Sir Paul na pas gagné de points dans mon salon, enfin pas depuis la sortie de Kisses on the Bottom, son premier album de crooner jazzy. Deux, trois écoutes me conduisent à cette conclusion: exercice de style de grand luxe et sans imagination aucune.
Avec moquette de cordes et ballots de ouate, cette production recrute des valeurs sûres, dont Diana Krall, le London Symphony Orchestra, Eric Clapton ou Stevie Wonder, les arrangeurs Johnny Mandel et Alan Broadbent (aussi pianiste du Quartet West de Charlie Haden). Kisses on the Bottom a été réalisé par Tommy Li Puma
à qui Diana Krall doit la même approche faste, somptueuse
et mise au point dans les années 30, 40 et 50.
Prétextant vouloir faire revivre la musique chérie par ses parents, Macca ne cache pas avoir été intimidé par les collègues jazzmen en jouant aux crooners dune autre époque. Quà cela ne tienne, il a su sadapter au contexte. À ce répertoire sajoutent trois titres de son cru , écrits dans le même esprit My Valentine, Only Our Hearts ou Babys Request si vous vous êtes procuré la version de luxe.
Pourquoi cet album me semble-t-il ennuyeux ? Parce quon ny trouve rien, rien et rien de particulier sauf un exercice de style. Un peu fatiguée, la voix de Macca sy déploie dans un cadre archi-conventionnel, archi-convenu, archi-redondant.
Quon ne sy méprenne, jadore les standards jazzifiés de Broadway et Tin Pan Alley (Its Only A Paper Moon, My One And Only Love, Bye Bye Blackbird, etc.), encore faut-il leur donner un éclairage singulier. Que Paul McCartney ait fini par les reprendre na rien détonnant. Quun artiste de cette trempe nait eu aucun problème à saisir la rythmique du phrasé et le ton intrinsèque de linterprétation na rien détonnant non plus. Mais
cet exercice de style me semble plutôt ennuyeux au bout du compte, nettement moins excitant que cette rencontre entre Willie Nelson et Wynton Marsalis, pour reprendre un exemple relativement comparable.
Source : cyberpresse













