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Yellow Submarine

Yellow Submarine est un film d’animation américano-britannique sorti en 1968 et basé sur la musique des Beatles. Réalisé parGeorge Dunning sur un scénario de Al Brodax, Erich Segal, Lee Minoff et Jack Mendelsohn, c’est également le titre de l’album de la bande-sonore du film, qui fut publiée en janvier 1969. Les Beatles, eux-mêmes, n’apparaissent que dans la scène finale du film, qui les met en vedette en personnages animés doublés par d’autres acteurs.

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : George Dunning, Dennis Abey
  • Scénario : Al Brodax, Erich Segal, Lee Minoff, Jack Mendelsohn
  • Musique : The Beatles (John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Ringo Starr)
  • Direction musicale : George Martin
  • Directeur artistique : Heinz Edelmann
  • Producteur : Al Brodax
  • Distribution initiale en salles : United Artists
  • King Features Syndicate
  • Apple Films
  • Format : 16:9
  • Langue : anglais
  • Budget : 250.000 £
  • Genre : Film d’animation musical
  • Durée : 90 minutes (1 h 30)

DISTRIBUTION

  • John Clive : John
  • Geoffrey Hughes : Paul
  • Peter Batten : George
  • Paul Angelis : Ringo, Chief Of Blue Meanies, George
  • Dick Emery : Lord Mayor, Nowhere Man, Jeremy Hillary Boob, Phud (Ph.D.), Max
  • Lance Percival : Old/Young Fred

L’HISTOIRE

Il était une fois ou peut-être deux, un royaume enchanté appelé Pepperland, un endroit merveilleux protégé par le Sgt. Pepper’s Lonely Heart Club Band où le bonheur et la musique règnent en maîtres. Mais tout cela est gravement menacé lorsque les méchants Blue Meanies déclarent la guerre et envoient une armée menée par Gantelaid’ (Flying Glove) pour détruire cet éden. En enfermant le groupe dans une boule bleue anti-musique, ils transforment alors les habitants de Pepperland en statues de pierres et vident le royaume de toutes ses couleurs. Panique totale dans la population pepperlandaise dont le maire Old Fred décide d’envoyer Young Fred et son sous-marin jaune chercher de l’aide. Young Fred réussit à s’enfuir et va ressusciter la légende de Yellow Submarine : fabuleuse légende qui dit qu’un jour, des hommes arrivèrent sur la contrée de Pepperland pour y faire naître la musique et le bonheur. Ainsi, à bord du sous-marin jaune, Young Fred va rechercher des personnes capables de relever ce vrai défi.

Young Fred arrive à Liverpool où il tombe d’abord sur Ringo déprimé et sans but (Eleanor Rigby) et essaye tant bien que mal de le persuader de l’aider. Ringo rassemble alors ses trois amis John, George (au son de sa composition Love You To) et Paul. Durant le voyage à bord du sous-marin jaune, ils vont traverser cinq mers différentes :

  • Sea of Time – où le temps les fait plonger en enfance ou dans la vieillesse (When I’m Sixty-Four)
  • Sea of Science – où ils chantent Only a Northern Song
  • Sea of Monsters – où un terrifiant aspirateur commence par aspirer le décor avant de s’aspirer lui-même.
  • Sea of Nothing – où ils rencontrent un homme plutôt utile le Nowhere Man dont le nom est Jeremy Hilary Boob. Ringo a pitié de lui et le laisse venir à bord du sous-marin.
  • Foothills of the Headlands (ou Sea of Heads) – où ils sont séparés du sous-marin et John chante Lucy In The Sky With Diamonds.
  • Sea of Holes – où Jeremy est enlevé par un des Blues Meanies patrouillant dans les périphéries de Pepperland. Quand Ringo saute par-dessus un trou vert (qui se transforme en Sea of Green et est réellement un portail caché), ils arrivent dans Pepperland.

Réunis avec Old Fred, Young Fred et le sous-marin, ils prennent la place du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Armés de leur humour et de leur musique (With a Little Help from My Friends, All You Need Is Love, Hey Bulldog), les quatre garçons dans le vent sauvent Pepperland des forces de Sir Bleunoir. Jeremy est sauvé, les fleurs repoussent, les couleurs reviennent, le Sgt. Pepper’s Lonely Heart Club Band est libéré grâce au trou que Ringo ramène de Sea of Holes et Pepperland est reconstitué. Les Blues Meanies sont forcés de battre en retraite, mais John leur propose de devenir amis et Sir Bluenoir change d’avis et accepte. Une énorme fête s’en suit, montrant chaque personnage vivant heureux pour toujours (It’s All Too Much).

