De nombreux facteurs ont contribué à la séparation des Beatles, mais pour ne rien gâcher, on peut dire que les différences créatives y ont joué un rôle crucial. Paul McCartney se concentrait sur les tubes accessibles, tandis que John Lennon recherchait une musique plus brute et authentique. Ces divergences ont progressivement creusé un fossé entre eux, jusqu’à ce qu’il devienne inévitable que le groupe se sépare.
Malgré la dissolution des Beatles, chacun des membres a poursuivi une carrière solo réussie. Parmi les albums solo les plus célèbres de Lennon, Imagine reste un incontournable. Pourtant, John Lennon lui-même a admis qu’il préférait un autre de ses albums, moins connu mais plus personnel.
Un besoin d’authenticité
Tout au long de sa carrière, Lennon cherchait avant tout l’authenticité. Ses chansons préférées des Beatles sont celles où il s’est mis à nu, comme Help! et Strawberry Fields Forever. Pour Lennon, ces morceaux n’étaient pas seulement des chansons, mais des moyens de créer un lien intime avec l’auditeur, en puisant dans ses émotions et ses souvenirs personnels.
Il n’est donc pas surprenant que lorsqu’il s’est lancé en solo, Lennon ait souhaité aller encore plus loin dans cette démarche. Si Imagine est un album introspectif, c’est avec Plastic Ono Band qu’il a véritablement dévoilé certaines des facettes les plus authentiques et déchirantes de sa personnalité.
Plastic Ono Band : Une introspection brutale
Lors d’une interview unique qu’il a réalisée avec Andy Warhol, où Lennon s’interviewait lui-même, il a révélé une préférence pour l’album Plastic Ono Band qu’il surnommait affectueusement « Mother/Working Class Hero », en référence à deux des morceaux les plus marquants de cet album. « Je préfère l’album Mother/Working Class Hero à Imagine… Quoi qu’il en soit, je suppose que tout ce que vous faites est soit meilleur, soit pire que quelque chose d’autre », écrivait-il, avant de poursuivre avec une analogie amusante : « C’est comme se rappeler de ce poisson aussi bon que celui qu’on a mangé à Saint-Tropez, mais pas aussi bon que celui qu’Arthur a pêché au large de Long Island. »
Une honnêteté qui blesse
La préférence de Lennon pour Plastic Ono Band s’explique par la profonde honnêteté qui traverse tout l’album. En parlant de la chanson Mother, Lennon savait pertinemment que son authenticité crue choquerait certains auditeurs. « Beaucoup, beaucoup de gens n’aimeront pas Mother ; ça les blesse », a-t-il déclaré. « La première chose qui vous frappe quand vous écoutez l’album, c’est que vous ne pouvez pas le supporter. Tout le monde a réagi de la même manière. »
Cette franchise émotionnelle fait de Plastic Ono Band un album unique dans la carrière de Lennon, où il aborde sans détour ses traumatismes, ses peurs et son enfance difficile. C’est cette vérité brute qui distingue l’album de Imagine, plus accessible, mais moins personnel. Pour Lennon, cet album était son œuvre la plus vraie, et sans doute celle qui reflétait le mieux son âme.
Bien qu’Imagine reste l’album qui a défini John Lennon aux yeux du grand public, c’est Plastic Ono Band qui, selon lui, capturait le mieux sa vérité.














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