Sil y a bien une chose quon ne peut ôter aux artistes anglais, cest bien leur flegme, mais aussi leur élégance. Paul McCartney a su faire preuve des deux, hier soir, lors de son concert au stade de France à Paris. Paré dun dynamisme et dune endurance à toute épreuves, lex-Beatles a fait vibrer plus de 80 000 personnes lors de trois heures de show et égrené 40 chansons issues du répertoire des Beatles, des Wings ou de sa propre carrière solo. Ceux qui simaginaient assister à un best-of du quatuor anglais « plus populaire que Jésus » ont du être surpris ; parmi ses morceaux, Paul McCartney inclut des pépites quil navait encore jouées à Paris, telles que « Temporary Secretary » ou « Another Girl ».
Une voix intemporelle et inoxydable
« Paris est sublime » lance-t-il à la foule en délire, tandis que cette dernière samuse de le voir saider dune feuille pour déclamer son charmant français. Tantôt rocailleuse pour ses morceaux les plus sauvages (« Helter Skelter » ou « Back in the USSR »), tantôt délicate pour ses balades (« Yesterday » ou « Blackbird », ou « Let me roll it »), la voix du vieux gamin de Liverpool na heureusement rien perdu du timbre et de laccent british qui la caractérisent. A peine tremble-t-elle un peu plus lors des passages plus aigus de « I Saw her standing there » mais pour cela, il est entièrement pardonné. Lorsquarrive « Live and Let Die », beaucoup de spectateurs sentent venir le clou du spectacle ; limpressionnant déploiement pyrotechnique qui suit les riffs ravageurs de la bande-originale de James Bond le leur prouve définitivement.
Paul McCartney ne manque pas de passer par la période psyché de Sergent Pepper (« Lovely Rita » et « Being for the benefit of Mr. Kite ! »), et enflamme un public dans lequel se trouve notamment Thomas Bangalter, moitié des Daft Punk.
Des titres-hommages aux anciens membres des Beatles
Paul McCartney rend hommage à George Harrison en réinterprétant « Something » au ukulélé, mais chante aussi « Maybe Im amazed » en mémoire de son épouse décédée Linda, « Here Today » pour John Lennon et « My Valentine » pour sa femme Nancy. La communion avec le public est palpable : accompagné de ses quatre talentueux musiciens, le chanteur de 72 ans fait scander à la foule « Obladi-Oblada », « All Together » (« pour les petits enfants » a-t-il déclaré en français) et le classique « Hey Jude ». Une Sibérienne ayant eu la judicieuse idée de brandir un panneau où est écrit un gigantesque « Hug Me ? » monte sur scène au milieu du show. Et les Beatle-maniaques de jalouser cette fille que Paul serre dans ses bras.
« On continue de rocker ? » propose Macca. Of course. Le chanteur clôture son concert avec bon sens sur la chanson la plus courte des Beatles, « The End », que lon trouve à la fin dAbbey Road, dernier album enregistré par les Beatles en studio avant leur séparation (bien que les quatre garçons aient fait sortir Let it be juste après, un mois après lannonce du départ de John Lennon).
Le spectacle se termine sur ce morceau constitué dune unique phrase : « And in the end, the love you take is equal to the love you make ». Le bassiste prouve ainsi quà laube de ses 73 ans, il est encore loin darrêter la scène, et que la principale raison à son énergie délivrée en live se trouve dans le parterre de fans déployés devant lui. Ces derniers, déçus de navoir pas pu entendre toutes les chansons du gigantesque répertoire de lex-Beatles, nauraient pas refusé trois heures de concert en plus.
Source : metronews













