à Abbey Road |
| 9 février 1967 | Début des séances de Satanic Majesties aux studios Olympic |
| 12 février 1967 | Descente de police à Redlands, en présence de Michael Cooper et Robert Fraser |
| 30 mars 1967 | Séance photo de la pochette de Sgt. Pepper, chez Michael Cooper, à Chelsea |
| 10 mai 1967 | Comparution de Jagger, Richards et Fraser ; arrestation de Brian Jones |
| 26 mai 1967 | Sortie de Sgt. Pepper au Royaume-Uni |
| 25 juin 1967 | All You Need Is Love dans Our World, avec Jagger et Richards |
| 29 juin 1967 | Condamnation de Jagger, Richards et Fraser à Chichester |
| 1er juillet 1967 | Éditorial du Times, “Who Breaks a Butterfly on a Wheel?” |
| 7 juillet 1967 | Lettre de Michael Cooper proposant de réaliser la pochette des Stones |
| 24 juillet 1967 | Publicité du Times pour la dépénalisation de la marijuana, signée par les Beatles |
| 31 juillet 1967 | Appel : condamnation de Richards annulée, celle de Jagger allégée |
| 18 août 1967 | Sortie de We Love You, avec Lennon et McCartney aux chœurs |
| 13 septembre 1967 | Les Stones s’envolent pour New York pour la séance de la pochette |
| 23 octobre 1967 | Fin des séances de Satanic Majesties |
| 8 décembre 1967 | Sortie de Satanic Majesties et, au Royaume-Uni, du double EP Magical Mystery Tour |
| 1968 | Grammy de la meilleure pochette pour Peter Blake et Jann Haworth |
| 1973 | Mort de Michael Cooper |
| 2017 | Rééditions du 50e anniversaire des deux albums |
Questions fréquentes
Où est le message “Welcome The Rolling Stones” sur la pochette de Sgt. Pepper ?
Au premier plan, à droite, sur le pull rayé d’une poupée de chiffon représentant Shirley Temple, fabriquée par l’artiste Jann Haworth. L’inscription complète mentionne aussi “Good Guys”.
D’où vient le pull “Welcome The Rolling Stones” ?
Selon le récit le plus souvent rapporté, il a été fabriqué en 1965 par une fan de Memphis pour un concours de la radio WMPS, dont les animateurs s’appelaient les “Good Guys”. Peter Blake a indiqué qu’il avait été apporté à la séance par Adam, le fils du photographe Michael Cooper.
Où sont cachés les Beatles sur la pochette de Their Satanic Majesties Request ?
Dans le décor floral, autour des membres des Stones : George Harrison sous le coude droit de Charlie Watts, Paul McCartney à gauche de ce même coude, John Lennon au-dessus de la bosse du chameau, Ringo Starr à droite du bras gauche de Bill Wyman, près d’une grande fleur rouge.
Qui a photographié les pochettes de Sgt. Pepper et de Satanic Majesties ?
Le même photographe, Michael Cooper (1941-1973), ami des Beatles et intime de Keith Richards.
Le pull de Sgt. Pepper répond-il à la pochette des Stones ?
Non. La pochette de Sgt. Pepper a été photographiée en mars 1967, six mois avant celle de Satanic Majesties. Ce sont les Stones qui ont répondu au pull en cachant les Beatles sur leur pochette.
Pourquoi la pochette de Satanic Majesties est-elle en relief ?
Michael Cooper a choisi une photographie en trois dimensions, réalisée au studio Pictorial Productions de Mount Vernon, près de New York, et imprimée selon un procédé lenticulaire. Ce procédé, très coûteux, a été abandonné sur les pressages ultérieurs.
Quand Their Satanic Majesties Request est-il sorti ?
Le 8 décembre 1967, au Royaume-Uni et aux États-Unis, le même jour que le double EP Magical Mystery Tour des Beatles au Royaume-Uni.
Satanic Majesties est-il une copie de Sgt. Pepper ?
La critique de l’époque l’a souvent présenté ainsi, et John Lennon a déclaré en 1970 que “Satanic Majesties, c’est Pepper”. L’album est aujourd’hui réévalué comme une œuvre psychédélique singulière, plus chaotique et plus sombre.
Glossaire
- Pochette lenticulaire : pochette dont l’image est imprimée sous une couche de lentilles en plastique, qui donne une illusion de relief ou de mouvement selon l’angle de vue.
- Pochette ouvrante : pochette de disque qui s’ouvre comme un livre, appelée gatefold en anglais.
- Easter egg : message ou image cachée, que l’on découvre en observant attentivement une œuvre.
- Pop art : mouvement artistique des années 1950-1960 qui s’inspire de la culture populaire, de la publicité et des médias.
- Sculpture souple : sculpture réalisée en tissu cousu et rembourré, technique de Jann Haworth.
- Redlands : la maison de campagne de Keith Richards dans le Sussex, théâtre de la descente de police du 12 février 1967.
- Our World : première émission de télévision mondiale en direct par satellite, le 25 juin 1967.
Sources
- Their Satanic Majesties Request, Wikipedia.
- Their Satanic Majesties Request, dossier d’It’s Only Rock’n Roll (IORR), pour la séance de Mount Vernon et l’emplacement des Beatles cachés.
- Michael Cooper, The Rolling Stones, Their Satanic Majesties Request, 1967, San Francisco Art Exchange.
- Michael Cooper (photographer), Wikipedia.
- List of images on the cover of Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Wikipedia.
- Designing the packaging for Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, The Paul McCartney Project.
- How The Rolling Stones came to be on the cover of Sgt. Pepper’s, Far Out Magazine.
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