Widgets Amazon.fr

Histoire de Northern Songs

Suite à bien des confusions et afin de mettre fin à bien des idées reçues, Yellow-sub.net, sous la plume de Luigi, vous propose un dossier comme jamais le web n’en a proposé et relatif au catalogue des droits des chansons des Beatles, qui rappelons le, a échappé aux Beatles et se voit désormais détenu par le “King Of Pop”, Michael Jackson.

Coup de projecteur sur cette affaire, ses tenants et ses aboutissants.

En 1962, lorsque paraît le single « Love Me Do » des Beatles, Brian Epstein demande à EMI de se charger de la promotion du disque et de réglementer les droits de partitions des compositions du single. Mais la promotion de la partition de donne pas satisfaction à Brian Epstein. Aussi, il décide de demander conseil à George Martin pour prendre contact avec un éditeur. Le producteur des Beatles recommande alors Dick James.

Dick James s’appelle en réalité Richard Leon Vapnick et il est originaire de Londres. Il quitte brusquement son lycée et sa scolarité après avoir vu au cinéma le chanteur Bing Crosby. Pour réussir dans ce milieu, il prend le pseudonyme de Lee Sheridan (qui n’a rien à voir ave Tony Sheridan, bien entendu). Il participe à une audition pour pouvoir chanter la chanson de la série télévisée Robin des Bois. Mais hélas, malgré un succès phénoménal, on ne lui versera que la modique somme de 17 livres pour cette chanson. Dès lors, il commence à se dire qu’il est plus juteux de se retrouver du côté où se trouve les droits et l’argent. En 1962, la trentaine, Dick James en paraît presque quinze de plus et a installé ses bureaux à Charing Cross Road.

Dick James rencontre Paul McCartney et John Lennon au début de l’année 1963. Avec Brian Epstein, il est convaincu que le duo de chanteurs a du potentiel et propose donc la création d’une maison d’édition propre aux Beatles. En effet l’éditeur perçoit des revenus de la vente des disques (ou cassettes, CD, Vidéos, DVD….) mais surtout des reproductions publiques (à savoir radios, films, publicités, boîtes de nuit, bals, représentations théâtrales, émissions de télévision). Dick James propose que tous les droits qui doivent revenir à l’édition seront dus à une société, la Northern Songs. Elle est promulguée le 26 février 1963.

De par son métier et ses connaissances, Dick James décide d’en devenir le directeur et s’octroie alors la moitié du capital. Voici la répartition des parts en 1963 :

  • Dik James :50 %
  • John Lennon : 20 %
  • Paul McCartney : 20 %
  • NEMS : 10 %

Brian Epstein vient pourtant de commettre une faute majeure, celui de signer un accord qui l’ampute de son pourcentage habituel (25% dans les activités de la Nems, la société qui gère les revenus des Beatles). Pour l’occasion, trop fier de savoir qu’un éditeur s’intéresse à un groupe encore peu connu, il accepte de réduire à sa part à 10% et de laisser la direction à une tierce personne. Paul et John signent sans comprendre que cet accord les lie au bon vouloir de Dick James. La moitié des bénéfices des œuvres musicales des Beatles vont donc permettre à Dick James de réaliser une fortune en moins de 18 mois. Le capital est subdivisé en 100 actions d’une valeur de 100 livres sterling.

John et Paul avaient crée auparavant la société (plutôt bidon) de Lenmac Enterprises Ltd et ils la revendent à Dick James pour la somme de 282 000 livres en 1963. Elle devient alors Maclen Ltd Music (il est très étonnant que cette inversion des crédits ait échappé à tout le monde avant que Paul McCartney ne provoque une polémique en 2002 sur BACK IN THE US en inversant les crédits McCartney-Lenon). Elle impose tout de même pour pouvoir exister un minimum de 6 nouvelles chansons par an. C’est la seule contrainte qui subsiste et qui se doit d’être respectée par Lennon et McCartney. C’est aussi parce que George et Ringo ne sont pas actionnaires que peu de leurs compositions figureront dans les premiers disques es Beatles. « Don’t Bother Me » pose notamment un problème et ne figurera pas dans le catalogue Northern Songs. Dick James s’accaparera les droits de force, sans l’avis de George Harrison.

