Ringo Starr, l’artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture et art numérique

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Now and Then (2023) : Ringo Starr, Peter Jackson et les archives du dernier clip des Beatles

Archives de 1995, images de 2023, montage et restauration d’un film de Peter Jackson.

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Le clip de Now and Then, publié le 3 novembre 2023, fait traverser à Ringo Starr plusieurs temps de sa vie. Il repose sur des prises récentes des deux Beatles survivants, sur des archives retrouvées des séances de 1995 et sur des films bien plus anciens. Son étude montre comment des images authentiques deviennent la matière d’un récit contemporain.

Parcourir les dix-sept sections de cette étude
  1. Un film situé entre 1962, 1995 et 2023
  2. 1995 : trois Beatles et une caméra longtemps oubliée
  3. L’énigme des vêtements de George Harrison et le récolement des bandes
  4. 2023 : Paul et Ringo produisent leurs propres nouvelles images
  5. Peter Jackson refuse les faux Beatles joués par des acteurs
  6. Pete Best : quelques secondes de film parmi les plus anciennes
  7. Sean Ono Lennon et Olivia Harrison : les films familiaux comme fonds documentaires
  8. Jabez Olssen et le langage du montage
  9. Les Beatles comiques : la place de l’autodérision
  10. WētāFX : recomposer la rencontre sans confondre les dates
  11. Le film promotionnel et le documentaire d’Oliver Murray : deux œuvres distinctes
  12. Le lien avec la technologie utilisée pour isoler la voix de Lennon
  13. Ed Ruscha, la pochette du single et les frontières de l’étude
  14. Une date précise pour chaque image : la règle des trois temporalités
  15. Dans la carrière visuelle de Ringo Starr après les Beatles
  16. Réception patrimoniale et limites du regard rétrospectif
  17. Conclusion : Ringo Starr présent à plusieurs âges de sa vie

Un film situé entre 1962, 1995 et 2023

Le 3 novembre 2023, un jour après la sortie du dernier titre officiellement achevé sous le nom des Beatles, Peter Jackson dévoile le clip de Now and Then. Ce film, son premier vidéoclip, occupe une position singulière dans l’histoire des images de Ringo Starr. Il fait dialoguer les Beatles d’avant la séparation, les trois musiciens survivants réunis en studio en 1995 et deux participants, Paul McCartney et Ringo Starr, encore capables de se filmer en 2023. L’œuvre ne prétend pas être la captation d’une interprétation collective contemporaine ; elle assemble volontairement les traces de plusieurs époques. Son intérêt encyclopédique ne réside donc pas seulement dans la célébrité de la chanson. Il tient au destin matériel des images, aux archives identifiées, aux opérations du montage et aux précautions nécessaires lorsqu’un document ancien devient une scène nouvelle. Le présent chapitre étudie Ringo Starr comme figure filmée et comme acteur du dispositif visuel, non les arrangements, le mixage et les différentes éditions discographiques du single.

1995 : trois Beatles et une caméra longtemps oubliée

La période de l’Anthology ne se résume pas aux sessions sonores aujourd’hui réemployées dans le clip. Elle donne également naissance à un vaste projet de création graphique, peint par Klaus Voormann et Alfons Kiefer pour les trois volumes de 1995–1996. Ringo y est notamment figuré derrière une affiche déchirée de Pete Best. Consulter l’étude de la peinture Anthology, complément graphique au dossier des archives filmées →

En février 1995, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr travaillent sur la démo de Now and Then laissée par John Lennon. Cette tentative prend place dans le contexte de l’Anthology. Les images de ces séances étaient longtemps considérées comme rarissimes : l’équipe de Peter Jackson pensait ne disposer que de courts documents, insuffisants pour soutenir un clip entier. Apple Corps retrouve finalement plus de quatorze heures de film tournées autour des sessions de 1995, comprenant plusieurs heures au cours desquelles les trois musiciens travaillent sur la chanson. Cette découverte est fondamentale. Elle ne constitue pas une preuve de nouvelles sessions musicales, mais la résurgence d’une archive visuelle jusque-là sous-exploitée. Les plans donnent à voir Ringo dans l’intimité d’un travail collectif après la disparition de Lennon, alors que l’existence de ces images de travail n’était plus acquise. Il faut distinguer la date du tournage, 1995, de celle de la découverte et de l’exploitation du matériel, 2023.

L’énigme des vêtements de George Harrison et le récolement des bandes

Peter Jackson explique avoir remarqué, dans le peu d’images d’abord communiqué, plusieurs changements de vêtements de George Harrison. Cette observation lui suggérait que les prises ne provenaient pas d’une seule journée et qu’un fonds filmé plus vaste devait probablement exister. Une nouvelle recherche fit apparaître les bandes supplémentaires. L’anecdote illustre une méthode archivistique exemplaire : un détail visible, ici la continuité vestimentaire, remet en cause la description initiale d’un document et conduit à réexaminer son contexte de conservation. La valeur de l’archive ne réside pas uniquement dans ce qu’elle montre, mais également dans sa provenance, son conditionnement et la façon dont elle a été identifiée. Ringo Starr, présent dans ces séquences retrouvées, devient indirectement le témoin d’un chantier de documentation visuelle qui réunit des prises séparées par près de trois décennies de leur utilisation publique.

