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Mike McCartney, le frère de Paul : biographie complète de Mike McGear, du Scaffold à la photographie

Né le 7 janvier 1944, Mike McCartney a refusé d’être le “frère de”. Devenu Mike McGear, il a connu le numéro un de Noël avec le Scaffold, enregistré l’album McGear avec Paul et les Wings, puis photographié le Liverpool des Beatles. La biographie complète, vérifiée et corrigée.

En bref

  • Peter Michael McCartney, dit Mike, est né le 7 janvier 1944 à l’hôpital de Walton, à Liverpool. Il est le frère cadet de Paul McCartney, de dix-huit mois son aîné.
  • Il a choisi très tôt de ne pas suivre son frère sur son terrain : pour ne pas passer pour un profiteur, il se produit sous le nom de Mike McGear, tiré de l’argot de Liverpool où gear signifie à peu près “génial”.
  • Avec le poète Roger McGough et le comédien John Gorman, il forme The Scaffold, trio de satire, de poésie et de chansons qui décroche trois grands succès : Thank U Very Much (n° 4 en 1967), Lily the Pink (n° 1 de Noël 1968) et Liverpool Lou (n° 7 en 1974).
  • Il signe deux albums solo, Woman (Island, 1972) et McGear (Warner Bros., 1974), ce dernier produit par Paul McCartney et enregistré avec les Wings en pleine reconstruction.
  • Brian Epstein le surnommait “Flash Harry” : Mike est aussi l’un des photographes les plus précieux des Beatles d’avant la gloire, à Forthlin Road, à la Cavern et en coulisses.
  • Après avoir abandonné la musique au début des années 1980 et repris son nom de famille, il publie des livres de photographies, dont Mike McCartney’s Early Liverpool (Genesis Publications, 2021), et reçoit la British Empire Medal en 2019 pour services rendus au Merseyside.
  • Sept correctifs factuels rectifient au fil de l’article les erreurs les plus répandues, dont la fausse date de naissance de 1943, le mythe du “premier batteur des Beatles” évincé par Pete Best et la présence supposée de Denny Seiwell sur l’album McGear.

Il y a, dans toute légende, une silhouette qui se tient un pas en retrait. Dans celle des Beatles, cette silhouette porte le même nom que l’un des quatre, a grandi dans la même chambre, a entendu les mêmes accords résonner à travers la même cloison, et a pourtant décidé, à peine sorti de l’adolescence, qu’il ne serait jamais le “frère de”. Mike McCartney n’a pas seulement évité de marcher dans les pas de Paul : il a construit à côté de lui une œuvre singulière, faite de satire, de poésie, de chansons pour enfants devenues des hymnes de Noël, de photographies prises à hauteur d’homme et d’une fidélité têtue à Liverpool.

Ce portrait se veut la biographie de référence en langue française sur Mike McCartney. Il complète les angles déjà traités sur Yellow-Sub — les lettres de Hambourg conservées par Mike et exposées en 2026, son travail de photographe surnommé Flash Harry ou l’album McGear de 1974 — en reprenant l’ensemble de la trajectoire, de la maternité de Walton à la médaille de 2019, en vérifiant les dates et en signalant les erreurs qui circulent.

Qui est Mike McCartney ? La fiche d’identité

Avant d’entrer dans le récit, quelques repères permettent de situer le personnage. Ils serviront de fil conducteur, et chacun sera développé plus loin.

Rubrique Information
Nom de naissance Peter Michael McCartney
Naissance 7 janvier 1944, Walton Hospital, Liverpool
Parents Mary Patricia McCartney, née Mohin (infirmière puis sage-femme), et James “Jim” McCartney (représentant en coton, ancien chef d’orchestre de jazz amateur)
Fratrie Paul McCartney (né le 18 juin 1942) ; Ruth McCartney, fille d’Angela Williams, adoptée par Jim après son remariage en 1964
Noms de scène Mike McGear, Michael McGear
Groupes The Scaffold (avec Roger McGough et John Gorman) ; GRIMMS (1971-1973)
Albums solo Woman (1972), McGear (1974) ; en duo, McGough & McGear (1968)
Meilleur classement Lily the Pink, n° 1 au Royaume-Uni (quatre semaines, Noël 1968)
Autres métiers Apprenti coiffeur, photographe, auteur, illustrateur
Distinction British Empire Medal (2019), pour services rendus à la communauté du Merseyside
Vie familiale Marié à Angela Fishwick (1968), puis à Rowena Horne (1982) ; six enfants

Correctif factuel n° 1 — Mike McCartney n’est pas né en 1943

Plusieurs textes en ligne, y compris un ancien article anniversaire publié sur ce site, donnent comme date de naissance le 7 janvier 1943. C’est une erreur. Mike McCartney est né le 7 janvier 1944, soit environ dix-huit mois après Paul, né le 18 juin 1942. Le calcul est simple : une naissance en 1943 le placerait à peine sept mois après son frère, ce qui est impossible. La date de 1944 est celle que donnent toutes les biographies sérieuses et les fiches de référence.

Une enfance à Liverpool (1944-1956)

Né dans l’hôpital où travaillait sa mère

Peter Michael McCartney vient au monde le 7 janvier 1944 à Walton Hospital, dans le nord de Liverpool. Le détail n’est pas anodin : sa mère, Mary McCartney, y a travaillé comme infirmière responsable du service de maternité. L’Angleterre est encore en guerre, Liverpool porte les cicatrices du Blitz de mai 1941, et le rationnement fait partie du quotidien. Paul, né dix-huit mois plus tôt dans le même établissement, sera toujours pour lui “our kid”, l’expression de Liverpool pour désigner un frère ou une sœur, qu’on retrouve dans presque toutes ses interviews.

Mary McCartney, née Mohin, est d’origine irlandaise et catholique. Son mari Jim, protestant non pratiquant, tient à une éducation laïque ; c’est la raison pour laquelle les deux garçons, bien que baptisés catholiques, ne fréquentent pas les écoles confessionnelles. Ce compromis familial, discret, dit assez bien l’ambiance du foyer : on y évite les conflits frontaux, on y privilégie l’arrangement et l’humour.

Jim McCartney, le père musicien

James McCartney, que tout le monde appelle Jim, est représentant pour un négociant en coton. Dans sa jeunesse, il a dirigé un petit orchestre de danse, le Jim Mac’s Jazz Band, et joue du piano à l’oreille. À la maison, le piano droit est le centre de la vie sociale : Jim y joue des airs de music-hall, des standards des années 1920 et 1930, et la famille élargie — oncles, tantes, cousins — chante autour. Mike racontera plus tard que les deux frères ont appris la musique par imitation, l’oreille collée au piano, sans solfège, exactement comme leur père. Le rôle de cet environnement est détaillé dans notre article sur l’influence des parents de Paul McCartney.

Jim ne gagne pas beaucoup d’argent. Les revenus de Mary, qui exerce ensuite comme sage-femme à domicile, sont indispensables à l’équilibre du ménage. Le métier de la mère conditionne aussi les logements : les sages-femmes de quartier se voient attribuer des maisons dans les cités où elles exercent.

Anfield, Wallasey, Speke, Allerton : une enfance en mouvement

La famille déménage à plusieurs reprises au gré des affectations de Mary et des disponibilités du logement social : Anfield, Wallasey, de l’autre côté de la Mersey, puis la nouvelle cité ouvrière de Speke, au sud-est de la ville, avant l’installation en 1955 au 20 Forthlin Road, à Allerton. La maison mitoyenne en briques, avec ses deux chambres à l’étage, est modeste mais neuve. C’est là que Paul et Mike vont passer leur adolescence, là que naîtront les premières chansons de Lennon et McCartney, et là que Mike prendra certaines de ses photographies les plus célèbres. L’histoire de la maison, aujourd’hui propriété du National Trust, est racontée dans notre article sur 20 Forthlin Road.

