Julian Lennon

Si il existe parfois des noms qui sont difficiles à porter, le nom de Lennon en fait parti, et est sans nul doute un nom qui ne fait pas qu’ouvrir des portes et qui n’est pas non plus gage de bonheur et de joie. C’est du moins ce que Julian, fils de John Lennon, et de Cynthia Powell doit penser.

Né un 8 avril 1963 à Liverpool, tout aurait pu lui sourire, en effet lors de sa naissance, c’est le vent de la Beatlemania qui souffle sur la planète. Mais justement… ce vent ne semble pas souffler du bon côté, et cette naissance du fils de John, tout comme son union quelques mois auparavant avec Cynthia n’est pas pour faire la joie de Brian Epstein, manager du groupe de Liverpool. C’est ainsi que dès sa naissance, Julian et Cynthia sont envoyés chez Tante Mimi, Mimi Smith, cette vieille dame à l’humeur parfois un peu acariâtre qui a élevé John. Ce n’est qu’une semaine après sa naissance que John pourra enfin rencontrer son fils. Alors que « I wanna Hold your hand » et « Please Please Me » caracolent en tête des charts, la pression se fait plus grande autour de Liverpool, et John, suite à diverses agressions de la part de fans à l’encontre de Cynthia, se voit obligé de les exiler loin de Liverpool et de Londres, dans une résidence isolée de WeyBridge dans le Surey.

Loin des yeux… loin du cœur. L’éducation de Julian se voit en partie confiée à un précepteur, et phénomène Beatlemania faisant, John ne rend qu’occasionnellement visite à son fils et son épouse. Le peu de jours que John s’accorde dans cette résidence sont destinés, à des « retraites » créatrices, desquelles notamment jailliront des chansons de l’album  » Sergent Pepper’s  »

1968 : alors qu’un air de Revolution souffle sur le monde, il ne semble pas épargner le couple Lennon-Powell. Quelques mois après son retour da Ashram du Maharishi Mahesh, John Lennon demande la résolution de son mariage avec Cynthia, divorce qui sera prononcé au tort de John le 8 Novembre 1968. Paul McCartney, ami de John, perçoit très bien le malaise s’installant dans le couple, et compose la même année la chanson  » Hey Jude  » qu’il dédiera à Julian.

A compter de cette date, le fossé ne cesse de se creuser entre John et Julian. En effet, outre le combat militantiste dans lequel se lance John au début des années 70, la nouvelle compagne de John, sous les traits de Yoko Ono semble ne pas apprécier Julian. Les visites s’espacent. Julian rend de temps à autres visite à John dans sa maison de Tittenhurst non loin de Londres, lieu où il est traité en « invité » plus qu’en fils. Il fera malgré tout une apparition à la batterie sur la chanson de John « Yaya » du disque  » Walls and Bridges « . Le départ de John pour les Etats Unis accentuera aussi ce fossé, et John et Julian ne se verront alors que très épisodiquement, et on peut qualifier le « fort » de leur relation que durant les « Lost Week-ends » de John, où Julian trouvera quelques semaines d’équilibre au travers le couple que forme pour 18 mois May Pang et John.

Mais le retour de John au Dakota en 1975 remet à nouveau la relation paternelle de John et Julian entre parenthèse… et ce n’est qu’en Avril 1980 que les deux hommes se re-rencontreront. Lors de ce rendez-vous, John est très surpris des talents de musicien que son fils a développé. Tant et plus qu’il enregistre sur cassette quelques chansons dont il écrit paroles et musiques en vue de les voir interpréter par son fils.

Mais le 8 décembre, sur le macadam du Dakota Building, John s’effondre assassiné par Mark David Chapman. L’émotion est à son comble. Julian qui n’a pourtant que peu connu son père s’engouffre dans une dépression, trouvant son exutoire au travers la musique.

1981, le talentueux jeune homme a bouclé les premières démos de son futur album qui contient entre autre les chansons offertes par son père. Yoko Ono, d’un geste de certain amertume, contacte le producteur véreux de Julian, et lui rachète les maquettes de Julian pour la somme de 200 000 dollars.

Mais Julian ne désespère pas, et continue inlassablement sa tournée des maisons de disques.

1983, le vent semble enfin tourner. Julian trouve en la personne de Dean Gordon, un manager avide. En quelques semaines, ce dernier lui fait signer un contrat avec Charisma pour l’Europe et Atlantic records pour les Etats Unis, lui garantissant dès lors la distribution des disques sur les deux continents qui avaient sanctifiaient les Beatles.

Cette garantie en main, Julian s’accorde une retraite studieuse au Chateau de Valotte en France. C’est dans ce cadre typiquement médiéval, et sous la houlette du producteur Phil Ramone que Julian met en boite la quasi-intégralité de son premier album, qu’il intitulera « Valotte ».

« Valotte » sera publié en 1984. L’accueil du public est unanime. L’album fait un carton au box-office et atteint les hautes marches des charts. Sur cet élan, Julian essaye d’imposer en 1986  » The Secret Value of Daydreaming« et en 1989 » Mr. Jordan  » qui malgré des chansons de bonne facture ( » Now you are in Heaven « , » Want your Body « ) ne feront que des piètres ventes.

Acharné et convaincu qu’il a sa place dans le monde de la Musique, Julian sort en 1991 le disque  » Help Yourself « , qui recèle de titre de bonne facture comme le Beatlesien « Saltwater », ou le rock « Listen »… l’accueil du public sera une fois de plus glacial, et le disque quasi boycotté par les médias…

Au fil des années qui vont passer de 1992 à 1998, Julian se fera plus timide. On le voit faire quelques apparitions aux côtés notamment de Ringo et de George lors de concerts, mais aussi avec les  » Tears For Fear « .

1998 voit le retour de Julian sur le devant de la scène. Après en effet avoir été limogé de sa maison de disque, Julian n’a en rien été déçu et découragé. Il se remet au travail. De ses longues recherches de Distributeur et de son inspiration insatiable pourtant forcée au silence pendant sept années sort  » Photograph Smile « …. Album très intimiste, instrumenté et lourd en signification, et bien sûr truffé d’allusions aux Beatles, car le jeune homme bien que délaissé par son père est cependant fier de ses origines., et de ses ressemblances autant mélodiques que physiques avec son géniteur, car les ressemblances, voilà sans doute que ce qu’il lui reste. En effet, si l’empire financier Lennon est immense, Julian n’a perçu que 20 millions de dollars de son héritage, tandis que Sean, fils de Yoko et John a perçu 250 millions de dollars. De plus, le hasard a voulu que le disque de son demi-frère, le flamboyant « Into The Sun » soit publié le même jour que  » Photograph Smile « ….

Le sort s’acharnerait-il sur Julian ?

julian

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