À la fin, les vrais Beatles apparaissent et nous montrent tous leurs souvenirs. George a le moteur du sous-marin, Paul a « un peu d’amour » (a little love) et Ringo a toujours la moitié d’un trou dans sa poche parce qu’il a donné le reste à Jeremy. Cependant, John repère que « d’autres Blues Meanies s’apprêtent à envahir la salle de cinéma » et dit gaiement qu’il n’y a plus qu’une seule chose à faire pour les faire sortir : « Chanter ! » (Singing!). Le quatuor reprend la chanson All Together Now en chœur avec diverses traductions de la chanson qui apparaissent dans l’ordre sur l’écran.

LANCEMENT DU FILM

L’expérience de Help! et de Magical Mystery Tour a montré aux Beatles que leur don de faire de l’or avec tout ce qu’ils touchent a des limites. En particulier, elle les a rendus extrêmement prudents vis-à-vis de tout nouveau projet de film. Aucune des nombreuses idées qu’on leur a soumises au cours des deux années écoulées n’a satisfait à la rigueur de leurs exigences de qualité, si bien qu’ils ne sont pas trop emballés à l’idée d’un contrat de longue durée qui signifierait un retour au grand écran en 1968, qu’ils le veuillent ou non.

Le film et sa création seront miraculeux selon l’un de ses producteurs John Coates. Le projet voit le jour quand Al Brodax, qui a produit pour la chaîne américaine ABC une quarantaine d’épisodes de la série de films d’animation The Beatles Cartoons pour la télévision, contacte Brian Epstein, l’imprésario des Beatles, avec l’idée de faire un long métrage animé. À l’apogée de la Beatlemania, où l’on ne manque aucune occasion de tirer profit de l’extraordinaire popularité du groupe, Epstein a conclu un arrangement attribuant les droits d’images animées des Fab Four à une société américaine, King Features. Encouragé par le succès de la série télévisée, Epstein accepte de se lancer dans l’aventure en voulant produire un grand film d’animation en profitant d’une option qui fait partie de ce arrangement. King Features met sur ce projet George Dunning, directeur de studios basés à Londres, qui a travaillé également sur le programme TV. Une réunion informelle de production a lieu aux studios d’Abbey Road au moment de la sortie de Sgt. Pepper et l’on voit rapidement naître l’idée d’une aventure de fiction. Grâce à Pepper, tous sentent que ce film pourrait et devrait être plus ambitieux que tout ce que les Beatles ont fait auparavant. Lorsque les contrats sont signés, il reste onze mois pour boucler le film, la soirée de la première est prévue pour juillet 1968, et un budget de trois cent quatre-vingt cinq mille livres seulement.

Le scénario est tout à la fois simple et plaisant. Il sera plus difficile de donner corps à l’idée de départ et de nombreux scénaristes sont mis à contribution (bien plus que le générique ne le donne à lire). En quête d’un scénario adéquat, Brodax déniche un jeune auteur inconnu, Lee Mintoff. Le groupe le rencontre et approuve ce choix, mais refuse son script, aux airs de conte de fées. Erich Segal, un professeur d’anglais américain qui travaille avec le compositeur Richard Rogers et qui va bientôt gagner une réputation mondiale avec Love Story, remanie le scénario, qui ne sera pas achevé avant la fin du long-métrage quelques jours avant la première. On recrute aussi Roger McGough, le poète de Liverpool, chargé de vérifier que l’écriture du scénario a bien la saveur scouse du dialecte de Liverpool. Charlie Jenkins, le responsable des effets spéciaux, apporte un exemplaire du magazine allemand Twen et suggère de contacter le directeur artistique tchécoslovaque Heinz Edelmann. Lui, qui n’a jamais travaillé pour le cinéma, livre en deux semaines des dessins qui éblouissent les animateurs. Bien reconnaissables, les Fab Four capturent l’esprit de l’époque avec leurs couleurs vives et leurs contours arrondis. Edelmann esquisse aussi les méchants Blue Meanies et contribue largement à l’atmosphère générale du film.