Les deux frères partagent tout, y compris les bêtises. Les récits familiaux décrivent deux garçons proches, souvent complices, parfois rivaux, avec un aîné plus appliqué et un cadet plus clownesque. Mike est celui qui fait rire la tablée ; Paul est celui qui s’installe au piano. Cette répartition des rôles, esquissée dès l’enfance, se retrouvera telle quelle dans leurs carrières.

31 octobre 1956 : la mort de Mary

Au cours de l’année 1956, Mary McCartney souffre de douleurs à la poitrine qu’elle attribue d’abord à la ménopause. Le diagnostic tombe tard : un cancer du sein. Elle meurt le 31 octobre 1956, des suites d’une embolie survenue après l’opération. Elle a quarante-sept ans. Paul en a quatorze, Mike douze.

La perte est un séisme. Les témoignages des deux frères convergent sur la sidération du père, qui se retrouve seul avec deux adolescents et un salaire insuffisant. Les tantes, notamment Jin et Millie, prennent le relais pour les repas et le linge. Paul se réfugiera dans la guitare ; Mike, plus tard, dans l’appareil photo. L’un des souvenirs les plus poignants de cette période, rapporté par Mike, est celui d’un soir où il entre dans la chambre et trouve sa mère en larmes, souvenir que nous avons évoqué dans un article sur ce que Paul McCartney ferait avec une machine à remonter le temps.

Quinze ans plus tard, Mike rendra à sa mère un hommage d’une grande pudeur : la pochette de son premier album solo, Woman, en 1972, reproduit une photographie en noir et blanc de Mary McCartney. Paul, de son côté, fera de sa mère la “Mother Mary” de Let It Be. Les deux frères ont chacun trouvé leur manière de la faire revenir.

Forthlin Road, les Quarrymen et le bras cassé (1956-1960)

Une batterie “tombée d’un camion”

L’arrivée de la guitare dans la vie de Paul, à partir de 1956, transforme la maison de Forthlin Road en salle de répétition. Mike se trouve aux premières loges. Dans plusieurs entretiens, il raconte qu’une batterie est arrivée un jour à la maison, “tombée de l’arrière d’un camion”, selon l’expression consacrée qui, à Liverpool comme ailleurs, désigne un objet d’origine peu documentée. Le cadet s’essaie aux fûts pendant que l’aîné travaille ses accords.

Après la rencontre de Paul et de John Lennon, le 6 juillet 1957, à la fête paroissiale de St Peter’s à Woolton, les Quarrymen commencent à passer par Forthlin Road. Mike a raconté qu’un ancien membre du groupe lui avait rappelé des décennies plus tard qu’il “jouait de la batterie pour eux” — un souvenir qu’il affirme ne pas avoir conservé lui-même. Il faut prendre la formule pour ce qu’elle est : des séances informelles d’adolescents dans un salon, pas une place de titulaire dans un groupe constitué.

Hathersage, été 1957

Le 29 juillet 1957, trois semaines après la rencontre de Woolton et quelques jours après avoir été invité à rejoindre les Quarrymen, Paul part avec Mike en camp scout à Hathersage, dans le Derbyshire. Ce séjour, suivi de vacances familiales au Butlins de Filey, dans le Yorkshire, explique pourquoi Paul manque le premier passage des Quarrymen à la Cavern, le 7 août 1957.

C’est lors d’un camp scout, à l’âge de treize ans, que Mike se casse le bras. Il a décrit la blessure en ces termes : “Je me suis cassé le bras. Mon bras gauche était abîmé, les tendons. Ma main gauche était paralysée, je n’ai pas pu m’en servir pendant deux ans.” Pour un apprenti batteur, c’est la fin de l’aventure. Mike ne reprendra jamais sérieusement l’instrument.

“Nous aurions pris la route d’Oasis”

Mike McCartney a souvent commenté cet accident avec une ironie désarmante. Il estime que, s’il était devenu le batteur du groupe de son frère, les Beatles auraient sans doute connu le sort d’Oasis, déchiré par la rivalité entre Liam et Noel Gallagher. Il a aussi eu cette phrase, qui résume sa philosophie : “Essayer de le suivre aurait été ridicule, cela aurait été stupide.” Le bras cassé est devenu, dans son récit, une chance déguisée.

Correctif factuel n° 2 — Mike n’a pas été “le premier batteur des Beatles”, et Pete Best ne lui a pas pris sa place

Des titres accrocheurs, repris jusque dans nos propres archives, présentent Mike McCartney comme “le premier batteur des Beatles”. Une citation de Mike, souvent reprise, affirme même qu’après son bras cassé à treize ans, “Pete Best a eu la place dans le groupe de notre kid”. La chronologie ne tient pas. Mike a treize ans en 1957 ; les Beatles n’existent pas encore sous ce nom, et les Quarrymen ont leurs propres batteurs, Colin Hanton en tête. Pete Best n’est recruté qu’en août 1960, trois ans plus tard, à la veille du premier départ pour Hambourg. Entre-temps, le groupe a connu plusieurs batteurs de passage, dont Tommy Moore et Norman Chapman. La formule de Mike est une boutade qui télescope les époques : il a joué, enfant, sur une batterie familiale en présence des Quarrymen, mais il n’a jamais été membre des Beatles.

Le mariage du cousin Ian, 8 mars 1958

Mike commence à photographier à la fin des années 1950. Son premier appareil, un modèle bon marché acheté environ trois livres, provient d’un voyage d’échange scolaire à Cologne. Avec lui, il fixe l’une des images les plus précieuses de la préhistoire des Beatles : le 8 mars 1958, au mariage de son cousin Ian, il photographie en couleur John Lennon, Paul McCartney et George Harrison jouant ensemble en tant que Quarrymen. Il s’agit, selon les éléments publiés en 2026 par Amateur Photographer, de la plus ancienne photographie en couleur connue réunissant les trois futurs Beatles. George n’a alors que quinze ans.

Cette photographie résume tout ce qui fera la valeur de l’œuvre de Mike : l’accès. Aucun photographe de presse n’aurait pu être là. Il fallait être de la famille.

Flash Harry : le photographe des Beatles d’avant la gloire (1960-1963)

Le Rollei offert par Paul, sur le conseil d’Astrid Kirchherr

Le véritable outil de Mike arrive au début des années 1960. Paul, de retour de Hambourg, lui offre un Rollei Magic, un appareil reflex à deux objectifs, choisi sur la recommandation d’Astrid Kirchherr, la photographe allemande qui a donné aux Beatles leur première image forte et qui fut la compagne de Stuart Sutcliffe. Le détail est révélateur : l’esthétique hambourgeoise, ce noir et blanc contrasté, ces visages sculptés par la lumière latérale, arrive à Liverpool par le cadeau d’un frère à un autre. Mike reconnaîtra l’influence d’Astrid sur sa manière de placer la lumière, de positionner ses sujets et de composer ses images.

Plus tard viendront des Nikon, équipés de flash. Mike est autodidacte, et il revendique cette filiation avec son frère : comme Paul avec sa guitare, il a tout appris seul, à force d’obstination.

“Flash Harry”, le surnom donné par Brian Epstein

Lorsque Brian Epstein prend en main les Beatles, fin 1961, il croise régulièrement ce jeune homme qui mitraille les répétitions et les coulisses avec son flash. Il le baptise “Flash Harry”, expression anglaise qui désigne un personnage un peu voyant, et qui joue ici sur le flash de l’appareil. Le surnom est resté. Il ne dit rien de méchant : il dit la présence constante, presque familière, de Mike dans l’entourage du groupe entre 1961 et 1963.