2023 : Paul et Ringo produisent leurs propres nouvelles images

L’obstacle le plus embarrassant pour Jackson était l’absence de prises de vue contemporaines montrant les deux Beatles encore en vie en train de travailler sur la chanson. Paul McCartney et Ringo Starr réalisent alors de nouveaux plans d’eux-mêmes jouant leurs instruments et les transmettent au cinéaste. Ces images datent de la campagne du film, non des enregistrements de 1995. Elles jouent un rôle essentiel : elles permettent de représenter Ringo dans le présent du projet sans recourir à un acteur censé l’incarner ou à un corps intégralement reconstitué. La captation récente ne doit pas être confondue avec une preuve que Paul et Ringo étaient physiquement réunis lors de la séance filmée. Chaque contribution possède sa localisation et sa temporalité propres. Le clip les rapproche au montage, par le langage du cinéma, tout en leur conservant le statut de documents authentiques issus de moments différents.

Peter Jackson refuse les faux Beatles joués par des acteurs

Peter Jackson, réalisateur du vidéoclip Now and Then des Beatles en 2023.
Peter Jackson, réalisateur du film de Now and Then, a travaillé à partir d’archives authentiques des Beatles et de nouvelles prises de vue de Ringo Starr et Paul McCartney.

Dans sa déclaration officielle du 31 octobre 2023, Peter Jackson insiste sur une contrainte déterminante : aucun plan des Beatles ne devait reposer sur des acteurs jouant les membres du groupe, ni sur une représentation entièrement fabriquée de ceux-ci. Son choix s’inscrit dans une relation particulière avec les archives, déjà visible dans la série documentaire Get Back. Il faut néanmoins éviter la formule simplificatrice selon laquelle le clip ne ferait intervenir aucun effet visuel. Jackson mentionne expressément des interventions de WētāFX sur plusieurs plans difficiles ; le film pratique aussi des rapprochements de séquences qui ne se sont jamais produites simultanément dans le monde réel. La distinction est celle du matériau humain : des images filmées de véritables Beatles sont réorganisées et compositées, plutôt que remplacées par quatre interprètes contemporains. Pour une histoire de la représentation de Ringo Starr, ce principe est central : le document devient matière de fiction visuelle sans effacer totalement son origine documentaire.

Pete Best : quelques secondes de film parmi les plus anciennes

Le montage intègre quelques secondes d’images où les Beatles apparaissent en tenues de cuir au début de leur carrière. Pete Best, ancien batteur du groupe, en fournit le document à l’équipe. Jackson le présente comme le plus ancien film connu des Beatles alors identifié, encore inédit dans cette forme. Ce matériau remplit deux fonctions distinctes. Il donne une profondeur temporelle exceptionnelle au clip et rappelle indirectement une période immédiatement antérieure à l’intégration de Ringo Starr au groupe, intervenue en août 1962. Il serait donc erroné de décrire cette séquence comme une performance filmée du quatuor Lennon–McCartney–Harrison–Starr. La présence même de Pete Best dans la chaîne de conservation rend visible la complexité de l’histoire des Beatles et de leurs archives : le groupe n’a pas toujours eu sa formation canonique, et les images les plus anciennes peuvent documenter cette autre configuration.

Sean Ono Lennon et Olivia Harrison : les films familiaux comme fonds documentaires

Des images inédites de films domestiques sont également communiquées par Sean Ono Lennon et Olivia Harrison. Leur inclusion apporte au film un registre différent de celui des séances de studio, des performances de télévision ou des captures de presse. Une archive familiale peut montrer des instants moins contrôlés, parfois tournés sans intention de diffusion à grande échelle. Elle exige en conséquence une attribution et une contextualisation particulièrement prudentes : l’identité du déposant ne permet pas à elle seule de déterminer qui a tenu la caméra, à quelle date précise le plan a été enregistré ou si un extrait isolé restitue toute la séquence originale. Dans Now and Then, ces images privées contribuent au récit d’une communauté humaine dont les membres et les familles ont conservé les documents après la disparition du groupe. Elles complètent les témoignages de Ringo sans se substituer à eux.

Jabez Olssen et le langage du montage

Jackson collabore avec Jabez Olssen, déjà son monteur sur Get Back, pour organiser cette matière très hétérogène. Le réalisateur indique avoir d’abord envisagé le projet comme un petit film plutôt que comme un vidéoclip traditionnel. Cette façon de penser la structure déplace l’enjeu : il ne s’agit pas d’illustrer chaque parole par une image correspondante, mais de faire émerger un récit visuel à partir de fragments de différentes provenances. Le montage articule les séances de 1995, la période classique, les films domestiques et les prises récentes de Paul et Ringo. Il sélectionne aussi les variations de ton : la mélancolie liée aux disparitions de Lennon et Harrison coexiste avec des moments volontairement comiques. Pour étudier correctement le rôle de Ringo, il faut distinguer les plans où il participe à une performance, ceux où il réagit à ses anciens partenaires et ceux où son image est mobilisée comme signe de mémoire collective.