The Beatles Northern Songs : la première restructuration du catalogue

Devant l’ampleur de la Beatlemania, Dick James décide en 1965 de faire rentrer un peu d’argent frais dans le business. Äussi accepte-t-il que certaines parts soient cotées en Bourse à Londres. En février 1965, 5 millions d’actions sont proposées par Dick James. John Lennon et Paul McCartney vont chacun en acquérir 500 000. La Nems en achète 7.5%. Ringo et George Harrison ont reçu chacun d’entre eux 1.6% du total. Ils peuvent désormais créditer leurs compositions au sein du catalogue Northern Songs. On peut tout de même se demander si l’omniprésence des titres crédités Lennon-McCartney et le peu de représentativité n’est tout simplement pas lié au pourcentage des parts d’actions de la Northern Songs. C’est aussi pour cette raison que John Lennon et Paul McCartney vont systématiquement apposer leur double signature même si parfois l’un ou l’autre aurait pu la créditer seul. Cette double signature n’effraiera jamais Lennon mais en revanche, Paul va de plus en plus se mêler des droits de la Northern Songs et même dira plus tard avoir été embrigadé dans un accord qui ne l’a jamais satisfait. Avoir signé cet accord sera pour lui un acte quasi involontaire (il n’avait pas le choix et ne comprenait pas les incidences futures de ce genre d’accord).

Tandis que Dick James et Charles Silver (son nouvel associé) prennent possession de 37.5% du capital. Le reste fluctue très bien en Bourse et constitue un actionnariat encore diffus et non organisé. Entre temps, les revenus de John et Paul entre 1963 et 1965 ont atteint la modique somme de 94 270 livres chacun. Hélas, la somme dégagée ne leur a servi qu’à pouvoir payer la quasi totalité des sommes dues par le fisc anglais. Avec l’introduction en bourse, la Northern Songs vaut maintenant la somme de 2, 718, 500 livres Sterling. Voici la nouvelle répartition des actionnaires.

  • Dick James 37,5 %
  • Paul McCartney : 10 %
  • John Lennon : 10 %
  • George Harrison : 1,6 %
  • Ringo Starr : 1,6 %
  • NEMS : 8 %
  • Autres : 31,8 %

Le combat pour la NEMS et l’entrée d’Allen Klein

Mais en 1967, Brian Epstein meurt et c’est Clive Epstein qui se charge de gérer le business de la Nems, qui s’appelle maintenant la Nemperor Holdings. Clive Epstein est en effet acculé de dettes depuis la mort de son frère et en janvier 1969, il prend la décision de revendre la société ainsi que les parts qu’elle possède dans la Northern Songs. Au même moment, les dépenses d’Apple sont catastrophiques et les Beatles proposent à plusieurs managers de s’occuper de la pomme qui vire au trognon. Ils contactent Lord Goodman, un conseiller du premier ministre. Puis Lord Poole de la banque Lazard et Lord Beeching respectivement directeurs de la banque Izard et des chemins de fer britanniques. Refus catégoriques.

Paul décide alors de faire appel à Lee Eastman, son futur beau-père en février 1969. Lee Eastman est en effet un avocat d’affaires qui s’est spécialisé dans le business musical. Mais les Beatles ne sont guère convaincus par la proposition de Paul, craignant un favoritisme sans limites. Lee Eastman va alors commettre une erreur monumentale : il sous-estime la rencontre avec les Beatles et envoie son fils John, le frère de Linda

John Eastman est le contraire de Linda, élégant, distingué mais surtout pédant aux yeux de John Lennon et Yoko Ono. George Harrison ne sympathisera jamais avec lui non plus. Or John Eastman réussit quand même un tour de force : convaincre les Beatles de racheter le Nems. Car en dehors des droits de la Northern Songs, la Nems prélevait tout de même 25% des revenus des Beatles…tout court. Les propositions ne tardent pas à affluer. Le patron de la Tirumph Investment Bank, Leonard Richenberg propose à Clive Epstein la somme de 1 millions de livres.

John Eastman demande alors à Sir Joe Lockwood de EMI, un emprunt immédiat de 1,25 millions de livres pour rénechérir à la proposition. Outre les droits de la Nems, les Beatles ne désirent pas qu’une banque ou une société commerciale vienne parasiter l’actionnariat de la Northern Songs. Les Beatles sont alors sur le point de racheter la Nems quand intervient alors un trouble fait : Allen Klein.

