Sam Mendes réalisera quatre biopics sur les Beatles, chacun du point de vue d’un membre du groupe. Prévue pour 2028, cette saga cinématographique inédite bénéficiera de tous les droits musicaux et d’un casting prometteur. Joseph Quinn, Barry Keoghan, Harris Dickinson et Paul Mescal incarneront respectivement Harrison, Starr, Lennon et McCartney. Le projet, salué par Apple Corps et Sony, s’annonce comme un événement culturel majeur, mêlant authenticité, ambition et immersion totale dans l’univers des Fab Four.
C’est une annonce qui, depuis février 2024, enflamme la planète pop : Sir Sam Mendes réalisera non pas un, mais quatre films biographiques consacrés aux Beatles, chacun raconté du point de vue d’un membre différent du groupe. La société Apple Corps Ltd., les deux Fab Four survivants – Sir Paul McCartney et Sir Ringo Starr – ainsi que les ayants droit de John Lennon et George Harrison ont accordé pour la toute première fois l’intégralité des droits d’exploitation de leurs chansons et de leurs vies à un projet de fiction. Les quatre longs-métrages, réunis sous le titre provisoire The Beatles – A Four-Film Cinematic Event, sortiront en avril 2028 et promettent une expérience « bingeable » au cinéma, jamais tentée à cette échelle.
Sommaire
Un casting de choix pour incarner les Fab Four
Devant la presse réunie au CinemaCon de Las Vegas le 31 mars 2025, Mendes a dévoilé un quatuor d’interprètes dont la notoriété ne cesse de croître : le Londonien Joseph Quinn héritera de la guitare de George Harrison, l’Irlandais Barry Keoghan tiendra les baguettes de Ringo Starr, l’Anglais Harris Dickinson prêtera sa verve à John Lennon et l’Irlandais Paul Mescal chaussera la basse Höfner de Paul McCartney. Ces comédiens, tous nés après l’an 2000 du catalogue des Beatles, ont été choisis pour leur capacité à « saisir l’esprit plus que la simple ressemblance », selon Mendes.
Joseph Quinn : « Au-delà de mes rêves les plus fous »
Lors de la première mondiale du blockbuster Marvel The Fantastic Four : First Steps à Los Angeles le 10 juillet 2025, Joseph Quinn a confié au micro de l’agence PA qu’endosser la peau du « quiet Beatle » dépassait ses « rêves les plus fous ». « Ces répétitions m’inspirent ; travailler avec Paul, Barry, Harris et Sam est grisant et… franchement intimidant », a-t-il avoué, le sourire mêlé de trac. L’acteur, révélé par Stranger Things et propulsé depuis au rang de star montante d’Hollywood, s’est lancé dans un apprentissage intensif de la slide guitar et de la méditation transcendantale, deux piliers de l’univers de Harrison.
Barry Keoghan face à son idole Ringo
Au printemps, Barry Keoghan a frappé à la porte de Ringo Starr à Los Angeles pour « observer et absorber » les moindres gestes du batteur. « Il m’a même proposé de toucher à sa Ludwig Oyster Black », raconte-t-il, encore sidéré. Starr, qui célébrera ses 85 ans au moment de la sortie des films, a réclamé quelques ajustements dans le scénario, notamment autour de son mariage avec Maureen Cox. Les scénaristes Jez Butterworth, Peter Straughan et Jack Thorne ont retravaillé ces scènes pour renforcer l’authenticité.
Paul Mescal, du Colisée à la Cavern
Passé des arènes de Gladiator II aux caves de la Cavern Club, Paul Mescal continue de surprendre. Le comédien s’est inscrit à des cours intensifs de chant choral pour approcher la tessiture de McCartney et travaille la basse gauchère sous la tutelle de Dhani Harrison et de Rusty Anderson, guitariste du groupe live de Sir Paul. Son approche, dit-il, vise à « comprendre la dualité entre le mélodiste ingénieux et l’homme d’affaires redoutable ».
Harris Dickinson : explorer les zones d’ombre de Lennon
Connu pour ses rôles dans Triangle of Sadness ou The King’s Man, Harris Dickinson s’attaque à la figure sans doute la plus charismatique et controversée des Beatles. Outre des séances de chant avec l’école Liverpool Institute for Performing Arts fondée par McCartney, l’acteur a rencontré Yoko Ono à New York et consulté des archives inédites des National Archives pour décortiquer la radicalisation artistique et politique de Lennon à la fin des sixties. Mendes lui a demandé de « trouver la brèche émotionnelle » derrière l’icône.