Les Beatles comiques : la place de l’autodérision

Jackson raconte avoir voulu éviter un hommage exclusivement solennel. Les Beatles ont souvent cultivé l’humour, les déguisements et les jeux de rôle ; un film d’adieu devait préserver cette part de leur identité. L’équipe retrouve dans les archives des prises écartées ou moins diffusées montrant les musiciens détendus, spontanés, parfois burlesques. Dans le clip, cette matière crée un contraste avec la tonalité affective de la chanson. Ringo Starr, dont l’image publique est depuis les années 1960 associée à un humour très particulier, peut ainsi apparaître autrement que comme le représentant grave d’une mémoire disparue. Il faut toutefois prendre garde à ne pas reconstituer des dialogues ou des intentions psychologiques que les séquences isolées ne documentent pas. Le montage fait rire grâce à la situation et au rapprochement des images ; il ne permet pas toujours de retrouver le contexte original des plaisanteries.

WētāFX : recomposer la rencontre sans confondre les dates

Les interventions de WētāFX permettent de réunir visuellement des documents produits à des moments distincts. Le film juxtapose parfois les Beatles des années 1960 et des images récentes de McCartney ou Starr dans des rapprochements délibérément impossibles d’un point de vue chronologique. Une telle composition est un geste de mise en scène, non une source primaire attestant une rencontre matérielle entre les personnes filmées. Cette distinction mérite d’être explicitée au lecteur, car la lisibilité et la virtuosité des effets peuvent faire oublier la provenance des éléments. Les photographies et les films authentiques demeurent les pièces de départ ; leur assemblage répond à une intention narrative contemporaine. Une archive présentée dans un nouveau contexte doit donc toujours pouvoir être ramenée à sa date d’origine et à son usage premier lorsque la documentation le permet.

Le film promotionnel et le documentaire d’Oliver Murray : deux œuvres distinctes

L’automne 2023 voit aussi la sortie d’un court documentaire de douze minutes, Now and Then – The Last Beatles Song, écrit et réalisé par Oliver Murray et proposé dès le 1er novembre. Ce film réunit des commentaires de Paul McCartney, Ringo Starr, Sean Ono Lennon et Peter Jackson, ainsi que des images d’archives. Le clip de Jackson paraît pour sa part le 3 novembre, après la sortie du single le 2. La proximité des dates et du matériau filmé peut favoriser la confusion. Pourtant, le documentaire expose l’histoire de la fabrication d’une chanson ; le clip construit une expérience émotionnelle et visuelle sur la chanson achevée. Ils ne portent pas la même fonction éditoriale, ne possèdent pas le même réalisateur et ne doivent pas être catalogués comme deux éditions d’une même œuvre. Ringo y apparaît selon des régimes différents : témoin interrogé, musicien filmé et personnage d’une histoire visuelle recomposée.

Le lien avec la technologie utilisée pour isoler la voix de Lennon

La restauration de la voix de John Lennon constitue une étape majeure de l’achèvement musical de Now and Then. Le système de séparation des sources développé pour le travail de Peter Jackson sur Get Back contribue à isoler la voix et le piano du document d’origine. Il convient de distinguer soigneusement cette opération sonore de la fabrication du clip. Dans un cas, un traitement numérique d’une bande sonore rend possible un nouveau mixage ; dans l’autre, des images réelles sont restaurées, montées ou compositées. Le terme courant d’intelligence artificielle ne suffit pas à expliquer ces mécanismes et peut conduire à croire à tort que Lennon aurait été synthétisé de toutes pièces ou que le film serait composé de Beatles entièrement générés. Une encyclopédie spécialisée doit conserver la distinction entre extraction de sources, restauration, montage et effets visuels.

Ed Ruscha, la pochette du single et les frontières de l’étude

Le single de 2023 possède une autre identité graphique, distincte de celle du clip : son visuel de couverture est attribué à l’artiste américain Ed Ruscha. Cette création appartient à l’histoire des pochettes et de la communication imprimée de Now and Then ; elle n’est ni un photogramme de Jackson ni un élément de la photographie de Ringo. Sa présence rappelle qu’un seul lancement musical rassemble souvent des objets de nature différente : œuvre sonore, pochette, film musical, film documentaire, photographies de presse et matériaux promotionnels. Le présent chapitre traite prioritairement du clip et de la place de Ringo Starr dans les archives mobilisées. L’œuvre graphique de Ruscha doit être décrite avec ses propres crédits, sans être absorbée dans le dossier du réalisateur. Une étude autonome examine désormais la peinture de Ruscha, l’horloge de Chris Giffin, la photographie de Rick Guest et le design des éditions physiques.

