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Zak Starkey : l’héritier oublié du rock britannique

Zak Starkey, fils de Ringo Starr, a forgé une carrière remarquable en tant que batteur pour The Who et Oasis. Malgré son talent, il a été écarté de la tournée d'adieu de The Who et ignoré lors de la reformation d'Oasis en 2025, suscitant sa déception.

Zak Starkey, fils de Ringo Starr, a forgé une carrière remarquable en tant que batteur pour The Who et Oasis. Malgré son talent, il a été écarté de la tournée d’adieu de The Who et ignoré lors de la reformation d’Oasis en 2025, suscitant sa déception.


Fils de Ringo Starr, batteur légendaire des Beatles, Zak Starkey est bien plus qu’un simple « fils de ». Musicien accompli, batteur flamboyant au style incisif et fougueux, il a su tracer sa propre route dans le paysage du rock britannique, notamment en prêtant ses baguettes à deux des groupes les plus emblématiques de l’histoire contemporaine : The Who et Oasis. Pourtant, malgré ses états de service prestigieux, l’année 2025 s’ouvre sur une double déception pour Zak : écarté du retour scénique de The Who, et surtout, snobé par les frères Gallagher à l’heure de la reformation d’Oasis. Un double camouflet que Starkey, sans langue de bois, évoque avec une franchise aussi touchante qu’inattendue.

Un batteur au sang noble, mais au parcours mérité

Zak Starkey voit le jour en 1965, en pleine Beatlemania. Dès son plus jeune âge, il baigne dans un univers où les instruments ne sont pas des jouets mais des totems sacrés. Pourtant, son père Ringo, soucieux de l’épargner, ne l’encourage pas à suivre ses pas. C’est Keith Moon, le batteur fou de The Who, parrain spirituel et ami de la famille, qui introduit Zak à l’art percussif. Et quel maître ! Moon, entre deux fulgurances autodestructrices, décèle en Zak un potentiel immense.

Lorsque Zak monte sur scène pour la première fois avec The Who en 1996, le destin semble enfin avoir bouclé une boucle étrange : le fils du Beatle remplace le batteur originel de l’un des groupes rivaux les plus acharnés de la British Invasion. Et loin d’être un passe-droit ou un coup médiatique, son intégration dans The Who est une véritable réussite musicale. Zak joue avec une intensité proche de celle de Moon, mais avec une précision et une constance que son mentor n’a jamais eues.

Une décennie au cœur d’Oasis

Mais Zak Starkey ne s’est pas contenté de rejoindre les vétérans du rock. Entre 2004 et 2009, il devient également le batteur de scène et de studio d’Oasis, groupe-phare de la britpop et figure centrale de la musique britannique post-Beatles. Ce choix, audacieux, le fait passer d’une légende à une autre. Avec son style percutant, il contribue aux albums Don’t Believe the Truth (2005) et Dig Out Your Soul (2008), redonnant un souffle rythmique au groupe de Manchester, qui commençait à vaciller.

Starkey tisse alors un lien profond avec Noel Gallagher, compositeur principal et cerveau musical d’Oasis. Une relation fondée sur le respect mutuel, l’humour cinglant et, surtout, une passion commune pour les grooves bruts et les mélodies puissantes. Liam, de son côté, reste plus distant. Les tensions fratricides s’aggravent jusqu’à la séparation d’Oasis en 2009, laissant Zak libre mais orphelin d’un groupe qu’il considérait comme un sommet de son parcours.

La gifle de 2025 : Zak snobé par Oasis

Alors que les fans de rock se réjouissent du miracle : Noel et Liam Gallagher annoncent enfin une tournée de réunion, après plus de quinze ans de brouille médiatique. La nouvelle fait l’effet d’un tremblement de terre dans le monde de la musique. Mais dans l’ombre de cette euphorie, un nom manque à l’appel : Zak Starkey. Aucun communiqué officiel ne mentionne sa non-participation. Pas même un remerciement. Zak l’apprend… comme tout le monde.