Forthlin Road, novembre 1962 : I Saw Her Standing There sur le papier

Parmi les photographies de Mike, l’une est devenue un document d’histoire. Elle montre John Lennon et Paul McCartney dans le salon de Forthlin Road, guitares en main, penchés sur un cahier d’écolier. Ils sont en train d’écrire la chanson qui ouvrira le premier album des Beatles, Please Please Me. Mike a fait remarquer qu’on distingue, sur la page, un titre raturé : la chanson s’appelait d’abord She Saw Her Standing There avant de devenir I Saw Her Standing There.

Ce qui frappe, dans ses commentaires, c’est la manière dont il parle de la composition plutôt que du sujet. Dans une interview à Glass Magazine en 2022, il expliquait qu’en photographiant les deux compositeurs au travail, il s’intéressait surtout à la forme de la guitare dans le cadre. C’est le regard d’un photographe, pas celui d’un fan.

La Cavern, Gene Vincent et Mold

Mike photographie aussi le groupe sur scène et en coulisses. Le 1er juillet 1962, il saisit Gene Vincent avec John et Paul à la Cavern ; le négatif, longtemps égaré, n’a été retrouvé qu’en 2016. En juillet 1962, il photographie Paul dans le jardin de Forthlin Road avec Nora, l’aide ménagère de la famille. Le 24 janvier 1963, il est dans les coulisses de l’Assembly Hall de Mold, au pays de Galles, où il fixe John Lennon.

Sur la mutation du groupe au retour de Hambourg, Mike a laissé l’un des témoignages les plus vivants : “C’était incroyable. C’était comme si une fusée avait décollé, ou plutôt comme si une bombe avait explosé. La transformation, la cohésion, les harmonies.” Il a aussi pris la défense de Ringo Starr face aux nostalgiques de Pete Best, avec une formule d’une grande justesse musicale : Pete était un bon batteur de rock’n’roll, solide, alors que Richy, lui, inventait.

Paul sous le linge, 1962

Une autre photographie de 1962 connaîtra une seconde vie spectaculaire. On y voit Paul, assis dans l’arrière-cour de Forthlin Road, jouant de la guitare derrière le linge qui sèche. La famille l’appelait Paul Under Washing. En 2005, Paul la choisit pour la pochette de son album Chaos and Creation in the Backyard, produit par Nigel Godrich. Quarante-trois ans après le déclic, l’œil du cadet habille l’un des disques les plus exigeants de l’aîné. L’histoire de cet album et de sa pochette est racontée dans notre dossier Chaos and Creation in the Backyard : le jour où Paul McCartney accepta d’être contredit.

Une valeur documentaire devenue patrimoniale

Les photographies de Mike ont eu une utilité inattendue : lorsque le National Trust a acquis le 20 Forthlin Road, en 1995, pour le restaurer dans son état des années 1950, ses clichés ont servi de référence pour reconstituer l’intérieur — papiers peints, meubles, disposition des pièces. Ses images figurent aussi dans les collections de la National Portrait Gallery de Londres. Pour résumer sa démarche, Mike a eu cette phrase : “Mes photographies me sont très personnelles… On peut entrer dans la pièce et être là, avec ce qui se passe.”

Coiffeur à Ranelagh Street et destinataire des lettres de Hambourg

Jackson the Tailors, puis André Bernard

À dix-sept ans, Mike quitte l’école et entre dans la vie active. Il travaille d’abord chez Jackson the Tailors, un tailleur de Ranelagh Street, dans le centre de Liverpool, puis devient apprenti coiffeur pour dames chez André Bernard, dans la même rue. Parmi ses collègues de l’époque figurent deux futurs visages célèbres de la télévision britannique : l’acteur Lewis Collins, futur héros de la série The Professionals, et le comique Jimmy Tarbuck.

Le salon de coiffure est un poste d’observation idéal. On y écoute les conversations, on y observe les modes, on y apprend à faire la conversation. Mike, qui a le sens de la répartie, s’y forge un répertoire d’anecdotes et de personnages qui nourrira plus tard les sketches du Scaffold.

Les lettres de Stuart Sutcliffe et de Paul, 1962

Pendant que les Beatles se forgent dans les clubs de Hambourg, Mike reçoit du courrier. Parmi les lettres qu’il a conservées figure une lettre de Stuart Sutcliffe datée de février 1962, deux mois avant la mort du peintre, et une lettre de Paul de mai 1962, à laquelle John Lennon a ajouté sa contribution. Dans ce texte, John compatit, avec son humour caractéristique, au fait que Mike n’ait pas obtenu un emploi de coiffeur — sans savoir s’il l’a obtenu ou non. Ce genre de pirouette dit beaucoup de la familiarité qui régnait entre le groupe et le petit frère.

Ces lettres ont été prêtées par Mike à l’exposition From Me to You, présentée à l’hôtel de ville de Hambourg du 9 au 25 mai 2026, à l’occasion de l’anniversaire du port, aux côtés d’objets venus de la Cavern et du Liverpool Beatles Museum. L’exposition présentait aussi des photographies de Mike montrant Paul et John avec les guitares achetées à Hambourg. Nous avons consacré un article à ces documents : Mike McCartney, le frère qui avait choisi de ne pas être Paul.

Devenir Mike McGear

Pourquoi un pseudonyme ?

En 1962-1963, alors que les Beatles deviennent le phénomène que l’on sait, Mike décide de monter sur scène. Il sait qu’un McCartney qui chante sera immédiatement soupçonné de profiter de la notoriété de son frère. Il choisit donc un pseudonyme. Il a raconté avoir envisagé un moment “Mike Blank”, avant de retenir McGear. Le mot vient de l’argot de Liverpool : gear signifie “super”, “génial”, un équivalent local de fab. L’ironie est parfaite : le nom de scène est un clin d’œil que seuls les initiés du Merseyside saisissent, et qui renvoie, pour qui sait lire, au vocabulaire même de la Beatlemania.

Mike a poussé la discrétion très loin. Plusieurs articles rappellent qu’il évitait, dans les premières années, de reconnaître publiquement son lien de parenté avec Paul. La démarche n’était pas un reniement, mais une question d’honnêteté : il voulait être jugé sur son travail. Le détail figure dans notre sélection des 20 faits méconnus sur Paul McCartney.

Le Liverpool des poètes

On réduit souvent le Liverpool des années 1960 au Merseybeat. Mike insiste sur une réalité plus riche : “Liverpool à cette époque, dans les années 60, en particulier au début des années 60, était vraiment en ébullition, unique. Tout éclatait en même temps, sur tous les fronts.” Poésie, satire, folk, pop art : autour du quartier de Hope Street, de Hope Hall — le futur Everyman Theatre — et des pubs voisins, une génération de poètes invente une poésie orale, drôle, urbaine. Adrian Henri, Brian Patten et Roger McGough en sont les figures principales ; l’anthologie The Mersey Sound, publiée par Penguin en 1967, les consacrera.

C’est dans ce milieu que se forme le spectacle The Liverpool One Fat Lady All Electric Show, revue satirique dont le titre joue sur le code postal du quartier, Liverpool 8. Mike, Roger McGough et John Gorman s’y rencontrent. De cette troupe naîtra The Scaffold.

Correctif factuel n° 3 — The Scaffold : 1962 ou 1964 ?