De Get Back à Now and Then : Peter Jackson et deux usages des archives

Le clip de Now and Then (2023) ne saurait être confondu avec The Beatles: Get Back (2021), même si Peter Jackson intervient dans les deux projets et si les archives du groupe constituent une matière première commune. Get Back construit une longue série documentaire à partir des prises de vues réalisées en janvier 1969 par l’équipe de Michael Lindsay-Hogg. Now and Then mobilise des images d’époques différentes au service d’un film musical de quelques minutes. La restauration de Let It Be, diffusée en 2024, forme un troisième objet : elle remet en circulation le film historique de 1970. Cette triple distinction permet de décrire correctement les fonctions de Ringo Starr dans l’image, la provenance des matériaux et les responsabilités propres à chaque œuvre.

Une date précise pour chaque image : la règle des trois temporalités

Pour légender correctement une image de Now and Then, trois dates doivent être distinguées : la date de tournage du plan d’origine, celle de sa redécouverte ou restauration éventuelle, et celle de son montage ou de sa diffusion dans le film de 2023. Un plan de Ringo filmé en 1995 ne devient pas une photographie prise en 2023 lorsqu’il réapparaît dans le clip ; inversement, un portrait contemporain du batteur ne documente pas rétroactivement les séances Anthology. Il faut également séparer la propriété ou la provenance d’une archive de l’attribution de la prise de vue. Ce protocole rejoint celui appliqué dans les autres chapitres du dossier sur les négatifs, les tirages et les archives photographiques de Ringo Starr. La qualité encyclopédique naît de ces discriminations, souvent invisibles dans les contenus promotionnels.

Dans la carrière visuelle de Ringo Starr après les Beatles

La trajectoire de Ringo Starr comprend une expérience de réalisateur avec Born to Boogie, des apparitions au cinéma, des images publicitaires et une présence continue dans les films musicaux. Now and Then ne fait pas de lui le réalisateur du clip : l’œuvre est signée Peter Jackson. En revanche, elle éclaire un autre aspect de son histoire visuelle, celui de la représentation d’un musicien dont la biographie existe à la fois dans les images prises pendant les Beatles, les tournages postérieurs et les prises de vue contemporaines. Dans cette perspective, le film constitue un point de rencontre entre la cinéphilie documentaire de Jackson et la longue carrière d’un artiste devenu dépositaire de sa propre mémoire filmée. Il apporte au dossier un sujet distinct des analyses de pochettes et des clips produits pour les albums solo.

Réception patrimoniale et limites du regard rétrospectif

Le clip a été conçu pour accompagner une publication présentée comme la dernière chanson des Beatles. Cette circonstance colore sa réception : les images paraissent chargées d’une valeur testamentaire, mais leur sens demeure aussi celui d’un travail de montage réalisé par des professionnels de 2023. Il ne serait pas exact d’en faire un document spontané capté au fil de cinquante années. Le film choisit, retranche, organise et recompose les archives afin de provoquer une émotion. Cette création n’annule pas leur authenticité ; elle rend simplement nécessaire une double lecture. L’historien peut admirer la virtuosité de l’ensemble tout en reconnaissant que le document original et sa fonction nouvelle dans le montage ne sont pas identiques. C’est précisément cette tension qui fait de Now and Then un jalon singulier de l’histoire visuelle de Ringo Starr.

Conclusion : Ringo Starr présent à plusieurs âges de sa vie

Dans le film de Peter Jackson, Ringo Starr n’est ni un personnage virtuel inventé, ni seulement une silhouette nostalgique. Il apparaît comme musicien d’archives, partenaire de George Harrison et Paul McCartney dans les séances de 1995, et participant vivant aux prises de vue réalisées pour la campagne de 2023. Les quatorze heures de films retrouvés, les documents familiaux et les interventions de WētāFX constituent un montage dont chaque couche réclame sa propre légende historique. Le résultat offre un rare exemple d’œuvre récente construite à partir d’images d’un groupe qui n’existe plus, tout en conservant une contribution actuelle de deux de ses membres. Le chapitre permet ainsi de replacer le clip dans l’encyclopédie des arts visuels de Ringo sans confondre réalisation, archive, photographie et histoire musicale.

Index des responsabilités visuelles : archives, animation et design

Dans le film de Now and Then, le travail de réalisation, les plans contemporains, les documents historiques et les images traitées numériquement doivent être décrits à des niveaux différents. Une archive filmée dans les années 1960 ne devient pas une prise de vue de 2023 parce qu’elle figure dans un montage récent ; inversement, sa sélection et son intégration constituent une création nouvelle. Le dossier Anthology documente le contexte des retrouvailles de Paul, George et Ringo au milieu des années 1990, tandis que l’étude de la pochette recense un autre ensemble d’auteurs et d’objets. Ces trois pages forment un parcours complémentaire plutôt que trois réponses concurrentes à la même recherche.

