TLDR : DĂ©couvrez l’histoire derrière « Taxman », la chanson des Beatles qui dĂ©nonce la fiscalitĂ© britannique des annĂ©es 60 et marque l’Ă©mergence de George Harrison en tant qu’auteur-compositeur.
George Harrison Ă©tait malheureux. En 1966, les Beatles sont de loin le groupe le plus populaire de tous les temps. Des millions de fans Ă©coutent leur musique, achètent leurs albums et viennent assister Ă leurs concerts. L’afflux soudain d’argent est Ă©crasant, surtout pour quatre garçons de la classe ouvrière de Liverpool. Mais Harrison ne voit pas autant d’argent qu’il le devrait, et ce n’est pas seulement Ă cause des contrats pitoyables que les Beatles ont conclus avec leur manager, Brian Epstein, et leur maison de disques, EMI. C’Ă©tait aussi Ă cause de la structure fiscale en vigueur en Grande-Bretagne dans les annĂ©es 1960.
« J’ai dĂ©couvert que je payais Ă©normĂ©ment d’argent au fisc », dĂ©clare Harrison dans le livre Anthology. « Vous ĂŞtes tellement heureux d’avoir enfin commencĂ© Ă gagner de l’argent – et puis vous dĂ©couvrez les impĂ´ts. Ă€ l’Ă©poque, on payait 19 shillings et six pence sur chaque livre, et avec la supertaxe, la surtaxe et la taxe-taxe, c’Ă©tait ridicule – une lourde pĂ©nalitĂ© Ă payer pour gagner de l’argent. C’Ă©tait une lourde pĂ©nalitĂ© Ă payer pour gagner de l’argent. C’Ă©tait un grand dĂ©saveu pour la Grande-Bretagne. Tous ceux qui gagnaient de l’argent partaient en AmĂ©rique ou ailleurs ».
Ă€ l’Ă©poque oĂą la chanson a Ă©tĂ© Ă©crite, le gouvernement britannique Ă©tait contrĂ´lĂ© par le parti travailliste, dirigĂ© par Harold Wilson. Ce dernier a mis en place un système d’imposition progressif qui a permis aux plus riches de reverser jusqu’Ă 90 % de leurs revenus Ă l’État. Ces mĂŞmes lois allaient plus tard conduire des groupes comme les Rolling Stones Ă devenir des exilĂ©s fiscaux, mais au lieu de s’installer dans un autre pays, Harrison a dĂ©cidĂ© d’Ă©crire une chanson Ă ce sujet.
« C’est avec ‘Taxman’ que j’ai rĂ©alisĂ© pour la première fois que, mĂŞme si nous avions commencĂ© Ă gagner de l’argent, nous en donnions la plus grande partie en impĂ´ts », Ă©crit Harrison dans son autobiographie I, Me, Mine. « C’Ă©tait et c’est toujours typique.
Après avoir Ă©tĂ© principalement guitariste et choriste, Harrison s’est imposĂ© comme l’un des auteurs-compositeurs de John Lennon et de Paul McCartney. Il contribue Ă l’Ă©criture de Don’t Bother Me sur With The Beatles, mais Harrison reste ensuite deux albums sans Ă©crire de chanson. Avec Help !, Harrison se remet en selle et contribue aux chansons « I Need You » et « You Like Me Too Much ». L’album suivant, Rubber Soul, poursuit la tendance avec  » Think For Yourself  » et  » If I Needed Someone « . Ă€ ce moment-lĂ , Harrison cherche encore Ă se perfectionner auprès de ses coĂ©quipiers.
Je me souviens du jour oĂą il m’a appelĂ© pour me demander de l’aide sur « Taxman », l’une de ses premières chansons », a dĂ©clarĂ© Lennon Ă David Sheff en 1980. « J’ai lancĂ© quelques rĂ©pliques pour aider la chanson, parce que c’est ce qu’il demandait. Il est venu me voir parce qu’il ne pouvait pas aller voir Paul, parce que Paul ne l’aurait pas aidĂ© Ă cette Ă©poque. Je n’ai pas voulu le faire. Je me suis dit : « Oh, non, ne me dites pas que je dois travailler sur les trucs de George ». C’est dĂ©jĂ bien assez de faire les miennes et celles de Paul. Mais parce que je l’aimais et que je ne voulais pas le blesser, lorsqu’il m’a appelĂ© cet après-midi-lĂ pour me demander de l’aider avec cette chanson, je me suis tue et j’ai acceptĂ©. Je me suis mordu la langue et j’ai dit OK. C’Ă©tait John et Paul depuis si longtemps, il avait Ă©tĂ© mis Ă l’Ă©cart parce qu’il n’avait pas Ă©crit de chansons jusqu’alors ».
