Alors quil revient en France pour deux concerts exceptionnels, lancien Beatle nous a reçus pour parler de son actualité, mais aussi de son passé de légende.
Lan passé, une bronchite lavait cloué au lit et obligé à annuler ses concerts prévus de longue date au Japon. Mais aussitôt remis sur pieds, lancien Beatle neut quune idée en tête : honorer sa dette et remonter le plus vite possible sur les planches. Avant linterview, son manager prévient : « Ne lui parlez pas des Beatles ou de sa vie privée, il ne vous répondra pas ! De toute façon, en vingt minutes, il vous faudra aller vite. » McCartney nentend visiblement pas les consignes de son équipe et prendra le temps nécessaire pour répondre à toutes nos interrogations. Trente-trois minutes plus tard, sa parole reste toujours un événement, surtout à la veille de ses deux concerts en France, vendredi 5 juin au Vélodrome de Marseille et jeudi 11 juin au Stade de France, où, promis juré, il chantera « Michelle » et toutes les autres. Premiers extraits
Paris Match. Vous avez démarré cette semaine une nouvelle tournée européenne. Comment choisissez-vous les chansons que vous interprétez ?
Paul McCartney. La première chose à laquelle je pense, cest : Si moi jétais dans le public de Paul McCartney, quest-ce que jaimerais lentendre chanter ? Cela me permet détablir une première liste. Puis je me demande : Vu que je suis Paul McCartney, quest-ce que jai envie de chanter, au-delà des titres les plus attendus ? Puis jen parle avec mon groupe, qui propose lui aussi toujours de bonnes idées. Et cest comme ça quon arrive à presque 40 morceaux chaque soir. Je cherche aussi à interpréter deux ou trois chansons qui sont moins attendues, que le public ne connaît pas forcément. Cest une cerise sur le gâteau.
Aujourdhui, vous donnez limpression, comme Bob Dylan, de vous être lancé dans une tournée sans fin. Est-ce le cas ?
Probablement, oui. Si vous considérez le temps que jai passé sur scène avec Wings ou les Beatles, les concerts ont toujours été une partie importante de ma vie. Alors, oui, aujourdhui, je nai pas lintention de marrêter. Je mentends bien avec mon groupe, jaime chanter devant les gens et jai la chance davoir un public qui a encore envie de mentendre. Alors pourquoi faire autre chose ? Cest ce quil y a de plus naturel pour un musicien. Si vous analysez simplement les choses, mon travail, cest décrire des chansons, de les enregistrer et de les jouer en public. Cest tout.
Est-ce plus plaisant à 72 ans quà 20 ans ?
Cest aussi plaisant. Et cest même parfois plus plaisant, pour être honnête.
« QUAND JE SORS DE L’AVION ET QUE JE VOIS LA FOULE QUI M’ATTEND, ÇA ME FAIT TOUJOURS QUELQUE CHOSE »
Est-ce que la vie en tournée peut être mieux que la réalité ?
Evidemment ! Tous les musiciens vous le diront. En tournée, je suis dans une bulle, on prend soin de moi à chaque instant, on réserve les hôtels pour moi, on sassure quils sont confortables, on arrange mes transferts. Vous ne vous souciez pas des problèmes daéroport, toute la machine est mise à votre service. Et chaque fois que cela se termine, cest comme une petite dépression. Cela métonne toujours un peu quand je dois réserver moi-même une chambre dhôtel… Tout est tellement plus simple quand on vous met dans une bulle [Il rit.]
Pouvez-vous mener une vie normale ? Sortir sans être reconnu, aller au restaurant, au cinéma ?
Cela marrive, oui. Et même si les gens me reconnaissent, ils savent, la plupart du temps, quil y a une limite à ne pas franchir. Je fais tout pour avoir une vie privée qui soit vraiment privée. Donc, oui, je vais au cinéma, jachète du pop-corn. Quand je le raconte à mes amis, ils ne veulent pas me croire. Pourtant, cest vrai ! Je vais aussi faire mes courses moi-même, en ville ou au supermarché. Cest dailleurs lendroit où lon maborde le plus souvent, on me demande une photo. Et je réponds toujours : Je suis désolé, je ne peux pas, car vous devez forcément savoir combien cest compliqué pour un homme de faire du shopping ! [Il rit.] Dans ces moments-là, je ne me vois pas comme le mec ultra célèbre qui va monter sur scène. Cest le meilleur moyen pour rester normal. Vous savez, il existe un endroit à Saint-Tropez où vous pouvez faire une photo avec un singe. Si jaccepte dêtre photographié dans un supermarché ou ailleurs, je me sens vraiment comme le singe. Mais je nécarte jamais les gens, on discute, on se serre la main, jessaie de conserver des relations humaines le plus saines possible.
Source : parismatch