Parcours de lecture dans l’encyclopédie

Pour replacer ce film dans l’ensemble des archives visuelles, poursuivre par la chronologie des arts visuels, le dossier sur l’origine et l’attribution des documents photographiques ou l’étude du clip Long Long Road (2026), qui réemploie lui aussi des archives au service d’un autre récit. La vidéographie promotionnelle rassemble les autres jalons de la carrière en solo.

2 et 3 novembre 2023 : la chanson et son film ne paraissent pas simultanément

La publication de Now and Then s’organise autour de plusieurs événements distincts. Le morceau est présenté au public le 2 novembre 2023, tandis que le clip réalisé par Peter Jackson est dévoilé le lendemain. Cette succession importe pour l’histoire visuelle : le public peut d’abord recevoir une œuvre sonore, puis découvrir une seconde création qui propose de la regarder comme une rencontre entre plusieurs époques des Beatles. Le film n’est pas seulement un support publicitaire destiné à accompagner la sortie. Il construit une interprétation du temps, du groupe et de sa mémoire collective.

Un autre film, documentaire et explicatif, réalisé par Oliver Murray, précède la sortie de la chanson. Il faut absolument le distinguer du clip de Peter Jackson. Le premier revient sur l’histoire de l’enregistrement et sur les circonstances techniques de son achèvement ; le second transforme les images de différentes périodes en récit musical. Confondre leurs génériques ou leurs dates reviendrait à attribuer à un réalisateur le travail d’un autre. Les trois objets — chanson, documentaire de fabrication et clip — doivent donc posséder des notices autonomes, reliées entre elles.

Un réalisateur de cinéma découvre le clip comme forme courte

Peter Jackson a expliqué avoir éprouvé des hésitations lorsqu’Apple lui a proposé de réaliser le clip. Malgré son expérience du cinéma et son travail sur Get Back, le film musical court représentait pour lui un exercice différent, avec une forte attente émotionnelle liée à la dernière chanson annoncée des Beatles. Le communiqué de lancement d’octobre 2023 décrit cette réalisation comme ses débuts dans le domaine du clip musical. La nouveauté de l’exercice aide à comprendre la nécessité de trouver un dispositif qui ne soit ni un documentaire chronologique ni une simple succession de plans de musiciens.

Le film tire sa force d’une proposition paradoxale : faire cohabiter à l’écran des personnes séparées par les décennies, et parfois par la mort, sans les faire passer pour des acteurs présents dans un même studio historique. L’intervention de Jackson consiste à organiser cette rencontre impossible grâce aux archives, aux prises contemporaines et aux outils numériques. Le spectateur doit pouvoir reconnaître que les Beatles ne sont pas tous filmés au même moment ; l’émotion du clip vient précisément de cette distance temporairement abolie par le montage.

1962, 1967, 1995 et 2023 : quatre époques dans une même chanson

Les images utilisées dans le film ne proviennent pas d’une seule séance. Certaines renvoient aux Beatles avant leur célébrité mondiale, notamment de brèves images de 1962 ; d’autres appartiennent à leur période psychédélique ; les archives des travaux de 1995 rappellent le projet Anthology ; les plans réalisés au XXIe siècle montrent Paul McCartney et Ringo Starr alors qu’ils participent à l’achèvement de la chanson. Le montage rassemble ainsi plusieurs états du groupe, y compris des moments où sa composition réelle n’était plus la même.

Cette superposition exige une lecture attentive. Une image de George Harrison présente à l’écran pendant la voix de Lennon peut appartenir à une période très éloignée du moment où la chanson a été enregistrée. La coexistence des plans n’est pas un document prouvant une séance commune. Elle relève d’une création audiovisuelle conçue en 2023. L’encyclopédie doit préserver les dates originales des documents avant de décrire leur recomposition, car l’efficacité esthétique du film repose en partie sur des contrastes que l’histoire ne doit pas effacer.

Le montage produit une présence sans remplacer les personnes

L’emploi d’outils numériques permet au clip d’organiser des apparitions de Beatles de différentes époques dans des cadres qui semblent communs. Ce procédé ne doit pas être confondu avec l’utilisation d’acteurs jouant les musiciens disparus dans des reconstitutions dramatiques. La démarche s’appuie sur des images historiques que l’on recompose et contextualise pour un film nouveau. Il importe de distinguer le travail de restauration de la source, les opérations de détourage ou d’intégration et l’invention du plan final. Les professionnels des effets visuels et du montage participent au résultat, même lorsque le public reconnaît surtout les quatre visages.

Le critique doit également éviter de déduire les technologies précises utilisées pour chaque plan du seul rendu visible. Un raccord peut être obtenu par des moyens différents, et toutes les images de l’œuvre ne nécessitent pas le même niveau de transformation. Les crédits officiels de la production donnent le cadre des responsabilités ; une étude technique plus détaillée requiert des documents de fabrication ou des témoignages spécifiques. L’histoire des images doit rester compatible avec les preuves disponibles, surtout lorsqu’elle concerne une technologie très discutée.