Les sources ne s’accordent pas sur la date de naissance du Scaffold. Plusieurs biographies de Mike, reprises par des galeries et des bases de données, indiquent 1962. L’histoire du groupe lui-même précise que le trio travaille presque exclusivement sous le nom de The Scaffold à partir de 1964, après une période au sein de la revue The Liverpool One Fat Lady All Electric Show. Les deux affirmations ne sont pas incompatibles : les trois hommes se côtoient et se produisent ensemble dès le début des années 1960, mais le Scaffold en tant qu’entité autonome date de 1964. Écrire que le Scaffold “existe depuis 1962” revient à antidater le groupe.

Correctif factuel n° 4 — Adrian Henri n’était pas membre fondateur du Scaffold

Un long portrait publié en 2021 par un site musical américain affirme que Mike a cofondé le Scaffold avec les poètes Roger McGough et Adrian Henri. C’est inexact. Le trio se compose de Mike McGear, Roger McGough et John Gorman, comédien et animateur. Adrian Henri dirigeait un autre groupe, The Liverpool Scene ; il ne croisera la route du Scaffold qu’au sein du collectif GRIMMS, au début des années 1970.

The Scaffold, trio inclassable (1964-1977)

Trois tempéraments

Le Scaffold repose sur un équilibre rare. Roger McGough, né en 1937, est un poète, professeur de formation, doté d’un humour pince-sans-rire et d’un sens aigu du rythme verbal. John Gorman, né en 1936, est un comédien physique, un homme de scène capable de tenir une salle par la seule gestuelle. Mike McGear, le plus jeune, apporte l’oreille musicale, le sens de la mélodie et une voix qui rappelle parfois — ce n’est pas un hasard — celle de son frère.

Le nom du groupe, qui signifie “l’échafaud”, annonce la couleur : il s’agit de satire, d’humour noir parfois, mais aussi de tendresse. Le spectacle mêle sketches, poèmes dits, chansons comiques et chansons tout court. Le guitariste Andy Roberts sera leur directeur musical et arrangeur sur scène pendant toute leur carrière.

Parlophone, George Martin et Brian Epstein

Le Scaffold signe chez Parlophone, le label des Beatles, et ses premiers enregistrements, dont 2 Days Monday en 1966, sont produits par George Martin. La même année paraît Goodbat Nightman, parodie de Batman en pleine vogue de la série télévisée. Ces premiers singles n’entrent pas dans les classements.

Le trio passe un temps sous la coupe de NEMS, la société de Brian Epstein, qui gère alors plusieurs artistes de Liverpool. La collaboration ne donne pas grand-chose. Mike l’a expliqué avec lucidité : “Comme nous n’étions pas un groupe pop, il ne savait pas vraiment quoi faire de nous.” Le Scaffold ne rentrait dans aucune case du catalogue Epstein, que nous avons retracé dans notre dossier Brian Epstein n’a pas managé que les Beatles.

Thank U Very Much (1967) : un merci devenu tube

Le premier grand succès naît d’un coup de téléphone. Paul a offert à Mike un appareil Nikon pour son anniversaire. Au téléphone, Mike improvise un remerciement chanté. La mélodie lui reste en tête ; il l’enregistre sur un magnétophone Grundig, puis la développe. Le single paraît chez Parlophone le 3 novembre 1967. Il atteint la 4e place du classement britannique, se hisse en tête du classement néo-zélandais du Listener, grimpe à la 12e place au Canada et fait même une incursion au Hot 100 américain.

La chanson a ses admirateurs illustres : le Premier ministre Harold Wilson et la reine mère Elizabeth en étaient, dit-on, amateurs. Son premier vers contient une énigme qui a occupé les fans pendant un demi-siècle : l’Aintree Iron. Mike a longtemps entretenu le mystère, et plusieurs hypothèses ont circulé, de l’hippodrome d’Aintree à diverses figures locales. En 2022, John Gorman a donné sa version : il s’agirait d’un des premiers taxis motorisés d’Angleterre. Rien ne permet de trancher définitivement, et c’est sans doute très bien ainsi.

Thank U Very Much a eu une longue carrière après les classements. De 1982 à 1998, elle sert de jingle publicitaire aux chocolats Cadbury Roses. Elle a été adaptée pour des téléthons en Australie et en Nouvelle-Zélande. En 2020, en pleine pandémie de COVID-19, le Scaffold en enregistre une nouvelle version au profit de NHS Charities Together, pour remercier les soignants. La chanson de remerciement d’un frère à un autre est devenue un remerciement collectif.

Lily the Pink (1968) : le numéro un de Noël

Lily the Pink est une adaptation d’une vieille chanson paillarde, The Ballad of Lydia Pinkham, inspirée d’un fortifiant bien réel, le Lydia E. Pinkham’s Vegetable Compound, commercialisé aux États-Unis à partir de 1876 pour soulager les troubles menstruels et ceux de la ménopause. Le Scaffold en fait une comptine absurde où la médecine miracle de Lily guérit tous les maux d’une galerie de personnages.

L’enregistrement a lieu le 9 août 1968 aux studios EMI de Londres, dans une atmosphère de fête. La distribution des musiciens est remarquable : Jack Bruce, de Cream, tient la basse ; Clem Cattini, l’un des batteurs de studio les plus sollicités de Londres, est à la batterie ; Graham Nash, sur le point de quitter les Hollies, et un certain Reg Dwight — le futur Elton John — font partie des chœurs, tout comme Tim Rice, futur parolier de Jesus Christ Superstar. Mike Vickers, ancien de Manfred Mann, participe aux arrangements. La chanson glisse d’ailleurs une allusion à Jennifer Eccles, un succès des Hollies, clin d’œil complice à la présence de Nash.

Sorti le 10 octobre 1968, le single monte lentement, puis s’installe à la première place du classement britannique pour quatre semaines, au moment de Noël. Il est souvent présenté comme la première chanson comique à décrocher le numéro un de Noël au Royaume-Uni. Il dépasse le million d’exemplaires vendus et atteint aussi la première place en Australie, en Irlande et en Nouvelle-Zélande. Pendant quelques semaines, le frère cadet de Paul est plus haut dans les classements que les Beatles, dont le double album blanc vient de paraître — un épisode que nous avons raconté dans le moment surréaliste où le frère de Paul McCartney a surpassé les Beatles. Il faut toutefois nuancer : Hey Jude, paru à la fin du mois d’août, avait déjà quitté les sommets, le groupe n’avait aucun nouveau single en lice à Noël, et la compétition n’était donc pas directe.

La chanson a connu de nombreuses reprises. Les Irish Rovers en ont donné une version nord-américaine, classée 38e au Canada. En France, Richard Anthony l’a adaptée sous le titre Le Sirop Typhon, et une version québécoise se moquait de la grippe de Hong Kong de 1968-1969.

Les albums et les grands singles du Scaffold

Le Scaffold a enregistré entre 1966 et 1977 pour quatre maisons de disques successives : Parlophone/EMI (1966-1971), Island (1973), Warner Bros. (1974-1975) et Bronze (1976-1977). Le tableau suivant récapitule les jalons essentiels.

