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Ringo Starr : Une voix sous-estimĂ©e qui a marquĂ© l’histoire des Beatles

Ringo Starr : Le charme insoupçonnĂ© du « weak link » de la voix des Beatles…

Lorsqu’on pense aux Beatles, ce sont gĂ©nĂ©ralement les noms de John Lennon et Paul McCartney qui surgissent pour Ă©voquer la composition et le chant, avec, Ă  un degrĂ© moindre, George Harrison. Au fil des dĂ©cennies, Ringo Starr a souvent Ă©tĂ© perçu comme le « maillon faible » en matiĂšre de chant. Pourtant, le batteur au style unique et au sourire malicieux a prouvĂ©, Ă  maintes reprises, qu’il pouvait aussi s’illustrer au micro. Des dĂ©buts modestes dans un rĂ©pertoire live Ă  la consolidation d’une prĂ©sence vocale attachante, Ringo a signĂ© onze performances de chant pour le groupe – autant de tĂ©moignages d’un charme espiĂšgle et d’une bonne humeur communicative. Retour sur l’histoire de ces chansons qu’il a portĂ©es de sa voix douce mais pleine de caractĂšre.

De la timidité à la scÚne : les débuts de Ringo au chant

1. « Boys »
DĂšs le premier album des Beatles, Please Please Me (1963), Ringo s’empare du micro pour interprĂ©ter « Boys », un titre originellement chantĂ© par les Shirelles. Simple, direct et enregistrĂ© en une seule prise, ce morceau est un choix quelque peu hĂątif pour combler un quota de chansons dans l’album. Bien qu’il ne rĂ©vĂšle pas encore toute l’étendue du charme de Ringo, il offre un aperçu de l’énergie brute qu’il dĂ©gageait dĂ©jĂ  dans les clubs de Liverpool et dans ses prĂ©cĂ©dents groupes, dont Rory Storm and the Hurricanes. Son timbre, encore balbutiant, se heurte au scepticisme initial du producteur George Martin, qui se demande si Ringo sera capable de soutenir vocalement le groupe.

2. « I Wanna Be Your Man »
Sur le deuxiĂšme album, With the Beatles (1963), Paul McCartney Ă©crit la chanson « I Wanna Be Your Man » non seulement pour Ringo, mais aussi pour en faire un tube pour les Rolling Stones. Bien qu’il reste souvent associĂ© Ă  la version plus mordante de ces derniers, le morceau permet Ă  Ringo d’enchaĂźner sur un style lĂ©gĂšrement plus rock, prouvant sa capacitĂ© Ă  apporter une simplicitĂ© entraĂźnante aux faces B du groupe.

Entre reprises américaines et compositions timides

3. « Matchbox » et 4. « Honey Don’t »
Dans les premiĂšres annĂ©es des Beatles, on retrouve une passion pour le rockabilly et le blues. Ringo en profite pour interprĂ©ter ces reprises signĂ©es Carl Perkins : « Matchbox » et « Honey Don’t ». La premiĂšre figure sur le EP Long Tall Sally (1964), la seconde dans l’album Beatles for Sale (1964). Deux titres qui assoient progressivement la prĂ©sence vocale du batteur. Sur des rythmes enjouĂ©s, Ringo y rĂ©vĂšle un style vocal discret mais chaleureux, bien qu’il ne s’agisse encore que de simples parenthĂšses au sein d’albums dominĂ©s par les chansons de Lennon-McCartney.

5. « Act Naturally »
En 1965, avec l’album Help!, les Beatles commencent Ă  s’éloigner du schĂ©ma des reprises, prĂ©fĂ©rant leurs propres compositions. « Act Naturally » (popularisĂ© par Buck Owens) est la derniĂšre reprise que le groupe enregistre entiĂšrement, et Ringo en est la vedette. Il y incarne Ă  merveille le personnage d’un gars dĂ©contractĂ©, prĂȘt Ă  faire rire le public, tout en conservant une touche country-swing qui contraste fortement avec les innovations pop psychĂ©dĂ©liques qui pointent dĂ©jĂ  Ă  l’horizon.

6. « What Goes On »
Toujours en 1965, sur Rubber Soul, c’est « What Goes On » qui confie Ă  Ringo le rĂŽle de chanteur principal. Ce morceau, co-signĂ© par Lennon et McCartney, prĂ©sente nĂ©anmoins un crĂ©dit d’écriture Ă  Ringo Starr pour la premiĂšre fois. MĂȘme s’il s’agit d’une chanson plutĂŽt lĂ©gĂšre en regard de l’ensemble de l’album, elle constitue une Ă©tape supplĂ©mentaire vers une identification vocale de Ringo : il n’est plus seulement un interprĂšte de reprises mais un interlocuteur musical qui peut façonner l’esprit d’un morceau.