John Lennon avait expliqué en 1969 que si Apple continuait dans son état actuel, il ne lui restait que six mois à vivre. Plusieurs fois, Allen Klein avait eu l’affront de demander la démission de Brian Epstein pour le laisser prendre les rênes des affaires des Beatles. Peter Brown, devant l’obstination de Klein finit un jour de février 1969 par céder et autorise Klein à rencontrer John Lennon.

Le lendemain, John Lennon le désigne comme son mentor, son nouveau manager. John Lennon, lui expose donc la situation et Allen Klein décide d’inspecter à la loupe les royalties des Beatles. Il faut dire qu’Allen Klein est redoutable dans ce domaine. C’est par exemple en épluchant les contrats entre Decca et les Rolling Stones qu’il a pu leur rapporter 1, 25 millions de dollars de royalties.

Allen Klain promet :

  • Le même exploit pour les Beatles en renégociant avec EMI.
  • Une avance sur royalties pour couvrir les difficultés d’Apple
  • Et donc la propriété de la Nemperor Holdings sans contracter de prêt auprès de EMI, et ce avant que Clive Epstein n’ait le temps de s’impatienter
  • Il propose même à Yoko Ono de pouvoir financer ses films expérimentaux via ses contacts avec les Artistes Associés avec un apport pour John et Yoko de 500 000 dollars comptant
Lire  Les reprises des chansons par les Beatles

John Lennon va donc envoyer une note à Sir Joe Lockwood pour expliquer qu’il refuse d’adhérer à la proposition de John Eastman. Lockwood est pourtant d’accord pour accorder un prêt aux Beatles mais les propos de Lennon font qu’il déchire immédiatement le contrat prévu. Et la guerre est déclarée.

La Vente et la reprise de la NEMS

Lorsque John Lennon annonce la nouvelle, les trois autres réclament immédiatement une réunion avec Allen Klein. Celui-ci invite donc, les quatre Beatles et John Eastman au Dorchester Hotel de Londres. Il traite John Eastman d’incompétent et de dingue. Il calcule que pour rembourser Sir Joe Lockwood, il faudrait presque 2 millions de livres Sterling. Une somme que John Eastman estime être rentabilisée de par les actions détenues par la Nems au sein de la Northern Songs.

Allen Klein pousse le bouchon très loin et affirme que son raisonnement un « tissus de conneries ». La discussion vire en insultes. Paul et John Eastman quittent les trois autres. Aussitôt Allen Klein réussit à convaincre George Harrison et Ringo Starr du bien fondé de son raisonnement. Pour la première fois de leurs vies, ils entrevoyaient tous les trois un avenir optimiste alors que les questions de business avaient toujours été problématiques pour eux.

Et pourtant, John Eastman est quand même du même avis qu’Allen Klein sur un point : Il trouve en effet anormal que les Beatles soient liés pour neuf ans à EMI et à la Nemperor. Le 14 février 1969, John Eastman sollicite par courrier un rendez-vous avec Clive Epstein afin de renégocier les termes du contrat entre la Nemperor et EMI. Il a quand même le culot de dire que c’est Allen Klein qui est en charge de l’examen du dossier et propose de s’allier avec le frère de Brian Epstein.

Erreur fatale. Clive Epstein informe tous les associés des Beatles, y compris Dick James. Et le 17 février 1969, il revend la Nemperor à Leonard Richenberg pour un million de livres. Il cède ainsi les 25% de royalties perçus sur chaque disque des Beatles. Clive montrera à tous, y compris à Allen Klein la lettre de John Eastman annonçant la révision des liens entre Nemperor et EMI. Les Beatles accusent le coup et Paul ne doute pourtant pas de son futur beau-frère.