Année Titre Format Remarque
1966 2 Days Monday Single Parlophone, production George Martin
1966 Goodbat Nightman Single Parodie de Batman
1967 Thank U Very Much Single N° 4 UK ; composée par Mike McGear
1968 The Scaffold (Live at the Queen Elizabeth Hall) Album Premier album, capté en public
1968 Lily the Pink Single N° 1 UK, quatre semaines, Noël 1968
1969 L. the P. Album Studio, dans le sillage du numéro un
1969 Gin Gan Goolie Single Petit succès, bas du Top 40
1973 Fresh Liver Album Island
1974 Liverpool Lou Single N° 7 UK ; production Paul McCartney, avec les Wings
1975 Sold Out Album Warner Bros.
2025 Box of Scaffold Coffret 5 CD + 1 DVD Esoteric Recordings (Cherry Red) : albums, singles 1966-1977, sessions radio, inédits

Au fil de ces disques, le trio a attiré une impressionnante liste d’invités : outre Jack Bruce, Graham Nash, Tim Rice et Elton John, on croise John Paul Jones, futur bassiste de Led Zeppelin, alors musicien de studio, et même Keith Moon, le batteur des Who, selon les récapitulatifs de la carrière du groupe.

La télévision : Score with the Scaffold, The Liver Birds et Plod

Le Scaffold est aussi une affaire de télévision. En 1970, le trio anime Score with the Scaffold, une série de la BBC destinée à la jeunesse ; le projet contribue d’ailleurs à la rupture avec Parlophone. Le groupe interprète l’indicatif de The Liver Birds, la sitcom de la BBC diffusée de 1969 à 1978, qui suit deux jeunes femmes de Liverpool en colocation. En 1971, il enregistre des chansons pédagogiques destinées à accompagner le passage du Royaume-Uni à la monnaie décimale. En 1972, il crée le court film Plod, autour de son personnage de policier ahuri, P.C. Plod.

Un programme spécial de la BBC tourné en 1969, jugé provocateur à l’époque, a été exhumé en 2025 dans le coffret Box of Scaffold. Il rappelle que l’humour du trio, sous ses airs de comptine, savait mordre.

Séparation et retrouvailles

Le Scaffold se sépare en 1977. Les trois hommes se retrouvent ensuite à intervalles irréguliers : en 2008 pour un enregistrement lié à l’année où Liverpool est capitale européenne de la culture, en 2009 pour une prestation diffusée par la BBC depuis le Ronnie Scott’s Jazz Club de Londres, en 2010 pour un concert à l’Exposition universelle de Shanghai, en 2020 pour la version caritative de Thank U Very Much, et encore en 2023 pour quelques apparitions. Le trio n’a jamais vraiment cessé d’exister ; il a simplement cessé d’être une carrière.

McGough & McGear (1968) : le premier album produit par Paul pour son frère

Poésie, rock et invités de prestige

En mai 1968, Parlophone publie McGough & McGear, un album en duo de Roger McGough et Mike McGear, enregistré entre la fin de 1967 et le début de 1968. Paul McCartney le produit. Le disque alterne poèmes dits, pièces musicales et chansons ; il est à la fois l’héritier de la scène poétique de Liverpool et un produit typique de la période psychédélique.

La liste des musiciens tient du bottin de la scène londonienne de 1967 : Jimi Hendrix à la guitare, son batteur Mitch Mitchell, le claviériste Zoot Money, Paul Samwell-Smith, ancien bassiste des Yardbirds, Gary Leeds, batteur des Walker Brothers, et Paul McCartney lui-même. Jane Asher, alors fiancée de Paul, y chante des chœurs sans être créditée.

Le disque a été un temps envisagé pour le catalogue d’Apple, le label que les Beatles lancent au même moment, avant de sortir finalement chez Parlophone, où les deux hommes étaient déjà sous contrat au sein du Scaffold. Nous l’évoquons dans notre histoire d’Apple Records, l’utopie musicale des Beatles.

Un échec commercial, un objet de collection

L’album passe inaperçu à sa sortie. Il faudra attendre sa réédition en avril 1989, en vinyle et en CD, pour qu’il retrouve une audience, en grande partie grâce à la présence de Hendrix. Aujourd’hui, c’est un disque recherché, à la croisée de trois mondes : les Beatles, Hendrix et la poésie de Liverpool.

Le frère dans l’orbite des Beatles (1967-1969)

25 juin 1967 : All You Need Is Love

Le 25 juin 1967, lors de la retransmission mondiale Our World, les Beatles interprètent en direct All You Need Is Love au Studio One d’Abbey Road. Assis par terre au milieu des ballons et des serpentins, un groupe d’invités chante le refrain final : Mick Jagger, Keith Richards, Keith Moon, Eric Clapton, Marianne Faithfull, Graham Nash, Pattie Boyd, Jane Asher, des membres des Small Faces et du collectif The Fool — et Mike McGear. Le détail figure dans notre décryptage des chansons citées dans All You Need Is Love. Mike est là en tant que membre de la famille et du cercle, pas en tant que vedette.

7 juin 1968 et 12 mars 1969 : deux mariages, deux témoins

Le 7 juin 1968, Mike épouse Angela Fishwick, dans le nord du pays de Galles. Paul est son témoin. Neuf mois plus tard, le 12 mars 1969, les rôles s’inversent : Paul épouse Linda Eastman au bureau d’état civil de Marylebone, à Londres, et c’est Mike qui est son témoin.

Ce jour-là, Mike manque de ne pas arriver. Il voyage en train depuis Birmingham, où il se produit avec le Scaffold ; le train tombe en panne et il arrive avec une heure de retard. La cérémonie attend le témoin. Aucun autre Beatle n’est présent. L’histoire de la rencontre et du mariage est racontée dans notre article sur la naissance de l’histoire d’amour de Paul et Linda.

Cette réciprocité des témoins, en l’espace d’un an, dit la solidité du lien entre les deux frères au moment précis où les Beatles commencent à se déchirer.

GRIMMS (1971-1973) : le supergroupe de l’absurde

Six initiales

En 1971, le Scaffold fusionne avec des membres du Bonzo Dog Doo-Dah Band et de The Liverpool Scene pour former un collectif baptisé GRIMMS. Le nom est un acronyme des patronymes des six membres fondateurs : Gorman, Roberts, Innes, McGear, McGough et Stanshall. John Gorman, Andy Roberts, Neil Innes, Mike McGear, Roger McGough et Vivian Stanshall. Innes et Stanshall viennent des Bonzo Dog ; Innes sera plus tard le compositeur des pastiches des Rutles. Autour du noyau gravitent les poètes Adrian Henri et Brian Patten et des musiciens comme le batteur Michael Giles, ancien de King Crimson, le bassiste Dave Richards et John Megginson.

Le groupe se présente comme un spectacle total, mélange de rock, de comédie et de poésie. Il enregistre pour Island un premier album, Grimms, publié en février 1973, puis Rockin’ Duck, en octobre 1973.

Le départ de Mike

Mike McGear figure sur les disques Island, mais pas sur Sleepers, le troisième album, publié en mai 1976 par DJM. Il quitte le collectif à la fin de 1973, après un incident survenu pendant la tournée de Rockin’ Duck, au moment où les tensions entre les fortes têtes du groupe atteignent le point de rupture. Selon plusieurs récits, la cohabitation avec les poètes ajoutés à la formation était devenue difficile. Ce départ a une conséquence directe : c’est parce que Mike se retrouve libre que Paul lui propose d’enregistrer un single. Ce single deviendra un album.

Woman (1972) : le premier album solo

Un disque personnel

Entre-temps, Mike a publié son premier album solo, Woman, en avril 1972, chez Island Records, sous le nom de Michael McGear. Le disque a été enregistré entre mars 1971 et le début de 1972, en partie aux Strawberry Studios de Stockport. Les notices divergent sur le rôle de producteur : certaines l’attribuent à Roger McGough, d’autres à McGear lui-même. Les musiciens sont pour la plupart ceux de l’entourage de GRIMMS : Andy Roberts aux guitares, Zoot Money aux claviers, Gerry Conway à la batterie, Dave Richards à la basse, John Megginson au piano, le saxophoniste Tony Coe et l’harmoniciste Norm Yardley. Paul McCartney participe à un titre, crédité sous l’appellation énigmatique de “Friend”.