Un scénario quadripartite et intersecté
Au lieu d’un récit linéaire, le réalisateur d’American Beauty et de 1917 a imaginé quatre arcs narratifs qui se croisent à des moments-clés : la rencontre au Woolton Fête (film Lennon), l’enregistrement de Revolver (film Harrison), la tournée américaine de 1966 (film Starr) et la dissolution de 1970 (film McCartney). Les scénarios, chapeautés par Butterworth, Straughan et Thorne, ont été répartis selon leurs affinités : Butterworth se charge de McCartney pour sa veine épique, Straughan de Starr pour le regard ironique, Thorne de Harrison pour la dimension spirituelle, tandis que Mendes co-écrit avec Krysty Wilson-Cairns la partie Lennon.
Calendrier de production et pari logistique
Selon Production List, le premier clap doit retentir à Londres en juillet 2025. Le tournage, étendu sur douze mois entre Liverpool, Hambourg, Los Angeles, New Delhi et les Abbey Road Studios, mobilisera deux équipes techniques filmant parfois simultanément. Les quatre films sortiront en avril 2028 ; Sony envisage un lancement à une semaine d’intervalle, mais n’exclut pas une « sortie marathon » sur un même week-end, concept inédit depuis la trilogie Lord of the Rings version longue projetée en intégrale.
Une autorisation musicale intégrale, une première historique
Pour la première fois, toutes les pistes des Beatles – des débuts skiffle à Let It Be – seront disponibles. Cette autorisation ouvre la porte à des re-mixages immersifs Dolby Atmos supervisés par Giles Martin. Apple Corps a salué « la vision ambitieuse » de Mendes, tandis que Sony se félicite d’un « séisme culturel » à venir. La collaboration prévoit également des éditions vinyles « director’s cut » des bandes-originales, chaque film bénéficiant d’un album companion.
Entre héritage et renouveau
Le projet arrive dans un contexte de redécouverte massive : après la série documentaire Get Back de Peter Jackson et le single posthume Now and Then (2023), la Beatlemania n’a jamais paru aussi vivace. Les biopics pourraient toucher une génération élevée sur TikTok plus que sur vinyle. Mendes, conscient du risque de redite, veut « montrer la sueur derrière le miracle » : les heures d’écriture à deux chez Auntie Gin ou les disputes créatives à Twickenham.
Défis et attentes
Nombre de fans redoutent l’accent londonien de certains acteurs censés incarner des Scousers et la difficulté de condenser des existences aussi riches. D’autres s’inquiètent d’une idéalisation ou, à l’inverse, d’une exagération des tensions internes. Mendes, qui s’est déjà confronté à des franchises cultes avec Skyfall et Spectre, répond qu’« aucune scène n’a été sanctifiée » : la rupture Lennon/McCartney, les addictions et le lien complexe à la célébrité seront abordés sans détour.
Une révolution dans la chronologie Beatles au cinéma
Jusqu’ici, le grand écran s’était limité à des fragments : Backbeat (1994) capturait Hambourg, Nowhere Boy (2009) l’adolescence de Lennon, quand Yesterday (2019) se contentait d’une uchronie pop. Avec ces quatre volets, le spectateur parcourra vingt ans d’histoire – de 1958 à 1978 – avec une profondeur inédite. Mendes espère ainsi « faire dialoguer la mémoire collective et l’intimité des parcours individuels ».
Vers un printemps 2028 déjà mythique
À près de trois ans de l’échéance, la tension monte. Entre la curiosité critique, l’impatience des fans et l’appétit d’un public néophyte, The Beatles – A Four-Film Cinematic Event s’annonce comme l’un des paris artistiques les plus audacieux du cinéma contemporain. Quatre films, quatre regards, un seul groupe : les Beatles renaîtront, non pas sur scène, mais dans l’obscurité des salles, rappelant que leur histoire, comme leurs mélodies, traverse les générations et continue d’écrire la bande-son de nos vies.