Allen Klein se rend alors le 25 février dans le bureau de Richenberg pour le menacer d’un procès concernant des arriérés de cachets non versés par Brian Epstein et par Clive Epstein entre 1967 et 1969. Pire encore, il lui présente un lettre, signée par les quatre Beatles, y compris Paul McCartney dans laquelle ils décident à compter de ce jour là d’exiger à EMI de verser toutes les royalties sur leurs comptes. Ce qui annulerait donc le rôle de la Nemperor. Et donc les revenus d’activités de Leonard Richenberg. Ce dernier entame alors un procès immédiat mais EMI obtient gain de cause par miracle. EMI peux donc geler les avoirs de la Nemperor. Ceci dit, Allen Klein s’aperçoit que cette décision risque aussi de le léser car ès lors les Beatles refuseraient aussi de verser une part des royalties à Klein. Aussi Allen Klein rachète la Nemperor 800 000 livres à Richenberg (soit une économie de 450 000 livres) et en guise de dommages et intérêts, il accepte de verser les 25% de toutes les sommes qui lui étaient dues entre le 17 février et la date de gel des avoirs des Beatles qui est fixée au 25 février. Une semaine de gains de royalties des Beatles représente en effet une somme rondelette dont on ignore encore aujourd’hui la somme. La Nemperor est donc sauvée.

La prise de controle de ATV

Pourquoi cette digression au sujet du contrôle de la Nemperor, autrefois appelé Nems ? pour la simple raison que la NEMS représente en 1969 une part non négligeable de la Northern Songs. Et d’autre part que toute cette agitation autour des Beatles a pour effet d’apeurer Dick James

Celui-ci ne supporte pas l’intrusion d’Allen Klein. Pas plus qu’il ne trouve rassurant la vente de la Nemperor. Mais au delà de çà, il a pu avoir des échos des sessions de LET IT BE. Alors, il commence à craindre que l’équipe Lennon McCartney n’ait plus de matière première à fournir, à savoir 6 nouvelles chansons par an.

Un jour de mars 1969, John Lennon est à Amsterdam dans son lit du Bed-In. Il parcourt la presse et tombe en stupeur devant un article qui évoque les affaires de Dick James. Celui-ci annonce en effet qu’il a l’intention de revendre ses parts de la Northern Songs (soit la part majoritaire) à Sir Lew Grade, le patron de Atv. Par la même occasion, ATV décide de racheter l’ensemble des actions côtées en Bourse pour devenir l’actionnaire majoritaire du catalogue d’édition des Beatles.

Coup de poignard. Car Lew Grade était un adversaire de Brian Epstein. Et John craint que la Northern Songs ne soit plus qu’une société comme tant d’autres. A la merci d’une direction sans pitié. Mais John Lennon ne sait pas que Dick James n’apprécie pas les façons de faire d’Allen Klein.

La Northern Songs était en expansion, mais pour garder son cap de croisière, il fallait que John Lennon et Paul McCartney puisse encore composer des chansons et Dick James doutait de ce pouvoir. Pour John, ce fut sans doute l’une des raisons de douter effectivement de Paul et de convoler en solo. Comme John Lennon était en lune de miel à Amsterdam et que Paul était à New York dans la famille de Linda, John Lennon demande à George Harrison de rencontrer Dick James.

Mais George Harrison ne pouvait pas assumer cette tache tout seul. Il a donc demandé à Derek Taylor et Neil Aspinall de le seconder dans ce rendez-vous que tous les trois attendaient depuis longtemps. Peter Brown recommanda la plus grande des prudences. Mais les trois compères, bien imbibés de whisky, décidèrent malheureusement de sortir tout ce qu’ils avaient sur le cœur à Dick James. Ce dernier voulait une vente de ses actions très rapide avant que le cours de l’action ne baisse. Il disait qu’il n’avait aucune envie d’attendre la venue de John et se moquait même de ses beds-in.

George Harrison le traita alors d’égoïste. Il s’en suivit entre les quatre hommes un règlement de comptes avec rancœurs et amertumes à retardement. Au bout d’une heure, George, Neil et Derek claquèrent la porte de Dick James qui les traita d’incompétents.

Branle bas de combat. Le 11 avril 1969, Allen Klein est désigné comme manager des opérations afin de contre attaquer l’offensive menée par Dick James. Mais il manquait l’argent. Klein rédigea au nom des Beatles une série d’annonces dans la presse financière et la presse quotidienne, exhortant les actionnaires de ne pas se plier aux propositions pernicieuses d’ATV. Mais pour cautionner l’emprunt,, ce fut une sacrée paire de manches. Il s’agissait de racheter les actions détenues par les petits porteurs. Pour cela, Allen Klein proposa d’engager ses actions qu’il possédait à la MGM. Il fallut quand même une seconde garantie. Allen Klein demanda alors Beatles de gager le prêt sur leurs actions de la Northern Songs.