Le répertoire comprend une moitié de chansons coécrites avec Roger McGough et une moitié signées de Mike seul. Le ton est sec, pince-sans-rire, souvent satirique, loin de la manière de son frère, même si la voix, par instants, en rappelle le timbre. Ballades sombres, blues, rock teinté de glam, folk-rock et boogie se succèdent.

La pochette montre une photographie en noir et blanc de Mary McCartney. Le titre de l’album prend dès lors une résonance particulière : Woman est aussi un hommage à la mère disparue seize ans plus tôt.

Kill, la face B que Mike n’a pas voulu rééditer

Le single Woman paraît en avril 1972 avec, en face B, Kill. L’album ne se classe pas, malgré des critiques bienveillantes. En 1997, Edsel le réédite en CD en omettant quatre titres. En 2017, Esoteric Recordings, filiale de Cherry Red, le réédite avec un inédit, une prise alternative de Sister. Mike choisit alors d’écarter Kill, et s’en explique : les paroles, dit-il, sont si représentatives de notre époque qu’il ne veut pas qu’elles servent d’excuse à quiconque pour commettre des violences ; ces mots sont un appel à ce que les tueries cessent. Le scrupule dit beaucoup de l’homme.

McGear (1974) : l’album des deux frères

D’un single à un album

Le deuxième album solo de Mike est le plus connu, et pour cause : c’est le seul disque sur lequel les deux frères McCartney ont véritablement travaillé côte à côte, du début à la fin. Mike a raconté la genèse avec simplicité : Paul lui a demandé s’ils essayaient de faire un peu de musique, il a dit oui, ils ont trouvé des chansons, et cela a si bien fonctionné qu’on leur a conseillé d’en faire un album. Le “on” désigne Lee et John Eastman, le beau-père et le beau-frère de Paul, qui gèrent ses affaires : en écoutant la bande de Leave It, ils suggèrent de transformer le single en disque complet.

La chronologie exacte reste discutée. La fiche de référence de l’album indique que Leave It aurait été enregistrée dès le 26 avril 1973 à Abbey Road, alors que le reste du disque est mis en boîte en janvier et février 1974. Or, selon l’histoire de GRIMMS, Mike ne quitte le collectif qu’à la fin de 1973. Il est possible qu’une première version de Leave It ait été captée en 1973 et que le projet n’ait pris corps qu’après le départ de GRIMMS. Faute de document de séance publié, la prudence s’impose.

Strawberry Studios, Stockport, janvier-février 1974

L’essentiel de l’album est enregistré aux Strawberry Studios de Stockport, dans la banlieue de Manchester, le studio d’Eric Stewart et de ses associés de 10cc, dont le nom est un hommage à Strawberry Fields Forever. L’ingénieur du son Peter Tattersall a gardé un souvenir précis des séances : “C’était incroyable quand Paul est venu au studio, ils travaillaient de 16 heures à 5 heures du matin. Il n’y a pas une seule horloge dans tout le bâtiment, et l’atmosphère est très décontractée.” Il a aussi salué la manière dont Paul dirigeait les musiciens, en sachant obtenir le meilleur d’eux tout en restant amical et professionnel.

Paul produit l’album. Mike chante toutes les parties principales. L’accompagnement est assuré par les Wings de l’époque, ou plus exactement par ce qu’il en reste et ce qu’ils sont en train de devenir : Paul, Linda McCartney, Denny Laine, et un jeune guitariste écossais, Jimmy McCulloch, ancien de Thunderclap Newman et de Stone the Crows. La batterie est tenue notamment par Gerry Conway, que Mike connaît depuis Woman. Mike a qualifié l’expérience de “magique” et de “vraiment collaborative”.

Correctif factuel n° 5 — Denny Seiwell n’a pas joué sur McGear

Une page de référence consacrée aux séances de McGear cite Denny Seiwell parmi les musiciens présents à Stockport en janvier-février 1974. C’est impossible : le batteur américain a quitté les Wings en août 1973, en même temps que le guitariste Henry McCullough, à la veille du départ pour Lagos où sera enregistré Band on the Run. Début 1974, les Wings n’ont plus de batteur attitré ; Geoff Britton ne sera recruté qu’au printemps suivant. La confusion vient probablement de la ressemblance entre les noms de Henry McCullough, parti en 1973, et de Jimmy McCulloch, arrivé en 1974.

Les dix chansons

L’album original compte dix titres. Neuf sont signés ou cosignés par Paul McCartney ; un seul est une reprise.

Titre Auteurs Durée
1 Sea Breezes Bryan Ferry 4:50
2 What Do We Really Know? Paul McCartney 3:28
3 Norton Paul McCartney, Mike McCartney 2:37
4 Leave It Paul McCartney 3:45
5 Have You Got Problems? Paul McCartney, Mike McCartney 6:18
6 The Casket Paul McCartney, Roger McGough 4:19
7 Rainbow Lady Paul McCartney, Mike McCartney 3:30
8 Simply Love You Paul McCartney, Mike McCartney 2:51
9 Givin’ Grease a Ride Paul McCartney, Mike McCartney 5:36
10 The Man Who Found God on the Moon Paul McCartney, Mike McCartney 6:32

Le choix d’ouvrir par une reprise de Roxy Music, Sea Breezes, tirée du premier album du groupe de Bryan Ferry, est audacieux : c’est la chanson la plus sombre et la plus lente du disque, et elle pose d’emblée un climat très éloigné de l’image comique du Scaffold. What Do We Really Know?, écrite par Paul seul, condense en quelques minutes une philosophie de l’incertitude qui lui est chère ; nous l’avons placée en tête de nos 32 pépites cachées de Paul McCartney. The Casket met en musique un texte de Roger McGough, trait d’union avec le Scaffold. The Man Who Found God on the Moon, longue pièce finale, inspirée par les récits mystiques de certains astronautes du programme Apollo, montre l’ambition du projet.

Plusieurs commentateurs ont rapproché certaines chansons de l’album d’autres titres inédits de Paul enregistrés à la même période, comme I’ll Give You a Ring, que certaines sources rattachent aux séances de McGear ; nous avons examiné cette hypothèse dans notre article sur I’ll Give You a Ring.

La pochette à la Gulliver

La pochette représente Mike en Gulliver entouré de figurines lilliputiennes, parmi lesquelles des membres du groupe et des photographies d’enfance de Paul et Mike. L’image résume l’esprit du disque : une affaire de famille, traitée avec humour et une pointe de merveilleux.

Sortie, singles et réception

McGear paraît chez Warner Bros. le 24 septembre 1974 (référence K 56051). Quatre singles en sont tirés ou en découlent : Leave It, avec Sweet Baby en face B, en septembre 1974, qui monte à la 36e place du classement britannique ; Sea Breezes, avec Givin’ Grease a Ride, en février 1975 ; Dance the Do, avec Norton, en juillet 1975 ; Simply Love You, avec What Do We Really Know?, en novembre 1975. L’album ne se classe pas.

Le disque a longtemps été considéré comme un album fantôme de Wings. Il a été réédité par Rykodisc aux États-Unis en 1991, par See For Miles au Royaume-Uni en 1992, avec deux titres supplémentaires, Dance the Do et Sweet Baby, puis par Cherry Red en 2019 dans une édition augmentée de prises alternatives. Notre chronique détaillée est à lire ici : McGear : Paul McCartney et son frère dans une aventure musicale unique.

