On croit connaître la discographie des Beatles parce qu’on a usé jusqu’à la corde les pochettes de Sgt. Pepper, Abbey Road ou Revolver, parce qu’on sait réciter les grands titres comme un catéchisme pop et que le passage piéton d’Abbey Road est devenu une image plus célèbre que bien des monuments officiels. Mais il faut parfois revenir au commencement réel des choses, c’est-à-dire non pas à la légende globale, aux compilations confortables ou aux coffrets remasterisés, mais au sillon britannique, celui des singles Parlophone, des albums mono, des EP oubliés et de cette pomme Apple qui devait promettre la liberté avant de devenir le décor d’une séparation. Entre Love Me Do en 1962 et Let It Be en 1970, les Beatles ne se contentent pas d’aligner des chansons immortelles. Ils changent la nature même du disque populaire. Le 45-tours devient événement, l’album devient œuvre, le studio devient instrument, la pochette devient manifeste et les faces B, chez eux, regardent souvent les faces A sans baisser les yeux. Revenir à la discographie originale britannique, c’est donc lire le vrai roman des Beatles : une ascension fulgurante, une mutation permanente, puis une désagrégation dont les disques gardent encore la trace brûlante.
Il y a des albums qui se referment comme un livre, et d’autres qui restent ouverts sur la table, avec des pages cornées et des phrases raturées. Let It Be est de ceux-là : un disque né d’une utopie — rejouer “comme avant”, sans maquillage — et enregistré au moment même où les Beatles cessent de se comprendre. Twickenham, les caméras, la fatigue, puis l’air (un peu) plus respirable d’Apple, l’arrivée salvatrice de Billy Preston et, au bout du couloir, le miracle bricolé du Rooftop Concert. Mais au moment de transformer ces bandes en album, tout se dérègle : Glyn Johns imagine un “bootleg officiel”, Phil Spector débarque avec sa grandeur hollywoodienne, et l’absurde se glisse dans la tracklist — jusqu’au crime parfait : l’absence de “Don’t Let Me Down”. Alors, faut-il “réparer” Let It Be ? Entre la version 1970, Let It Be… Naked et les mixes fantômes, le disque n’a jamais cessé d’être une question.
1969 est l’année où les Beatles continuent de briller tout en se fissurant. Après le malaise des sessions filmées de Let It Be, le groupe ressemble à une réunion sous tension : George étouffe, Ringo protège sa cicatrice, John s’éloigne avec Yoko, Paul s’obstine à tenir la barre. Et pourtant, au cœur de ce couloir blafard surgit un miracle nerveux : “The Ballad of John and Yoko”, chronique au présent d’un mariage, d’un bed-in et d’une célébrité vécue comme un procès permanent. Enregistré dans l’urgence par Lennon et McCartney seuls — George absent, Ringo au tournage — le titre sonne Beatles par réflexe de timbres, d’harmonies et de vitesse d’exécution, comme un retour aux débuts au milieu des ruines. Dernier single n°1 au Royaume-Uni, accompagné d’“Old Brown Shoe” en face B, il raconte mieux que n’importe quel communiqué la fin de règne : un duo qui peut encore faire un hit, mais plus un groupe capable de respirer ensemble. Pourquoi ça marche, pourquoi ça choque en Amérique, et ce que ce sursaut annonce d’Abbey Road : plongée dans le dernier éclat avant l’adieu.
George Harrison n’a jamais été un homme de tournée. Il a vécu avec cette contradiction : être l’un des architectes du rock moderne et rêver, au fond, d’une vie où l’on pourrait traverser une pièce sans déclencher une émeute. C’est ce qui rend Live in Japan si précieux : un instant rarissime où George accepte de remonter sur scène, en décembre 1991, sans hystérie ni cabotinage, simplement pour jouer — et tenir ses chansons debout. Entouré d’Eric Clapton et d’un groupe de luxe, il transforme le stade en salon : précision, élégance, silences qui comptent, et cette façon unique de faire chanter une note plutôt que de la brandir. Longtemps jugé « trop propre », ce live raconte surtout un retour adulte, maîtrisé, presque pudique. La réédition annoncée par BMG, en double CD et en double vinyle gatefold, prévue le 30 mars 2026, est l’occasion idéale de le réentendre autrement : non comme un souvenir de musée, mais comme un portrait en mouvement. On replonge dans la tournée japonaise, la setlist-histoire, et la grandeur tranquille d’un Beatle qui n’a jamais voulu jouer à la légende.
« Old Brown Shoe », une chanson souvent sous-estimée de George Harrison, allie rock et rhythm and blues. Composée avec des oppositions philosophiques, elle se distingue par sa structure unique et son approche au piano, instrument que Harrison ne maîtrisait pas. Après des sessions mouvementées, la chanson est finalement enregistrée avec les Beatles en 1969. Bien que sortie en face B de « The Ballad of John and Yoko », elle a su trouver une reconnaissance tardive et continue de démontrer la virtuosité de Harrison.
John Lennon estimait mériter des éloges pour avoir permis la sortie d’une chanson de George Harrison en face B de ‘The Ballad of John and Yoko’ des Beatles. Cette dernière est audacieuse. Il serait un euphémisme de dire que John Lennon et George Harrison avaient quelques problèmes entre eux. John estimait mériter des éloges pour […]
L’attente est terminée : les Beatles sortiront leur dernière chanson, « Now and Then », le 10 novembre. Lisez l’interview du remixeur Giles Martin à propos de ce cadeau d’adieu qui a duré des décennies, ainsi que des albums « Red » et « Blue » remixés et élargis. Les Beatles et le deuil ont toujours été fondamentalement liés. Lorsque John […]
Il n’a pas été difficile de trouver les chansons les plus étranges de George Harrison, car l’ancien Beatle en a enregistré de nombreuses au cours de sa longue carrière. Des chansons comme « Crackerbox Palace » et « Thanks for the Pepperoni » n’ont jamais été conçues pour avoir un sens… 10. Piggies La chanson de l’album blanc de […]
Les rééditions tant attendues des disques compacts des Beatles datant des années 80 avaient déjà abordé un certain nombre de classiques, notamment Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, mais il manquait quelque chose. Beaucoup de choses, en fait. Le groupe était connu pour sortir des singles hors album à un rythme si régulier qu’il restait […]
Il y a des musiciens qui sont capables de parler à travers leurs instruments ; George Harrison était l’un de ces musiciens. Toujours considéré comme le contrepoint timide de Lennon et McCartney, lorsqu’il s’agissait de jouer de la guitare, Harrison criait plus fort que tous les autres. Son obsession pour la guitare électrique a commencé […]