Et là, stupeur, Paul McCartney refuse de s’engager. Il prétend que John Eastman lui a signifié que gager ses parts de la Northern Songs risque de présenter un risque majeur en cas de faillite. Ce serait en effet le moyen le plus direct pour les Beatles de perdre leurs parts et donc leur création. Seulement, ce n’était qu’un prétexte pour ne pas dévoiler un scandale : Paul possédait alors 751 000 actions de la Northern Songs tandis que John Lennon n’en possédait que 644 000. Horreur pour Lennon qui traite McCartney de salaud. Paul se défend quand même en expliquant qu’il a voulu miser sur lui même plutôt que sur un supermarché. Il explique aussi que c’était un moyen de rapporter plus de billes pour les Beatles et de récupérer des parts dans l’actionnariat diffus. John Lennon le traite de menteur, de manipulateur. Il est furieux et Paul doit même se confondre en excuses.

Mais au même moment, la Bourse de Londres demande aux agents de change de rassembler les petits et moyens porteurs afin de constituer un consortium pour gérer les actions et leur cours. Le but est qu’en cas d’OPA, les porteurs ne soient pas lésés. Initialement, les petits porteurs représentaient de 32% du capital de la Northern Songs. Or à la mi avril, le consortium réunit 14% des actions totales. En clair, si Dick James (qui représente 37% des actions) revend ses parts à Atv et que le consortium suit l’OPA, alors les Beatles ne deviennent plus maîtres de la Northern Songs. Si par contre le consortium se range de leur côté, Atv reste minoritaire (ce qui peux même contraindre Dick James à faire annuler l’OPA de Atv).

John Lennon et Paul McCartney annoncent alors au consortium que si Atv possède la Northern Songs en majorité, ils arrêteront leur collaboration. John Lennon est même déjà persuadé de cette idée après le coup de poignard des actions de Paul. Il a de moins en moins le goût d’une nouvelle collaboration avec son partenaire. Sir Lew Grade annonce ceci : « J’ai entièrement confiance en la créativité des Beatles. Ecrire des chansons reste leur principale source de revenus et je ne peux pas les Imaginer n’écrire que trois ou quatre chansons par an ».

Lire  Les chansons des Beatles

Le consortium décida de se ranger en faveur des Beatles. Mais il exigea la composition de plus de 6 chansons par an ( 8 avaient été proposées). Puis le vote d’un nouveau conseil d’administration avec trois membres élus. Les petits porteurs refusèrent quand même l’élection d’Allen Klein au conseil d’administration. En agissant ainsi, les Beatles pouvaient espérer représenter (avec la part de la Nemperor) 45% de l’actionnariat soit la plus forte majorité jamais représentée. Bien entendu, Atv commença à prendre peur et annonce le 3 mai 1969 que l’OPA reste valable jusqu’au 15 du mois.  Le 13 mai 1969, Atv annonce dans le Financial Times que malgré des pressions auprès des agents de change, rien n’a pu être entrepris pour réunir une majorité d’actions. C’est donc gagné pour les Beatles et voici donc l’organigramme annoncé……enfin supposé :

  • Dick James : 37,5 %
  • Paul McCartney : 10 %
  • John Lennon 10 %
  • Ringo Starr : 1,6 %
  • George Harrison : 1,6 %
  • NEMS : 8 %
  • Consortium : 14 %
  • Autres : 17,8 %

Le 13 Mai va pourtant avoir lieu un événement tragique. La réunion pour élire les trois représentants du consortium et des intérêts des Beatles est interminable. Le but est en effet de créer une société qui allait gérer la majorité des droits de Northern Songs regroupant ainsi les parts de John, Paul, George, Ringo, Nemperor et le nouveau Consortium. D’autre part, les administrateurs éligibles désignés ce jour là sont John, Paul, Yoko et Allen Klein. Mais les quatre ne parviennent pas à se décider. Paul refuse que Yoko intervienne là dedans et ressort que dans ces conditions, il pourrait proposer à Linda et John Eastman de participer eux aussi à l’administration de Northern Songs. Le consortium est hostile à l’élection d’Allen Klein. Au bout de quatre heures de discussions, aucune décision n’a été prise. John Lennon commence surtout par prendre en grippe ses autres interlocuteurs et voici ce qu’il déclare : « Après tout, je ne vois pas pourquoi je travaillerais pour une société dirigée par des gens que je ne connais pas, n’ayant que pour tout droit, celui de me taire. Je ne vais pas me laisser mener par le bout du nez par des types en costume rayé, assis toute la journée sur leurs grosses fesses, dans leurs fauteuils de la City en attendant des bénéfices. »

La réunion s’achève dans un tollé total et le consortium quitte immédiatement les lieux. Le 19 mai, le Consortium d’actionnaire signe un accord avec Atv pour la vente de leurs actions. ATV trouve tout de suite un accord et nomme même Dick James au conseil d’administration. C’est terminé pour les Beatles, qui ne sont plus majoritaires et qui perdent ainsi la Northern Songs.