Les Beatles facétieux : faire coexister le deuil et l’humour

La présence de moments comiques dans le clip joue un rôle essentiel. Un film consacré à la dernière chanson publiée sous le nom des Beatles aurait pu choisir une solennité continue, en présentant chaque image comme une relique. Jackson préfère inclure aussi des gestes espiègles et des associations inattendues. Cette tonalité rappelle un élément fondamental de l’image publique du groupe : les Beatles ont construit leur relation avec le public autant par l’humour, les mimiques et l’ironie que par la musique. Le clip cherche donc à évoquer une personnalité collective, et pas seulement un destin historique.

Cette liberté comporte un risque d’interprétation. Les images anciennes montées sur une situation récente peuvent donner à croire que les protagonistes réagissent à des personnes ou à des événements qui n’existaient pas au moment de la prise de vue. Le spectateur habitué au langage du clip accepte généralement ce jeu. L’historien, lui, doit expliquer qu’il s’agit d’une association réalisée par le film de 2023. La sincérité affective de l’hommage n’oblige pas à attribuer aux Beatles du passé les réactions fictionnelles que le montage leur prête.

Paul et Ringo en 2023 : la nouvelle image à côté de l’archive

Les prises contemporaines de Paul McCartney et de Ringo Starr occupent une place particulière dans le dispositif. Elles ne sont ni des reconstitutions anciennes ni des documents retrouvés par hasard. Elles participent à la fabrication d’une œuvre nouvelle, réalisée alors que les deux musiciens sont les seuls Beatles encore en vie. Leur présence permet d’ancrer la chanson dans le présent, au lieu de la traiter seulement comme l’achèvement technique d’une bande du passé. Le film réunit les survivants et les archives sans prétendre abolir les conditions réelles de l’histoire.

Pour Ringo, cette expérience prolonge une carrière visuelle où il a été tantôt acteur, tantôt photographe, réalisateur ou sujet d’archives. Dans Now and Then, il intervient comme musicien ayant participé à l’enregistrement et comme interprète filmé pour le projet. La réalisation du clip appartient néanmoins à Peter Jackson. Cette distinction n’est pas secondaire : elle permet de replacer Ringo dans une œuvre collective tout en respectant les responsabilités artistiques de chaque participant.

Les archives familiales et la question de leur provenance

La réalisation s’appuie également sur des images transmises par les entourages familiaux de John Lennon et George Harrison. Ces documents introduisent dans le film une mémoire qui ne provient pas nécessairement des circuits professionnels habituels. Une image privée peut révéler une attitude, une relation ou un moment sans avoir été conçue pour devenir un élément de clip. La publication modifie sa fonction et élargit son public ; elle ne change pas pour autant l’identité de son auteur initial ni les circonstances de sa création.

Cette question de provenance rapproche Now and Then de l’histoire des livres photographiques de Ringo. Dans les deux cas, des documents anciens sont sélectionnés, restaurés et associés à un récit nouveau. Le rôle des familles, des archives professionnelles et des spécialistes de l’image doit être reconnu selon les documents disponibles. Une contribution autorisée à la production ne prouve pas nécessairement que la famille est l’auteur de la prise de vue. Le catalogue doit préserver ces niveaux pour permettre de retrouver l’histoire de chaque image indépendamment du montage contemporain.

Une archive n’est pas une pochette : les différentes œuvres Now and Then

Le titre Now and Then désigne simultanément la chanson, son film promotionnel, les enregistrements qui ont précédé la version définitive et plusieurs objets éditoriaux. La pochette du single fait intervenir Ed Ruscha et d’autres professionnels du graphisme et de la photographie, selon des fonctions différentes de celles des équipes de Peter Jackson. Ces créations communiquent autour d’un même événement musical, mais ne possèdent pas un seul auteur visuel. Une encyclopédie doit éviter de transférer le crédit du clip à la couverture ou de faire de l’illustrateur du disque le responsable des archives montées dans le film.

Le maillage peut relier l’étude de la pochette, l’histoire des clips et l’enquête sur les archives. La force de ce dossier tient à la possibilité de retrouver chaque opération et chaque crédit tout en comprenant leur participation à une expérience culturelle commune. En 2023, Ringo ne se contente pas d’apparaître dans les images des Beatles : il contribue à créer le présent dans lequel elles sont de nouveau regardées.

Quatorze heures de 1995 : retrouver une séance change la possibilité même du film

Lorsque Peter Jackson envisage de réaliser le clip de Now and Then, l’une de ses difficultés majeures est le manque apparent d’images des Beatles travaillant sur la chanson. La découverte par Apple de plus de quatorze heures de films tournés pendant les séances de 1995 transforme la situation. Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ne deviennent plus seulement des noms associés à un enregistrement inachevé : le réalisateur peut les montrer pendant leur travail. Cette archive offre au clip une présence visuelle située entre les années Beatles et la production achevée en 2023.