Invité sur BBC Breakfast pour promouvoir Domino Bones, le nouveau single de son groupe psychédélique Mantra of the Cosmos, Zak ne cache pas son désarroi. Quand le journaliste l’interroge sur la reformation d’Oasis, il lâche : « J’étais dégoûté. J’ai envoyé un message en leur disant : ‘Pourquoi je ne suis pas dedans ?’ »

La réponse des frères Gallagher ? Le silence. Ou pire : l’évidence. Zak ajoute avec un soupçon de fatalisme : « Quand on recrute un nouveau batteur, on s’habitue, n’est-ce pas ? Je pense que c’est ce qui s’est passé, et je l’accepte. »

Une sortie trouble de The Who

Comme si cela ne suffisait pas, c’est dans le même élan que Zak Starkey est écarté — ou plutôt « mis à la retraite » — de The Who, après près de 30 ans de collaboration fidèle. L’annonce, d’abord floue, est mal digérée par Zak, qui apprend presque par la presse qu’il ne participera pas à la nouvelle tournée. Scott Devours, batteur de remplacement, est annoncé sans que Starkey n’ait réellement été consulté.

Dans une sortie sur Instagram, Zak raconte sa « discussion confuse » avec Roger Daltrey : « Roger m’a dit que je n’avais pas été viré, mais ‘retiré’ pour me permettre de travailler sur mes projets personnels. Je lui ai dit que ces projets étaient terminés depuis des semaines, et que j’étais complètement disponible. Il a répondu : ‘Oh !’. Et on en est restés là, comme deux vieux copains qui se comprennent à moitié. »

Cette anecdote en dit long sur la manière désinvolte avec laquelle sont parfois traités même les plus loyaux compagnons de route.

L’héritier sans trône

Zak Starkey semble victime d’un paradoxe cruel : il est à la fois trop célèbre pour être considéré comme un simple batteur de session, et pas assez « bankable » pour s’imposer comme leader d’un projet. Son nom évoque inévitablement celui des Beatles, et ce poids patrimonial devient parfois un obstacle plus qu’un atout.

Car Zak ne revendique ni la célébrité de son père, ni l’héritage des Beatles. Il est un musicien d’instinct, de scène, de sueur. Un batteur qui joue avec son ventre plus qu’avec sa tête. Un rocker sans mythe, mais avec un immense talent. Ce qui lui manque peut-être, c’est un ego plus tranchant, une volonté plus marquée d’imposer sa propre légende.

Un avenir encore ouvert

Pour autant, Zak Starkey ne se laisse pas abattre. « Je suis totalement libre », affirme-t-il. « J’ai juste ce single avec Mantra of the Cosmos, et après, je suis ouvert à toute proposition. » Cet appel à projets résonne comme une bouteille à la mer, mais aussi comme une promesse. L’homme qui a joué avec les plus grands est toujours debout, toujours armé de ses baguettes, prêt à remonter sur scène.

Ringo Starr, son père, n’a pas caché sa déception face à la manière dont son fils a été écarté. Mais comme souvent chez les Starr, on préfère le flegme à la vengeance. Zak, lui, garde la tête haute. « J’aime The Who. C’est pour ce groupe que j’ai commencé à jouer de la batterie », dit-il avec une sincérité désarmante.

Une figure à part dans l’histoire du rock britannique

Zak Starkey incarne un profil rare : celui d’un second rôle brillant, capable de faire vibrer les géants sans jamais chercher à leur voler la vedette. Il aurait pu se contenter d’être le « fils de ». Il a préféré, toute sa vie, être « celui qui joue vraiment ».

À une époque où l’on confond souvent notoriété et légitimité, sa trajectoire mérite qu’on s’y attarde. Car au-delà des négligences et des oublis, Zak Starkey reste l’un des grands batteurs de sa génération. Une passerelle vivante entre l’héritage des Beatles, la furie de The Who et la fierté rugueuse d’Oasis.

Et si, comme il le dit lui-même, il est désormais libre, alors peut-être que la scène britannique, toujours en quête de véritables batteurs de rock’n’roll, finira par lui tendre à nouveau les bras.

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