Voici la répartition des parts :

  • ATV : 51,5  %
  • Paul McCartney : 10 %
  • John Lennon 10 %
  • Ringo Starr : 1,6 %
  • George Harrison : 1,6 %
  • NEMS : 8 %
  • Autres : 17,8 %

Néanmoins, la Northern Songs n’est que l’unité de distribution de Maclen Ltd, qui assure quoi qu’il arrive de copieuses rentrées financières à chacun des deux ex Beatles. Au moment de la session des parts à Atv, la valeur nette des sommes détenues par Paul McCartney et John Lennon chacun est voisine de 1 million de livres Sterling.

Le catalogue des chansons des Beatles – Epilogue

L’affaire Northern Songs laissera bien des séquelles morales dans le paysage Beatles. Paul McCartney, à la suite de cette bien sordide affaire financière, se lancera dans l’enregistrement de « Spies Like Us », qui va lui amener un certain succès. Il multiplie les injures contre Yoko Ono et adresse aussi des courriers incendiaires à Sir Lew Grade et Dick James, l’ancien éditeur des Beatles. Ce dernier, visiblement chamboulé par le business Beatles, meurt d’une crise cardiaque à Londres le 1er février 1986 à l’âge de 67ans. Aucun des Beatles n’aura l’indélicatesse de faire un commentaire déplacé ni même de se rendre à ses obsèques le 3 février à Willesden.

Au même moment, le 16 avril 1986, la société Hewlett Packard annonce qu’elle va payer 1000 livres par semaine pour utiliser une reprise de « We Can Work It Out », réenregistrée par un groupe anglais. Julian Appleson de Atv Music, explique qu’il ne comprend pas la réaction négative des fans des Beatles car il lui paraît que le ton de la chanson est suffisamment positif pour attirer les managers trentenaires ou quadragénaires. Paul et George Harrison se déclarent écœurés par cette décision.

Le choc est rude pour les ex-beatles et Yoko Ono. George Harrison est particulièrement furieux à l’encontre de Paul qu’il accuse d’avoir tenté le diable en collaborant avec Jackson. Ringo Starr sera moins virulent car il venait quand même de participer à Give My Regards To Broad Street. Yoko Ono quant à elle devient l’objet de rumeurs insensées. Elle aurait soi-disant tuyauté Michael Jackson, moyennant une forte somme d’argent et la promesse d’une apparition de Sean Lennon dans un clip, pour le rachat du catalogue. Elle aurait demandé à Sir Lew Grade de faire patienter les offrants tout en sachant que c’est Jackson qui achèterait rubis sur l’ongle. Rumeurs démenties mais suffisantes pour que Paul ne parle plus à Yoko avant un certain temps.

De ATV à Michael Jackson

Outre la hausse des cours par le jeu de la Bourse, les revenus supplémentaires liés aux activités de Northern Songs progressent d’année en année avec une moyenne de 2,5 millions de livres Sterling supplémentaire. Si bien qu’avec les années, les actions prennent de plus en plus de valeurs. Mais cette revente de Atv va provoquer une avalanche de procès qui jamais ne feront plier Atv. L’OPA est entièrement légale et ne pourra jamais être contestée.

McCartney et Lennon ne vont quand même pas cracher dans la soupe car malgré tout MPL (la société d’édition de Paul) signera un contrat auprès de ATV au début des années 70. De même que Yoko Ono arrangera aussi la situation de John Lennon après qu’en 1973, la Northern Songs n’édite plus aucun titre estampillé Lennon ou McCartney. En 1975, Atv devient une filiale du groupe Associated Communications Corporations. Sir Lew Grade, reste le directeur d’ATV tandis que Robert Holmes A’ Court devient le directeur du groupe. C’est ce dernier qui en 1985, pour financer les activités de Atv revend sa part à Michael Jackson pour 47. 5 millions de dollars. C’est par l’intermédiaire de Michael Jackson Music que le roi de la pop prend le contrôle du catalogue.