Le chiffre de quatorze heures désigne un ensemble de matériau retrouvé, non la durée du film définitif. Il ne signifie pas non plus que toutes les images concernent un enregistrement continu de la chanson. Un documentaire ou un clip peut retenir quelques instants au sein d’un fonds très vaste. Le choix de Jackson consiste à transformer ces fragments en récit, tout en conservant leur identité de prises de vue réalisées plusieurs décennies auparavant. Le moment où les images sont retrouvées et celui où les musiciens ont été filmés doivent être distingués.

Paul et Ringo se filment en 2023 : un contrechamp contemporain aux images anciennes

Pour compléter les archives, Paul et Ringo enregistrent de nouvelles images de leurs performances et les transmettent au réalisateur. La production peut ainsi juxtaposer les deux musiciens tels qu’ils apparaissent en 2023 aux images de leurs partenaires plus jeunes. Ce dispositif n’est pas simplement une solution technique au manque de documents. Il crée le principal rapport temporel du film : des hommes séparés par les années semblent partager une même expérience musicale alors que les prises de vue appartiennent à des périodes différentes.

Une telle rencontre visuelle doit être comprise comme construction de montage. Elle ne constitue pas le filmage d’une séance où John, Paul, George et Ringo se seraient physiquement réunis en 2023. Les corps présents dans l’image proviennent de moments distincts, assemblés pour évoquer leur continuité musicale et affective. La contribution nouvelle de Ringo appartient bien à la production contemporaine ; les images anciennes de John ou de George conservent les circonstances de leur enregistrement initial. Le spectateur peut accepter l’illusion sans perdre de vue cette histoire documentaire.

Le film de Pete Best : quelques secondes de 1962 qui changent le début du récit

L’apport d’images très anciennes de la période où Pete Best était encore batteur du groupe permet au clip de commencer plus tôt que les films généralement associés à la célébrité internationale des Beatles. Jackson a souligné la valeur exceptionnelle de ces quelques secondes en costumes de cuir. Leur présence élargit le parcours visuel proposé : au lieu de raconter seulement les souvenirs des quatre musiciens célèbres de 1964, l’œuvre peut évoquer un groupe encore engagé dans ses premières années professionnelles.

Cette archive doit être traitée comme document de 1962, non comme prise de vue de Ringo à cette date. Sa présence dans un clip consacré à une chanson enregistrée avec Ringo ne signifie pas que tous les plans anciens représentent la formation définitive du groupe. La différence de personnel est précisément un élément historique à préserver. Le montage peut suivre la mémoire d’une aventure collective sans que chaque image ait été tournée au cours de la même formation. La notice encyclopédique doit dater la séquence et identifier les personnes effectivement visibles.

Les films familiaux de Sean Lennon et Olivia Harrison : des provenances particulières

Les contributions de Sean Ono Lennon et d’Olivia Harrison permettent au réalisateur d’accéder à des images privées qui ne provenaient pas directement de la collection de rushes professionnels d’Apple. Cette diversité enrichit le film parce qu’elle montre des musiciens à différents moments de leur vie, parfois loin des conventions de la promotion musicale. Mais une archive mise à disposition par un membre de la famille ne devient pas automatiquement une prise de vue effectuée par celui-ci. La conservation, la transmission et la réalisation du document sont des rôles séparés.

La réunion des images familiales et professionnelles constitue ainsi une opération de patrimoine, en plus de la création d’un clip. Le chercheur devrait identifier, lorsque cela est possible, la source et la date de chaque plan, la personne qui l’a filmé et l’autorisation ayant permis son utilisation. La production finale ne donne pas nécessairement toutes ces informations au spectateur. L’encyclopédie peut néanmoins rappeler que l’émotion provoquée par la réunion des Beatles repose sur des documents dont l’histoire individuelle ne disparaît pas sous l’effet du montage.

Le rire des Beatles : la mémoire n’est pas uniquement une élégie

Le film de Jackson combine la gravité attachée à l’absence de John Lennon et George Harrison avec des images où les Beatles plaisantent et se comportent de façon délibérément absurde. Cette alternance constitue un choix esthétique important. Une chanson présentée comme le dernier enregistrement commun pourrait susciter un film entièrement tourné vers le deuil et la nostalgie. Jackson conserve au contraire l’humour caractéristique du groupe, y compris dans des rapprochements visuels que le spectateur sait impossibles sur le plan historique.

Ce choix n’abolit pas la dimension affective du projet. Il permet de représenter des musiciens dont la relation collective s’est construite aussi par la plaisanterie et le jeu. Ringo possède dans cette mémoire une place particulière, liée à son humour dans les films des Beatles et à ses rôles comiques ultérieurs. Mais les gags du clip appartiennent à une réalisation contemporaine qui réutilise des archives et des effets. Il serait incorrect de les attribuer tous à une nouvelle performance physique des quatre Beatles.