Correctif factuel n° 6 — McGear n’est pas un album de Wings, et Liverpool Lou n’est pas un single solo de Mike

On lit parfois que McGear serait un “album perdu de Wings”. La formule est commode mais trompeuse : le disque est crédité à Mike McGear, publié par Warner Bros. et non par EMI/Capitol, et les Wings n’y apparaissent qu’en tant que musiciens d’accompagnement. Par ailleurs, Leave It, 36e au Royaume-Uni, est le seul single solo de Mike à être entré dans les classements. Liverpool Lou, n° 7 en 1974, est un single du Scaffold, même s’il a été produit par Paul pendant la même période.

Liverpool Lou (1974) : le dernier grand succès du Scaffold

Pendant cette période faste, Paul produit aussi un single pour le Scaffold réuni : Liverpool Lou, chanson du chanteur et auteur irlandais Dominic Behan. Les Wings jouent l’accompagnement. La face B, Ten Years After on Strawberry Jam, est une pièce instrumentale créditée à Paul et Linda McCartney. Le single atteint la 7e place du classement britannique au printemps 1974 ; ce sera le dernier grand succès du trio. Les séances de 1974 sont aussi celles où Jimmy McCulloch trouve sa place auprès de Paul ; quelques mois plus tard, il rejoindra officiellement les Wings, qui partiront pour Nashville puis enregistreront One Hand Clapping à Abbey Road.

Les dernières années musicales (1975-1981)

Après McGear, Mike publie quelques singles de plus en plus confidentiels. En juin 1976, Do Nothing All Day, avec A to Z en face B, paraît chez EMI. En mai 1980, All the Whales in the Ocean, adossé à I Juz Want What You Got – Money!, sort chez Carrere ; la chanson témoigne d’une sensibilité écologique alors naissante dans la pop. En juillet 1981, au moment du mariage du prince Charles et de Diana Spencer, il publie chez Conn un single satirique, No Lar Di Dar (Is Lady Di), avec God Bless Our Gracious Queen en face B. Ce sera sa dernière sortie discographique sous le nom de McGear.

Au début des années 1980, Mike quitte la musique. Il abandonne le pseudonyme et revient à son nom de famille. Il ne s’agit pas d’une retraite, mais d’un changement d’outil : l’appareil photo et la plume prennent le relais. En décembre 1996, il réapparaît toutefois au générique d’un CD caritatif, A Collection of Songs for the Young Homeless of Merseyside, au profit des jeunes sans-abri de la région.

Mike McCartney, photographe et auteur

Les livres

Revenu à son nom, Mike publie une série de livres qui puisent dans ses archives photographiques et familiales. Le tableau ci-dessous en recense les principaux.

Année Titre Contenu
1981 Thank U Very Much: Mike McCartney’s Family Album (publié aux États-Unis sous le titre The Macs) Album de famille commenté, photos des McCartney et des Beatles
1986 Mike Mac’s White and Blacks Photographies en noir et blanc, dessins et textes
1992 Remember: The Recollections and Photographs of the Beatles Souvenirs et photographies des Beatles, son livre le plus diffusé
2003-2005 Mike McCartney’s Liverpool Life Photographies noir et blanc des années 1960 ; livre et exposition itinérante
2008 Mike McCartney’s LIVE8 Coolpix Coulisses du concert Live 8 de 2005, édition limitée
2009 Mike McCartney’s North Highlands Paysages du nord de l’Écosse, préface du prince Charles, devenu depuis Charles III
2021 Mike McCartney’s Early Liverpool Genesis Publications, 2 000 exemplaires signés, photographies et dessins inédits

Liverpool Life, une exposition autour du monde

L’exposition Mike McCartney’s Liverpool Life, présentée à partir du milieu des années 2000, a voyagé à Liverpool, au Provincial Museum of Alberta, au Canada, et a été accueillie pendant douze mois par la Smithsonian Institution aux États-Unis. Les photographies de Mike ont aussi été exposées en Écosse, en Irlande et au Japon. Elles racontent une ville autant qu’un groupe : les docks, les rues, les visages, la Mersey.

Early Liverpool, la somme de 2021

En décembre 2020, Genesis Publications, l’éditeur britannique des beaux livres signés, ouvre les précommandes de Mike McCartney’s Early Liverpool, qui paraît fin 2021. Le tirage est limité à 2 000 exemplaires, tous signés par l’auteur : les 350 premiers en édition de luxe, entièrement reliée en toile, avec trois tirages signés au format 8 × 10 pouces dans un coffret ; les 1 650 suivants en édition collector, avec un tirage estampillé. Le prix public annoncé est de 325 livres. Le livre rassemble photographies, dessins et commentaires sur le Liverpool des années 1960 et 1970 : les Beatles, le Scaffold, mais aussi Little Richard et Jerry Lee Lewis de passage. Un tirage collector montre John, Paul et George en Quarrymen lors d’une fête de la famille McCartney en 1958, accompagné d’une image de 2012. Mike a résumé l’ambition du projet : “Je retrouve sans cesse des photos et des dessins perdus. Ce sera mon témoignage définitif sur une époque magique.”

Le prix du livre a été critiqué par une partie des amateurs, qui regrettaient de voir un document aussi important réservé aux collectionneurs fortunés. C’est la limite habituelle du modèle Genesis.

Correctif factuel n° 7 — Early Liverpool n’est pas une nouveauté de 2026

En mars 2026, le magazine Amateur Photographer a consacré un article aux “photos inédites des Beatles” prises par Mike McCartney, en citant Mike McCartney’s Early Liverpool. Plusieurs relais en ont déduit que le livre venait de paraître. Ce n’est pas le cas : l’ouvrage a été annoncé par Genesis Publications en décembre 2020 et publié fin 2021. Les images étaient “inédites” au moment de la parution du livre, pas en 2026.

Heswall, Jim et la famille

Rembrandt, la maison du père

En 1964, Paul achète à son père une maison à Heswall, sur la péninsule de Wirral, de l’autre côté de la Mersey : Rembrandt. La même année, le 24 novembre, Jim McCartney se remarie avec Angela Williams, veuve, et adopte sa fille Ruth, née en 1960, qui devient la demi-sœur par adoption de Paul et Mike. Mike s’installe lui aussi sur le Wirral, où il vit encore. Jim McCartney meurt le 18 mars 1976, à soixante-treize ans.

Deux mariages, six enfants

Mike épouse Angela Fishwick le 7 juin 1968. Le couple a trois filles : Benna, Theran et Abigail. Après leur divorce, il épouse Rowena Horne le 29 mai 1982 ; ils ont trois fils : Joshua, Max et Sonny. En 2011, lors du mariage de Paul avec Nancy Shevell, Mike fait partie des proches présents et confie à la presse que les mariés ont eu “une belle danse ensemble”.

Mike et Paul : une fraternité à bonne distance

“Our kid”

La relation entre les deux frères est l’un des rares liens de la galaxie Beatles qui n’ait jamais donné lieu à une brouille publique. Mike parle de Paul comme de “our kid”, avec une fierté sans servilité. Il n’a jamais écrit de livre-révélation, jamais monnayé de secret, jamais pris parti dans les querelles qui ont suivi la séparation du groupe. Son choix initial — ne pas être Paul — l’a protégé : n’étant pas en concurrence, il n’a jamais eu à régler de compte.

“Brother Michael” dans Let ‘Em In

Paul, de son côté, a glissé son frère dans son œuvre. Dans Let ‘Em In, succès des Wings en 1976, il énumère une série de visiteurs qui frappent à la porte : parmi eux, “Brother Michael” et “Auntie Gin”, sa tante Gin. Les noms sont réels et renvoient à la famille de Liverpool, comme nous le rappelons dans notre sélection de 20 chansons pour découvrir les Wings. Trente ans plus tard, en 2005, c’est une photographie de Mike qui orne la pochette de Chaos and Creation in the Backyard. Les échanges entre les deux frères passent par les œuvres plus que par les déclarations.