Malgré les dividendes fournis par le disque THRILLER, Michael Jackson contracte un prêt de 30 millions de dollars auprès de la Chemical Bank. Le compte gérant les droits est ensuite transféré aux Bahamas à Nassau afin d’éviter d’éventuelles taxes.  En dehors de MacLen Ltd, Jackson acquiert aussi Bruton Music Ltd, Filmscores Ltd, Marble Arch Music Ltd et la Lawrence Wright Music Co Ltd. Michael Jackson possède près de 52 % de l’actionnariat et voici donc en 1985 la répartition des actions :

  • Michael Jackson : 52,2 %
  • Paul McCartney : 10 %
  • Yoko Ono : 10 %
  • George Harrison : 1,6 %
  • Ringo Starr : 1,6 %
  • NEMS : 8 %
  • Autres : 16,6 %

Maintenant, tentons d’y voir clair dans les revenus que perçoivent les actionnaires de la Northern Songs aujourd’hui. Seuls Dick James et Sir Lew Grade ont la clé de ce mystère, avec Michael Jackson, qui n’a jamais révélé quoi que ce soit, même pas aux autres actionnaires.

Parmi les revenus il y’a :

  • UK Mechanical : Ce département gère les droits pour l’utilisation sur disque d’une chanson des Beatles, qu’elle soit originale ou reprise par un autre artiste.
  • UK Performance : C’est un centre de profit qui a pour objectif la collecte de tous les droits de Northern Songs. En tant que centre, comme les autres, UK Performance se doit de développer du chiffre d’affaire
  • UK Lyric : Gère l’exploitation de l’utilisation d’une phrase d’une chanson mais uniquement que une autre chanson…Elle ne génère quasiment pas de bénéfice
  • UK Sheet Music : Gère la production et la vente des partitions. En clair, lorsque vous allez chez votre luthier, c’est ce département qui perçoit les revenus.
  • Stage/Box Office : Gère les droits qui proviennent des concerts…mais les Beatles sont séparés depuis 1970, donc jamais aucun revenu n’a été dégagé. Néanmoins, le département existe encore
  • Foreign : Là, c’est le grand Mystère. C’est la principale source de revenus. Et c’est tout et n’importe quoi. On n’a jamais pu dénouer la gestion et la répartition des activités qui s’y trouvent

En clair le département Foreign se charge (encore aujourd’hui) de répartir les revenus provenant de la vente de tout ce qui est estampillé Apple Corps Ltd. Mais ceci n’est en vigueur que depuis novembre 1989 au terme de dix-sept ans de procès fleuve. A savoir, la dissolution des Beatles et tout l’imbroglio juridique qui s’en suivit. Par exemple, ce département va gérer les revenus des DVD Anthologie, des droits d’utilisation d’une chanson dans un film, dans un reportage aux actualités. Notez que la seule exception que le département Foreign ait jamais octroyé fut pour l’utilisation de « Happiness Is A Warm Gun » pour le film BOWLING FOR COLUMBINE de Michael Moore sorti en 2002. Yoko Ono fit suffisamment pression auprès de tous pour souligner que le film, dénonçant le marché des armes à feu aux USA, avait un rapport plus qu’évident avec la mort de John Lennon. Michael Jackson lui donna bien entendu sa bénédiction. Aujourd’hui, Michael Jackson s’est résigné à vendre d’autres droits de diffusion de spots pour des marques publiciataire. L’affaire Nike l’ayant tout de même échaudé puisque Paul, George, Ringo et Yoko avaient commencé un procès qui promettait d’être fleuve.

beatles apple

JE M'ABONNE A LA NEWSLETTER

Envie de ne rien manquer des Beatles et de Yellow-Sub ? Abonnez-vous à la newsletter et recevez nos actus, offres et information concours
JE M'ABONNE
Garantie sans SPAM ! Conformité RGPD.
close-link

Découvrez la boutique de Yellow-Sub

Envie de vous faire plaisir ? Simple curiosité ? Découvrez notre boutique et faites le plein de bonnes affaires !
SE FAIRE PLAISIR
close-link
Click Me