L’ñge d’or de Ringo derriùre le micro

7. « Yellow Submarine »
En 1966, Revolver marque une rĂ©volution dans la discographie des Beatles : les arrangements se complexifient, l’expĂ©rimentation devient la norme. Au milieu de ce tourbillon crĂ©atif, on trouve « Yellow Submarine », un titre que Ringo Starr interprĂšte. Joyeusement naĂŻf, ce morceau divise le public entre ceux qui l’adorent pour sa simplicitĂ© enfantine et ceux qui critiquent son cĂŽtĂ© trop puĂ©ril. Pourtant, il restera comme l’une des chansons phares de l’imaginaire collectif, offrant Ă  Ringo l’un de ses grands moments de communion avec les auditeurs.

8. « With A Little Help From My Friends »
En 1967, c’est l’apothĂ©ose : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band s’impose comme l’album-culte de la contre-culture naissante, et Ringo y incarne Billy Shears pour « With A Little Help From My Friends ». Cette chanson, Ă©crite par Lennon et McCartney, est unanimement saluĂ©e, souvent considĂ©rĂ©e comme la meilleure performance de Ringo avec le groupe. Il livre une interprĂ©tation touchante, empreinte de sincĂ©ritĂ©, que de nombreux artistes reprendront par la suite (dont Joe Cocker, offrant une version radicalement diffĂ©rente). Aujourd’hui encore, c’est un morceau incontournable dans les concerts solo de Ringo.

Les perles (un peu) cachĂ©es du « White Album »

9. « Don’t Pass Me By » et 10. « Good Night »
En 1968, The Beatles (souvent appelĂ© The White Album) marque une explosion de diversitĂ© sonore : chacun veut y mettre sa patte. Ringo apparaĂźt sur deux chansons en tant que chanteur principal, une premiĂšre dans la discographie du groupe. Avec « Don’t Pass Me By », il signe sa premiĂšre composition 100 % personnelle, longtemps restĂ©e dans les tiroirs depuis 1964. Le morceau, oscillant entre country et pop, reflĂšte la bonhomie de Ringo tout en montrant sa progression crĂ©ative.

Puis vient « Good Night », berceuse Ă©crite par John Lennon pour son fils Julian. Ici, Ringo pose sa voix sur un arrangement orchestral sans que les autres Beatles ne jouent d’instrument. Cette douceur onirique clĂŽt en beautĂ© le deuxiĂšme disque du White Album. On y voit un Ringo inattendu, capable d’intimitĂ©, loin de l’image rigolote qu’il vĂ©hicule souvent.

Un ultime chant de sirĂšne : « Octopus’s Garden »

11. « Octopus’s Garden »
Abbey Road (1969) est l’avant-dernier opus enregistrĂ© par les Beatles, et c’est ici que Ringo signe son deuxiĂšme morceau maison : « Octopus’s Garden ». Puisant dans des imaginaires marins et des souvenirs de vacances (Ringo aurait eu l’idĂ©e en mangeant du calamar en Sardaigne), la chanson transpire une ambiance Ă  la fois enfantine et lumineuse. MalgrĂ© les tensions rĂ©currentes entre les membres du groupe, ce titre demeure l’un des moments lĂ©gers de l’album, un retour Ă  la simplicitĂ© au milieu de la sophistication de piĂšces comme « Something » ou le fameux medley final. Avec l’aide de George Harrison, Ringo parvient Ă  transformer ce concept naĂŻf en une ballade doucement enjouĂ©e. C’est aussi la derniĂšre fois qu’il chante en lead sur un morceau inĂ©dit des Beatles, clĂŽturant ainsi un parcours chantĂ© entamĂ© sept ans plus tĂŽt.

Ringo Starr, une voix discrĂšte mais indispensable

Si Ringo Starr est longtemps restĂ© dans l’ombre de Lennon, McCartney et Harrison en matiĂšre de composition, il a nĂ©anmoins jalonnĂ© la discographie des Beatles de prestations vocales inoubliables, alliant humour, sincĂ©ritĂ© et un certain optimisme. Depuis les premiĂšres reprises quelque peu hasardeuses jusqu’aux douces mĂ©lodies de « Good Night » et Ă  l’excentricitĂ© sous-marine de « Octopus’s Garden », Ringo a prouvĂ© qu’il possĂ©dait une identitĂ© vocale tout Ă  fait singuliĂšre.

En revisitant ces 11 chansons qui l’ont vu briller derriĂšre le micro, on ne peut que constater Ă  quel point elles ont participĂ© Ă  la richesse de l’univers Beatles. Elles Ă©clairent Ă©galement la dynamique crĂ©ative d’un groupe en constante mutation, dans lequel chacun trouvait un espace – mĂȘme restreint – pour s’exprimer. De l’étiquette injuste de « maillon faible » Ă  la douce berceuse d’« Abbey Road », le parcours vocal de Ringo Starr au sein des Beatles demeure l’un des plus attachants segments de la lĂ©gende du plus grand groupe de tous les temps.

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