Le droit d’être soi

La trajectoire de Mike pose une question que peu de biographies des Beatles abordent : que devient-on quand son frère devient l’homme le plus célèbre du monde ? La réponse de Mike tient en trois gestes. Changer de nom, pour ne rien devoir à la célébrité familiale. Changer de terrain, en choisissant la satire et la poésie plutôt que la pop. Changer d’outil, en passant de la scène à la photographie, où son lien avec Paul devient une force plutôt qu’un fardeau. Ce n’est pas une carrière de second rôle. C’est une carrière de biais, construite avec lucidité.

Un homme du Merseyside : engagement et reconnaissance

Mike McCartney n’a jamais quitté la région de Liverpool. Il s’est engagé dans des causes locales, du disque de 1996 pour les jeunes sans-abri à la version de 2020 de Thank U Very Much pour les soignants. En 2019, il reçoit la British Empire Medal dans la liste d’honneurs de l’anniversaire de la reine, pour services rendus à la communauté du Merseyside. En 2024, à plus de quatre-vingts ans, il assiste encore aux Wirral Life Awards, au Titanic Hotel de Liverpool. En 2026, ses lettres et photographies sont exposées à Hambourg pour célébrer le lien entre les deux villes portuaires.

Chronologie de Mike McCartney

Date Événement
7 janvier 1944 Naissance à Walton Hospital, Liverpool
1955 Installation de la famille au 20 Forthlin Road
31 octobre 1956 Mort de sa mère, Mary McCartney
29 juillet 1957 Départ en camp scout à Hathersage avec Paul
8 mars 1958 Photographie en couleur des Quarrymen au mariage du cousin Ian
1962 Lettres de Stuart Sutcliffe (février) et de Paul et John (mai) ; photos de Forthlin Road et de la Cavern
1964 The Scaffold se produit comme trio autonome
25 juin 1967 Dans le chœur d’All You Need Is Love, émission Our World
3 novembre 1967 Sortie de Thank U Very Much (n° 4 UK)
Mai 1968 Album McGough & McGear, produit par Paul
7 juin 1968 Mariage avec Angela Fishwick, Paul témoin
Décembre 1968 Lily the Pink n° 1 de Noël
12 mars 1969 Témoin au mariage de Paul et Linda
1971-1973 Membre de GRIMMS
Avril 1972 Album Woman (Island)
Printemps 1974 Liverpool Lou (Scaffold), n° 7 UK
24 septembre 1974 Album McGear (Warner Bros.)
18 mars 1976 Mort de son père, Jim McCartney
1977 Séparation du Scaffold
Juillet 1981 Dernier single, No Lar Di Dar (Is Lady Di)
29 mai 1982 Mariage avec Rowena Horne
1992 Livre Remember
2005 Sa photo de 1962 en couverture de Chaos and Creation in the Backyard
2009 Mike McCartney’s North Highlands
2019 British Empire Medal
2020 Nouvelle version de Thank U Very Much pour NHS Charities Together
2021 Mike McCartney’s Early Liverpool (Genesis)
2025 Coffret Box of Scaffold
9-25 mai 2026 Lettres et photographies exposées à l’hôtel de ville de Hambourg

Questions fréquentes sur Mike McCartney

Mike McCartney est-il le frère aîné ou cadet de Paul ?

Il est le cadet. Paul est né le 18 juin 1942, Mike le 7 janvier 1944, soit dix-huit mois plus tard.

Pourquoi s’appelait-il Mike McGear ?

Pour ne pas être accusé de profiter de la célébrité de son frère. Gear est un mot d’argot de Liverpool qui signifie “génial”. Il a repris son nom de famille au début des années 1980.

Mike McCartney a-t-il fait partie des Beatles ?

Non. Il a joué enfant sur une batterie familiale en présence des Quarrymen, mais un bras cassé à treize ans a mis fin à cette pratique. Il n’a jamais été membre du groupe.

Quel est le plus grand succès de Mike McCartney ?

Lily the Pink, avec le Scaffold, numéro un au Royaume-Uni pendant quatre semaines à Noël 1968 et vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Paul McCartney a-t-il produit des disques pour son frère ?

Oui : l’album McGough & McGear (1968), l’album McGear (1974), enregistré avec les Wings, et le single du Scaffold Liverpool Lou (1974).

Quelle photo de Mike McCartney orne un album de Paul ?

La pochette de Chaos and Creation in the Backyard (2005) reprend une photographie de 1962 montrant Paul jouant de la guitare dans la cour de Forthlin Road, derrière le linge qui sèche.

Mike McCartney a-t-il été décoré ?

Oui, il a reçu la British Empire Medal en 2019 pour services rendus à la communauté du Merseyside.

Combien d’enfants a Mike McCartney ?

Six : trois filles de son premier mariage avec Angela Fishwick et trois fils de son second mariage avec Rowena Horne.

Conclusion : l’homme qui a choisi l’autre côté de l’objectif

Mike McCartney aurait pu être une note de bas de page. Il est devenu un chapitre à part entière, discret mais indispensable, de l’histoire culturelle de Liverpool. Ses chansons ont occupé la première place des classements à Noël, ses photographies ont permis de reconstituer une maison devenue lieu de mémoire, ses lettres éclairent la période la plus obscure des Beatles. Surtout, il a démontré qu’on pouvait grandir à l’ombre d’un géant sans s’y perdre. Il a choisi, très tôt, de regarder plutôt que d’être regardé. C’est ce regard, patient, affectueux et ironique, qui fait aujourd’hui de lui l’un des témoins les plus précieux de l’aventure.

Sources et bibliographie

  • Wikipédia (anglais) : fiches Mike McCartney, The Scaffold, GRIMMS, McGear, Woman (Mike McGear album), Lily the Pink (song), Thank U Very Much (The Scaffold song).
  • The Paul McCartney Project : fiche artiste Mike McGear, fiche de l’album McGear, page des séances de janvier-février 1974, annonce de Mike McCartney’s Early Liverpool (décembre 2021).
  • The Beatles Bible : 29 juillet 1957, départ en camp scout à Hathersage.
  • Please Kill Me, “Our Kid: Mike McCartney Captures the Early Beatles on Film”, 24 novembre 2021.
  • Ultimate Classic Rock, article sur le bras cassé et la comparaison avec Oasis, 2 décembre 2021.
  • Amateur Photographer, Steve Fairclough, article du 4 mars 2026 sur les photographies de Mike McCartney.
  • Glass Magazine, Michele Kirsch, critique et entretien, 13 avril 2022.
  • uDiscover Music, annonce de Mike McCartney’s Early Liverpool, décembre 2020 ; Genesis Publications, fiche du livre.
  • The Second Disc : réédition de Woman (25 mai 2017) et coffret Box of Scaffold (13 mai 2025).
  • CCA Galleries, biographie de Mike McCartney ; Hello!, portrait de Mike McCartney.
  • Liverpool City Region Combined Authority et Birkenhead News (6 mai 2026) : exposition From Me to You à l’hôtel de ville de Hambourg.
  • Mike McCartney, Thank U Very Much: Mike McCartney’s Family Album (1981) ; Remember (1992) ; Mike McCartney’s Early Liverpool (Genesis, 2021).
  • Mark Lewisohn, The Beatles: All These Years, Volume One — Tune In (2013), pour l’enfance à Liverpool et la chronologie des Quarrymen.

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