La séparation des sources sonores : une technologie qui rend l’image possible indirectement

Le projet Now and Then repose sur le traitement d’une ancienne démonstration de John Lennon, afin de rendre sa voix utilisable pour un nouvel enregistrement. Les outils développés dans l’environnement des travaux de Peter Jackson jouent un rôle décisif dans cette étape sonore. Mais l’extraction d’une voix et la composition du clip restent des opérations distinctes. La possibilité d’entendre Lennon avec Paul et Ringo permet de réaliser la chanson ; la possibilité de les voir ensemble dépend ensuite du choix des archives, des nouvelles prises de vue et des effets utilisés.

La confusion entre ces deux opérations conduit parfois à décrire le clip comme une simple démonstration d’intelligence artificielle. Or la réalisation mobilise surtout un travail complexe de collecte de films, de montage, de restauration et de composition. La technologie sonore fait partie de l’histoire du projet, mais elle n’explique pas toute son esthétique. Les documents visuels possèdent leur propre provenance, et le réalisateur choisit des associations dont le sens dépend du rythme et de l’émotion de la chanson.

Trois dates de publication, trois objets à cataloguer

La campagne de novembre 2023 comporte le documentaire court d’Oliver Murray publié le 1er novembre, la sortie de la chanson le 2 novembre et le clip de Peter Jackson présenté le 3 novembre. Cette succession importe pour éviter de fusionner les œuvres. Le documentaire décrit comment l’enregistrement a été achevé ; le single constitue une publication musicale et matérielle ; le clip propose une interprétation visuelle de plusieurs décennies de mémoire. Les trois ont en commun le titre et la présence des Beatles, mais leurs réalisateurs, leurs durées et leurs supports ne sont pas identiques.

La page se relie à l’étude du design du single par Ed Ruscha et Chris Giffin et à celle des films de 1969 restaurés. Ces rapprochements montrent trois façons d’utiliser les archives : pour donner un nouveau sens à une chanson ancienne, pour créer une image imprimée contemporaine ou pour remettre en circulation une œuvre filmique historique. Le rôle de Ringo varie selon les cas et doit être documenté séparément.

Now and Then : l’archive restaurée n’est pas la scène originale retrouvée

Le clip de Now and Then, réalisé par Peter Jackson et publié en 2023, confronte des images des Beatles provenant d’époques très différentes. Le résultat cherche une continuité émotionnelle, mais les séquences n’ont pas toutes été prises pendant une même session ni dans un même lieu. Les documents des années soixante, les images liées aux travaux de réunion des années quatre-vingt-dix et les vues contemporaines de Paul McCartney et Ringo Starr possèdent chacun leurs propres auteurs et leurs conditions de fabrication. Le montage crée un présent commun qui n’existait pas dans les archives d’origine.

Les films de 1995, où les anciens membres du groupe travaillent sur les projets de l’Anthology, apportent une matière essentielle à cette continuité. Il est cependant nécessaire de distinguer les séances musicales, les tournages documentaires et la manière dont ces images sont réemployées presque trente ans plus tard. Un plan de Paul et George au travail en 1995 peut être intégré à une nouvelle séquence en 2023 sans constituer une captation nouvelle de leur collaboration. De même, l’ajout d’effets visuels ne modifie pas la date réelle du document source.

La séparation sonore et le travail visuel : deux reconstructions qui se croisent

Les technologies permettant d’isoler la voix de John Lennon à partir d’un enregistrement ancien participent à la finalisation musicale du titre. Leur relation au clip est indirecte mais importante : la nouvelle chanson crée un cadre dans lequel les images d’archives sont remontées et réinterprétées. Le procédé de séparation sonore n’est pas, en lui-même, une technique de restauration photographique. Le catalogue doit traiter distinctement la provenance de la bande enregistrée, l’intervention de production musicale et les opérations de montage de l’image.

Les contributions d’archives privées, dont des documents conservés dans l’entourage des familles Lennon et Harrison, renforcent cette complexité. Une image mise à disposition pour un film officiel ne perd pas son auteur photographique d’origine. Sa présence dans le clip devrait être reliée à sa collection ou à sa première publication connue lorsque ces informations peuvent être établies. L’autorisation de reproduire un document et la responsabilité de sa création sont deux choses différentes.

Le rire et le jeu : une autre image de la mémoire

Le clip ne se contente pas de présenter les Beatles sous la forme d’un monument nostalgique. Il fait également place aux gestes, aux sourires et à des situations d’humour, prolongeant une qualité essentielle de leur image publique. Cette approche est un choix de mise en scène contemporain. Elle participe à la réception de la chanson sans fournir une preuve documentaire exhaustive des relations entre les membres du groupe à chaque période.

Le film, le documentaire sur la création de Now and Then et la pochette conçue autour du travail d’Ed Ruscha et de Chris Giffin sont trois objets distincts. La monographie sur la pochette de 2023 conserve les attributions graphiques, tandis que cette notice suit les archives et les opérations audiovisuelles.