Les Beatles, qui détestent la série télévisée, sont consultés dans les premiers temps du projet de Yellow Submarine. Mais absorbés par Sgt. Pepper et le travail surMagical Mystery Tour, les musiciens n’ont pas le temps de s’impliquer dans la création du film. Ils se montrent moins enthousiastes et ne prennent finalement que peu de part à une entreprise qui ne les intéresse pas vraiment. Ils ne veulent pas qu’un dessin-animé portant leur nom soit mièvre ou dans le genre de Disney. TVC est d’accord. D’ailleurs, une production à la Disney n’est pas de mise. En pleine production, Brian Epstein meurt. Les Beatles se mettent en retrait et ne sont plus disponibles pour fournir les voix nécessaires pendant les scènes de groupe. TVC doit trouver des acteurs qui les imitent, employant tous les animateurs londoniens, ou presque, pour ce projet. Une équipe de nuit vient chercher en bus des élèves des Beaux-Arts. Une telle concentration de jeunes gens au même endroit pendant le summer of love aura des conséquences inévitables : treize bébés sont conçus pendant la réalisation de Yellow Submarine.

En visionnant les rushes, l’intérêt des Beatles s’accroît. Ils passent de temps en temps chez TVC, surveillent l’avancée du projet et acceptent d’être filmés pour la dernière séquence du film. Mais lorsqu’ils tournent cette scène dans les studios de Twickenham en janvier 1968, c’est pour eux un devoir plus qu’un plaisir. Ils veulent en fait tenir leurs engagements avec le moins possible de contraintes pour eux-mêmes: on le voit dans le choix du matériel qu’ils proposent pour la bande sonore. Le groupe n’est qu’indirectement impliqué dans ce projet d’animation ambitieux, à travers différentes chansons utilisées dans le scénario. La direction musicale est due à une signature connue, George Martin. Brian Epstein, qui a signé le contrat pour le film, s’est engagé à fournir au moins trois titres originaux des Beatles pour ce projet, une contrainte que le groupe n’apprécie guère. Finalement, les Beatles offrent quatre chansons originales au film : It’s All Too Much, Only a Northern Song, All Together Now et Hey Bulldog. Cette dernière chanson est livrée en retard, la scène autour de Hey Bulldog est donc tournée à la hâte dans les dernières semaines de production. Après la première anglaise, la fin est jugée trop longue et cette scène de grosse farce, la plus proche de la série animée américaine, est supprimée avant les projections aux États-Unis, ce qui laisse perplexes les fans locaux qui ont acheté la bande originale.

Yellow Submarine apparaît comme une création classique de l’époque psychédélique. Les Beatles sont énormément impressionnés par le résultat final, regrettant trop tard de ne pas avoir joué un rôle plus actif dans le processus de production. Leur approche non interventionniste donne naissance au cliché qu’il s’agit du « meilleur film que les Beatles aient jamais fait ». Quoi qu’il en soit, les distributeurs réduisent vite le nombre de salles où le film passe, le condamnant à des retours modestes au Royaume-Uni. Mais les critiques sont enthousiastes aux États-Unis, où il marche beaucoup mieux.

QUAND L’ANIMATION IMITE L’ART

Si, comme l’a fait remarquer John Coates, il s’écoule moins d’un an entre les premiers dessins et la première du film à Londres, le projet dure néanmoins près de deux ans, exige 14 scénarios différents et mobilise 40 animateurs et 140 dessinateurs. Riche, fluide, magique, bousculant les habitudes des techniciens de l’animation, le film inaugure une nouvelle ère stylistique qui ouvre la voie à la création d’images culturellement sophistiquées. Inspiré des nouvelles tendances artistiques de l’époque, Yellow Submarine s’inscrit dans la droite ligne du pop art d’Andy Warhol, Martin Sharp, Alan Aldridge et Peter Blake, ainsi que de l’op’art de Brigit Riley, des photos psychédéliques de Richard Avedon et des images surréalistes deSalvador Dalí.

