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Philatélie: l’album retrouvé de Lennon

John Lennon aurait eu 65 ans cet automne si un déséquilibré ne l’avait pas abattu devant son domicile new-yorkais, le 8 décembre 1980. Né le 9 octobre 1940, à Liverpool, le plus célèbre des Beatles est rien de moins qu’une icône. L’aventure du quatuor britannique n’aura duré qu’une décennie (de 1960 à 1970), avant que John ne soit mordu par la mygale Yoko Ono, sa muse pour le meilleur ou le pire.
Lennon n’est plus mais l’oeuvre demeure, avec son lot de chefs-d’oeuvre (Imagine, Give Peace a Chance…). Quant au culte, il ne saurait s’encombrer des contradictions du personnage, dont on voudrait maintenant qu’il soit un ange jouant de la harpe sur son nuage. On lui érige des monuments en Russie et à Cuba, on va se recueillir à Central Park, on retourne sur les lieux du bed-in de Montréal, bref, rien n’est épargné pour perpétuer le mythe. Les timbres ajoutent leur grain de sel; le tout ayant débuté en 1988 par une émission de l’Allemagne occidentale.
S’il existe plusieurs timbres consacrés aux «quatre garçons dans le vent», il vaut mieux écarter les timbres illégaux, c’est-à-dire ces vignettes provenant de «pays» ne bénéficiant pas de l’autonomie postale. Je pense à cet imprimeur qui a usurpé le nom de la Gagaouzie- une région turcophone administrée par la Moldavie- pour produire un feuillet de 10 timbres, dont un à l’effigie des Beatles. Voulait-il nous faire gober que les Gagaouzes sont à ce point gagas des Beatles? Qu’on se le dise et qu’on se le répète, ces timbres n’ont pas plus de valeur philatélique que les timbres antitabac Nicoderm!
Lennon a collectionné dans son enfance. On a retrouvé un vieil album que lui avait offert son cousin. Le musée postal du Smithsonian, à Washington, s’en est porté acquéreur auprès d’un négociant en timbres. Le montant de la transaction est demeuré secret, mais il s’agirait d’une somme rondelette. L’album est exposé jusqu’au 10 avril, mais on peut le visionner page par page en se rendant sur le site www.postalmuseum.si.edu/Lennon.
Quelle horreur! D’abord, les timbres sont fixés tout croches, sans minutie. Il saute aux yeux que John était laissé à lui-même avec son hobby. Le conservateur du musée doit être un rigolo puisqu’il avance que la collection Lennon redorera l’image de marque de la philatélie. Il eût été plus juste de dire que cette collection attirera beaucoup de gens au musée parce qu’elle a appartenu à une célébrité. J’ai demandé à Luc Therrien, spécialiste dans l’évaluation de collections, de m’indiquer la valeur de l’album s’il avait appartenu à un quidam plutôt qu’à Lennon. Therrien est formel: «Cet album ne vaut rien. Il est malpropre et contient les timbres les plus communs. Je le mettrais à l’encan avec une réserve de 1 $, en espérant avec un peu de chance en obtenir 5 $.» Mais il précise ceci: «Pour faire un parallèle, j’ai mis en vente un bel album qui a appartenu à un juge de la Cour supérieure, aujourd’hui décédé. J’en ai obtenu 25 $ car l’album était signé. S’il avait appartenu à un illustre inconnu, j’aurais récolté tout au plus entre 10 et 15 $.» En conclusion, mieux vaut se procurer les albums de Lennon chez un disquaire, question d’apprécier le timbre… de voix.

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Source : Jean-Pierre Durand / La Presse

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