que McCartney n’a jamais pu remettre à Lennon
Il y a, chez Paul McCartney, des chansons qui s’avancent comme des enseignes lumineuses : refrains faits pour les stades, formules qui claquent, tubes qui réclament la foule. Et puis il y a celles qui parlent bas, comme si elles n’avaient qu’un seul destinataire. « Here Today », nichée au cœur de Tug of War, appartient à cette seconde espèce : une lettre acoustique adressée à John Lennon, écrite dans l’après-coup, quand le choc est passé mais que le manque s’installe. Quelques accords de guitare, un quatuor à cordes tenu en laisse, et cette voix qui ne cherche pas l’effet : McCartney ne bâtit pas un monument, il rouvre une conversation interrompue. Il imagine la réplique de Lennon, ses piques, leur vieux duel affectueux, et glisse au passage l’aveu le plus désarmant : la culpabilité de n’avoir pas su dire, de n’avoir pas eu le temps. Pourquoi cette ballade sans grand fracas continue-t-elle de faire trembler, quarante ans plus tard, en studio comme sur scène ? Parce qu’elle ne conclut rien. Elle insiste. Elle appelle. Et, l’espace de trois minutes, Lennon redevient présent — ici, aujourd’hui.
Il y a des artistes qu’on ne devrait pas comparer, tant ils ont déjà faussé la balance. Les Beatles sont de ceux-là, hors concours par définition, et Paul McCartney le sait mieux que quiconque : le mythe est immense, mais il n’a jamais été une armure. Chez lui, l’admiration reste un réflexe d’artisan, une façon de rester vivant en reconnaissant, chez les autres, ce qui le dépasse. Et s’il y a un nom qui revient avec une insistance presque enfantine dans sa bouche, c’est Stevie Wonder, ce “monstre musical” capable de cacher des harmonies de jazz derrière un groove qui claque. Ici, on remonte le fil : la période 1972–1976 où Wonder transforme la pop en continent sophistiqué ; la rencontre aux AIR Studios de Montserrat pendant les sessions de Tug of War, quand George Martin redevient le traducteur idéal de McCartney ; puis les deux faces de leur collaboration. D’un côté, Ebony and Ivory, tube planétaire et slogan assumé, à la candeur désarmante. De l’autre, What’s That You’re Doing, jam électrique qui transpire la vérité, où deux géants cessent d’être des icônes pour redevenir des musiciens qui se répondent. Une histoire de studio, de risque pop, et d’héritage Beatles qui se mesure moins en trophées qu’en curiosité.
Il y a quelque chose de légèrement absurde à devoir “surveiller” un héritage que tout le monde croit déjà connaître. Et pourtant, Sean Ono Lennon se retrouve là, au milieu du bruit, dans ce rôle de custode qu’on n’envie à personne : maintenir vivant ce qui risque de devenir décor. Dans un entretien accordé à CBS Sunday Morning, il lâche une inquiétude inattendue : oui, il craint désormais que John Lennon — et même les Beatles — puissent être oubliés. Pas rayés des catalogues, non : dilués, fragmentés, réduits à des refrains capturés par l’algorithme. En parallèle, Yoko Ono s’efface peu à peu, et la passation se fait en silence, avec une exigence héritée d’elle : préserver le standard, pas seulement la marque. Archives, rééditions, documentaires, “War Is Over!”… comment transmettre sans trahir, moderniser sans aplatir, faire entendre avec des “oreilles neuves” ? Et si, au fond, le vrai gardien, c’était aussi nous ?
Le 15 décembre 1969, John Lennon et George Harrison partagent la scène au Lyceum Ballroom de Londres pour un concert caritatif exceptionnel au profit de l’UNICEF. Entourés d’un Plastic Ono Band surdimensionné incluant Eric Clapton, Billy Preston et Yoko Ono, ils livrent une performance audacieuse entre rock, expérimentation sonore et message pacifiste. Ce concert historique marque la dernière apparition scénique de Lennon au Royaume-Uni et révèle l’esprit libre de la scène post-Beatles.
À travers « Gimme Some Truth », John Lennon se transforme en figure politique radicale. De la fin des Beatles à son engagement pour la paix, il utilise la musique comme outil de vérité, de dénonciation et de communication directe. Ce morceau emblématique, à la fois acerbe et lucide, cristallise sa quête d’honnêteté face à la langue de bois des pouvoirs en place.
À l’approche des fêtes de fin d’année 2025, l’Estate de John Lennon et Yoko Ono s’est associée à la maison de lunetterie de luxe Jacques Marie Mage pour dévoiler une collection exclusive d’inspiration patrimoniale. Conçues comme un hommage direct à la relation artistique et sentimentale du couple, ces montures en séries limitées, façonnées au Japon par des artisans spécialisés, revisitent les codes esthétiques qui ont accompagné les dernières années créatives de Lennon et la trajectoire avant‑gardiste d’Ono. L’opération se distingue par une idée forte : joindre à chaque paire, dans la limite des stocks disponibles, une réédition vinyle exclusive de Double Fantasy, l’album de 1980 qui scellait la renaissance publique de Lennon aux côtés de Yoko. Pensée comme une « conversation » entre design, musique et mémoire, la collection John & Yoko by JMM s’inscrit dans un calendrier plus vaste de parutions supervisées par Sean Ono Lennon.
Sorti en 1982 sur l’album Tug Of War, The Pound Is Sinking est une chanson singulière de Paul McCartney, à la fois satire des marchés financiers et expérimentation musicale. Inspiré par les fluctuations monétaires, McCartney ironise sur leur absurdité avec une structure hybride fusionnant deux morceaux distincts. Produit par George Martin, ce titre illustre l’ingéniosité du musicien à mêler observation sociale et créativité musicale.
Dans les années 80, Paul McCartney signe un tournant décisif avec « Tug of War », un album intimiste et novateur né dans le sillage du deuil de John Lennon. Fruit d’une collaboration magistrale avec George Martin, ce disque, enregistré entre Londres et Montserrat, marie l’hommage aux Beatles et l’audace des innovations pop, réunissant des artistes de renom pour offrir un message de guérison, de résilience et d’espoir.
En 1973, John Lennon sort « Mind Games », un titre marquant de sa carrière solo. Initialement nommé « Make Love Not War », le morceau évolue vers une réflexion plus introspective, influencée par un livre sur l’accomplissement mental. Enregistrée avec des musiciens new-yorkais, la chanson mêle pop et expérimentation sonore. Bien que son succès commercial soit limité, « Mind Games » incarne un tournant pour Lennon, abandonnant l’activisme frontal au profit d’une quête plus personnelle et spirituelle, entre idéalisme et réalité.
Mind Games est une chanson emblématique de John Lennon sortie en 1973. Initialement intitulée Make Love Not War, elle incarne son désir d’un monde meilleur tout en évitant les slogans trop simplistes. Ce morceau marque une transition entre son engagement politique frontal et une approche plus poétique de son message pacifiste, prouvant que Lennon savait allier mélodie et réflexion profonde.