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LES BEATLES À L’UNISSON DE LEUR PUBLIC

En 1999, après avoir vu la nouvelle version remastérisée et restaurée, les trois Beatles survivants ont été à nouveau frappés par l’histoire captivante, la puissance des effets visuels et l’effet des chansons par rapport aux décors. « Le film tient vraiment la route. C’est très spirituel, intelligent et plutôt dépaysant » déclare Paul McCartney. George Harrison remarque que« Heinz a été brillant et je crois qu’il mérite tout le crédit du film. Yellow Submarine fait partie de ces dessins animés indémodables ». Ringo Starr quant à lui, souligne que « c’est la musique qui est importante. La musique est le fondement et, dans ce cas, enveloppée par le film. »

Yellow Submarine a bien atteint son objectif de « pousser l’animation au-delà des limites ». Il est même allé plus loin. Car au-delà de ses nombreuses innovations techniques et innombrables innovations artistiques, partout, il a touché en plein cœur le public. Malgré son graphisme très typé des années 60 et son propos, dans la mesure où il est très emblématique d’une époque, le film n’en garde pas moins tout le charme de sa naïveté et de son inspiration surréaliste. C’est, comme l’a dit Paul, « un chef d’œuvre de son temps ».

LA MUSIQUE

En plus de la chanson-titre existante Yellow Submarine et de titres en provenance des albums Rubber Soul, Revolver, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band et Magical Mystery Tour, cinq chansons inédites apparaissent dans le film : All Together Now, It’s All Too Much (une composition de George Harrison), Baby, You’re a Rich Man (la seule chanson enregistrée spécialement pour le film, mais qui fait sa première apparition en tant que face B du single All You Need Is Love), Only a Northern Song (une chanson initialement enregistrée par Harrison pendant les sessions de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band) et Hey Bulldog (cette chanson était à l’origine incluse uniquement dans la version européenne du film, mais rétabli pour les États-Unis lors de la réédition en 1999).

La musique instrumentale du film est composée et arrangée par le producteur du groupe George Martin. D’après les crédits, une partie a été enregistré pendant les séances d’enregistrement de la chanson Good Night parue sur l’album The Beatles et devait être utilisé comme introduction à la composition de Ringo Don’t Pass Me By également sur l’album blanc.

LA RÉÉDITION DU FILM ET DE SA BANDE-SON

En 1999, à l’occasion du trentième anniversaire de la sortie du film, les trois Beatles survivants se donnèrent pour mission de restaurer le sous-marin qui avait bien mal vieilli. Ainsi, le 12septembre sortait dans les bacs l’album Yellow Submarine Songtrack. Bien différent du premier album, ce disque comporte l’intégralité des chansons composées par les Beatles disponibles sur le film. Pour cette occasion d’ailleurs, les bandes ont été dépoussiérées, et remasterisées et c’est ainsi que la musique semble retrouver une seconde jeunesse. Alors que le son du disque original était d’un seul plan, sans profondeur, les chansons disponibles sur cette nouvelle édition héritent d’une profondeur incontestable et il est désormais facile par un simple effort d’audition de suivre tel ou tel instrument tant le travail accompli par les ingénieurs chargés du projet est fabuleux.

Cependant, le grand oublié de la fête fut sans conteste George Martin. En effet, alors qu’il fut le principal contributeur de la première version avec sept morceaux instrumentaux à son actif, cette nouvelle version du sous-marin jaune l’éclipse totalement, au profit des contributions Lennon-McCartney. C’est alors que l’on peut se demander si le projet Yellow Submarine est vraiment complet. En effet, pourquoi ne pas avoir pour cette occasion édité un double album, le premier contenant celui commercialisé à l’heure actuelle et le second contenant le travail d’orchestration de George Martin en son remasterisé. Ainsi, la fête aurait été complète et le fan n’aurait pas eu l’impression qu’il y avait un grand oublié, et non des moindres.

En plus de la bande son qui a eu droit à une remastérisation, le film a aussi eu droit à un coup de peinture. Ainsi, les ingénieurs chargés du projet Yellow Submarine ont retravaillé et restauré les bandes vidéos. De leur travail ressort d’une part des images aux couleurs plus psychédéliques que jamais et une nouvelle version numérique du film, enregistrée sur supportDVD. Le film fut également réédité dans sa version originale européenne qui incluait une séquence avec la chanson Hey Bulldog, tandis que la version américaine l’avait supprimé en la remplaçant par une séquence alternative.

VOIX

  • John Clive – John
  • Geoffrey Hughes – Paul
  • Peter Batten – George
  • Paul Angelis – Ringo, le chef des Blue Meanies, George
  • Dick Emery – Lord Mayor, Nowhere Man (Jeremy Hillary Boob, Phud (Ph.D.)), Max
  • Lance Percival – Old/Young Fred
  • John Lennon – John (parties chantées)
  • Paul McCartney – Paul (parties chantées)
  • George Harrison – George (parties chantées)
  • Ringo Starr – Ringo (partie chantées)

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