Revolver sera la vĂ©ritable fĂŞte de sortie de Harrison en tant qu’auteur-compositeur. Lennon Ă©tait en proie au syndrome de la page blanche, ce qui permit Ă Harrison de contribuer au nouvel album avec trois chansons, du jamais vu. Outre « Taxman », Harrison Ă©crit et chante le raga indien « Love You Too » et le psychĂ©dĂ©lique « I Want To Tell You ». Le fait que Harrison puisse Ă©crire une chanson suffisamment bonne pour ouvrir un album des Beatles est un signe que le guitariste gagne en respect et en estime de la part de ses coĂ©quipiers.
S’inspirant du funk et de la musique soul en provenance de l’AmĂ©rique de l’Ă©poque, Harrison compose une progression d’accords Ă©pineuse et lĂ©gèrement dissonante pour « Taxman ». Lorsqu’il introduit la chanson en studio, Lennon et McCartney chantent Ă l’origine une sĂ©rie de chĹ“urs frĂ©nĂ©tiques centrĂ©s sur la phrase « Anybody got a bit of money ? » (Quelqu’un a un peu d’argent ?). Plus tard, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que Wilson devrait avoir une sortie directe, ainsi que le leader du parti conservateur Ted Heath, qui sont devenus les « M. Wilson » et « M. Heath » rĂ©fĂ©rencĂ©s dans la contre-mĂ©lodie.
Le morceau Ă©tait presque terminĂ© lorsque Harrison s’est retrouvĂ© bloquĂ© sur le solo de guitare. Pendant des annĂ©es, les autres membres ont laissĂ© Ă Harrison le soin de jouer le solo de guitare. Cependant, McCartney avait commencĂ© Ă contribuer Ă plus de solos alors que le groupe explorait le studio sur Help ! et Rubber Soul. Alors que Harrison s’efforce de produire une prise adĂ©quate, McCartney commence Ă partager ses idĂ©es pour la partie. Harrison suggère Ă McCartney d’essayer lui-mĂŞme. Bien que l’ingĂ©nieur Geoff Emerick ait affirmĂ© que le guitariste principal du groupe « ne pouvait mĂŞme pas faire un travail correct » sur le solo, Harrison et McCartney se souviennent du solo comme Ă©tant plus amical et diplomatique.
« J’Ă©tais heureux que Paul joue ce morceau sur ‘Taxman' », a dĂ©clarĂ© Harrison Ă Guitar Player en 1987. « Si vous remarquez bien, il a jouĂ© un peu d’indien pour moi ». McCartney a Ă©galement trouvĂ© que Harrison avait Ă©tĂ© facile dans son solo. « George m’a laissĂ© tenter le solo parce que j’avais une idĂ©e – c’Ă©tait au dĂ©but de l’Ă©poque Jimi Hendrix et j’essayais de persuader George de faire quelque chose comme ça, avec des commentaires et de la folie », a dĂ©clarĂ© McCartney Ă Rolling Stone en 2006. Je lui montrais ce que je voulais et il m’a dit : « Eh bien, fais-le ».
Taxman » sera le premier titre de l’album Revolver, ce qui renforcera considĂ©rablement la position de Harrison au sein du groupe. L’album sort une semaine avant la dernière tournĂ©e amĂ©ricaine des Beatles, mais aucune des chansons de l’album ne figure dans la liste des morceaux jouĂ©s. La nature de plus en plus complexe du travail du groupe aurait Ă©tĂ© impossible Ă reproduire sur scène, mĂŞme si une chanson comme « Taxman » aurait Ă©tĂ© relativement simple. Au lieu de cela, Harrison a chantĂ© « If I Needed Someone » dans le rĂ´le de chanteur principal qui lui a Ă©tĂ© attribuĂ© pour le concert.
Plus de 25 ans après la sortie initiale de la chanson, Harrison a repris  » Taxman  » lors de ses derniers concerts, dans le cadre de sa brève tournĂ©e au Japon avec Eric Clapton en 1991. Sur scène, Harrison a commentĂ© la nature Ă©ternelle de la chanson, observant qu’il y aura toujours un « Taxman », peu importe l’Ă©poque ou le lieu. C’Ă©tait un regard pertinent sur l’une des rares expĂ©riences humaines auxquelles tout le monde peut s’identifier, condensĂ© dans l’un des morceaux les plus funky et les plus explosifs des Beatles.
FAQ :
Q : De quelle chanson des Beatles parle cet article ?
R : L’article parle de la chanson « Taxman ».
Q : Quel était le mécontentement de George Harrison en 1966 ?
R : Harrison était mécontent à cause de la structure fiscale en vigueur en Grande-Bretagne dans les années 1960 qui prélevait une grande partie de ses revenus.
Q : Quel parti politique était au pouvoir en Grande-Bretagne à cette époque ?
R : Le parti travailliste, dirigé par Harold Wilson, était au pouvoir.
Q : Quel album des Beatles contient la chanson « Taxman » ?
R : La chanson « Taxman » se trouve sur l’album « Revolver ».
Q : Quel autre membre des Beatles a contribué au solo de guitare de « Taxman » ?
R : Paul McCartney a contribué au solo de guitare de « Taxman ».













